SCÈNE II
D’ORBESSAN, CARTOUCHE.
d’orbessan.
Halte-là, monsieur Cartouche !
Tiens! c’est vous? Bonjour, monsieur le comte.
d’orbessan.
Bonjour, monsieur Cartouche.
Je présume que vous n’avez pas l’intention de me barrer le passage, monsieur le comte ?
d’orbessan.
Je vous demande pardon, monsieur Cartouche. Je ne suis pas ici pour autre chose.
CARTOUCHE, cherchant une arme.
Ah! ah! (a part.) Tonnerre!... j’ai oublié mes armes dans l’habit que j’ai quitté!...
d’orbessan.
Vous n’avez pas l’air très-ravi de me trouver là...
Pourquoi donc?... .
• d’orbessan.
Ah ! vous voilà pris au piège?...
Eh bien ! mais... ce ne sera pas la première fois.
d’orbessan.
J’espère bien que ce sera la dernière !
Vous croyez?
d’orbessan.
Oui. J’ai voulu vous montrer, que si M. d’Orbessan n’était pas difficile à voler, monsieur Cartouche n’était pas, en revanche, difficile à prendre. Sur ce, je vais avoir la satisfaction de vous arrêter moi-même !
Emparez-vous donc de moi, monsieur le comte! (il grimpe jusqu’à u crête du toit.) Osez venir me chercher là... Je vous en défie!
d’ohbessan.
Misérable! (il s’élance vers Cartouche, et ils se saisissent tous les deux.)
Plus de courage que de prudence, cher Monsieur. Vous voilà pris à votre tour! (il se penche avec lui sur le rebord du toit.)
d’orbessan.
Eli! sarpejeu! prenez donc garde... nous allons rouler tous les- deux dans la rue! Car vous sentez bien que je ne vous lâcherai pas?
Et... si c'est mon intention...
d’orbkssan.
Comment?
Éeou lez-moi, monsieur le comte : Si je suis arrêté, je cours grand risque d’èti e roué en place de Grève, n’est-ce pas?
d’orbessan.
C’est probable!
Eh bien! alors, j’aimerais autant me briser la tète sur le pavé... en votre compagnie, bien entendu... (il se penche de nouveau.
d’orbessan.
Faites donc attention, que diable, vous nous penchez trop...
Je crois que vous avez peur...
D’ORBESSAN.
Peur... moi... je trouve seulement que ce serait une fin si ridicule, une mort si bôti: !..
Évilez-la...
d’orbessan.
Comment?...
Jurez qu’une fois hors de celle étreinte vous ne tenterez jamais de me faire arrêter.
d’orbessan.
Impossible de vous jurer cela... J’ai déjà fait le serment contraire.
Alors, mourons ensemble. (Il fait un effort, tous deux sont penchés et près d’èlre précipités dans la rue.)
D OKHESSAN.
Allons donc, finissons-en.
CARTOUCBE, se relevant à demi.
Un mot encore... promettez-vous du moins de ne pas tirer sur moi?...
D’ORBESSAN.
Je le promets !
De vous en aller de votre côté, tandis que je m’en irai du mien?..
d’orbessan.
Soit! mais je ne promets que cela.
TABDEAU V, SCÈNE IU.
Go
J’ai votre parole?..
d'orbessan.
Je vous la donne...
CARTOUCHE, le lâchant.
Aile* donc, Monsieur.
d'orbessan.
Maladroit qui me laisse libre!...
Monsieur le comte !
d’orbessan.
Je vous ai déjà dit que de vous à moi il n y avait point de générosité possible! (il arme un pistolet.)
Vous avez juré de ne pas vous servir de vos armes contre moi.
d’orbessan.
C’est vrai... aussi je ne tire pas sur vous... je tire en l ait !...
(Au bruit de la détonation, des archers paraissent de tons côtés et couchent Cartouche en joue. — • Le jour est venu progressivement pendant la scène précédente et on aperçoit Paris à vol d’oiseau, avec un effet de soleil levant.) Jt
n’ai pas manqué à ma parole mais vous n eu serez pas monts arrêté.