‹ Cartouche drame nouveau en cinq actes huit tableauxChapitre 47 sur 91 · TABLEAU IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

TABLEAU IV, SCÈNE VI

FRANÇOIS

Elle sait tout... et il n'y a pas de colère dans ses yeux ! Vous me pardonnez donc d’avoir voulu mourir à cause de vous?

LOUISE

Si je vous pardonne 1 puisque je viens vous dire de vivre î

Ohl ne me demandez pas ça!..

LOUISE

Mourir!., par un suicide!.. Mais, vous n’y songez pas!.. C’est un crime, François !..

FRANÇOIS

Un crime... oui...

JEANNETTE

Tu allais abandonner sans appui, sans consolation, toute seule et le cœur brisé, ta mère qui n’a plus que toi !

FRANÇOIS, i part.

Ma bonne vieille mère... que j’avais presque oubliée!..

LOUISE

Vous ne mourrez pas, François!

JEANNETTE

Non, non, lu ne mourras pas ainsi, parce que ce serait une lâcheté, François, et que tu n’es pas un lâche !

FRANÇOIS

Mais comment voulez-vous que je résiste à tant de chagrins?

JEANNETTE

Il te reste encore un espoir bien généreux, bien noble!... Ce rang, que le nom et la fortune donnent à d’autres, sache-lc conquérir à force de travail et de probité.

LOUISE

Je crois en vous, moi! L'homme qui a écrit cette lettre, peut suivre hardiment sa voie, car, avec le cœur, on arrive à tout !

Oh ! mon Dieu! mon Dieu !

JEANNETTE

Qu’au lieu de te tuer, la pensée de Louise de Grandi ieu te fasse vivre; qu’au lieu d’une tombe impie, elle t’ouvre une carrière honorable, une existence utile!...

LOUISE

Tenez, il y a une tâche que je remplirais avec bonheur : ce serait de guider vos premiers uns, de vous aplanir les premiers obstacles. Voulez-vous, dites? voulez- vous que votre sœur de lait devienne votre bonne fée?...

JEANNETTE

Certainement, qu’il le veut; mais le pauvre garçon n’a pas la force de répondre...

FRANÇOIS, suffoquant, et faisant signe qu’il va parler.

Si... si... j’ai.. . j’ai de la force... j’en ai... et je vous dirai, mam’selle Louise, a présent, je vivrai toute ma vie 1... Tenez, vous voyez, le bonheur me fait dire des bêtises!

C’est égal, je réponds de toi, François, tu feras ton chemin, c’est moi ijui te le dis! (Bruit au dehors. Nuit.) Ce bruit, François, écoute... c’est dans la maison...

LOUISE

Mon Dieu!

FRANÇOIS

Allez, Mademoiselle, il ne faut pas qu'on vous trouve ici.

JEANNETTE

Tu as raison. Nous descendons dans ma chambre, et nous y attendrons que le tumulte soit passé...

LOUISE

Courage, François!...

JEANNETTE

Courage! (Elles sortent.)

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