VI. Branche d'HERMER DE PONTOISE
Nous avons tout lieu de croire (\}i*Hermer de Pontoise appartenait, lui aussi, à la maison de Senlis. Ses ancêtres, énumérés dans une charte d'exemption pour l'abbaye de Fécamp, portent les noms caractéristiques de Guillaume et de Gui ; d'un autre côté, plus d'un Hermer se rencontre à Senlis parmi les chevaliers de
(245) Copie intégrale (d*après le Cartulaire de N.-D. de Senlis, p. 124) dans Affbrty, t. XIII, p. 429.
Oudard ou Heudard{Odardus, Huldardiu, HUdiardus), fils du préyôt Eudes de Sentis, est, par ses fils Amoul et Maingaud, la souche d'une famille de chevaliers qui a porté le surnom de Gonesu, Une autre lignée, de même surnom, lui est sans doute collatérale.
(244) Coll. Moreau, t. XXIX, fol. 170.
(245) Duchesne, Hist, de Montmorency, Preuves, p. 67.
(246) Lévrier, Cb(/. iM Veiàn, t. IV, p. 103.
l'entourage des Bouteillers (947). Giraud^ fils d'Hermer de Pontoise, était en 1108 auprès d'Adam de Senlis, échanson du roi.
Quoiqu'il en soit^ Hermer occupait, dès 1069, les fonctions de prévôt: il accompagnait, en cette qualité, Philippe !«' au château de Poissy, et fut présent à la donation de l'église de Tessancourt à l'abbaye du Bec, par le comte Hugues de Meulan (348).
Grâce au témoignage d'Orderic Vital et de la charte de Fécamp, nous connaissons une alliance d'Hermer avec Jourdaine^ dont il n'eut qu'une fille, Ite^ mariée plus tard à Foulques de Chaudry. Cette Jourdaine fut certainement la seconde femme d'Hermer, qui, d'une union antérieure, eut plusieurs fils dont on ne signale en rien l'intervention dans les documents relatifs à Ite. Or, Gautier Payen, vicomte de Meulan, dota en 1096 Téglise de Montmartre du consentement de sa femme, « appelée d'abord Comtesse puis Jourdaine lors de son baptême » (pour rappeler qu'elle avait été baptisée avec de l'eau du Jourdain). D'un autre côté, l'une des filles de Raoul H Déliés et d'Hahuis est désignée dans un acte de 1098 sous le surnom de Comtesse, S'agirait-il de la même personne, qui aurait successivement épousé Hermer de Pontoise et Gautier Payen ?
Le Cartulaire de St-Martin nous apprend qu'Hermer portait un surnom que le rédacteur traduit par Tostata. Il revendiqua l'aleu de Menouville, légué par Dreux de Jérusalem à la communauté naissante de St-Germain (Cartulaire, n^ I) et se désista de cette instance sur les représentations d'Amauri de Pontoise, père de Raoul II Déliés. L'autorité morale exercée par Amauri sur Hermer s'expliquerait fort bien par l'alliance que nous supposons.
Dans les dernières années du XI* siècle, Hermer de Pontoise et le prévôt Gui (son fils qui lui avait succédé dès 1093), assistent à un acte de famille de Raoul II et de sa femme Hahuis.
€ Radulfus Delicatus de Ponte Isara et Hahuis uxor ejus dederunt ecclesiae SU Martini de Campis altare de Meruaco^ et atrium, et quicquid ad hoc altare pertinebat, et quicquid in ecclesiâ habebant, concedentibus filiis eorum Radulfo et Henrico.
Hujus rei testes sunt: Hernerus de Ponte Isara. Wn>o pnefectus (249). WillelmuSy Hugo, Yvo de Croteiaco. Warnerius, Wido, sacerdotes. Hugo filius War- NERU (a;o). Paganus filius Stephani (a;i). Hildegerius de Greva. Balduinus Bel-
(247) Notre Cartulaire associe i Eudes de Gonesse, Hermer de Vietel. C'était un nom senlisien.
