‹ Carline opéracomique en trois actesChapitre 28 sur 50 · ACTE H, SCÈNE VI. Il · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE VI. Il

ADRIEN

l'ourlant, je ne puis me méprendre...

Sur la scène où vous brillez tant.

Je crois encore entendre Votre chant Si touchant.

CARLIN E

Sur la scène ! moi ? quel outrage j Sachez que, dès mon plus jeune âge, Saintement ,

Et dévotement.

Je' fus éleveeau couvent!

ADRIEN

Ah ! quel est mon étonnement !

CARLINE ji p-.jnt le» main, rl lrtaullv»)iuiiin ciel.

Sainte Vierge Marie,

Aujourd’hui .

Ouand II inc calomnie ,

Pardonnez lui !

ENSEMBLE

CARLINE, à part, riant. ADRIEN, A part.

Ressemblance extrême Ressemblance extrême Dont il est surpris t Dont je suis surpris !

Sur les traits qu'il aime. Sur les traits qu'il aime ! Son cœur s’est mépris. Mon cœur s’est mépris.

ADRIEN

Pardonnez-moi , je vous en prie!

Suis-jc si coupable entre nous ,

En croyant retrouver en vous I ne femme jeune et jolie !

CAR UNE, !<••'•> un liiim Soumise à l'ordre du Seigneur,

Je dois pardonner' au pécheur!

ENSEMBLE

gentilhomme et brave officier du roi , est mort , il y a un an . en léguant à la Baronne tous ses droits sur moi... j'ai été élevée au couvent de Sainte- Marie-des-Anges, où l'on s'ennuie bien, allez!., il y a deux mois, ma tutrice m'a fait venir auprès d'elle... en arrivant ici , j’étais bien contente!., c’est si gentil, le monde!., laimisi- ; que, les belles robes... le bal... les complimcns!..

| car il y avait des Messieurs qui me disaient des { choses bien aimables... il paraît que ça a déplu h AI"* la Baronne...

Oh! sans doute... on ne s'occupait pins assez d’elle... et sa jalousie...

CARLIN F

Elle m’a enfermée dans ce pavillon, en me signifiant que j’allais rentrer au couvent pour [ toujours !..

ADRIEN

Oh! la Baronne... je la reconnais bien là!., enlever ail monde tant de grâces et d'attraits !..

CARLIN F

Et l'héritage que m’a laissé mon pauvre père, servira à payer ma dot de fiancée du bon Dieu !.. Ah ! ce n’est pas là le mariage que j’avais révé !

Adrien , à part.

î Elle m'attendrit!., c'est qu’elle est vraiment , charmante... cette naïveté, c’est si rare!., et 1 puis, cette ressemblance avec Carline... Car line î perdue pour moi... (Haut.) Écoutez, Madeinoi- ! selle... parler à la Baronne , lui faire sentir tout ce que sa conduite a de coupable, d'inhumain , serait inutile... il faut vous révol- 1 ter!..

ADRIEN. CAR LINE , à • nu

Ressemblance extrême! etc. Ressemblance extrême! etc.

ADRIEN, à part, en regardant Carline.

Je n'eu reviens pas! quel rapport frappant!.. Cependant , cette jeune personne est encore mieux... Oh! oui, décidément elle est bien mieux que Carline!..

Mais, monsieur, pour oser pénétrer ici, qui êtes-vous?

CARLINE, naïvement.

Me révolter!., je ne demande pas mieux!., que faut-il faire?..

ADRIEN

Vous abandonner à mon honneur, à ma î loyauté... ce soir, quittons le château !.. CARLINE , jouant l'effroi.

Que me proposez-vous, mon Dieu!., comment , Monsieur, c’est là le secours que vous m’offriez dans toutes vos lettres?..

ADRIEN

Adrien!., celui auquel vous écrivez depuis quinze jours... qui vous a offert son appui contre la persécution de la Baronne...

CARLINE , se rapprochant d'Adrien.

Ah! c’est vous?..

ADRIEN

Oui , Mademoiselle, je vous aimais, sans vous connaître... mais, en vous voyant, je viens de perdre le peu de raison qui me restait... comptez sur moi , je tenterai tout pour vous empêcher de prononcer malgré vous des vœux éternels...

Oh! que je vous en remercierai!., car je n'ai pas du tout de vocation pour ça !..

ADRIEN

Mais, ce serait affreux... infâme!., et j'ai peine à comprendre pourquoi la Baronne exige...

CARLINE

Je crois l'avoir deviné... mon père . vieux

CUXRLOT, paraissant à la persienne à gauche, à part.

Qu’est-ce qu’ils ont donc à jacasser comme ça?..

ADRIEN

Mais , il n'y a pas à balancer !.. nous reste-t-il d'autres moyens de vous arracher au couvent!., je vous conduirai chezune vieille parente qui vous accueillera comme sa fille... plus de crainte, d'inquiétude!..

CARLINE

Cessez de me parler ainsi. Monsieur... oh!

sœur Agathe me l'a bien dit, quand je suis sortie du couvent... Prenez garde, Charlotte, les hommes, c’est gentil... mais c’est dangereux!..

ADRIEN

Ab ! loin de moi , la pensée de vous tromper !.. ce soir, ici , à neuf heures, et par la petite grille du parc...

CARLINK.

Non , non... parlez plutôt à la Baronne!..

ADRIEN

Soit!., mais elle ne voudra rien entendre...

CARLIKE, vivement.

Oh! alors...

ADRIEN, Id.

Alors, vous consentiriez?..

CARMNE.

Je ne dis pas cela... et je he dois plus vous écouler... (Elle s’échappe par le côté.)

ADRIEN, frappant à la porte par laquelle Carline est sortie.

Charlolle! Charlotte !.. oh! n'importe! elle m'écoutera... je l'cnleverai !.,

UN domestique, accourant parleront!.

Alerte! alerte! Monsieur.,, voici M“* la Baronne qui rentre au château... ■

ADRIEN y rapidement.

Écoute : à neuf heures, ce soir, mes équipages à la petite grille du parc... (Le domestique sort.)

Page 1