‹ Cartulaire de l'abbaye de Saint-Martin de PontoiseChapitre 6 sur 10 · I. Comtes db MEULAN · texte numérisé non relu

I. Comtes db MEULAN

Le nom de Meulan associé à celui d'un personnage féodal apparaît pour la première fois sous le règne de Hugues Capet. C*est ainsi, pensons-nous avec l'interprétation commune, qu'il faut rendre la souscription : Hugo MeUâtensis (ou plutôt Melleniensis avec Ve tilde) apposée à deux actes du Cartulaire de Saint-Magloire, dont l'un est daté de la seconde année du règne de Robert II encore enfant (399)1 soit 990-991. Les quatre officiers qui souscrivent avec le jeune prince: Bouchard de Vendôme, comte royal de Paris, — ^ le comte Hugues (de Beauvais et de Dreux), — Ansoud (le Riche de Paris) — et Hugues de Meulan, paraissent avoir formé le conseil de régence exerçant le pouvoir, dans la part du royaume concédée à Robert, durant la minorité de celui-ci (301). Dans ces pièces officielles, Hugues de Meulan^ pas plus qu'Ansoud le Riche, nommé avant lui, ne prend le titre de comte. Il n'était en effet que vicomte et ce titre lui est attribué dans une charte de son troisième fils, Heîhuin //, vicomte du Mantais sous Henri I^**. Hellouin II renonce par cet acte aux revendications formulées par lui sur les terres de Chaussy et de Bernay, données au prieuré de St-Père de Juziers par le vicomte Hettouin I son aïeul [axms meus Hilduinus vicecornes contulit) (300). D'autres lettres d'HellouinlI contiennent une renonciation, pour le repos de l'âme de son père Hugues, à de mauvaises coutumes qu'il avait

(299) Mss. Ut. $4x3, fol. $ et 6.

(300) Guérard, Car hU. tU St-Père dé Cbarins, p. z8o.

établies sur les terres du couvent. Dans ces deux pièces, il sollicite le consentement de son frère Hugues //(30a).

Hugues II est qualifié vicomte du Vexin dans une proclamation de Tabbé Ârnoul(i 033-1 033] faisant savoir que Hugues, sur Tordre de son seigneur le comte Dreux, a dû se dessaisir en faveur des moines de tous ses droits de viguerie sur Drocourt, St-Cyr et Chaudry, dépendances du domaine de St Père, situées en Vexin (30a}. Les témoins appelés à constater ce « déguerpissement » sont en< premier lieu Galeran^ frère du vicomte, et Richard de Neaufle, son cousin germain [consanguineus), Hugues II était l'allié de Dreux ; car, d'après une lettre dlves de Chartres, Galeran I de Meulan avait pour mère une fille de Gautier le Blanc, comte d'Amiens, de Valois et de Vexin (303).

Galeran paraît avoir été Taîné des fils du vicomte Hugues I^^*. Il lui avait succédé à Meulan à une époque très voisine des débuts du XI« siècle. Le titre de c&mte lui est donné dans une épître de Fulbert, évéque de Chartres (1007-1099) adressée en général à ses diocésains et à ses vassaux, et en particulier aux comtes Gautier (le Blanc, père de Dreux) et Galeran. Dans ce mandement, Fulbert les exhorte à prêter main-forte au roi contre Renard, l'hérétique excommunié. C'est Renard, comte de Sens, surnommé « le Roi des Juifs », à cause de la faveur qu'il leur accordait, que Robert II avait chassé de sa capitale en loi^, et qui continuait la guerre contre le roi et l'archevêque de Sens avec le secours d'Eudes II, comte de Chartres (304).

Les adjurations de Fulbert étaient d'autant plus opportunes, que Gautier II et Galeran avaient un puissant motif de famille pour se solidariser avec Eudes II, neveu de leur aïeule Ledgarde de Tours. Galeran l'avait prouvé naguère dans une circonstance qu'il est intéressant de rappeler.

(jox) M. Pfister (Etudes sur U règne de Raherl le Pieux, p. xlviii) reporte l'un des Actes dont nous ptrlons à la date de 1003 à 1007, parce que, dit-il, la reine Adélaïde, mère de Robert, n'y est pas dtée. Cette pièce est relative au don de moulins fariniers à Senlis, dans le quartier de Vietel, par un fidèle de Robert, Gautier Ardent (Walterius Zelans et non Zelaus). Le surnom à* Ardent appartient à la maison de Chambly qui doit se rattacher (p. 285 suprà) k celle de Senlis (Cf. Douët d'Arcq, Recb. sur les Comtes de Beaumont-sur- Oise). — Dans ses recherches sur les Origines de St Maghire, M. René Merlet fixe à l'an 980 U constitution de l'abbaye ; il est probable que les dons y ont afflué dans la période la plus voisine de la fondation (Bibl. de TEc. des Chartes, LVI, 957). — Dans cette étude, M. Merlet a produit un texte de la Translatio Sti Maglorii^ confirmant victorieusement, contre l'opinion de Pfister, la thèse de M. Lot, sur la filiation poitevine de la itine Adélaïde. — Quant à l'autre charte, relative à U donation de Guiperreuz, Pfister la reporte i 997-998.