« L'abbaye de S. Vincent n'étoit avant Tan 1060 qu'une petite chapeUe bâtie dans un faubourg de la ^ville et près d'une petite rivière appelée Vietelle, juxta riparium de VieUUo • (La reine Anne fonda l'abbaye). — B. N. Coll. D. Grenier, V, 141.
(248) Lévrier, t. XIII, preuve i86: « Testes... Hjermerus prepositns ».
(249) G»f , prévôt de Pontoise, fils d'Hermer.
(350) HugueSt fils de Gamier de Paris, seigneur de Gentilly.
(2$x) Payen^ fils d'Etienne, prévôt de Paris, et frère de Robert de Paris.
LUS (flÇa), Henricus homo ejus. De servientibus ecclesiae : Walterius, major. Ansoldus, corvesarius. Odo, bubulcus. Theodoricus, pistor. Leudo, sartor, etc. » (3^3)-
C'est apparemment dans la dot de Jourdaine que se trouvaient compris, sinon les droits de dime à Puiseux qu'Ite abandonna à St-Martin de Pontoise (Voir Cartulaire n^ XL et note 198), du moins les droits sur le travers de la ville, dont Hermer exempta les moines de Fécamp par l'acte que nous avons cité et où il fait intervenir sa femme et sa fille (2^4) •
Bien que le nom d'Hermer ait été parfois orthographié Haimerus ou HaimericuSf il s'est conservé sous sa forme normale dans le Val-Hermer^ portion du territoire de Pontoise qui s'étend, sur les bords de la rivière, jusqu'aux limites du village d' Au vers.
D'un premier mariage Hermer avait eu d'autres enfants. L'un d'eux, Gui^ cité plusieurs fois dans le Cartulaire de St-Martin, devint prévôt de Pontoise; il était en fonctions en 109a et 1093.
Un autre, Géroud le Rouge^ suzerain d'une terre sur la chaussée romaine entre Pontoise et Puiseux (Cartulaire, n» VI), est cité dans les titres de St-Père de Chartres en 1088 et iiii, et dans un texte de iioi avec son frère Etides (Cartulaire, VL^ XLII, notes 304 et 311). Il était un des vassaux de Gautier Tirel en iii8.
En 1107-1108, il fut témoin d'un acte d'Adam de Senlis, échanson du roi (a^^).
Il est appelé quelquefois Giraud ou Girard. Son nom est resté attaché au quartier de Vau-Geroud, dans la banlieue de Pontoise, confinant au Val-Hermer.
Geroud apparaît comme suzerain de plusieurs terres du Vexin et du Beauvaisis. Il donna aux moines de Liancourtla terre du Cornouillet (3^6), du consentement de Robert son fils, à'Aélis et Hildiardey ses filles. Il céda depuis aux moines, moyennant ^i deniers d'argent en monnaie de Pontoise, un hôte àLiancourt. Osbert, mari d'Aélis, confirma ce don sur l'autel de St-Père à Juziers en 1112(257).
(259) Baudoin le Bd, tige des seigneurs de Villiers le Bel.
(355) D. Marner, p. 505. — Lévrier, t. XII, preuve 987.
(354) Ego Heremarus concedo, cum assensu uxoris mee Hodierne nomine, et filie mee nomine Ite, tributniB b«chomm et ceteramm navium loco Fiscannensi pertinentium et per Pontem Isare transeuntium (Ste Trinitati et monachis)... eo tenore ut in die festivitatis Sti Albini habeatur memoria antecessorum meorum WxxjLELMX et Adeline, et Widonis. (CoU. Moreau, t. XL, fol. 208}.
(955] Mss. lat. 1091X, fol. 7.
