‹ Carpeaux. 48 planches hors-texte, accompagnées de 48 notices rédigéesChapitre 42 sur 51 · XLIII. — NAPOLÉON III · texte numérisé non relu

XLIII. — NAPOLÉON III

Ainsi que le rappelait tout récemment M. André Michel, la carrière de Carpeaux s'inscrit très exactement dans les limites du second Empire et son étoile semble liée à celle de l'Empereur.

Encore élève de l'École, au lendemain du Coup d'Etat, le sculpteur a déjà décidé que Napoléon le tirerait de son obscurité, et l'on se rappelle avec quelle incroyable ténacité il a placé son Abd-el- Kader sur le passage du souverain jusqu'à ce qu'il ait obtenu de sa propre bouche la commande de son bas-relief. En cette même année 1854, au risque de déplaire à Lemaire et à Duret, il avait déjà eu une commande, la première, le Génie de la Marine, destiné précisément au palais des Tuileries.

Dès son retour de Rome, son compatriote le marquis de Piennes, chambellan, l'introduit à la Cour, Où il n'est pas sans connaître déjà quelques figures ; 7e marquis et la marquise de la Valette ; par la marquise, la princesse Mathilde, et, par la princesse,

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Nieuvirerkerque. Le voici chargé de décorer le nouveau pavillon des Tuileries, destiné au prince impérial ; le voici travaillant au portrait même du prince, une de ses plus heureuses réussites, et, bientôt, au buste de l'impératrice.

On l'a représenté alternativement comme un ami très intime de la famille impériale et comme un hôte importun et traité avec quelque sans-gêne. La vérité est évidemment entre les deux versions. L'empereur causait volontiers avec Carpeaux ; mais, à un indiscret qui voulait savoir le sujet d'une de ces conversations, l'artiste répondit un joui froidement: u il cherchait à m'emprunter de l'argent! » Nous n'en savons pas plus que ce questionneur.

Lors de la dernière maladie de l'empereur déchu, en 1873, le sculpteur fut appelé par dépêche à Chislehurst. Il accourut aussitôt, emportant, par une pieuse pensée, de la terre de France, pour modeler les traits de l'exilé. C'est malheureusement pendant la veillée funèbre seulement qu'il put commencer son travail. Mais il y avait des années qu'il accumulait les croquis et les esquisses. L'œuvre terminée aussitôt après, sous l'empire de ces souvenirs, a la valeur d'un document sur nature.

Le plâtre original est au Louvre; un marbre fut fait pour l'Impératrice; un autre, pour M. F. Rainbeaux ; un bronze, pour le comte Paul Demidoff.

Un autre précieux souvenir de la même date est le dessin représentant Napoléon III dans son cercueil, conservé au musée de Versailles.

Napoléon

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