‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 945 sur 1339 · Bagatta, De admirandis..., 1. 1, libr. VII, cap. i, S · texte numérisé non relu

Bagatta, De admirandis..., 1. 1, libr. VII, cap. i, S

7. Nous avons fait observer en cet endroit que la légende du pain changé en fleurs se répète pour plusieurs serviteurs de Dieu.

8i Gen. xiv, 18-20. — Ps. cix, 5. — Hebr. vi, 20; vu, 1-24.

PAliN.

pourquoi on le voit souvent sur les vases sacrés du moyen âge. Nous l'avons vu peint de la sorte au sommet de la première lettre ( Te igilur) du canon de la messe dans le Sacramentaire de Dragon'.

Si éloignée que soit cette gravure, donnée au commencement de notre premier volume, il vaut peut-être mieux ne pas la répéter ici et puiser à une autre source. Présentons tout simplement cette fois un fond de patène

du moyen âge (à Uildeslieim, si je ne me trompe), où le défaut d'espace n'a fait donner à Melchisédech que la coupe du vin; mais nul lecteur intelligent n'y sera trompé. L'Ancien Testament et le Nouveau se servent ù ce sujet de paroles assez claires pour qui veut comprendre-.

Là nous n'avons que les sacritices de la loi de nature: Abel, Noé, Melchisédech; et Jésus-Christ au sommet ou encore dans le centre, montre qu'il n'a rien à faire avec le sacerdoce mosaïque. Cette figure de seconde main est écartée par les types primitifs, conformément à la doctrine de saint Paul (Cf. C. Van den Steen, in Hebr- v, vu. — Augustin., t'n Ps. cix.— Bed., in Hebr. v, vu.— Ambras., De Noe, 79; in Luc, libr. III, 21. — Etc.).

Le prophète Élie recevant un pain que lui apporte un ange (III Reg. xix, 3-8). 11 fuyait la persécution, et sem-

blait près de s'abandonner au désespoir, lorsque lui vint le secours du Ciel. L'Église fait mention de ce prodige dans l'OHice du saint Sacrement (Matutin., respons. 3), et nous y indique un symbole (type) du pain surnaturel qui doit soutenir le chrétien dans les épreuves de la vie terrestre (usque ad montent Dei).

Habacuc. Il est beaucoup plus reconnaissable à l'ange qui le porte dans les airs par les cheveux, pour secourir le prophète Daniel livré aux lions '; mais on le voit aussi tenant soit du pain, soit le vase où il avait préparé la soupe pour les moissonneurs lorsqu'il fut mis en réquisition par l'envoyé céleste.

Le prophète Abdias (Cf. Cruche, p. 301). On lui fait porter, outre le vase d'eau, du pain qui rappelle ses soins" pour les prophètes persécutés par le rai d'Israël.

Saint Jacques le Mineur (fils d'Alphée), apôtre; 1 mai. De graves témoignages s'opposeraient à son identification avec le premier évêque de Jérusalem*; mais les artistes, surtout en Occident, n'ont pas considéré toutes ces distinctions. Apôtre ou simple disciple, Jacques le Mineur a passé pour être celui à qui Notre-Seigneur s'adressa dans le désert (Joann. vi, 5, sq.) avant la multiplication des pains. Aussi plusieurs l'ont-ils représenté portant deux ou trois pains, pour rappeler cette circonstance de l'Évangile. Je laisse aux gens de Limoges et autres, le soin de réclamer cet attribut pour saint Martial et n'importe quel ancien évêque des Gaules, dont on a fait le petit garçon qui fournit des pains à la multitude affamée.

Saint Nicolas, évoque de Myre (Cf. Globe, p. Zii'J; Aumône, Bourse). J'ai dit déjà que les artistes italiens, et quelquefois les allemands après eux, lui mettaient à la main (ou sur un livre) trois globes qui souvent sont dorés. Selon quelques auteurs, cela signifierait trois pains; ailleurs c'est un seul. Pour moi, je pense qu'on a voulu exprimer ainsi les trois sommes d'argent (bourses, auri massa ou pondus) qu'il déposa secrètement chez le père pauvre de trois jeunes filles, afin qu'elles pussent être dotées. Chacun choisira entre ces divers avis celui qui sera plus à son gré 3, s'il ne s'agit que de goût. Mais lorsque André Sabbatini représente notre saint donnant ces trois boules à trois filles agenouillées, pendant qu'un vieillard le montre du doigt, il s'agit évidemment des trois dots. Dans le même tableau, trois hommes agenouillés aussi à gauche du saint pourraient passer pour les époux ; mais tous ne sont pas d'âge à être des fiancés, et la corde qu'ils portent au cou annonce que ce sont les prisonniers délivrés de la mort (autre miracle du