(956) En latin CorneUia. Lévrier a reconnu U le Cornouillet, hameau de Us, où plus tard Aelis de Maudétonr et son fils Thibaut I fondèrent le prieuré de St Laurent de Cornucervino, depuis appelé St-Bfaûse du Comonilkt. (Cf. Cartulaire, note 525, et D. Duplessis, Descr. de la Haute-Normandie),
(257) Le début de la notice est reproduit par Guérard, Cartulaire de St Pire, p. 636. L'acte continue ainsi :
Post hec igitui revertenti tempore, augere desiderans beneficium pnedicte ecclesie, acceptis a monasterio
usoL nummorum Pontesiorum, eidem ecclesie hospitem ^numcum domo et cnrtillo in Leuncurt infra vallem,
jnxtt viridarium Durandi, et terram secus viam que pergit ad castrutn Calvi montis ad dexteram euntibus, con-
Robert de Pantoise épousa Ligarde et en eut un fils nommé Ives : ils furent au nombre des bienfaiteurs de Liancourt (2^8).
Robert de Pontoise figure dans notre Cartulaire (n« CXXV) sous le nom de
Robert de Liancourt. Lui et son fils Ives firent une donation à St-Martin de biens
au Val de Jouy, entre 1 151 et 1 161 • On remarquera qu'un Bourdin de Liancourt
faisait, en 1106, partie de la noblesse Senlisienne et que ce surnom de Bourdin
^e retrouve en diverses branches de la maison de Paris.
Les rois de France paraissent avoir maintenu dans cette famille la charge de concierge de leur château de Pontoise. Par des lettres datées d'Alençon» en septembre 1233» Louis VIII accorde à Baudoin de Pontoise^ panetier de Philippe, comte de Boulogne, la conciergerie de cette ville, ainsi que la tenait Simon de Pontoise^ oncle de Baudoin (3^9).
De cette famille de Pontoise sont issus les nombreux personnages de ce nom qu'on rencontre en Parisis, en Beauvaisis et en Normandie ; et en particulier, Robert de Pontoise^ bailli de Bayeux en la^i-ja (960).
En 134 1 y Gérard de Pontoise était c lieutenant de honorable homme et saige Nicolas le Mettoier bailli de Senlis» (361).
Le mss. français 20,378, provenant de Ste Marthe, contient une notice sur les
tinentem diurnos daos dedi, donumque cum filio meo Rotbexto et fiUa Hildearob, saper dure Sti Pétri Leoncartis misi : testibus Wtlterio MontCalcon, Waltbiuo db Alnbto, Benurdo Ricardi filio, Giroldo fntre suo, Godardo, lUiiioldo, Gaamerio, Odone fntribus, [Willelmo Amintio, Jamelino cum filiis suis Fulcone et Giroldo, Balduino Torello, Gilleberto Bnbulco. — Osbertcs vero gêner Gikoldi cum uxore sua Adaucia, filia prcfati Giroldi, supmdictum donum apud Gtsetium saper altare Sti Pétri concessit] — Anno ab incamatione Dni ma ».
(Transcription de Gaignières, d'après nne copie du temps sur une feuille de parchemin. B. N. mss. Ut. 58x7, fol. 188. Les passages entre crochets sont omis par Guérard).
(258) « Notum sit omnibus quod Robertus de Pontbsiaco et Legabdxs uxor ejus et Ivo filins eonun dedemnt nobis agripennum terne apud Ledonis curiam et posueront donum super altare. Présentes a£faenint Godardus et Odo frater cjus, Lemelinus, Gamerins de Fosseto, Adelelmus et Gannerius filins ejus, Anchenus, Rainaudus Fumarius, Adelelmus filius Hisenberge ». (Mss. lat $417, fol. 184. Cette pièce ne figure pas dans le cartulaire édité par Guérard).
(s59) A. N. JJ a6, fol. 247 ; B. N. lat. 9978, fol. 305. Cf. Petit-Dutaillis, ÉttuU sur la vU tt U rèfnt dg Louis VIII, n» 18).
En 1238, Etienne de Pontoise et Odeline^ sa femme, reconnaissent ne pas s*opposer au don fait à Saint- Denis de biens nobles et roturiers par Amotil Feret (A. N. LL zx$8, fol. 56).
