SCÈNE PREMIÈRE
FRANÇOIS, seul. 11 est accoudé, la tèle entre ses mains, sur une table éclairée par une petite lampe.
Allons, allons, c'est bien arrêté. Ce que j’ai de mieux à faire, c’est d’en finir avec la vie. C’est drôle, moi qui ne suis guère brave, et qui ai toujours eu peur de la mort, une fois que j'ai eu pris mon parti, je n’ai plus tremblé du tout... ça me paraît même bon de me dire que je u’aurai plus de chagrins dans quelques instants... Je me serais bien jeté à la rivière en sortant de chez Louise; mais j’ai tenu à lui envoyer ce dernier adieu... (prenant une lettre.) Trois grandes pages de bèlises, que je n’ai pas le courage de relire, et qui peut-être la feront rire.
OÙ est niOll Clou? (il prend un clou el un marteau.) Non, elle 110 S<* moquera pas de ce dernier adieu... elle est lionne... je suis sur qu’elle nie plaindra, qu’elle priera un peu pour moi ! .. encore quelques lignes, et ce sera tout, (u écrit.) « Louise! je suis laid, je suis bête ; mais je vous aime, et je me tue parce que je vous aime !... » A présent, à mon clou!... ça et un bout de corde, c’est tout ce qu’il faut pour François Beaudouin. (il monte sur une chaise et se met à cogner.)
JEANNETTE, fredonne au dehors. Elle frappe 6 la porte.
Peut-on entrer, cousin? (Elle ouvre.) Qui ne dit rien, consent.