()oa) Cor/. dêSt Pire, p. 171, 171 et 17$.

(503) Ed. Migne, t. II. — H est plus probable qu'il faut remonter d'un degré et que Hugues I« était le beau-firbe de Gantier II et Galeran I" le cousin de Dreux. La généalogie des Vendôme, donnée auui par Ives de Chartres, est incomplète.

()04) D'Arbois de JubainviUe, Comtes de Champagne, I, 23a. — Le mandement de Fulbert est certainement postérieur à X015, bien que D. Bouquet lui donne cette date (X, 452). Galeran avait pris part, un peu auparavant, à la gaerre entre Eudes II et Richard II de Normandie (D'Arbois de Jub., I, 905). — Pfister pUce en X014 cette guerre, reUtive au partage du château de Dreux (Etudes sur le règne de Rêheri k Pieisx, p. ata).

Les Grandes Chroniques rapportent que le comte de Chartres ayant épousé Meneheut (Mahaut), Tune des sœurs du duc Richard II de Normandie, le duc lui donna en douaire la moitié du château de Dreux. Mahaut étant morte saas hoirs de son corps, Richard voulut reprendre sa dot ; mais le comte Eudes c qui moult estoit malicieux, » n'y voulant pas renoncer, le duc assembla son ost, et sur les bords de TAvre, à Tillières, éleva un château bien muni, dont il confia la garde à trois de ses barons, le vicomte Néel de Coutances, Raoul de Toény et son fils Roger. Cette garnison solidement établie dans la terre du comte Thibaut, frère d'Eudes, Richard congédia le reste de ses troupes et s'en revint en Normandie. Eudes alors convoqua ses chevaliers, et appela à son aide le comte Hugues du Maine et Galeran, comte de Meulan. « Ainsi chevauchèrent toute nuit. Au matin vinrent leurs coursiers, à toutes leurs bannières, devant le chastel de Tillières, et quand les barons qui dedans estoient l'aperçurent, si garnirent les entrées du chastel de leurs gens mesmes; et puis issirent contre eux à bataille, et les desconfirent en poi d'heure (peu de temps] ; si qu'il y en eut d'occis la plus grande partie, et li autres s'enfuirent là où ils porrent mieux ». Le comte Eudes et le comte Galeran coururent à bride abattue dans la direction de Dreux, afin de se réfugier au château : mais le cheval du comte Eudes perdit le souffle et tomba mort. « Li cuens s'enfuit tout à pied jusques à un parc de brebis, et despoilla le haubert de son dos et le couvrit en un champ an rayon d'une charrue, et puis vestit le mantel d'un berchier, et portoit les claies du parc d'un lieu à l'autre sur ses espaules pour soi plus desguiser, et disoit aux Normans qui enchaçoient les fuyants que il se hastassent, que cil (ceux-là) n'estoient pas loing d'eux. Quand ils furent outre passés, il prist un berchier pour soi conduire parmi les bois: au tiers jour vint au Mans à quelque peine, les piez et les jambes tout escorciées d'espines et de chardons ». Dès qu'il fut reposé, il recommença la guerre; mais le roi Robert y mit fin en faisant accepter le statu quo comme base de la paix (30;).

Galeran survécut à son frère Hugues II. Celui-ci portait le surnom de Chefd'Ourse [Caput Ursœ)^ et avait épousé Héluise^ qu'une charte de Coulombs qualifie Heluisa morum et doctrinœ meritOy clarissimo génère prœfulgens (306).

Le terme de doctrina n'est point employé sans motif. La souscription d'Héluise nous est parvenue sous cette forme : S, Heluise cUrice. Il y a donc lieu de croire que, comme le fit un peu plus tard son homonyme, la nièce de Fulbert, elle avait étudié la philosophie. La biographie de saint Gautier témoigne de l'activité de la vie intellectuelle, dès la première moitié du XI® siècle, et du déve-

(305) Hist. de France, X, 308. — Ce récit est celai de Guillaume de Jomièges (Id., 187]. (506) Charte de 1066 dans Lévrier, CoU. du Vexin, XLTV, 28. Œ Mabillon, Acta SS. ord. S. Bemd., SKC. VI, p. I, pag. 566; Annales ord, S. Bened., IV, 185.

loppement qu'avait pris dès lors l'enseignement supérieur dans le cœur de la France (Cf. p. 174, suprà).