Les Archives de TEure (H 645) contiennent un titre ainsi conçu :
« Ego RiCARDus DE PoNTXSCEKA et CEcaiA nxor mea, vendidimus abbati de Moktooicaju xl solidot, usualis monete, annui redditus in domo mea, in parochia Sti Salvatoris, inter terram Alberti de Pnteo et Walteri Mosurde ».
(s6o) Notices et extraits des Mss. de la Bibl. nationale, t. XX — i, p. 242, 791 à 79^.
(261) Commission à sergent donnée à Compiègne le mercredi ay. la St-Mlchel (Cartulaire de RoyaUleo, Ms. lat. 54)4, fol. 146).
« De Pontoise, seigneurs de la Romanerie et de Gomer » communiquée par M. de Gomer. Elle indique pour armes : c D'argent à Taigle éployé de sable, au chef d'azur; supports, deux lions d'or >. Voici les indications qu'elle contient :
En l'an 1200 vivoit Guyart de Pantoise^ comme il est remarqué en un titre du Trésor de St- Denis en France. Il eut procès contre les religieux de cette abbaye pour un droit de chasse et mouUn. Il prenoit qualité de gentilhomme du roi PhiHppe-i^-B^/ {sic).
En Tan 1286 on voit dans les archives de ladite abbaye de St-Denisque Jean de Pantoise^ abbé de Ferrières, a fait faire les vieux dortoirs, auxquels sont posées ses armes telles que les portent à présent les De Pantoise ; et son frère (appelé Gilles de Pantoise) fut abbé de St-Denis en 1 303 .
On voit sa tombe en cuivre dans Téglise où sont gravées les armes de sa maison (262) ; il a fait faire quantité d'ornements, de chisses d'ai^eut et de bâtiments où sont aussi ses armes. Il a été grand aumônier de France.
Le nom de leur père n'est point marqué, qui devoit estre pourtant une personne illustre, par la suite de ces armes qu'on voit en tant de lieux.
En 1325 ilyaeu encore un abbé de St-Denis nommé Gautier, de la mesme maison, ainsi qu'il est remarqué par lesd. Archives et livre intitulé : < Le Thresor sacré ou l'inventaire des précieux joîauxet saintes reliques de St-Denis-en-France ».
En 1456 vivoit Louis de Tantoise, conmie appert par son contrat de mariage avec Guillelmine de Péronne, sa seconde femme, fille deGeofroy de Péronne. Pour sa dot il eut 2000 florins et 20 gros d'or. Il fut tué à l'assaut que le roy Louis XI fît donner au Tronquoy et fut enterré à Noîon où on voit son épitaphe, en l'an 1475. Ses armes y sont apposées sur du cuivTe. La Chronique scandaleuse fait mention de ce vaillant capitaine.
Bernard de Tontoise, son fils, escuîer, contracta mariage le 2 février 1484 avec demoiselle Marie Corat, dont issut messire Gabriel de Pontoise, sieur de la Romanerie, chevalier, sous-gouverneur des Enfants de France ou plutost médecin du Roy et de messieurs les enfants de France, fils du roi Henri II ; lequel contracta mariage avec demoiselle Louise de Sainte-Marthe, fille de Gaucher de Sainte-Marthe escuîer, et de demoiselle Marie Marquet, le 10 juillet 1530.
U laissa (outre deux filles, Marie mariée à N. Houdry, sieur des Haies, avocat du Roy à Troyes» et Claude y mariée â N. des Hommes, seigneur de la Rivière-le-Lys en Poitou), un fils, René de Tontoise, escuîer, qui contracta mariage avec demoiselle Françoise Salais le 25 mai 1566. U fut capi* taine au régiment de François de Bourbon, prince de Conti ; et de son mariage sortirent onze enfismts... (dont Marquis de Pontoiu, qui continua la postérité).
Marquis de Pontoise, escuîer, sieur de la Romanerie et de Gomer près Chasteau-du-Loir, espousa par contrat de mariage de l'an 1602, le 21 septembre, Marie de Billon, fille de Jacques de Billon, seigneur de la Pragne, senechal de la Marche, lieutenant de la Compagnie d'hommes d'armes de François de Vendosme^ vidame de Chartres, et de Fulvie de Vendosme, sa fille naturelle.
