Rerum Svecicarum Scriptores, t. II, p. 380, sq
10. L'Office du saint gardait le souvenir de cette merveille (Ibii.,
p. 387, sq.) :
« Tantus thésaurus quœritur.
Sic avis tristes, carminé Vocat quo martyr moritur.
Vais robur debilium, Monstratus al) avicula. lilc.
OISEAUX
Saint Conrad de Plaisance (Cf. Cerf, p. 187; etc.). On raconte que se rendant chez l'évêque de Syracuse, pour vivre solitaire en Sicile, il y fut accueilli par une nuée de petits oiseaux qui semblaient se réjouir de sa venue1.
Saint Etienne Harding abbé de Citeaux, qui reçut saint Bernard et ses trente compagnons (Cf. Ceinture, p. 181). Durant une maladie, comme son monastère était réduit à la plus extrême indigence, en sorte que l'on ne pouvait lui offrir aucun aliment qui convînt à son estomac délabré, un oiseau lui apporta dans son bec un poisson s.
On raconte la même chose d'un saint Gautier que je ne réussis pas à distinguer parmi les divers serviteurs de Dieu qui portent le même nom.
Saint Botolph ou Botolph, abbé; 17 juin, v. 655. Un oiseau de proie s'était mis sur le pied d'enlever les poules du saint homme. Mais ayant osé une fois s'emparer même du coq, il fut obligé par le saint de rapporter cet animal vivant; et cela fait, il tomba mort lui-même pour sa peine. Les relations entre l'Angleterre et le Danemark avaient propagé le culte de saint Botolph dans le Schleswig, et le jour de sa fête occupe un rang considérable dans plusieurs calendriers danois3. Les Anglais l'ont représenté parfois portant une église, pour rappeler ses diverses fondations; ou peut-être à cause des nombreux endroits qui l'avaient pris pour patron.
Saint Baudry {Baldcricus), abbé de Montfaucon en Champagne; 16 octobre, vers 640. Un faucon près de lui; parce que cet oiseau lui fit trouver, dit-on, le lieu où il se retira pour vivre dans la solitude, et où il jeta les fondements d'un monastère. Reste à savoir si le fait n'aura pas été imaginé après coup, pour expliquer des armes parlantes qui désignaient antérieurement le nom de l'abbaye. Cf. Faucon, p. 406, sv.
Saint Qmrin tribun militaire et, dit-on, martyr; 30 mars, -130. Un oiseau de proie (faucon) près de lui, pourrait bien n'avoir signifié d'abord que la haute naissance du saint, puisqu'on a prétendu même qu'il appartenait à la famille impériale; mais la légende raconte que le saint ayant eu la langue coupée, on la jeta comme aliment à un faucon qui refusa d'y toucher. Des chiens en firent autant pour ses pieds et ses mains qu'on leur avait présentés à dévorer*.
Saint Adelin prêtre, disciple de saint Remacle; 3 février, v. 690. Les gens de Visé près de Liège, chez lesquels il prêcha, lui ont décerné le titre de docteur; et pour cela le peignent en costume doctoral de la faculté théologique, ou avec des vêtements sacerdotaux. Us ont eu même l'idée assez singulière de lui faire parler à
l'oreille par le Saint-Ksprit , comme qui dirait un autre saint Grégoire le Grand. D'autres le peignent tout simplement en ermite s.
Saint Dominique (Cf. Chien, p. 216; Étoile, etc.). On raconte qu'il vit le diable en forme de moineau. L'art populaire s'en est assez peu occupé.
Saint François d'Assise (Cf. Livre, p. 123; Stigmates, etc.) prêchant aux oiseaux et aux poissons. Le mélange de poésie et de simplicité qui se montre dans la vie de ce saint homme, est bien connu de presque tous ceux qui ont un peu feuilleté l'histoire ecclésiastique. Ses biographes nous apprennent que , entrant dans l'esprit du cantique des trois jeunes Hébreux de Babylone(Dan. ni), il assemblait volontiers les petits oiseaux pour les féliciter des soins que le Créateur prenait d'eux, et les engageait à le bénir. On ajoute que ces animaux ne quittaient pas son auditoire avant d'avoir reçu sa bénédiction.
La même chose se raconte, à peu près, de son disciple saint Antoine de Padoue.
Saint Nicolas de Tolentino (Cf. Bras, p. 148; Êcuelle, etc.). 11 est souvent peint tenant une assiette sur laquelle se voit une perdrix vivante. Malade, et s'étant vu servir par ordre du supérieur une perdrix rôtie, il recourut à Dieu pour éviter cette délicatesse sans trop manquer à l'obéissance. L'oiseau retrouva ses plumes, dit-on, et le tira d'affaire en s'envolant ". Le dessin que nous reproduisons, p. 589, d'après un ancien tableau (espagnol, ce semble), représente plusieurs oiseaux dans le plat. C'est une dérogation à l'original, et il suffit sans doute de signaler cette erreur du copiste moderne.
Nous avons vu raconter un fait assez semblable au sujet d'un paon, pour saint Gunter. Cf. Mets, p. 556.
Saint Romedius (ou Remedius), honoré dans le Tyrol et en Bohême; 1 octobre, vers le commencement du ve siècle. Sa légende est fort sujette à caution, ayant été rédigée très-longtemps après la mort du saint. Quoi qu'il en soit, plusieurs détails en ont été adoptés par les artistes, il petit donc être utile d'en donner l'explication. On assure, entre autres curiosités, que l'homme de Dieu s'étant mis à construire une cellule, quantité de petits oiseaux vinrent emporter dans leurs becs les bardeaux qui couvraient le toit, et allèrent les déposer sur une roche où fut élevée depuis l'église consacrée à ce saint '. C'était, à ce que l'on dit, une manière de lui faire entendre que Dieu le voulait ailleurs. Saint Vit martyr. Cf. Coq, p. 250 ; etc. Saint Othon d'Ariano (Cf. Cliaines, p. 191, sv.; etc.) faisant retrouver un faucon fuyard que recherchait le
t. AA. SS. Febrmr., t. III, p. 100. Cf. Hagiol. ilal., I. I, p. 113.