SCENE III
CAROLINE. ( seule, continuant à lire. )
« Elle n'est pas trop mal si Ton veut,... mais quelle tournure, « et quel esprit ! je l'aurais crue muette, sans les oui Monsieur « et non Monsieur , qui ont fait l'aliment de la conversation; « rappelle-toi le bal d'avant-hier... je l'ai invitée par égard pour « toi , et elle m'a demandé si l'anglaise n'était pas une walse... « que dis-tu de son éducation? » Ah! mon dieu, c'est vrai 5 je m'en souviens.... je suis perdue de réputation. ( Lisant. )
« Nos pères pouvaient se contenter de bonnes ménagères ) dans « ce siècle ci, il nous faut , à nous autres , des femmes d'esprit. « je viens de recevoir, delà petite baronne, une lettre admira le « c'est pétillant de style... il y a même du trait, cette femme * là aurait tourné le couplet, si elle avait voulu. » Ton ami,
DERVILLE
Derville!... C'est ce Monsieur qui était si singulièrement habillé , et que j'ai pris pour un anglais !... Il me parlait toujours de Paris et de Tortoni.... Qu'y pouvais-je comprendre ? Je suis bien malheureuse.... élevée par les soins de M. de Saint -Géran ,
mon généreux protecteur; mais seule , sans guide dans
ce monde , où. j'entre pour la première fois... je ne puis, malgré mes efforts vaincre ma timidité... et cependant si j'osais parler.. Ah!., d'après tout ce q \e je vois, que les réputations coûtent peu... et qu'on est homme d'esprit à bon marché !...
Air : Est-ce ma faute, à moi ( de la reine de Hollande.)
Léon semble éviter mes pas
Et craindre ma présence; II prend toujours mou embarras
Pour de l'indifférence.
Mon trouble même aurait, je croi,
Du me faire comprendre.
Hélas ! est-ce ma faute , à moi,
S'il ne sait pas irTentendre.