‹ Cartouche [microforme]Chapitre 47 sur 57 · LES MÊMES, MATHIEU, PAYSANS, SOLDATS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, MATHIEU, PAYSANS, SOLDATS

. MATHIEU (en dehors).—Par ici, par ici !

EUGÈNE. — Quel est ce hruit ?

CARTOUCHE (à part).—Serais je ne

MATHIEU ienfrant).—Ah1 Dieu merci! j'arrive à temps.

EUGÈNE. = ) a:t-il ?

M.THIEU — Ah! bien des choses... mais avant tout, monsieur le capitaine, ordonnez qu'on ait toujours les yeux sur monsizur, et surtout qu'on ne le laisse pas partir avant que je vous aye débité tout ce que j'ai à vous dire.

CaRTOUCHE.— Pourquoi cette mesure ?

MarTxieu.—Vous allez le savoir.

EUGÈNE (aux so/dats'.—Que personne ne sorte.

MATHIEU. —Je vous dirai donc qu’on vient de trouver dans le petit bois tout près d'ici, un vieillard dépouillé de ses habits et attaché à un arbre ; mais ce qui va bien vous surprendre, c'est que ces paysans ont reconnu dans ce malheureux monsieur de Saint- Firmin, le médecin de leur village.

CARTOUCHE (à part).—GÇa va mal !

LÉoN (/observant). — Mes pressentiments ne m'avaient pas trompé.

Martuieu.—Enfin, tant il y a qu’on pourra bientôt le confronter avec monsieur, (wontrant Cartouche) car je l'ai fait entrer par la porte du jardin ; il est en ce moment auprès de ce pauvre jeune homme, dont il semble répondre déjà.

LÉON.- Se pourrait 11?

MarnIEu, — Nous nous sommes tous dit aussitôt : ‘ Puisque c't'autre est monsieur de Saint- Firmin, alors quel est ce monsieur ?”

LÉON (avec énegie).—C'est Gartouche !.…

Tous.—Cartouche !

CarroucHe.—Vous oseriez !… Cette supposition. injurieuse.…

LÉox.—-Cesse de vouloir te défendre; ton adresse est grande; mais pensais: ‘tu tromper les regards d’un homme qui ne respire que pour te livrer au supplice !..,

CARTOUCHE (se découvrant).—ÆEh bien ! oui, je

suis Cartouche... (4 Zéon.) Mais ne pense pas jouir longtemps de ton triomphe.

EUGÈNE —Émparez-vous de lui!.., qu'il soit enfermé dans cette chambre (17 désigne la chambre à droite) et attaché avec force. Deux hommes veilleront sur lui.

Carroucue (à part).—-C'est égal, il ne m'abandonneront pas.

Les soldats s'emparent de Cartouche et le conduiduisent dans la chambre à droite. Deux hommes se couchent devant la porte en dehors, deux autres se Promènent sous la EEE €:

EUGÈxE (à Léon).—Dans le cas où il tomberait en mon ouvoir, j'ai ordre de demander un nouveau renfort pour le conduire à Paris ; tous ses complices ne sont pas encore arrêtés, et l’on pourrait faire quelques nouvelles tentatives pour l’arracher de nos mains Plus d’une fois déjà son adresse a su tromper notre vigilance …

CARTOUCHE (dûns la chambre) J'espère bien que ce ne sera pas la dernière.

EUGÈNE (aux so/dats).—Redoublez donc d’attention, ne le perdez pa de vue un seul instant. (Aux paysans. ) Maintenant bannissez toute crainte, mes amis... vous avez la preuve que, malgré l'audace la plus extraordinaire, un courage à toute épreuve, le coupable cherche en vain à se soustraire au glaive des lois.

CarroucEe.—C'est ce que nous verrons.

Les soldats ont pris leur poste. Les paysans sortent avec Eugène et Léon. Mathieu à qui Eugène a également recommandé la surveillance les accom- Lagne jusqu'à l'extérieur.

ss OT 5 SCÈNE XI.

CARTOUCHE dans la chambre, MATHIRU, PIERRE LEROUX, SOLDATS,

Pierre (gwon ne voit pas encore).--Père Mathieu ! père Mathieu !

MaTuieu.——Ah ! te voilà enfin.

CarroucHE (à part).—Ecoutons et profitons.

PIERRE (paraissant).--Vous êtes bien heureux d'être comme ça en société avec du monde...

moi, j'suis tout seul, et depuis deux heures, j'cours toujours.

Maruieu.--Eh bien! où est Nicaise ?

Prerre—Nicaise, père Mathieu?,., Il est caché.

Maruieu.— Comment, il est caché? ..

Prerre.— Sans doute ; vous ne devineriez jamais d’où je sors ?

Marieu.—Enfin, parleras-tu ?

Pierre. — Eh ben ! je sors de cheux Cartouche.

Marnieu.—Seraitil bien possible ?

Pierre —Rien que ça ; il était gentil l’régiment où j'voulais m'enrôler, Enfin, pour en revenir à Nicaise, il s'est caché dans une carrière, là ousqu'il se tient blotti comme un lapin dans son terrier, et il n’en sortirait pas PONS un empire.

Maruaigu.— Eh bien! va, dépêche-toi de l’'amener ICI.

PIERRE. — Oui; mais pisque j'vous dis qu'il a peur de Cartouche...

MaTHIEU.—[l n’a plus rien à craindre, nous le tenons ; ilest là,

Pierre (avec effroi) —Il est là? Ah! mon Dieu!...

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MATHIEU. Ne crains rien; il est lié, garotté c’une jolie façon.

PI1ERRE.— En êtes vous bien sûr?

MATHIEU. — Je t’en réponds.

PIERRE. — Vraiment... il'est pris ?.… Fallait donc m'dire ça tout suite... Te v'là donc en cage à la fin !.…

CArroUCHE-— Eh bien ! monsieur Pierre Leroux, vous avez donc donné votre démission ?

PIERRE.— Oui, oui... ça t'apprendra à me donner des lettres de recommandation. (4 Mathieu.) Ah ça, vous êtes sûr qu’il est lien attaché ?

MarTkieu.—Sois donc tranquille et va chercher Nicaise.

PreRRE.—Pisqu'il n'y a plus de danger, j'y cours ; ça ne sera pas long, père Mathieu; mon âne est encore... tout paré... C’pauvre âne !… il nous a rendu ben des services aujourd'hui, c’est une justice à lui rendre. Ah! donnez-moi la clef de l'écurie qui donne sur la route... c’est le plus court, et la route est par là moins fréquentée,

Marieu.—C'est bon, la v'là ! Va-t'en.

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