‹ Cartouche [microforme]Chapitre 53 sur 57 · CARTOUCHE, ANDRÉ, JACQUES · texte numérisé non relu

CARTOUCHE, ANDRÉ, JACQUES

Ces deux derniers sortent de l'écurie en se frottant les yeux.

Annré.—Qu'est-ce que c'est donc que tout ce bruit-là ?..,

JaAcQuEs.—Ça m'a réveillé en sursaut.

ANDRÉ.—Je n’entends plus rien. Dis donc, Jacques, si on profitait de la fraîcheur de la nuit pour nous remettre en route ?

Jaoques.—Tu n’es plus fatigué ?

ANDRÉ.—Non ; et toi?

Jacqus.—Ni moi. Attends que je reprenne ma boutique. (1/ va pour prendre son optique.)

Carroucxe (/es apercevant).—Que vois-je ?

ANDRÉ (regardant) —Oh! mon Dieu! Jacques, regarde donc!

Carroucue.—Me reconnaissez-vous, mes amis ?

Jacques. — C’est c’hon seigneur qui nous a traités si bien hier.

Carroucue.—Oui, chez monsieur de Méran. :

ANDRÉ.—Si je vous reconnais !.. Ah! j'vous

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oublierai jamais... Mais queuque vous faites donc là, et couvert de ces vieux habits ?

CarTOUCHE.—On en veut à mes jours... J'étais sans défiance, désarmé... des scélérats se sont emparés de moi...

ANDRÉ.—Il faut avertir le père Mathieu...toute la maison.

CarToucHE —Gardez-vous en bien; je serais obligé de me nommer, et j'ai le plus grand intérêt à ne pas me faire connaître... S! vous ne me délivrez au plus tôt, je suis perdu.

Jacques.—Et que faudrait-il faire pour ça ?

CartoucHe.—Il faudrait parvenir jusque dans cette chambre, couper les liens qui me retiennent, et que l’un de vous consentit à prendre ma place.

ANDRÉ.—Prendre votre place ?.…

Carroucxe.—Ne craignez rien !... c’est à moi seul qu'on en veut... D'ailleurs, à peine délivré j'irai chercher main-forte, et je vindrai vous défendre.

ANDRÉ.—Qu'en dis-tu Jacques ?.…

Jacques. Dame, c’seigneur.…. 1l nous a fait du bien ; mais il y a trop de risque.

ANDRÉ.—Tu disais que tu te ferais tuer pour lui ?

Jacques. Oui... on dit ça... Mais j'savais pas que l’occasion se présenterait si tôt.

Carrouoxe.—Songez que, si vous consentez à me servir, ma reconnaissance sera sans bornes, que mes bienfaits vous attendent, et que vos parents seront à jamais riches et heureux.

ANDRÉ.—Quoi |... nos parents.

CarToucHE.—]Je me charge de leur sort, vous dis-je. Mais hâtez-vous; dans un instant peutêtre il sera trop tard.

Jacques.—Allons, c'est décidé... André, prêtemoi tes épaules.

ANDRÉ.—Ah ! ça, vous m’répondez qu'il ne lui sera pas fait de mal ?

CarTOUCHE.—Je te le promets.

ANDRÉ.—Me v'là. (27 se place devant la fenêtre ; Jacques monte sur ses épaules et saute dans la chamdre.)

CARTOUCHE.—Tâche de défaire ces nœuds.

Jacques —J’vas les couper, ça sera plus tôt fait. Là, vous v'là libre.

CARTOUCHE.—Changeons d’habits. (77 /ui prend son costume et lui donne le sien) Maintenant, metstoi là.

Jacques. Est-ce que vous allez m’attacher ?

CarTouoHe.—Il le faut; baisse la tête et fais semblant de dormir. Je reviendrai bientôt. (4 £art.) Compte là-dessus.

Jacques.—Soyez pas longtemps.

ANDRÉ. — Descendez, j'suis au poste. (Cartouche descend sur ses épaules.) C'est ça, chargez-vous de la boutique et partons.

CARTOUCHE.—Oui, partons. Ciel! on vient.

ANDRÉ.—Rentrons là... dans l'écurie... Nous sortirons tout à l'heure. Vous aurez l'air de vous éveiller, entendez-vous ?

CARTOUCHE.—Maudit contretemps! (77 entre dans l'écurie avec André.)

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