Leurs enfants furent : Pierre de Pontoise^ seigneur de Gomer ; Cécile^ femme de Germain de MaroUes ; fKarguerite, qui espousa N. du Rozay, gouverneur de l'isle de Noirmoutiers.
Tierre de Pontoise, chevalier, seigneur de Gomer, fut gentilhomme de la chambre du Roy, aide de ses camps et armées. Le roy Louis XII l'honora de son ordre de St-Michel et d'une compagnie entretenue au régiment de Piémont, pour s'estre signalé en la bataille de Sedan où il fut fait prisonnier, s' exposant pour sauver le lieutenant-general de l'armée du Roy. Dupleix en son Histoire
(a6a) L'abbé Gilles était de la maison de Chambly et natif de Pontoise.
d€ Franu le remarque sous le nom de Gomer qui est sa seigneurie, et est en très bonne estime. H contracta n^ariage Tan 1645, le 6 juillet, avec demoiselle Renée Le Gay, fille de mesure René Le Gay, chevalier, seigneur de Limbertière en Maine près le Cliasteau-du-Loir, et d*Anne de la Barre, dont il a enfimts.
VIL Branche du Chanbrier GALERAN.
Hugues^ qualifié « vir illustris », chef de cette branche au milieu du XI* siècle, nous apparaît comme un personnage fort généreux. Pendant que le roi Henri I*' passait à Soissons les fêtes de Noël 1047, il obtint de ce prince la permission de se dessaisir, en faveur de Saint-Médard, de tous les biens héréditaires qui lui étaient échus à Vierzy, Violaine et autres paroisses de cette région. Un nombre inusité de comtes, vicomtes et chevaliers de la cour du roi souscrivirent à cet acte (363).
Hugues exerça les fonctions de bouteiller du roi avant 1047 (964) et de io;7 (a6;) à 1060.
Son fils, le chevalier Gautier ( € quidam miles nomine Gualtbrus filius Hu- GONis pincerne Régis », dit la charte : — c Gualtbrus miles filius Huoomis regii buticularii », dit Hariulf) après avoir disputé aux moines de St-Riquier la terre de Feuquières-en-Vimeu, renonça à ses poursuites, comme le constate une charte de Tabbé Gervin I, du 39 août 1063, moyennant une indemnité de cent sols (966).
Gautier eut cinq fils: Gakran^ Gautier^ qui devint archidiacre (967), H$Êgues^ Baudoin et Renaud,
Dès le début du règne de Philippe I"", Galeran, qui se qualifie seulement chevalier, fonda de concert avec ses quatre frères, en pleine forêt de Halatte, sous le vocable de St-Christophe, une petite abbaye [àbbatiola) qui reçut en avril 1061, la confirmation royale (968).
Le 97 mai 1061, Galeran souscrivait en qualité de grand-chambrier, au diplôme de Philippe I*'' pour la fondation du prieuré de Béthisy (969).
(26}) Coll. Moretn, t. XXIV, fol. 7. Hugaes fit ces libénditét pour le repos de rime d'Jnlnrl, son frère, et de leur père RMoud, Hugues eut un antre frère du nom de Baudoin.
(264) « Hugo pincema Régis » souscrit à la fondation du prieuré de St-Hilaire-sur-Tères (B. N. mas. lat. 12895, fol. 128). Cette pièce, probablement postérieure à Z042, est à coup sûr antérieure à 1047, date à laquelle Gui, comte de Soissons, qui y est nommé, était remplacé par son fila Renaud.
(265) S. HoGONis pincerne Regum. S. Balouini fratris ejus... S. Walteu pincerne Régis. (Aicli. de TAisne, H1S08).
(266) Hariulf, Chronique de St-Rsquitr, édit. Lot, p. 23$.
(267) SuiTint AfiForty, ce Gautier n'est autre que GauHsr de CikunUy, plus tard chanoine de Paria, puis éirêque de Meaux en X084 (Cf. Cartulaire, note xoi). Il confirma en X091 la fondation de Galeran, en qualité d'évéque de Meaux (Vattier, CartuJ, de St-Cbristopbe-m'HaUtU).
