LÉON, PIERRE LEROUX, NICAISE, CARTOUCHE, ANDRÉ, SOLDATS
CARTOUCHE (e/r'ouvrant la porte de l'écurie). — Je n’entends plus rien ; sortons.
PIERRE (à MVicaise efrayé).—Ah !
ANDRÉ (das) —Il y a encore queuqu’un.
CARTOUCHE (#as).— On nous a vus, parle !
NOT Le
Prerre.—Qu'est-ce que c’est ça, bon Dieu !
ANDRÉ.— Oh ! n'ayez pas peur, mes gars, nous sommes deux pauvres gens à qui on a permis de se reposer un instant dans cette écurie... et nous allons partir. v'là tout.
Pierre.—C'est tout simple. Il est terrible ce Nicaise ! |
Nicaise.—C'est fini !... J'mourrai d’frayeur aujourd’hui,
AnDRé.—Vot serviteur. (4 Cartouche.) Viens, Jacques.
Léon.—Où allez-vous ?
Carroucne (à part).— Léon !…
ANDRÉ.— Vous le voyez, nous sortons.
rer SoLpAT.—Oui, mais on ne passe pas. (77 5e lientà la porte.)
Maruieu (extrant) —Ah! vous voilà, vous autres. (Aux soldats.) Vous pouvez les laisser aller, j'les connais : ce sont deux pauvres diables qui se sont arrêtés ici, et qui viennent de dormir là, sur la paille.
1er Sozpar —C'est très possible; mais j'ai la consigne de ne laisser sortir personne.
Marieu.— Si c'est comme ça, je n’ai plus rien à dire.
Nicaise.—Qu’estce qu'il porte donc là sur son dos?
ANDRÉ.— Ça, mon garçon, c'est une curiosité.
une optique.
Pierre.— Tiens! ça doit être curieux, Ça,...
une curiosité. Dites donc, père Mathieu, qu'est-ce qui nous empêcherait de regarder son op... optique P
CARTOUCHE (à part).—Au diable l'imbécile avec son invention !|
Nicaise.— Ah ! oui, l'optique du Savoyard! Ça doit être joli !
CARTOUCHE.— Ça nous est impossible .. Il faut absolument que nous continuions notre route.
1er SOLDAT.— Est-ce que vous n’avez pas entendu que je vous ai dit que vous ne sortiriez pas sans la permission du capitaine. Contentez ces braves gens puisqu'ils vous en prient.
PIERRE.—Mais dites donc, nous paierons, oui.
Nicaise.—C'est-à-dire que mon oncle paiera, car ils ne nous ont rien laissé.
MaTHiIEU.— Allons, puisqu'il s’agit de gagner de l'argent, vous ne pouvez pas refuser.
ANDRÉ.— Qu'en dis-tu, frère ?
CARTOUCHE.—Je dis. j je dis. que je préfèreais cent fois m’en aller ; mais puisqu'ils veulent absolument... allons, dépêchons!
ANDRÉ-—Mets ça à terre... bien. (Oz place l'optique.) 1 y a place pour trois, les autres verront après. Frère, c’est toi qui liras l'explication.
CARTOUCHE (swrpris).—Comment !.…
ANDRÉ (bas à Cartouche).—VDans la poche de la veste, à gauche. (Æawr.) C'est l’maître d'école de not'village qui l’a faite ; aussi vous verrez.( Or se place.) Messieurs, nous allons avoir l'honneur de vous offrir l’histoire véritable de Cartouche.
CARTOUCHE (à part).—Hein !.… que dit-il?
ANDRÉ.— Allons, frère, commence l'explication.
Carroucur.—L'explication .. Ah! oui, c'est ça... (Se remettant.) M'y v'là.… (Zisant.) “Ceci, vous représente la façade d’un collége... des écoliers qui vont à la promenade. Remarquez ce jeune homme à la mine hypocrite, s’éloignant de ses camarades, c’est Cartouche. HF s’est approché furtivement de plusieurs marchandes pour leur
2 00 as
dérober quelques fruits. ‘Tels furent ses premiers exploits.”
PIERRE (à ÂVicuise).—C'est vrai. Regarde donc, Nicaise, tiens !.…. il vole des pommes.
ANDRÉ.—Cela vous démontre que les plus petites fautes conduisent aux plus grands, crimes ; n'est-ce pas, frère ?.…. Au deuxième tableau.
CARTOUCHE.—Oui.. oui... au deuxième tableau : “ Chassé du collége il a recours au jeu et aux plus honteux artifices... Vous le voyez devant un tapis couvert d’er, attirant les dupes, et...” (4 André.) Est ce fini?
ANDRÉ.—Pas encore.
CARTOUCHE (à part).—Allons, finissons, puisqu'il le faut. (Æaut.) Troisième tableau. ‘“ Le voilà, la nuit, sur une grande route, à la tête d’une bande... de... d'hommes armées.”
ANDRÉ.— Qu'est-ce que tu dis donc? Ilya voleurs,
CARTOUCHE —C'est possible; voleurs, si tu veux,,, ‘ Ce n’est pas seulement de l'or qu'il lui faut.,, c'est du sang...”
PiERRE.—Et c’est en commençant par voler une pomme qu'il est arrivé là.
MATHIEU. —Queu réflexion ça fait faire !
CARTOUCHE.— Ainsi, voilà, ce que nous avons l’honneur de vous représenter.
ANDRÉ.—Eh bien! et la fin donc... le dénouement... la morale...
CARTOUCHE (émpatienté).—Ah ! c'est assez.
PTERRE.—On veut tout voir ; on paye.
CARTOUCHE.—Eh bien ! parle à ton tour.
ANDRÉ. - Vous avez vu comme il a commencé, vous allez voir comment il va finir. Va, frère... c’est pas long... En haut d'la page
CARTOUCHE (/sant).—Quatrième tableau, “Voici
mé 70 me
la place de Grève... l’échafaud.,. et les apprêts de la torture...” (/etant le livre.) Ah! c'en est trop !... jamais... (77 renverse la boîte, etc.)
Tous.—Ah ! mon Dieu !.,,
LÉON (qui est en scène depuis quelque temps et qui a suivi tous les mouvements de Cartouche). Grand Dieu !.,, nous étions abusés.. Le voilà. c’est lui, c’est Cartouche !
Tous.—Cartouche |
ANDRÉ.—Et mon frère !.. (77 monte à la chambre.)
CARTOUCHE (armé du pistolet que lui a jeté Duménil).—Oui, je suis Cartouche, et malhenr à celui qui s’opposera à mon passage! (77 a fait un mouvement pour sortir ; Eugène et les soldats paraissent.)