Héluise se retira du siècle après la mort successive de Hugues et de son second mari i4/{(?M, connu aussi sous les noms à^AU^an [Akxander) et A'A^^eliu. Elle se fit recluse auprès du monastère de Coulombs, et mourut en odeur de sainteté. Elle avait donné à cette abbaye les églises de Lainville et Montalet-le-Bois dont les cures étaient encore au XVIII« siècle à la présentation de Tabbé ; — Téglise de Mégrimont, qui perdit plus tard son titre paroissial pour n'être plus qu'un hameau de Lainville (307); — quatre hôtes et une portion de forêt à Janville. Plus tard, elle y ajouta la terre des Autieux, qui fut violemment enlevée au monastère par Richard fils d'Hellouin et neveu du comte Galeran. Richard, après l'avoir conservée longtemps, la rendit aux moines en 1066. Nous avons relevé, dans les transcriptions de Baluze, un acte de la même date, passé à Meulan, par lequel Richard, pour l'amour de son frère Robert, abbé de Coulombs, et de sa tante Héluise, donne à l'abbaye sa part dans les pressoirs de cette ville, l'église de St Hilaire (de Charpont) et la justice du lieu (308). Le second mariage d'Héluise avec Alzon ne s'appuyait jusqu'ici que sur une affirmation de Mabillon. Mais dans la collection Moreau, nous avons recueilli la copie, d'après le texte d'un Cartulaire in-4<> de la fin du XI« siècle, d'une donation à l'abbé Jean de Fécamp (1028-1079) par c Adson », sa femme Héluise et ses fils Geofroi et Roger. Les deux tiers des dîmes de Blocqueville et de Manneville font l'objet de ce don, en échange duquel Alzon recevra dans le monastère l'hospitalité quand il s'y rendra et la sépulture après sa mort (308).

La principale libéralité d'Héluise fut faite en 1033, sous la condition que l'abbé de Coulombs se rendrait tous les ans à Meulan, le jour de la fête de Saint- Nicaise, et célébrerait la messe dans l'église du prieuré, avec droit de préséance sur les autres abbés qui pourraient s'y rendre. D'après une tradition respectable, le corps de saint Nicaise, décapité à Gasny, fut transporté à Meulan au temps des invasions normandes. Toutefois il paraît certain qu'en 10^3 il avait été restitué a St-Ouen de Rouen (309). En tous cas, la donation d'Héluise prouve que le culte de cet apôtre du Vexin était resté en grand honneur dans la ville où ses reliques avaient trouvé asile.

Lors de la principale libéralité d'Héluise, Ode^ la première femme de Galeran et la mère de Hugues, était morte, et Galeran s'était remarié à une seconde femme, AiUs.

(507) Lévrier (note sur la preuve 118, t. XI) a parfaitement établi ces identifications des dénominations LtdisviUa, MomuUriolum et Maisgrimoldi, qui avaient arrêté Lattaignant (Mém. sur Coulombs. Bibl. de Chartres, mss. 1x07).

(508) Voir Pièces justificatives n** II et III. Cf. Latttig[nant, p. 52. (309) Historùm de France, XT, 476.

A cette époque, Galeran était en guerre avec Robert-le-Diable, duc de Normandie. Robert confisqua les domaines que Galeran possédait dans son duché. Celui-ci, par représailles, s'empara des biens des abbayes normandes qui se trouvaient à sa portée.

Vers le début du XI* siècle, un fidèle du roi Robert II, Âubertfils d'Aubert le Riche et d'Hildeburge de Bellème, avait donné, pour le salut de sa femme et de ^ses filles, Téglise de St-Martin-en-Pinserais àTabbâye de Jumièges. Cette libéralité fut approuvée par le roi et par Hugues de Beauvais, comte de Dreux. Plus tard, Aubert s'étant fait moine à Jumièges (dès loia), ajouta au don de cette église celui de la terre de Bouafle. Mais comme ce bien était fort éloigné du monastère, Aubert voulant qu'il fût protégé contre toute déprédation, alla trouver le comte le plus voisin, Galeran de Meulan, et lui ayant offert une mule de grand prix^ obtint de lui qu'il se constituât le défenseur des moines. Galeran tint sa promesse jusqu'au jour où il dut prendre des gages contre les Normands : il mit alors Bouafle sous séquestre. Aubert, qui était devenu diacre et abbé de Saint- Mesmin de Micy, en ayant été informé, vint avec Guillaume, abbé de Jumièges, s'en plaindre au comte de Meulan. L'argent arrangea les choses. Moyennant une indemnité de dix livres de deniers, Galeran, sa femme Aélis et son fils Hugues, signèrent un traité où ils s'engageaient, qu'ils fussent en paix ou en guerre avec le duc de Normandie, à respecter et à protéger à l'avenir le bien qu'ils restituaient aux Bénédictins (310).

Les démêlés entre Meulanais et Normands prirent fin d'ailleurs peu après, et le comte de Meulan envoya son fils Hugues à la cour du duc pour qu'il y liât amitié avec le jeune Guillaume, fils naturel de Robert et son héritier désigné (31;^).

En novembre 103% l'archevêque Gilduin de Sens ayant accordé à St-Benoft de Fleury, une série d'autels d'églises de son diocèse, à la prière de Henri I***, la charte épiscopale fut souscrite par les comtes Galeran (de Meulan) et Ives (de Beaumont-sur-Oise) (311).

Galeran prit part en 1039 à la révolte de son cousin Raoul II, comte de Valois, et de plusieurs autres grands vassaux, contre Henri I«'. Celui-ci triompha de cette coalition, et dépouilla momentanément Galeran de son comté. Il ne le lui restitua qu'après avoir exigé des gages sérieux de fidélité (31a).