(268) GaUia christiana, t. X, Preures, col. 246.
Si Ton en croit les chroniques de St-Maixent et de St-Michel du Désert, il aurait épousé Helvise^ fille de Hugues Bardoui, seigneur de Pithiviers, et de Berthe. Elle était veuve de Renaud du Puy-du-Fou, chambrier de Henri I«>', mort avant 1060, dont elle avait eu deux fils : Hugues, châtelain du Fuy-du-Fou, et Guillaume, chambrier de Philippe I^ (270).
Il n'est pas douteux que Henri I^ ait eu un grand chambrier nommé Renaud, et celui-ci un fils appelé Hugues. Mais, comme nous allons le voir, ce chambrier n'était autre que l'oncle paternel de Galeran ; sa femme, mère de Hugues, se nommait Ermenfrude et non Helvise. Tout ce qu'il est possible d'admettre, c'est que Renaud du Puy-du-Fou ait été sous-chambrier [sub camerarius) dans la maison du roi.
Depuis 1066 jusqu'en 1108, Galeran figure sans interruption comme l'un des quatre grands officiers sur les diplômes de Philippe. Un seul acte, dont nous n'avons que des copies, celui qui a trait à la fondation de Saint-Vincent de Senlis en 1069, porte: S. GaUeru camerarii. S'il n'y a pas là une erreur matérielle du scribe, on peut admettre que Gautier, père de Galeran, ayant occupé ces fonctions antérieurement, on lui maintenait, suivant un usage dont il y a de fréquents exemples, un titre devenu purement honorifique. Il ne serait pas non plus impossible que Galeran ait éprouvé, pendant cette année, une maladie, ou fait une absence qui Tait forcé d'abandonner provisoirement ses fonctions, et qu'il ait été remplacé momentanément.
Dans les débuts de l'exercice de sa charge, Galeran paraît avoir eu des besoins d'argent assez impérieux. Il dut emprunter une forte somme à l'abbé de St-Martin des Champs, Engelard (qui vivait en ro67), moyennant une hypothèque sur sa terre de Rungis (371).
(170) « Rainaldus qnoqne de Podio Fagi, Tulli frater gemunus, possessioner tuas de HenssUmetm donayit abbtti AUrico, cam Helvisa conjage filiisque suis Hugone atqae Willelmo.
Rainaldus faeiat FrameiM camerarius in vita régit Henrid, ante régis illias obitum ; camque supenrixisset Helvzsa Rainaldoviro too, oapsit itemm WALEitAimo Francût camtrario; faitqae geniu tb Hugone Bar- DULFO qui tenait Pivrium castramqae de BeUifimU et etiam de NovigeiUo,
Helvise primogenitas Hugo, Rainaldi primi viri soi filias, castrum de Podiofagi tenait a Robe&to de Maueuania coHSohrino, tenamque totam de Podio fagi citra et extra ripam Sayvri9 [la Sevré* Nior taise).
Hago vero cœnobinm togmenUTit Sti Johanois Angeriacensis (StJmu^Angdy) cum Peteonilla conjage et Gaufeedo filio, astantibas Willelmo Frandm camerario, Hugonis fratrt germano, et Willelmo Ferrnm sectore, comité Eogolismensi, Gaufredi qaondam comitis filio et Petronillc, ac etiam fratre PetroniUc sapranominatc.
Deinde Willelmus ipse, domini Philippi Francis régis camerarias, pietatis amore et Hugonis de Podio fagi fratris soi exemplo, S. Johannis Angeriacensis abbati Oooni donavit possessiones suas Sti Ludani : addidit possessiones suas Willelmus de Surgeriis, Hugonis Maengo filius et Peronellc, cum Alipsa conjage supranominati Willelmi sorore ; qui qoidem Willelmus gênait Hugonem, Willelmum et Mahauoam ex Adellia conjage, Yvonis filia comitis Bdlimoitiis atque Adellue comitissc ».
