TABLEAU III, SCÈNE IV
DK GRANDLIEU.
C’est assez peu votre habitude, en effet.
d’orbessan.
Mais à la fin, Monsieur, que signifie?...
DF. GRANDLIEU
Oh! je vous engage à moins élever la voix et à être bref.
D’ORBESSAN, à part.
Ah! pour le coup...
DE GRANDLIEU
J’attends !..
d’orbessan.
En deux mots, Monsieur, je viens d’être victime du vol le plus hardi, du guet-apens le plus odieux.
DE GRANDLIEU
En vérité?... vous?... vous, Monsieur?...
d’orbessan.
Moi-même, et votre devoir ..
Soyez tranquille, je le ferai !...
d’orbessan.
Votre devoir est de me prêter main-forte contre Cartouche.
DE GRANDLIEU
Mais bien volontiers.
D’ORBF.SSAN, à part.
Allons donc !...
DE GRANDLIEU
Ab ! il s'agit de Cartouche?... j’en suis ravi!... Et où le trouverons-nous, s’il vous plaît?...
d’orbessan.
A l’hôtel Soubise, rue Grange-Batelière.
DE GRANDLIEU. t
Si loin?... Il vous a donc volé seulement... je croyais que le gueux vous avait tué...
d'orbessan. •
Comment.... tué?...
DF. GRANDLIEU
Oui... pendant l'évanouissement de votre grand-oncle... d’orbessan.
De mon grand-oncle?...
DE GRANDLIEU
Le commandeur...
Eh! Monsieur, mon oncle le commandeur est mort depuis longtemps...
DE GRANDLIEU
Ah ! c’est lui que ce misérable a tué... ce n’est pas vous... c’est lui?... très-bien... très-bien...
d’orbessan.
Oh! Monsieur... finissons-cn !.<.
tü
I)K GRANDLIEU
Soit... (il lui présente les deux pistolets.) Je VOUS arrête!. «■
d’oruessan.
Moi?
DE GRANDLIEU
Vous, Cartouche!...
Quoi?... vous supposez?... vous croyez?...
DE GRANDLIEU
Je ne suppose pas... je ne crois pas... je sais...
d’orbessan.
Voyons, monsieur de Grandlieu, réfléchissez de grâce... vous êtes sous le coup d’une erreur que je ne m’explique pas encore, mais il est impossible que vous y persistiez en présence des preuves de mon identité...
DE GKANDMEU.
Des preuves... oui, oui... je sais... je gage que vous allez me montrer des lettres adressées au comte d Orbessan...
d’orbkssan.
Mais certainement... j’en ai les poches pleines... et tenez, toutes à mon nom...
DE GRANDLIEU
Je suis certain même que ces lettres sont des plus intimes. d’orbessan.
Oui, Monsieur, et vous verrez bien...
DE GRANDLIEU
H y a même des lettres d’amour, n’esl-ce pas?.. d’orbessan.
C’est vrai... et je pense qu’à présent...
DE GRANDLIEU
Vous pensez mal! Oui, vous avez les papiers, les habits et l’argent du comte Hector, mais vous êtes Cartouche!
D’ORBESSAN, de guerre lasse.
Encore?.. Eh bien, Monsieur, je suis Cartouche... arrêlezmoi... emprisonnez-moi tout à votre aise ... j’espère seulement que demain vous voudrez bien me mettre en présence de M. d’Argenson, l’ami d’H. ctor d'Orbessan.
de grandlieu.
Je n’attendrai pas jusqu'à demain pour vous confronter avec quelqu’un, (ouvrer la porte de la bibliothèque.) Entrez, entrez, monsieur le commandeur d'Orbessan...
d’orbessan.
M. le commandeur d’Orbessan?..
de grandlieu.
Comment?., personne ne répond'?.. Mais du moins Germain... (Appelant, taudis que d'Orbessan est entré dans la chambre.) Germain !.. Germ...
D’ORBESSAN, ramenant Germain garrotté et bâillonné.
Tenez, le voilà votre Germain, Monsieur.