(310) Hist. iê Franu, X, 615. — MabilloD, Annal, ori. S. Benêdkti, IV, lax, }6i : € Hanc convention nem firmiTcrunt Walexanmus ipse, Adelais uxor ejus, ac filius Hugo. Acta est hcc descriptio temporibut HENftia régis >. Les démêlés de Robert et de Galeran se placent donc entre 1051 et 1035.

(511) lUcueil des chartes de Si-Benoit-sur-Lmret par MM. Prou et Vidier, t. I, p. 194.

(31a) D'Arbois de Jubainrille, 1,360. — Histor. de Front», XI, 159, x6o, 364, 399; XII, 795. — Dans le texte d*Hngues de Fleury, Galeran est appelé par erreur Medamiicus au lieu de MeUenticus, Les Gramits Chroniques ont traduit d'après la leçon primitire : Galeran de Mdande. ^ Malgré les prétentions de Lerrier, les comtes de Meulan n'ont jamais eu la moindre autorité sur Mantes.

Galeran reprit son rang à la cour et rentra complètement en grâce. Avec Gautier III, comte de Pontoise, Guillaume de Corbeil et Ives de Beaumont, il assistait, en juin lo^o, à la levée solennelle [deiectio) du corps de saint Denis et de ses compagnons. En io;8, il coopéra à la décision rendue par Henri l^y autorisant les serfs de St-Germain-des-Prés à porter témoignage en jugement contre les hommes libres (313). Sa souscription figure dans une pièce bien connue du cartulaire de Marmoutier, émanée de Geofroi de Gometz, frère d'Amauri I de Montfort, en 106; (3 14). Le dernier acte du comte Galeran fut l'édification du prieuré de St Nicaise, à Meulan, confié aux moines du Bec, en 1067 : son fils Hugues ///s'associa à cette fondation pieuse (313). Galeran était mort en 1068.

Galeran se qualifie formellement c comte du château de Meulan » dans une charte où il restitue une serve à l'abbaye de Coulombs (30a).

Il épousa d'abord Ode^ pour le repos de l'âme de laquelle Hugues III, leur fils, fit don, en 1068, à l'abbaye de Coulombs, de l'église de St Cosme, dans une île de la Seine, touchant presque au château de Meulan (316).

Dès 1033, Ode avait cessé de vivre, laissant outre Hugues, une fille, Ailine^ son aînée, mariée à Roger de Beaumont ; et Galeran s'était déjà remarié à une seconde femme, Aélis, Ce point ressort parfaitement de l'ordre des signatures dans la charte de 1066, où Galeran fait souscrire Hugues avant sa femme Aélis et, en dernier lieu, les fils de celle-ci, Galeran et Foulques (306).

(3x3) Arch. Nât., K 19, n" 5. Tardif, Cart, tUsrois^ n* «74. — Hist, de France, XI, 409, 469.

(314) Mss. lat. 5541, fol. 351 : « S. Galeranki comids de Mellent ».

(315) Lévrier, XLIV, 29. Hugues III portait le titre de comte, simultanément avec son père, dès 1066 (Lévrier, XLIV, a8).

Il avait été élevé 4 la cour de Robert-le-Diable, comme le montre une curieuse anecdote relatée dans le cartulaire de Préaux à propos d'une libéralité d*Onfroi de Veules, fondateur de cette abbaye, faite au moment du départ de Robert-le-Diable pour la Terre-Sainte :

« Illo annoquo perrexit Robertus comes Jérusalem (103 5), dédit Sto Petro ad Pratelîum ex suo dûminio unam villam que vulgo Turstinvilla (Toutainville, près Pont-Audemer) vocatur. Pro qui structor ejusdem ecclesie Hunfrious (de Vetulis) a libras auri et duo pallia et duos maximi pretii caballos dédit. Hec Fiscânn delata sunt, et inibi recepta : sed quia WnxEUcus qui adhuc puerilis erat, ejusdem Roberti filius qui (le futur GuiHaume-U'QmqtUraHt) post illum erat regnaturus, eum pater PraUUum misit, ut suo jussu etiam puer propria manu donationem Turstinville super altare poneret. Huic rei interfuerunt vetulus Nigellus (Niel /, vicomte de G>utances), Turaldus qui unum de suprascriptis caballis a comité Roberto dono suscepit ; Radulfus camberarius filius Geraldi, Gotseunus Rufus de FormovïQa ; Hunfridus constructor ejusdem loci cum filiis suis R06XUO, Roberto, Willeuig qui etiam a pâtre ob causam memorie colaphum suscepit. Sutcepit etiam aliud colaphum Ricardus de Lillaboma qui ocream, i. (id est) hosam vini comitis Roberti ferebtt (la botte que Robert faisait remplir de vin pour la vider d'un coup). Qui cum requireret cur sibi Hunfndus permaximum colaphum dedisset, respondit : « Quia tu junior me es, et forte multo vives tempore ; erisque testis hujus rationis, cum res poposcerit ». Suscepit etiam tertium colaphum Hugo filius Walbrammi Comitis » (Arch. deTEure, H 7x1, fol. xmtfzvn).