(Chron. de St-Maixent, écrite en zaSo; ap. D. Martene, Amplissima coUtctio^ t. V. col. 11 50. Cf. Chron. de St-Michel da Désert, ibid. t. V, col. 1160 ; — Histor, ia Framca, X, 194 ; XI, 57)).
(971) « In hac caxta oontinetur conventio qoam Ingelaiious abbas, Bti Martini, habnit cam Wau*
La petite abbaye fondée par Galeran et ses frères était une enclave du domaine d'Ermenonville, dépendance de St-Pierre de Beauvais, et que la famille de Galeran tenait en bénéfice par concession de Tévéque. Ce domaine se retrouve plus tard aux mains des Bouteillers de Senlis.
Pour doter le monastère naissant, Galeran et ses frères lui donnèrent des vignes et un four à Senlis, la terre de Rotheleux en Clermontois, Rieux en Beauvaisis, et tout ce que Gautier leur père possédait à Chennevières-sur-Marne (27a).
Les indications qui précèdent engageraient à rattacher Galeran et sa famille à la maison des Bouteillers. Mais cela ne saurait faire aucun doute : un diplôme en faveur de Moutierneuf, donné à Poitiers en 1076, porte après le monogramme royal, la souscription « S. Galeranni Silvanectensis, camerarii régis ». Gui, fils de Galeran, reprendra d'ailleurs le surnom de Senlis (Wido Silvanectensis) en 1108, dans un acte de Louis VI pour Fleury-sur-Loire (273).
La fondation de Galeran ne devait pas lui donner beaucoup de satisfaction. Au bout de vingt-six ans, le mauvais renom des moines, qui n'avaient de religieux que rhabit, l'obligeait à réduire cet établissement au rang de prieuré. Il en confia la réforme à la communauté de La Charité-sur-Loire, dont faisait partie Pierre^ un de ses enfants. Archatnbaud^ fils de Galeran, approuva cette mesure (374).
Galeran a porté aussi le surnom de Blanchard, Un diplôme royal de 108^
KANNO camerario Bêgis. Huic enim tupradictus tbbas xl Ub. denariorum accommodavit, ea conditione xxx. medietatem omnium eorum qae ad villam que vocatur Rulgiacus pertinere videntur, Btus Martinus possideat, donec suas xl lib. recipiat. Factum est hoc annuentibus Anna regina, comité RADtnjo et Huoons filio Rai- NALDi. Nomina eomm qui huic conventioni interfuerunt : Rotlandns prier, Waschblinus, Bexnakdus dapifer, Haimo £iber, Walcherus, Guntardus, Dodo, Hdbertus, Hainardus, Rotgerus (liCss. lat. 10977, ^^' 3^)*
(97s) L'abbé Vattier, Cariulaire de St'Cbnstepbe'tn^Hakttê.
(97)] Histor. de France, XV, 156. — Coll. Moreau, t. XLIII, fol. 157. — Cf. A. de Dion, la seigtuurs de Breteuil, ap. Mémoires de la Soc. de l'Histoire de Paris, t. X. — M. de Dion a fût justice de la confusion commise par plusieurs historiens, qui ont pris Galeran de Senlis pour Galeran de Breteuil.
(974) Voici les parties essentieUes de cet acte, daté du 98 mai Z087, indiction zo, 97* année de Philippe I**. n faut lire MLXxzvn au lieu de MLXzxxn:
« In nomine... (Suit un long préambule).
Oliodrca ego Walerannus, mei juris abbatiolam in episcopio Bdvacensi sub honore et nomine Sti Chris-
tophori martyris constructam, sed studio ibidem maie yiventium monachorum, ac irreligiosiutis atque secu-
laritatis ignominiam, a sancte régule tramite paulatim deviando redactam, Dec et SU Marie de Caritate, cum
cunctis sibi pertinentibus, absque retentione, deposito abbatiali nomine^ sub prioratus jure perpetualitcr trado...
