I.OUISB
Ah!
JEANNETTE
Comment?... Est-ce que vous croyez que...'
LOUISE
Oui.
JEANNETTE
Le pauvre garçon !
LOUISE
Imagine-toi qu’il répète à chaque instant qu’il est guéri, bien guéri. Mon père le croit, il le croit peut-être lui-même: mais je m'y connais mieux qu’eux; il est plus malade qu’autrelbis. JEANNETTE.
En vérité ?
LOUISE
Mais maintenant il n'en mourra pas.
JEANNETTE
Ah I
Au coutraire... il arrivera.
JEANNETTE
A quoi ?
LOUISE
A foire fortune... et à épouser quelque bonne et riche bourgeoise.
JEANNETTE
Et vous, vous épouserez 11. d’Orbessanî..
LOUtSR.
Lui ou un autre, comme mon père voudra.
JEANNETTE
Vous n’aimez donc personne ?. .
LOUISE
Mais, je n’ai que dix-sept ans. Est-ce que je suis en retard?
JEANNETTE
Pas encore, mais je vous prédis que l'heure sonnera bientôt.
LOUISE
Tu. seras ma confidente, car nous nous verrons souvent; puisque tu é[iou?o* un gentilhomme, te voilà de notre monde. CvUl bien?...
JEANNETTE
Si bien, si riche, ni noble, que cela me rend toute honteuse; et je me prends à regretter qu’il ne soit pas un simple paysan.
Quelle folie! Ksi ce qu’il ne vaut pas mieux devenir une belle dame, avoir do brillantes toilettes, de beaux bijoux... Tiens, lu as un -collier pareil au mien.
JEANNETTE
Vraiment?..
LOUISE
Quand je dis le mien, je ne l'ai plus; on ine Ta volé.
JEANNETTE
AbF...
LOUISE
Il était comme celui-ci, en brillants avec des turquoises. C’est ton mari qui le l'a donnée? .
JEANNETTE
Oui, avec ces telles bouck-s d’oreilles...
LOUISE
Ces boucles d’oreilles I .
JEANNETTE
Et cetle riche châtelaine, et ce ravissant médaillon.
LOUISE
Celte châtelaine I ce médaillon!..
JEANNETTE
Qu'avez-vous donc?., vous voilà toute tremblante 1..
LOUISE
Ce médaillon s’ouvre en poussant un petit ressort secret...
JLANNETTE.
Oui, comme cela.
LOUISE, l'arrêtant.
Attends, et... dans ce médaillon... il y a deux petites figure» d'enfant sur un fond ri'émad.
JEANNETTE
Oui... d’où savez-vous cela?...
LOUISE
D'où je le sais?... ce médailiou m'a été voté!
JEANNETTE, IW «ffrfli.
Volé!...
hotnsc.
Cette châtelaine, ce collier, m’ont été volés.
JEANNETTE
Non, non, c’est impossible , voyous, rcgardez-Ic» bien, mademoiselle Louise, vous vous trompez, ces bijoux ne suiit pas les vôtres, ce ne sont pas ceux que Ton vous a pris?
LOUlSK.
Ce sont eux, te dis-je, je le» rtomnais bien.
JEANNETTE
Ce que vous me dites là me bouleverse.
LOUISE
Ton mari les mira achetés sans savoir d’où ils venaient.
Oui, oui, c’est cela, ce doit être cela... je le crois, j’en suis certaine... et cependant ... Oh! mon Dieu, mon Dieu I que je voudrais donc qu’il fût là !