Le texte donné dans le Recueil des Historiens de France (XI, 387), contient quelques variantes Jantivts, qui s'expliquent dans une transcription de troisième main ; la glose « ocream » y est omise.

(316) Voir Pièce jusUficative n* IV.

Hugues se qualifie « par la grâce de Dieu, comte du château de Meulan » (3 1 7) , dans un privilège par lequel il exempte de tous droits au port de Meulan, les vins de l'abbaye de Fontenelle. — En 1069, pour le repos éternel de ses parents et d'Eudes fils de Jean (prévôt de Meulan), Hugues III donnait à l'abbaye du Bec la terre de Tessancourt, et présentait la charte au roi Philippe, alors au château de Poissy, pour qu'ill'approuvât par sa signature (318).

I La souscription de Hugues III figure dans des actes assez nombreux. Nous citerons les derniers : un diplôme de Philippe I«' pour Cluny (33 mai 1076 — 16 avril 1077) (319) ; — un autre diplôme du même roi pour Fleury, donné à Melun en 1080 (330).

Dès le 6 janvier 1083, Hugues III était remplacé par Robert, son neveu (331). Ce fut donc en 108 1 que ce comte de Meulan se retira dans l'abbaye du Bec, alors illustrée par l'enseignement des Lanfranc et des Anselme, et y prit l'habit religieux en compagnie de maints chevaliers de renom (333).

Hugues III avait eu deux frères, Galeran et Foulques (306). — Galeran souscrivit en 1069 avec le comte Hugues, son frère, à la fondation de St-Martin de Pontoise. Il laissa une postérité qui porta le nom de Meulan et occupa de nombreuses charges.

AéltfUf sœur de Hugues, avait épousé Hoger le Barbu^ châtelain de Beaumontle-Roger qui, dès 1066, intervient dans un acte de famille des comtes de Meulan (3I4). Dans une autre pièce Hugues (333) appelle à souscrire « Henricus, nepos suus, filius RoGERH Bellu^ontis ». Enfin il n'est pas douteux que ce fut Robert /, un autre enfant de Roger et d'Aéline, qui hérita du comté de Meulan.

(317) « Hugo Dei gratia Mellentis castri cornes » (Gr. Cart. de St Wandrille, fol. 350 v*).

(318) Lévrier, XLIV, 18. — Arch. de l'Eure, H 91 : fragm. du Cartul. du Bec, fol. ji.

Mabillon (Annales, IV, 565) cite une concession analogue faite aux moines de Jumièges : elle serait datée du château de Meulan, en octobre 1056 (?) et souscrite par Renaud, neveu du comte Hugues. Que le millésime soit exact ou non, le savant bénédictin en a tiré trop prématurément la conclusion que Galeran avait cessé de vivre i cette date.

L'abandon du droit de poudroyage {pulveraticum, droit pour Tentretien des routes) sur les marchandises importées à Epône, n*est point daté (Tardif, n* 29s).

(3x9) « Hugo Mellindensis comes ». Coll. Moreau, XXXI, 163.

(320) Hist. du mon. de Fleury; mss. lat. 270, biblioth. d'Orléans. Par une confusion assex explicable, le copiste a écrit Hugo Meledukensis. Le vicomte de Melun était alors Ourson II, qui souscrit à ce diplôme.

(321) Il souscrit avec le titre de c^mte de Meulan, un diplôme de Philippe I*' (A. N. LL 1024, fol. 40. Tacdif, n* 298. — S. Roberti MeUentensium comitis). En xo88, il figure avec son titre dans une charte du duc Robert II de Normandie.

(392) Histor. de France, XI, 293. — Hugues mourut en 1091 ; c'est du moinsainsi que nous semble devoir itxe interpiété le texte de Guillaume de Jumièges {Histor, de France^ XI, 38) :

« Adelinam, Waleranni comitis Melienti filiam, uxoremduxit (Rogerus) : ex quâduos filios, Robertum et HofRicuM, magnx potentiae posteà comités, procreavit. Robertus quoque post Hugonem avtmcalum suum comes Melienti plusquam XXVII annis viguit (les 27 années pleines partent du $ juin X091) ; et Henricus Willelmi régis in Anglià comiutum Warunk promeruit ».

Comment fut-il préféré à la lignée mâle ? Très probablement le prétexte qui couvrit cette préférence fut le trop jeune âge de Hugues IV^ fils de Galeran III; mais elle fut motivée surtout par l'affection du comte Hugues III pour les enfants de sa sœur germaine; et, par surcroît, Robert, héritier désigné par son oncle, s'assura, moyen finance, l'intervention du roi en sa faveur : Guillaume de Malmesbuiy va jusqu'à dire qu'il acheta de Philippe I«' le château de son oncle maternel :« Castellum quod frater matris suae tenuerat, Mellentum nomine, a Rege^ Francorum nundinatus est pecunia ».

Robert était d'ailleurs une des personnalités les plus en relief de son temps. Il avait fait ses preuves de bravoure et de talent militaire à la fameuse journée d'Hastings, alors qu'étant tout jeune et allant pour la première fois au combat, il avait entraîné l'aile droite dont il avait pris la tête, dans un mouvement dont la hardiesse fut décisive pour le succès de la bataille (j2}).