Cujus rei testes habentur ejus filius Arcrebaldus qui hec laudavit, Rainaldus dapifer ejus, Ricardus de
Petrefonte... Ex nostris... Pmus firater Archebaldi... annoab Incamatione Dni M. LXXX. III, indictione z,
.legnantc Philippo anno regni sui zzth. Datum v^kal. junli », (CoU. Moreau, t. zxzm, fol. z8i).
mentionne parmi l'assistance « Gualerannus camerarius qui et Blanch ardus cognominatur, Teulfus pincerna de Parisio » (275).
Outre les deux fils nommés plus haut, Galeran eut de sa première alliance un fils, Guif souvent appelé « Wido Waleran^des > qui exerça après lui Toffice de grand-chambrier jusqu'en 1121 (après le 9 août).
Devenu veuf, Galeran voulut épouser une jeune fille, Mathilde, Mais celle-ci fut enlevée par le neveu de Tévéque de Troyes. Ce rapt donna lieu à une enquête de Tévêque de Paris, dont parle Ives de Chartres dans une lettre datée de 1106, Galeran devait être alors terriblement vieux.
Archambaudy fils de Galeran, est probablement la tige de la famille des seigneurs de Valprofonde.
En 1204, Archambaud II de Senlisy chevalier, abandonnait au monastère de St-Remi de Senlis sa part des dîmes de la paroisse St-Martin, sauf les menues dîmes qu'il avait précédemment données au curé. Il eut pour fils Barthélemif Jehan et Gautier.
Barthélemif chevalier, vendit en janvier 1220, à Milesende, abbesse de St- Rémi, pour 7; livres de rente, une maison située dans l'enclos du monastère ; comme cet immeuble était de la dot de sa femme Marie^ il assigna à celle-ci, en compensation, son manoir de Valprofonde (276).
Dans le corps de cet acte, le vendeur est appelé Barthéletni de Senlis^ et dans l'intitulé français € nf^jjfW B.de Valprofonde :k. En 1222, il ratifia un échange entre les religieuses de St-Remi et un de leurs voisins (277).
Il laissa plusieurs enfants. L'aîné, Archambaud I II ^ lui succéda, n'étant encore qu^écuyer (278).
(275) Peut-toe y a-t-11 lieu d'établir un lien entre Galeran Blanchard et Blanchard de Lorris^ cher au roi Louis VI, qui construisit le château du Moulinet ; son fils Robert^ ne pouvant conserver cette terre, la vendit aux moines de Fleury avanMX57 (Luchaire, Actes de Louis VU, n** 384 et 434).
^176) « Ego GuARiNUS Dei pzxii^Silvanectensis episcopus... Bartholomeos de Silvanectis miles et Maria uxor ejus coram nobis recognoverunt se, laude et assensu filiorum et Hliarum suarum, vendidisse in perpetuum dilectis in Christo Milesendi abba tisse et conventui monialium Bti Remigii Sih\ pro septuaginta quinque lib. par. domtun qnam habebant in curte ipsius abbatie Bti Remigii, laudantibus hoc Johanne et Galtero fratribus dicti Bartholomei... Eidem Marie dictus B. vir suus^ loco prefate domus que de suo erat dotalitio, asignavit et dédit domum suam de VàUeprofunda cum toto manerio domus ejusdem...
Actum anno Dni M* CC* nonodedmo, mense januario » (B. N. Mss. lat. ixooa, fol. 14).
(377) Mss. lat. XI009, fol. 14.
(378) « Karta de Herebenbaut de Valprofonde qui nos quita la meson et sa part de la dîme,
OfiBdalis curie Silivanictensis... Cum causa verteretur inter... conventum Sti Remigii Silvanectensis et Erchinbaudum de Valleprofunda armigerum, quondam filium primogeuitum Dni BARraOLoiCEi militis ex altéra, super quadam parte décime SH Martini de Silvanectis, quam partem Dnus Erchenbaldus db Silva- NEcn miles, avus diai Erchenbaldi de Vallb profunda armigeri, contulerat in perp. elemosinam ecclesie