Outre une liste publiée dans les Mémoires «I» la Société
d'histoire... de Genève, il est trop Juste de citer la notice communiquée par M. Adrien de Longpérier à l'un des Annuaires de la Société des antiquaires de France. Ajoutons aussi les Analecta juris ponti-
même (parmi les princes) avaient jadis un avocat ou patron que l'on honorait pour se recommander auprès de Dieu. Si l'usage populaire a beaucoup faibli sur ce point en maint endroit, il en est resté partout des traces profondes qu'il faut savoir interpréter pour se rendre compte de nombreux monuments. Les numismatistes, en particulier, ont cherché depuis longtemps à éclaicir cette question pour comprendre ou constater le rôle que jouent divers saints sur les médailles ; et plusieurs travaux, durant ces trente dernières années surtout, se sont efforcés d'y introduire un peu de lumière*. Je ne suivrai pas dans les plus petits détails toutes les fantaisies qui ont pu faire introduire sur les monnaies le patron de tel ou tel prince régnant, parfois même un saint local qui venait d'être canonisé. Ce serait à n'en plus finir, comme peuvent l'avoir compris ceux qui ont voulu jeter du jour sur ce sujet difficile. Je ne me propose pas non plus d'expliquer habituellement pourquoi un saint est honoré dans tel lieu, bu choisi pour tel patronage quelconque. Il y aurait là matière à un ouvrage tout entier, que plusieurs ont entrepris, et qui ne semble pas avoir été conduit encore au terme désirable. J'aurai fait quelque chose d'utile pour l'acheminement de ce projet en rassemblant de divers endroits ' les patrons jadis réclamés dans la chrétienté, sans prétendre dire le dernier mot sur une question si complexe.
Toutefois, quand je dis vairons, encore faut-il s'entendre pour ne pas prêter le flanc aux doctes chicanes de certaines gens susceptibles en fait de droit strict qui n'était pas du tout mon objet. Je ne veux pas discuter si tel saint est précisément au premier ordre ou au second parmi les protecteurs canoniquement reconnus dans l'Office d'une Église, ni même s'il a toutes les garanties exigibles. 11 ne s'agissait ici que de mentionner la chance de trouver en tel ou tel lieu les représentations d'un bienheureux ou d'un saint dont les attributs pourraient prêter à quelque doute, si l'incertitude n'était résolue par des considérations locales. Patrie, souvenirs d'une vie passée dans la ville ou la province, bienfaits plus ou moins éclatants obtenus par l'entremise d'un serviteur de Dieu ici plutôt que là ; influence exercée par lui durant sa vie mortelle comme habitant, seigneur, missionnaire, etc.; qu'aurait-on besoin de chercher autre chose en une compilation qui ne vise qu'à expliquer les représentations populaires ? Ceci soit convenu d'avance. Le reste est affaire aux hommes consommés dans les questions spéciales, et auxquels toute déférence se doit. Mais depuis que le nombre des grands canonistes a diminué, nous en avons eu la monnaie au delà du besoin,
ficii. t. VII, où il est surtout question des concessions liturgiques officielles; et l'ouvrage ad hoc du P. Ant. Maredo.
3. Cf. Verieichnis* derer Heiligen auf Muent zen (Leipzig, HH') — Argclati, Sorel, longpérier, Holm«dcerfcr, Lelewel, Hodowitt, Husenbeth, Saini de Bnranda, etc., etc.
PATRONS DIVERS
et un peu de taquinerie se substitue parfois à la science sereine, qui n'est communément pas irritante. Prenons donc notre question actuelle dans son sens déterminé par fa déclaration préalable une fois faite, quelque plaisir qu'il puisse y avoir à quereller autrui.
Je tâcherai d'abord d'établir la liste des saints invoqués en divers lieux, ou pour certaines intercessions particulières en plusieurs contrées. Puis viendra une notice quelconque des patronages classés d'après l'ordre alphabétique de villes, provinces, régions, métiers, maladies, etc. Pour plus de clarté immédiate, le caractère italique mettra en saillie les invocations correspondantes à des données qui ne se pouvaient aisément circonscrire dans des mots géographiques.
Ces deux tables intercalaires auront bien la mine d'interrompre un texte moins décharné ; aussi pehserat-on peut-être qu'elles se seraient fondues plus à propos dans le répertoire alphabétique final (de tous les noms de saints). M. Helmsdœrfer en avait donné l'exemple, et l'on ne s'en trouve pas mieux pour ce genre de renseignements un peu trop dispersés ainsi. Faire la même chose avec un index général beaucoup plus chargé que le sien, c'eût été matière à confusion presque inextricable. Laissons chaque désignation en son lieu, et « Honny soit qui mal y pense; » aussi bien,
Prétendre plaire à tous est projet sans issue. I. PATRONS
PAR ORDBE ALPHABÉTIQUE.