Le jeune audacieux n'avait rien de l'esprit tranquille de son père. Le bon Roger, l'aîné des fils d'Onfroi de Veules, fondateur avec son père du moûtier de Préaux, homme d'une simplicité et d'une bonne foi antiques, avait résisté toute sa vie aux instances de Guillaume-le-Conquérant, sou ami d'enfance. Le nouveau roi d'Angleterre lui ofifrait, s'il venait le rejoindre, autant de terres qu'il en souhaiterait. « J'ai bien assez de mon hoirie, répondait Roger; je préfère garder et entretenir le bien de mes pères que d'aller en chercher outre-mer d'autres auxquels je n'ai nul droit ». Ses fils ne partagèrent point ce stoïque désintéressement. Henri, bien qu'il eût hérité du tempérament doux et calme de Roger, accepta du roi Guillaume le comté de Warwick (324), qu'il transmit à son fils aîné, laissant au second la terre de Neufbourg en Normandie.

Quant à Robert, les historiens anglais nous dépeignent sous les plus brillantes couleurs son caractère. < Instruit, éloquent, habile, prévoyant, fertile en ressources, d'une prudence infinie, surtout homme de bon conseil: son autorité morale, appuyée sur sa puissance politique, fut si grande qu'on le regardait comme l'arbitre de la guerre et de la paix entre la France et l'Angleterre. Nul ne put s'élever contre lui sans être bientôt abattu, tandis que sa gratitude influente s'exerçait en faveur de tous ceux qui se montraient ses amis. Ses trésors

(525) Tiro quidam Norminnus, Rogeiui de Bellomonte filius, Hugonis de Mellento Comitis nepof et hsres, prslium illo die primum experiens, egit quod xternandum esset laude : cum legione quam in àtitao corau duzit, imiens ac stemens magna cum audacia [Gesta GuilUlmi ducis, ap. Hist, deFrana, XI, 96). — Orderic Vital (Id. XI, 236) emploie la même épithète: « Rodbertus tiro », qui ne doit pas être prÎM un sobriquet.

(334) Il épousa Marguerite du Perche, dont il eut notamment : Rotrou, évéque d'Évreux (11)9-1x64) archevêque de Rouen (1164 f 25 novembre 1183), qui s'intéressa consumment à notre abbaye; — JBmt comte de Warwick, marié à une fille de Guillaume II de Varenne, comte de Surrey et de la veuve et Ktfiat f de Meulan ; — Roibert de Neufbourg, grand ami du Bec, mari de Godehilde de Toény, fille de Rjo«l JI^ et de Roibert, l'un des dignitaires de l'église de Rouen dont le nom se retrouve souvent dass (a. Hisior. iê France, XU, $84).

s'accroissaient sans cesse en métaux frappés, en pierreries, en vêtements précieux ».

Tel est le portrait que trace Henri de Huntingdon. Guillaume de Malmesbury n'est pas moins expressif.

« Déjà très en faveur sous les règnes précédents, Robert parvint sous Henri I*** au faîte des honneurs. Il en était écouté comme si ses conseils eussent été autant d'inspirations célestes. La maturité de son jugement, son élocution persuasive et son caractère conciliant justifiaient une telle confiance. Il jouissait d'un tel crédit, que son exemple eut assez de force pour décider les Anglais à changer d'habitudes pour la table et le vêtement. Il fit accepter dans toutes les cours princières l'usage d'un seul grand repas, comme plus hygiénique : ce fut à tort, en effet, qu'on lui imputa de l'avoir adopté par mesure d'économie; il mettait un point d'honneur à déployer dans les festins qu'il offrait autant de munificence, qu'il gardait de tempérance dans ses propres repas ».

€ Champion de l'équité lorsqu'il fallait rendre la justice, guide de la victoire dans les combats, il se constituait auprès du roi le serviteur et le gardien des lois et l'implacable ennemi de la perfidie » (3a;)*

Ives de Chartres jette pourtant, dans une épître à Robert, quelque ombre sur un si étincelant tableau. En termes affables et mesurés, mais fermes et clairs, il lui reproche de ne songer qu'à flatter son maître, et de s'efforcer d'être agréable au roi des Anglais infiniment plus qu'au roi des Anges. « Ce n'est pas un mal de plaire aux rois, dit-il, tant que ce n'est pas en des choses qui déplaisent à Dieu ; mais cette condescendance n'est plus de mise quand la liberté de l'Eglise est en jeu et la Majesté divine offensée ».

Le pape Pascal II alla plus loin qu'Ives et ne se borna pas à des remontrances. Dûment informé, durant son séjour en France, du rôle qu'avait joué Robert lorsque se dessina pour la première fois, en Angleterre, la querelle des investitures, il l'excommunia dès son retour à Rome, au Concile de Latran, en iio), comme le véritable instigateur des empiétements commis par Henri I^ contre le droit ecclésiastique. Heureusement saint Anselme du Bec, que le roi avait dépouillé de son archevêché de Cantorbéry, vint offrir ses bons offices ; la comtesse de Chartres, sœur du roi Henri, « fille dévouée de l'Eglise, » lui ménagea une entrevue qu'il raconte au Pape dans une de ses lettres. Henri lui rendit spontanément son archevêché, et promit d'envoyer à Rome des ambassadeurs pour régler les litiges soulevés. Anselme, de son côté, leva l'interdit qui frappait le comte de Meulan (336).

