MILADY, WILLIAMS
milady. Sir Williams Patcrsou, notre aimable magisior.
Williams, >prti un r r*fou j hUi. Milady, vous me donnez là une épithète que je ne mérite guère.
milady. Pourquoi cela, sir Williams? Vous ne vous rendez pas justice.
Williams. Si fait, Milady; et peut-être aujourd'hui plus que jamais, car je viens auprès de vous en solliciteur.
milady, k part. Quel moyen prendre? (mm.) En solliciteur, dites-vous ? Mais ce que vous me demandez vous est accorde d’avance, sir Williams... Il s’agit, sans doute, de quelque bonne œuvre... de porter secours à un être malheureux et intéressant?
Williams. Malheureux, oui 1 intéressant... je ne sais pas trop si je dois en convenir.
milady. Comment?
Williams. Il s’agit de moi, Milady.
milady. De vous, sir Williams?., mais raison de plus, (a p»rt.) Si je pouvais faire croire à mon oncle...
Williams, k pire. Ccst singulier comme elle parait distraite !.. (lUui.) Mais je crains d’être importun, Milady.
milady. (Nullement, sir Williams, nullement. Voyons, que foulez-vous ?
Williams. Voilà cc que c’est, Milady... je désire quitter le 1 village.
milady. Vous voulez nous quitter?
Williams. C’est bien à regret, je vous assure... Mais vous savez que lorsqu'on parcourt une carrière, on ne suit pas tou-
t " mrs son goût. Si je pouvais entrer clans l’université de Dulin!.. on me l’a fait espérer, au cas où je serais appuyé par des personnes influentes... J’ai pense que vous seriez assez bonne pour prier votre onde, lord Derby, de s'intéresser à moi.
milady. Dieu volontiers, et votre demande arrive d'autant mieux que mon oncle, de retour de Londres, va me faire une visite aujourd'hui même.
Williams. M.lle grâces... et si jamais j'étais assez heureux nour vous prouver ma reconnaissance...
MILADY, comme frjpptc d'an* idie ««bile. Oui, le moVCI) CSt boil...
et mon oncle...
Williams. Vous avez trouvé un moyen sûr?..
«u am. Ingénieux!.. Écoutez, sir Williams!., j’ai, moi aussi, un service à vous demander.
Williams. Oh! parlez 1 parlez, Milady t milady. Sir Williams, je suis prête à faire tout ce qui dépendra de moi pour vous obliger : mais je vais, en revanche, vous demander une chose à laquelle je tiens beaucoup. Williams. Disposez de moi.
milady . Mais, vraiment, j’hésite... je crains que ma demande ne vous paraisse tellement extraordinaire... tellement indiscrète...
Williams. Comment donc , Milady?.. (a pan.) Ah çà! que veut-elle me demander?
milady. Eh bien! il faut que jusqu’à ce soir... (a pari.) Mou oncle a dit quelques instants... il retourne, sans doute, coucher à Dublin, (iitut.) Jusqu'à ce soir, vous passiez ici aux yeux de tous ceux qui viendront, pour...
Williams. Pour?
milady. Mon mari.
Williams. Votre mari!..
milady. Cela vous effraye peut-être ?
Williams. Au contraire... Mais pourrais-je savoir? milady. Ah! c’est là justement la difficulté! je ne peux vous donner actuellement d’explication.
Williams, a part. Je dois alors accepter...
milady. Tir*»'»!. Vous acceptez?
Williams. Les yeux fermés; c'est-à-dire les yeux ouverts. milady. Vous êtes galant.
Williams, 4 pan. Que dirait miss Arabclle su. heureusement elle esta Dublin.
milady. Vous paraissez réfléchir... Avez-vous d’autres chagrins?
Williams. Non, Milady, non!
milady. J'oubliais que, comme instituteur, vous devez plus que tout autre avoir recours à la philosophie.
Williams. Ah! Milady! la philosophie! la philosophie! c’est l’étoffe dont on habüle'le chagrin... un dcmi-dcuil! aiiladv. Ainsi vous êtes mon mari, quoi qu’il puisse arriver? Williams. Quoi qu’il puisse arriver.
milady. J’ai votre parole?
Williams. D'honneur.
milady, it«e un itr j* luamission. Maintenant, vous êtes le maitre. Williams. Le maître?
milady, riant. Et jc vous demande la permission de donner quelques ordres à une nouvelle femme de chambre.
Williams. Je serais désolé de vous déranger.
milady. Merci encore... merci! (a pan.) Je gagnerai dn temps.
(Ella entra dan» «a chambre.)