‹ Cartouche [microforme]Chapitre 13 sur 57 · CARTOUCHE, DUMÉNIL · texte numérisé non relu

CARTOUCHE, DUMÉNIL

Entrée de Duménil. Quelques valets qui viennent apporter des sièges le précèdent et sortent aussitôt.

DUMÉNIL (affectant de grands airs).—Eh bien, marquis, où te caches-tu donc ?

CARTOUCHE.—Nous sommes seuls.

DUMÉNIL (foujours de même).—En vérité, marquis, ça n'est pas bien de s’éclipser de la sorte.

CARTOUCHE.—Ah Ça, auras-tu bientôt fini tes manières ? Quand je te dis que nous sommes seuls.

DuMÉNIL (changeant de ton).—En es-tu bien sûr ?

CARTOUCHE.—Tu n’as plus besoin de te gêner.

DUuUMÉNIL (regardant de tous côtés).—En ce cas, comment vont nos affaires? La râfle sera-t-elle bonne ?

CARTOUCHE.— Je l'espère. Et toi, où en es tu ?

DuMÉNIL.—N'aie donc pas d'inquiétudes, nous sommes en force; plusieurs de nos camarades se sont déjà introduits comme domestiques, quelques uns parmi les ouvriers employés pour la fête ; le reste composera la troupe de chanteurs égyptiens et autres que tu as annoncés.

CARTOUCHE. — Fort bien.

DUMÉNIL.—Ça marche joliment, comme tu vois.

D'honneur ! je ne puis m'empêcher d'admirer ton génie. Je suis chaque jour témoin de tes prodiges, et chaque jour ils m'étonnent malgré moi.

CARTOUCHE.— Pauvre esprit !

DUMÉNIL.—A peine revenu de l'affaire du chàâteau de Saint-Alban que tu médites une seconde expédition, Des papiers apprennent que notre victime était attendue ici,chez monsieur de Méran; une lettre du vieillard te prouve que le marquis de Saint-Alban n'est connu ni d’Alphonse de Méran ni des domestiques du château. Tu sais que le comte est aveugle... Vêtu magnifiquement tu te présentes ici sous le nom du marquis, et nous voilà.

CARTOUCHE.—Oui, mais il faut nous hâter ; on est sans doute sur nos traces.

DUuMÉNIL.— Tout se prépare pour la fête; nos amis vont venir. J'ai caché ici près toutes nos armes ; àton signal nous nous découvrons, et après nous être débarrassés des importuns, nous nous emparons de l'or, des bijoux.

CARTOUCHE.—Et nous filons…

DUMÉNIL.—A propos... cet homme qui t'a reconnu, au château de Saint-Alban, le frère du marquis, je crois, qu’est-il devenu ?

CARTOUCHE.— Il s'était barricadé dans une chambre... Il aura sans doute péri dans lincendie.

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