SS. Abdor et Sennen : Arles-sur-ïech.
Absalom martyr : Ciudad-Rodrigo *.
Abonde (Abundius) : Côme.
Acaibe (Acharius) évêque de Noyon, après avoir été
disciple de saint Colomban (27 novembre, 639) : Contre
les gens acariâtres i.
Acceul (différent de saint Acheul) : Écouen. Acilius : Straubingen.
Aciscle (avec sainte Victoire d'Espagne) : Cordoue.
— diacre (Adelbert) : Egmond.
i — Évêque de Prague, et apôtre de la Pologne :
Adalbert l La Bohême, la Pologne, la Silésie ,
Gnesne3, Francfort-sur-1'Oder.
— (lequel?) : Aix-la-Chapelle.
Adam et Eve : Les jardiniers *.
Adelbert, Cf. Adalbert.
Adelphe évêque de Metz : Neuwiller (Alsace).
Adelrad : Les jardiniers.
Adjuteur : Vernon ; Pour ne pas se noyer.
Adrien martyr : Lisbonne, Grammont (Flandre orientale) ; Les bourreaux et geôliers, brasseurs, soldats; Contre la peste.
Adventor, etc. Cf. Solutor.
Se jEtheldrite. Cf. Ethelrède.
jEtherius : Barcelone.
i' — d'Allemagne : Augsbourg, Meissen; Les
Se Apre m. ] repenties 8.
' — de Brescia : Brescia.
Africain : Vabres.
Se Agathe : Catane, La Mirandole, l'Ordre de Malte; Contre l'incendie 6, et les maux de sein; Pour les nourrices.
Agathon pape : Palerme 7.
Agnan évêque. Cf. Aignan, Anien.
Se Agnès : Les Trinitaires ; contre les périls de mer.
Agnello : Naples.
Agricol (Agricole) évêque : Avignon.
Agricole martyr ( avec saint Vital ) : Bologne.
Agrippin, évêque de Naples" : Naples.
Agry (Agrilius) : Trêves.
Aignan (Anianus) d'Orléans, évêque : Orléans.
Aimery. Cf. Emeric.
— de Lavair (Elanus) : Lavaur.
— évêque de Quimper : Les lutteurs bretons.
— évêque de Mayence : Mayence; Les paysans.
— d'Angleterre, martyr : Saint-Albans.
— (lequel?) : Namur.
Albé (Albeus, Ailbeus), évêque : Emly en Irlande, Cashel.
Alain
1. Je ne fais pas grand fonds sur les bases historiques de ce patronage. Mais l'Espagne en a inauguré bien d'autres qui ne sont guère plus établis, et qui n'auront pas moins servi comme point de départ aux artistes. Il convenait donc d'en tenir compte dans un recueil comme le nôtre, où l'art populaire veut sa place.
2. J'ai parlé des Calembours dans le culte des saints; on prétend qu'il y avait à Montmartre une dévotion correspondante à celle de saint Acaire. Là, sainte Madeleine représentée aux pieds de Notre- Seigneur près du sépulcre, était peinte avec l'exclamation Rabboni (Joann., xx, 10) qui sortait de ses lèvres. D'où était venu, dit-on, un concours de femmes plus ou moins malencontreuses en ménage, qui venaient prier la sainte pour rabbonir leurs maris. Si les hommes s'adressaient à saint Acaire contre les femmes acariâtres, chacun avait son recours; et l'on ne se devait plus rien de part ni d'autre.
3. Gnesne était , à vrai dire, l'ancien diocèse de Pologne. Ainsi s'expliquent les privilèges insignes, même politiques, de cet évèché dans le royaume polonais.
4. Probablement à cause de la bêche que l'on met aux mains d'Adam après son expulsion du paradis terrestre, ou parce qu'il avait été placé d'abord dans le Jardin de délices. Cf. Gen. h, 8, 15; m, 17-19.
Mais dire au juste où chaque patronage est adopté, serait une tâche que je ne me charge pas d'accomplir en tout point. On voudra bien me tenir compte de quelques efforts déjà faits ici pour en préparer l'achèvement, qui aura lieu après nous (s'il plaît au Ciel,). D'ailleurs quelque conjecture çà et là peut animer cette liste un peu sèche ; et vouloir la publier cum commentario perpetuo, en ferait un ouvrage de trop longue haleine. Il y faudrait aussi bien souvent déclarer son ignorance; en quoi ni auteur, ni lecteur ne trouveraient beaucoup d'agrément.
5. La sainte avait été femme de mauvaise vie, avant son baptême.