‹ Caroline, comédie-vaudeville en un acteChapitre 8 sur 21 · SAINT-ERNEST · texte numérisé non relu

SAINT-ERNEST

Que l'inconnu se fasse connaître !

DERVILLE

Il me semble inutile d'aller aux voix , le mariage est cassé a l'unanimité. Mais voyons dabord ? pourquoi te maries tu ? car s'il n'y a pas de néss.sité.

LÉON

Je vous répèle que je dépends de mon oncle, que je n'ai d'autre patrimoine que des dettes, et chaque jour, vous le savez, j'augmenle mon patrimoine d'une manière effrayante.Yous ne raisonnez pas assez solidement vousaulres, vous ne pensez pas que ces excellents déjeuners.. .. c'est mon oncle qui les donne , que ces parties de plaisir, c'est lui qui les paie ') que nos folies, c'est lui qui les répare j et dans ce siccle-ci, Messieurs , l'on ne peut trop estimer les oncles payants.

DEÏWILLE.

L'observation est juste... continue.

LÉON

Quoique mon oncle soit resté garçon, il veut absolument qu'on se marie ; il ne parle que de mariage... il ne vanle que le mariage, et^c'est pour cela q i'il veut me faire épouser Caroline.

DERYILLE.

Eh bien ! déclare-lui que tu ne peux pas.

LÉON

Oui... mais quelle excuse lui donner ?

DERYILLE.

Parbleu ! il n'en manque pas,., dis-lui que tu en aimes une autre ; nous allons t'en trouver une.

LÉON

Vous ne le connaissez pas... il irait Sur le champ la demander pour moi à ses parents , et demain il faudrait signer le contrat., oh ! vous n'avez pas idée de son activité en fait de mariage , et vous serez bien heureux , vous qui parlez, si vous sortez d'ici avec votre liberté.

DERVILLE

Comment , on n'est pas ici en sûreté ? . . . Eh bien ! écoutez . . . une inclination malheureuse. ... un choix disproportionné. . . . j'ai'ce qu'il te faut sous la main !. . . la camariste de ta tante , Mademoiselle Marianne. . . il ne te forcera pas , j'espère , à l'épouser.

LÉON

Eh bien ! après ?

DERVILLE

Après. . . après. . . tu ne peux pas te marier tant que tu en aimes une autre. . . Cette autre , il est vrai , n'est pas digne de toi... tu en conviens le premier , et tu ne demandes qu'à te guérir d'une passion fatale. . . mais il te faut du temps.

LÉON

J'y suis. . . unanT. .deux ans. . . \e peux même être incurable , et me voilà comme mon oncle , garçon toute ma vie.

DERYILLE.

Air : J^ai vu le pâmasse des dames.

Ta flamme ne sera guérie, Hélas ! qu'avec ton dernier jour 5 Et pour peu qu'on te contrarie ?

Tu peux même mourir d'amour.

LÉON

L'en menacer serait folie ; Jamais on n'en meurt iei bai ^ Car c'est la seule maladie , Que les docteurs ne traitent pas.

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