PRÉFACE. VII
a dix ans, les sources documentaires sont aujourd'hui assez abondantes pour qu'il soit possible d'y puiser à longs traits les leçons de l'expérience des divers peuples et de voir s'y refléter comme dans un miroir l'œuvre économique et sociale des trusts et des cartells. L'//idustrial Commission a ainsi publié, en décembre 1901 , les procès-verbaux de sa vaste enquête dont les données ont projeté une clarté si intense sur les aspects jusqu'alors quelque peu embrumés de la question des trusts. Les ouvrages de Jenks, de Collier, d'Ely, pour ne citer que les plus importants, la consultation si suggestive à laquelle a donné lieu, en septembre 1899, la réunion à Chicago de représentants de toutes les écoles, de tous les partis, de toutes les classes ont également contribué à dissiper bien des obscurités et à délimiter exactement le champ désormais très circonscrit des recherches à poursuivre. Bien qu'en Allemagne l'étude des cartells actuellement entreprise par une commission dont font partie les Brentano, les Conrad, les Schmoller, soit moins avancée, les travaux de Kleinwachter, de Liefmann, de Pohle, de Grunzel, de Steinmann- Bûcher, pour ne nommer ici encore que les auteurs les plus connus, nous ont déjà permis de nous former des idées suffisamment nettes sur l'organisation, le fonctionnement et l'œuvre de ces syndicats dont le rôle économique donne lieu depuis quelque temps à de si vives controverses.
Le moment était-il venu de confronter les uns avec les autres ces témoignages qui commencent à affluer et ces opinions qui peu à peu se précisent au sujet de grand débat? Était-il utile de procéder a un examen jthodique, et autant que possible consciencieux, des quêtes et des études françaises, mais surtout étranges, sur les cartells et les trusts, d'en extraire, sous
rementtrès condensée, les faits es- !8 directrices, pour les verser enine public français? Etait-il possible jn travail ainsi compris des conclumettre — avec toute la réserve qu'il r dans une si délicate matière — lecteur? Nous l'avons pensé, et tel but que nous nous sommes proposé
Et. Martin St-Léon.