‹ Cartouche [microforme]Chapitre 39 sur 57 · ANDRÉ, JACQUES, MATHIEU · texte numérisé non relu

ANDRÉ, JACQUES, MATHIEU

André et Jacques sont assis à une table et mangent avec avidité. Mathieu, devant la porte du fond qui est ouverte, regarde au dehors.

MATHIEU (avec impatience). —Tls n'arrivent pas!

ANDRÉ.—Nous avons joliment soupé tout d'même.

JAGQUES.—J'crois ben ; du pain blanc avec du fromage, et une demi- bouteille de vin à nous deux ! ANDRÉ.—Ah ! dame, c’est pas tous les jours fête !

JaAcQuEs.—C'est ça ; parce que nous avons fait hier une bonne jeurnée, tu ne r’gardes pas à la dépense.

ANDRÉ.—(C'est ne à c’bon seigneur que nous devons tout ça.

JaAcQuESs.—Aussi il peut être ben sûr que nous ne l’oublierons jamais.

ANDRÉ.—Y a pas de risque !.,, Cheux nous, enfants de la Savoie, on n’irouve pas plus d'ingrats

que d’paresseux, et si jamais il le fallait, pour lui, vois-tu, je m'mettrais au feu, quoi !

Jacques.—Et moi, j'crois que je m'ferais tuer.

ANDRÉ.— À ta santé !

JACQUES.—A la tienne !

MATHIEU (/oujours devant la porte).—]Je perds patience.

JACQUES (baillant).—A présent que j'nai plus faim, v'là le sommeil qui me galope! avec ça qu’'nous avons encore demain dix bonnes lieues à faire... J'crois qu’un p'tit brin de repos ne nous ferait pas de mal.

ANDRÉ (montrant Mathiew).—Si c'hrave homme pouvait nous céder un petit coin.., en payant bien entendu.

JacQues.— Dites donc, bourgeois, si c'était un effet de vot’part, d’nous donner un endroit pour dormir.

MaTHiEu.—T’nez, v'là la porte de l'écurie ; y a là d'la paille fraîche.

JacQuEs.—Ben obligé... (4 André.) A l’écurie!l.,,. j'aime mieux ça; ça ne coûtera rien... Viens-tu P.….

ANDRÉ.—Me v'là. (Z1s entrent dans l'écurie et ferment la porte sur eux.)

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