SCÈNE VI
Les mêmes, les voleurs, GRIBICHON.
Ne nous forcez pas de vous bâillonner, monsieur le comte... voyez... la lutte serait inégale.
d’orbessan.
Dis qu’elle serait indigne d’un gentilhomme! Je regrette ce mouvement de colère, et je te défie à présent de m’émouvoir le moins du monde. Allons, parle 1 que veux-tu faire de moi?
Mais, pardieu, rien du tout. Vous êtes libre, monsieur le comte.
d'orbessan.
Libre!
A la seule condition que trois de ces Messieurs vous accompagneront au lieu que vous désignerez.
, d’orbessan.
Songes-y bien, bandit... de d’Orbessan à Cartouche, il n'y a point de" générosité possible. Si je sors de cette maison, ce sera pour aller tout droit chez M. de Grandlieu,lc nouveau chevalier du guet.
Allez-y !.. (aux voleurs.) Qu’on rende à M. le comte son épée...
S Le comte reprend sou épée des mains de Gribichou et la brise.) Et qil’on
'accompagne avec les plus respectueux égards jusqu’à la porte de l'honorable M. de Grandlieu (a d’orbessan.) Adieu, monsieur le comte!
d’orbessan.
Au revoir, Cartouche !.. J’ai dit hier que je me chargeais de te conduire en place de Grève, et je jure Dieu que je n'aurai ni repos, ni trêve, avant de t’avoir vu rouer sous mes yeux 1
Eh bien ! franchement, Monsieur, je ne vous engage pas à jouer ce jeu-là. •
d’orbessan.
J’ai juré! misérable!
CARTOUCHE, avec colère.
Prenez garde!., prenez garde qü’à mon tour je ne décide votre mort... (Riant.) Bah! la lutte m’amuse. Au revoir, monsieur le comte; et nous, Messieurs, au bal !
TOUS
AU bal ! (Fiu du laid eau.)