I. Cf. Agneau, p. 21, sv. C'est l'expression d'une prière que dit le prêtre un instant après la consécration : a Supra que propitio ac sereno vultu respicere digneris; et accepta haberc, sicuti accepui liabere dignatus es munera pueri tui justi Abel , et sacriflcium patriarche noatri Abrah» i et quod tibi obtulit suminus sncerdo» tuus Melchisédech, sanctum sucriHciuni, imuiaculutam liostinin. »

2. Voyei les textes cités tout à l'heure. — 3. Dan. wv, 28-38.

4. Cf. AA. SS. Maii, t. I, p. 18-34. — Hartinov, Ann. eccles. iirvco-slavUllml.. Octobr., t. XI), p. 117, sq.; 130, 243.

5. Butti, Vie et miracles de saint Nicolas, livre 111, ch. x. — Gerbert, Vêtus liturgia alemannica, p. 200. — Mercure de France, 172U (décembre), p. 21HI0, svv.i etc.

PAIN

saint évêque de Myre). Cf. p. 306. Cependant la légende du saint parle aussi de blé procuré par lui à ses compatriotes dans un temps de famine '.

Saint Aubert, évêque de Cambrai (Cf. Ane, p. 31). On peint souvent près de lui des boulangers qui enfournent ou pétrissent le pain, parce qu'il est honoré comme leur protecteur dans les pays flamands.

Saint Honoré, évêque d' Amiens; 16 mai, vers 690 (Cf. Boulangers, p. Ikk; Main divine, Pelle). Les boulangers de France l'ont choisi pour leur protecteur, comme ceux de Belgique s'adressent à saint Aubert. Si l'on m'en demande le motif, je proposerai timidement de s'en référer à cette circonstance de sa vie où l'on veut qu'une main divine lui ait présenté le pain d'autel, soit avant, soit après la consécration *. Mais les Picards donnent une autre origine à ce patronage. Selon les gens du Ponthieu, dans le bourg où le saint était né, une femme venait tremper dans la mare commune l'écouvillon de son four3 au moment où d'autres s'entretenaient là du décès tout récent de l'évêque. Conformément au vieux dicton : « Nul n'est prophète dans son pays, » celle-ci ne voulait pas croire aux prodiges que l'on racontait du saint. Enfonçant donc son bâton dans le sol de la mare, elle dit avec une sorte de colère : « Si celui-là est un saint, je veux que ce bois reverdisse ! » Là-dessus le fourgon, ou l'écouvillon se mit à pousser des branches, et l'on prétend qu'il devint un mûrier.

Saint Landry (Landericus), évêque de Paris; 10 juin, vers 660. Distribuant des pains.

On lui attribue la fondation de l'Hôtel-Dieu de Paris; et, quoi qu'il en soit de ce fait particulier \ il a laissé dans l'histoire un souvenir charitable exprimé par les artistes de la façon que nous venons de dire.

Saint Julien, évêque de Cuenca; 28 janvier, 1208. 11 est surtout célèbre par ses aumônes, qui le réduisaient lui-même à vivre de privations. Dans une famine, Dieu bénit sa charité en lui envoyant un convoi de vivres, sans que l'on sût de quelle part venait ce secours inattendu. Après avoir été déchargées, les bêtes de somme qui avaient apporté ces provisions partirent sur-le-champ, et l'on ne put savoir où elles étaient allées.

Saint Arnou, évêque de Soissons (Cf. Armes, p. 73; Fourc/ie,.etc). Bénissant un pain et un broc 5. Quelques pains et quelques mesures de boisson suffirent ainsi à nourrir plusieurs centaines de paysans. Je pense que ce pourrait bien être l'origine du patronage que lui ont déféré les brasseurs et les meuniers de Flandre; d'autant plus qu'il avait prêché dans leur pays, et réconcilia les gens de Fumes, d'Aldenberg, etc.

Saint Paul, évêque de Léon (Cf. Dragon, p. 317; etc.).

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