(535) Histor. de France, XII, 1$ ; XIV, 165.

(396) Histor. de France^ XV, 5, 66, 133.

Avtnt de joaer ainsi le r61e de condliateor entre le Pape et Robert, AnteUne, éttnt abbé du Bec, trait dû défendre son monastère contre le comte de Meulan qui ayant obtenu de Robert II de Nofmaadie le cUUean de Brionne, avait imaginé de s'approprier la puissante abbaye comme une timple dépendance ftodde. La

Cet incident ne nuisit point à la réputation de Robert, pas plus que Toppo- ^

sition infructueuse et sans doute mal fondée, qu'Ives de Chartres fit à son mariage.

L'abbé du Mont-St-Michel, Robert de Torigny, s'associe, en effet, à tous ses devanciers (337) pour faire de ce comte un grand éloge: « Robbrtus consul de Mellenty dit-il, sapientissimus in rébus secularibus omnium usque in Jérusalem degentium, et régis Henrici familiaris consiliarius :». Ce grand sage selon le monde n'en fut pas plus heureux en ménage. •

« Rien ne manquait à sa gloire, — écrit Henri de Huntingdon dans sa curieuse Epistola de Contemptu mundt\ — lorsqu'un seigneur anglais réussit à séduire et à lui enlever sa femme. Ce désastre conjugal lui porta un coup mortel. Traînant dans un insurmontable ennui sa vieillesse humiliée, il ne connut plus ni la paix ni le sourire » (33^).

Cette comtesse volagô était Isabeau de Crépy, nièce du roi Philippe, fille de Hugues-le-Grand, comte de Valois, et par sa mère Aélis de Vermandois (338), descendante au cinquième degré de Gautier le Blanc. Robert, suivant le témoignage de généalogistes distingués consultés par Ives de Chartres, aurait été par sa mère, l'arrière-petit-fils d'une fille de ce même Gautier. Mais Ives.se trompait apparemment d'un échelon, et d'ailleurs le Pape accorda des dispenses (337). Le mariage se conclut en 1096, et si l'on songe que le père d'Isabeau était certainement plus jeune que Robert (339), on ne peut douter qu'une grande différence d'âge n'existât entre les époux. Isabeau était fort belle (330) ce qui explique les passions qu'elle inspira. Son union avec Robert fut pourtant heureuse dans ses débuts; elle produisit cinq filles (330) et trois fils dont deux jumeaux, Galeran et Robert^ nés en 1 104 (331).

Il est à présumer que le commode prétexte du cousinage, qui surgissait souvent fort à propos, fut celui dont Isabeau couvrit la rupture du lien conjugal. Ives de Chartres, grand protagoniste de l'extension des empêchements de parenté, avait fait école; dès 1107, saint Anselme réussissait à empêcher le ma-

sagacité d'Anselme fit fchouerce plan, et le duc irrité enleva Brionneau comte de Meulan (Hislor, de France^ XrV, 279, 57)). Celui-ci eu garda rancune, et secourut puissamment, en xzo;, contre le duc Normand, son frère, Henri 1", abandonné de presque tous ses fendataires.

(127) L. Delisle, Cbrm, de Bob. de Torigni^ I, 155, S41, 273. Luc.Merlet, Cartul.de Tiron, I, 27. Isabean cuit parente de Robert ; mais le Pape avait accordé des dispenses pour ce mariage, malgré l'opposition d'Ives de Chartres (Cf. le P. Anselme, Grands officiers, II, 404).

()28) Genealogia regum Francorum, ap. Histor, deFrance^ XIV, 4.

(529) Hugues, étant le cadet de Philippe I", lequel avait dix ans en décembre 1059 (MabUlon, Annales, IV, 593), était né au plus tôt en 1050. Robert conduisait, comme nous l'avons vu, la bannière de Beaumont k la bataille d'Hastings en 1066.

(330) Oïderic Vital, 1. XI ; Guill. de Jumièges, ap. Histor. de France, XII, 584.

(331) Gemina proie, dit Orderic Viul {Histor. de France, XII, 693]. Une des filles était déjà fiancée à Amauri de Montfort en iioz ; mais ces promesses ayant été rompues, Amauri épousa Agnès de Garlande, dont une fille, de même nom, épousa en 1141 Galeran U de Metilan.

riage du comte de Surrey, Guillaume II de Varenne, avec une fille uatoreile de Henri I«' d'Angleterre, alléguant qu'elle dépendait au sixième degré de la. duchesse Gonnor, dont une sœur était la bisaïeule de Guillaume. Une telle affinité était encore plus lointaine que celle d'Isabeau et de Robert ; et ce fut justement le comte de Surrey, privé ainsi d'une alliance royale, qui enleva la comtesse de Meulan à son mari, f La moralité du milieu où vivait Isabeau était d'ailleurs plutôt faible, si Ton songe qu'une de ses filles, qui portait son nom, fut une des nombreoses maîtresses de Henri I*', et en eut une fille morte sans alliance (333).

