‹ Carline opéracomique en trois actesChapitre 50 sur 50 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ADRIEN, CARUNE.

A MU EM , avec ironie.

Rassurez-vous , mademoiselle... la Baronne ne peut rien sans mon consentement, et ce consentement, je le refuse !.. Celte fortune que vous avez si loyalement acquise , je veux que vous en jouissiez sans trouble , sans embarras... j'aime mieux la perdre que de m’exposer, en vous la disputant, au scandale et au ridicule... Dans une heure, j'aurai quitté Versailles... Je sors, car je suis resté trop long-temps dans votre hôtel !..

(Il va pour sortir.)

CARMINE

Arrêtez, monsieur... arrêtez!., vous abandonnez trop vite la partie!.. Avec la Baronne, je me suis montrée intraitable... mais, entre nous, nous pouvons nous entendre.

ADRIEN, avec ironie.

Vous aussi, mademoiselle... vous allez nie dicter des conditions?., c’est ;n 'estimer bien peu!..

CARLIN E

Des conditions!., je n’en fais aucune... Un’ mariage entre nous a toujours été impossible!..

a ont EX.

Ah! vous me rendez justice!., et vous comprenez, enfin , que je ne puis pas être le rival d’un monsieur Chariot...

CARLIXE.

Chariot!.’ Ah! à mon tour,. je dirai, monsieur, que c’est m'estimer bien peu !.. La Baronne a pu se méprendre, et j'avais besoin delà laisser dans l'erreur... Pour l'accomplissement de ses projets, il lui fallait une fille séduite... j’ai consenti à passer pour telle... Tant d’autres jouent le rôle contraire... ça m'a paru original !.. *

ADRIEN

Assez !.. assez, mademoiselle !.. n'essayez pas une justification impossible.

CARLIXE.

Je n’aurais qu’un mot ù dire pour la rendre complète !.. mais il n'est pas temps encore, et je ne veux pas que vous quittiez Versailles avant de l’avoir entendue... Ce que je puis vous affirmer, maintenant, c’est que je ne suis pas ce que je parais être... la Baronne et Chariot ont, comme vous , été trompés parfaitement.

ADRIEN , avec impatience.

Kt dans quel but, dans quel intérêt auriezvous agi?.. Quel nouveau conte me faites-vous là?..

CARLIN K

En effet!., c’est un conte!.. II y avait un jeune prince bien exalté , bien romanesque, bien présomptueux... mais au cœur honnête et bon !..

Une méchante fée , voulant se venger du jeune seigneur qui l'avait dédaignée, imagina de lui faire épouser une villageoise... mais dont l’innocence était un tant soit peu ternie... La méchante fée fit la leçon à la patsanne qui, sous de riches habits, fut présentée au prince... Celui-ci, selon son habitude, s’enflamma à la première vue... Promesse de mariage* dédit, il signa tout ce qu'on voulut, le pauvre prince!.. La méchante fée était radieuse ! et déjà elle était sûre de sa victoire!.. Heureusement pour le jeune prince, celle qu’on avait prise pour une villageoise était une fée bienfaisante et protectrice qui lui dit, lorsqu’il se croyait perdu... Tenez, monseigneur, je vous rends votre fortune... je ne veux que votre bonheur!.. (Elle lui présente le dédit)

ADMEX , le prenant.

Qu’entends-jc?.. ce dévouement ! cette générosité!.. Comment m'acquitter jamais!..

CARLIXE.

Je suis tissez payée de ce que j’ai fait!.. Mais je me retire... car je m’aperçois que je suis restée trop long-temps dans votée hôtel!..

(Elle va pour sortir.)

ADMEX, vivement, la retenant.

Ah ! restez !.. restez !.. ue me cachez pas plus long temps qui vous êtes !.. ou plutôt, je l’ai déjà deviné... à cette noblesse de senti mens, à cette délicatesse, à cette âme élevée... je reconnais une personne de distinction... et, si nous vivions encore dans ces bons vieux temps de la crédulité... je m’écrierais : c’est un sylphe !.. un lutin !.. un génie !..•

CARLIXE, riant.

Eh bien 'j’ai été tout cela, ma parole d’honneur!..

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