‹ Cartouche [microforme]Chapitre 10 sur 57 · LES MÊMES, NICAISE, VILLAGEOIS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, NICAISE, VILLAGEOIS

NICAIsE (p/eurant en dehors).—Où ! oh! oh!

PIERRE.—V'là Nicaise ! je reconnais sa voix.

MATHIEU.—On dirait qu'y pleure. Qu'est-ce que t'as, mon garçon ?

NicaisE.—On m'a volé mon âne.

PIERRE.—Ton âne?

MATHIEU.—Qui est-ce qui te l’a volé ?

Tous.—Cartouche !.…

NicaisE.—Mon pauvre ânon.…

P1ERRE.—C'est affreux !.. lui qu'j'avais élevé. SAINT-ALBAN.—Ne vous affligez pas, mon garçon ; tenez ; prenez ma bourse, vous y trouverez. de quoi réparer vos pertes,

NICAISE (riant).—Merci, mon bon monsieur.

Oh ! oh ! t’nez, mon oncle, tout c’t'or.

MaATHIEU.—Que de bonté !

M. DE MÉRAN (à Saint-Alban).—Mon ami,cette fois vous me prévenez ; mais je ne vous en veux. pas.

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PIERRE.— Fi! les mauvais cœurs ! ça vous rendy votre âne,tout c’t'or PJ'veux l’ravoir, moi, c't'ânelà... Pardon, excuse, monsieur ; vous m’demandiez tout à l'heure si j'oserais gagner les deux mille livres promises ?... Eh bien! vous voirez... j'm'enrôle dans les gendarmes ; j'sais pas où y en a, mais c’est égal. j'vas les trouver.

SAINT-ALBAN.—Dis-moi, cette résolution estelle bien sérieuse ?

PIERRE.—Un peu, sauf vot’ respect.

SAINT-ALBAN (souriant).—J'admire ce noble enthousiasme, et je veux lui faciliter les moyens d'agir. (2/7 tire un carnet et écrit.)

Nicaise.—Es-tu fou ?

MaATHIEU.—Oh! qu’ron!

NicaIsE.—Tu nous quitteras pas.

PIERRE. —Oh! oui! je suis aussi entêté que notre âne, moi ; je vas revenir. (7/7 sort un instant.)

ALPHONSE (à Suint-Alban).—A qui donc adressez-vous Pierre P

SAINT-ALBAN.— Soyez tranquille ; il ne lui arrivera aucun mal, je le recommande. Mais il ne faut pas le détourner de son projet... il est beau! qui sait s’il ne lui est pas réservé d’arrêter l'homme que tout le monde craint tant P

NicaAIsE. — 11 est trop poltron pour ça, monsieur.

Pierre Leroux revient avecun grand fusil de chasse sur d'épaule, et au bout duquel tient un petit paquet; un grand sabre lui pend dans les jambes.

PIERRE.—Me v'là! j'me crois pas malsréussi.

SAINT ALBAN.—Tiens... ce mot au : : capitaine

facilitera ton admission. (Souriant.) On. aura SOIN de toi,

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PIERRE.—Merci, monsieur.

SAINT-ALBAN (à part).—L'imbécile !.. (ÆZauf.) Dis donc? où vas-tu ?

PIERRE.—J'sais pas, c'est vrai... Oùs que j'trouverai le capitaine des gendarmes ?

SAINT-ALBAN.—A la ferme des Peupliers, où il a établi son quartier général.

PIERRE.—J'la connais ben ; c’est sur la route de l'auberge du père Mathieu... Allons ! jmen vas y aller.

MarTHiEu.—]J’vas faire une partie de la route avec toi. Adieu, Nicaise.

NICAISE ( péeurant).— Pauvre Pierre Leroux !.…. hou ! hou!

Prerre.—Adieu, Nicaise, je pars! (77 sort avec Mathieu et les villageois qui applaudissent à son courage ; Nicaise les suit en pleurant )

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