‹ Cartouche drame nouveau en cinq actes huit tableauxChapitre 90 sur 91 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les mêmes, FRANÇOIS.

FRANÇOIS

Arrête, tu ne le tueras pas!

François, éloigne-toi !.. ma vengeance ne s’effacera pas devant toi ; ma colère et ma haine no se fondront pas devant un souvenir d’enfance!.. J’ai juré la mort de cet homme !,.

FRANÇOIS

Et moi, j’ai juré de le sauver!..

d’orbessan.

Merci, camarade.

Mais celui que tu veux défendre n'est pas seulement mon ennemi, c'est le lien, François.

I* ORBF.SSAS.

Moi !..

Mon ennemi !..

FRANÇOIS

Que tu l’arraches de mes mains, et il épousera Louise de Grandlieu que tu aimes...

Que dit-il?..

FRANÇOIS

Eh bien! oui, je l’aime, mais je l’aime on honnête homme, enlends-tu?.. Je l’aime assez pour vouloir son bonheur plus que le mien, et puisqu’elle doit être heureuse avec lui, je veux qu’il vive.

Tu es fou !..

FRANÇOIS

Ohl tu ne comprends pas cet amour-là; mais il le comprend, lui, et il vivra...

Arrière, te dis-je!...

FRANÇOIS

Non, non!... tu veux le tuer, comme tu as fait mourir la pauvre Jeannette...

Jeannette!... ah! tu As eu tort de me rappeler ce souvenir, je veux qu’il meure...

FRANÇOIS

Et moi, je veux qu’il vive, quand je devrais te tuer pour ça.

(il lui présente un pistolet.)

u’OBBESSAN.

Brave cœur !...

FRANÇOIS

Allons, allons, bas les armes. Cartouche, bas les armes '.. ..

Non.

FRANÇOIS

Bas les armes, te dis-je, ou je jure devant Dieu que je te tue... je tC tue SailS pitié... (il lui met le pistolet sur la gorge.)

Allons, je suis vaincu... (il jette son épée. François se baisse pour la ramasser; au même moment Cartouche tire un couteau de sa poche, l’ouvre et en frappe François (l la poitrine.)

FRANÇOIS

Alt!...

d’orbf.ssan.

Misérable!... Et je ne puis briser ces liens... (il essaye de se

dégager.)

François... c’est... c’est toi qui m’y as forcé...

FRANÇOIS, arrachant le couteau de sa blessure et le regardant.

Ah!... c’est... c’est le mien, Dominique...

Le lien...

FRANÇOIS

Oui, c’est mon pauvre petit cOUteflll... Ce n’était pas pour cela que je te l’avais donné... (il s'appuie contre d’orbessan.)

François...

D ORBESSAN, s’asseyant de façon à soutenir sur son genou la tète de François, après que celui-ci s’est laissé glisser à terre.

1 Pauvre François!... et c’est pour me défendre... pour me sauver... (Tous les sbldals rentrent en scèue, avec M. de Grandtieu ci Louise. — Les voleurs accourcut auprès de Cartouche. — Les soldats, sous les ordres de M. de Grandtieu, les eutoureut de toutes parts et les tiennent en joue ; désignant Cartouche.)

DE GRANDL1EU.

Arrêtez ce misérable !

LOUISE, eutrant et couraut à François.

Mon père... François... (Un des domestiques qui accompagnent Louise détache les liens de d’Orbessau.)

Vous ici !... près de moi ! vous Louise !

d’orbessan.

Oui, elle qui vous aime, et qui prie Dieu de vous laisser vivre pour l’aimer...

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