SCÈNE V
cartouche, gribichon.
r.RlBimr>3, qui eit entré wr le* Jcmiere* i>an»!e* el »'e*t Uou «u fond.
As-tu fini?...
Suis-je assez innocent et vertueux?
CRI BICHON
Tu m’épouvantes! il y a des instants où j'ai peur qqc tu uc prennes ton râle au sérieux...
Et si cehétqit?...
GRIBICHON.
P!ait*il?...
Si j’étais réellement fatigue de vivre, sans cesse en lutte avec •a société.
CRI BICHON
Toi?...
CARTOCCIIE.
Si j’avais assez de cette insouciance que je joue en face des nôtres, de celte fausse gaieté qui n'a pas de racines dans mon cœur. Si j’étais las enfin de ccs ruses de chaque jour, de ces insomnies de chaque nuit, de ces terreurs, de ces remords!...
GRIBICHON.
Est-ce bien toi qui parler ? (Bas.) Toi! le grand Cartouche! cartouche, a «vu !>****.
Le grand Cartouche! Eh! malheureux, nous ne sommes grands, nous autres, que par le retentissement de nos forfaits, par la terreur qu’inspire notre nom, ou par des évasions habiles qui retardent de quelques jours, de quelques heures un châtiment terrible! Tiens, le plus misérable des honnêtes g ns est plus heureux que nous dans 11ns plus beaux moments d’abondance et de richesse; il mange paisiblement le morceau de pain gagné à la fatigue de scs bras. Insouciant et calme, il sYndort rêvant un meilleur lendemain ; et c’est si bon, un bon rêve!.. Moi, il y a dix ans que je n’ai dormi de ce paisible sommeil d'autrefois! Ali! si je recommençais ma vie, je me ferais mendiant plutôt que de suivre la même route infâme !
GRIBICHON.
Bravo I Tu es superbe! vrai, tu in’as fait illusion! Je t’ai si bien pris pour un honnête homme... que je t’ai volé la bourse, (il I* lui montra.)
Mais tu n’as donc jamais eu un bon mouvement, tu n’as donc jamais éprouvé un bon senti ment pour personne?
GRIBICHON.
Si fait! il y a un homme dont la vie m’est sacrée, dont le bonheur m’est précieux, pour qui je me suis battu deux font quand j’éüiis au service, pour qui j’ai volé quund il avait faim, et que je défendrais an péril de ma vie si sa vie était menacée.
Vraiment? et cet homme?
GRIBICHON.
Cet homme-là, c’est moi.
Tu n'es qu’un coquin vulgaire! — Enfin, je veux me reposer Ici de la vie fatigante que je mène.
GRIBICHON.
Fort bien.
Si je te dis que je veux dépister les limiers de la justice...
ORIBICHON.
Et passer quelque temps uuprès de U charmante femme... A la bonne heure, je comprends ce mariage; les camarades le comprendront comme moi; ils sont près d’ici, tu le sais, ils veulent assister en masse à la cérémonie.
J’irai les trouver... et, s’ils y tannent, je les amènerai ; mais je veux être sûr d’eux, et pouvoir les éloigner ensuite.
GRIBICHON.
Soit, nous passerons la lune de miel dans ce village... en attendant >jue nous recoin mençions nos exploits. A la bonne heure, je me connais en hommes, et je savais bien que lu ne pourrais pas te séparer de nous... Ce n’est pas moi que lu tromperais, capitaine; je suis...
f Tu es un imbécile... tu m’as fait illusion à ton tour... et je t'ai repris mu bourse... avec la tienne, (n lui m»n’r* i<> d«»i
bourses.)
GRIBICHON.
La iniennel. . Ah! par exemple!., (ti veut reprendre *> boum.)
Un instant!.. D’où vient celle-là?..
GRIBICHON.
Mais... d’une poche... comme toutes les bourses.
D’une poche de ce village.
GRIBICHON.
Où la chèvre est attachée*...
Je l’ai défendu de brouter ici.
GRIBICHON.
C’est le seul petit travail que je me sois permis.