Robert de Meulan vit-il se consommer ce déshonneur familial? C'est chose incertaine. La rancœur qui le rongeait abrégea ses jours, que la tempérance eût dû prolonger. Sur son lit de mort., l'archevêque de Rouen, auquel il se confessait^ l'engageant à rendre tout le bien qu'il avait mal acquis, s'attira cette réponse : « Eh ! malheureux, que laisserais-je alors à mes enfants ?» — c Vos anciens domaines, reprit le prélat, et ceux qui vous sont échus à bon droit >. — « Je donnerai tout à mes fils, conclut le vieux comte ; ils feront des œuvres pies pour mon salut éternel. > — Chimérique pensée ! les fils n'eurent pas plutôt son bien, raconte Henri de Huntingdon, qu'ils ne songèrent qu'à y ajouter d'autre bien pins mal acquis encore ». (3^9)-

Le comte Robert trépassa le ; juin 11 18, laissant ses possessions de France à GaUran II tX celles d'Angleterre ^/tobert^ ses fils jumeaux. Hugius^ le troisième, fut pour ainsi dire exhérédé : aussi fut-il surnommé i<f Patrore. Toutefois Henri !«*, qui s'intéressait de toute manière à la famille de Meulan, répara cette injustice en lui faisant épouser l'héritière de Simon de Beauchamp, dont en 1137 il lui donna tous lesc honneurs», et le fit comte de Bedford/^333).Q|]ant à if^^fer/, auquel une difformité physique valut le sobriquet de Gor^/n, il eut les comtés de Leices> ter et de Winchester, qu'il transmit en 1167 ^ son fils Robert aux-Blanchep-mains^ dont les filles A micie et MargueriU^ succédant à leur unique frère Robert IIIj se partagèrent la fortune, Amicie portant Leicester à Simon TH de Montfort, et sa sœur Winchester à Sahier de Quincy (334).

Un point intéressant de la vie de Robert soulève un problème assez délicat

(33a) Les antres filles de Robert et d'Isabean éponsèreat, ToDe, Ad^lim^ Hngnes Vf àe Mostfort-sor- Risle, dont elle eut un fils nommé Galeran ; la seconde, Anherie, Hugues II de Oiiteanneaf-cn-Tlûmerais ; la troisième, Guillaume Louvel d'Ivry, fils de Robert et de la B, Hildeburge de Galardon, {Histar, de Fratue, XIII, 19, 69, 985. Orderic Viul, éd. Le Prévost, IV, 441, 444. Lerrier, III, 83).

Auherie relevait le nom de sa bisaïeule, femme d*Onfroi de Veules on 1048 (Lévrier, IV, 12$).

(333) Hfi/or. tU Frtmct^ XII, 76s. De concert avec Hugues, Galeran II donna à Saiat Victor on cens au Moncel St Gervais, à Paris (Baluze, LV, 366). — Les comtes de Meulan possédaient en cet endroit un manoir et une censive (Tardif, Cartom tUs Rois, n** 461, 490).

(534) MonastkoH AfifUcanum, \, )ia.

de critique historique. Faut-il admettre le récit d'un fait d'armes — tout au moins enjolivé par l'imagination de quelque trouvère et grossi par l'éloignement — d'après lequel Robert se serait emparé de Paris pendant un séjour de Louîs-le- Gros à Melun? C'est seulement ' dans le poème — très postérieur — de Philippe Mouskes que le fait est narré, — et dans la Revtie des Etudes historiques (1898, p. 69) un de nos confrères meulanais, M. Coquelle, a fortement attaqué, non seulement la forme, mais le fond de ce récit.

Assurément l'évéque de Tournai, mort en 1283, ne saurait être regardé comme une autorité de première main : toutefois M. Luchaire n'a pas cru devoir se montrer aussi sévère ; en effet, un document officiel prouve que Louis-le-Gros tenait sa cour à Melun le 13 mars iiii, a une époque concordant précisément avec celle attribuable à l'épisode. D'autres détails donnés par Mouskes se retrouvent dans des textes plus anciens, si l'ensemble ne s'y rencontre pas. L'anecdote se relie d'ailleurs à un ensemble de faits connus.

La faveur dont Robert de Meulan jouissait auprès de Henri I«' avait pour première origine l'insistance énergique avec laquelle il avait poussé et aidé le troisième fils de Guillaume-le-Conquérant à s'emparer de la Normandie en l'enlevant à son frère Robert II, dont le comte de Meulan avait eu grandement à se plaindre. Cette entreprise hardie, qui réunit en 1106, les états de Guillaume dans la main de Henri, celui-ci en attribuait à Robert de Meulan tout le mérite et lui gardait la plus vive reconnaissance de son initiative (33^).

Tout au contraire, Louis-le-Gros devait savoir le plus mauvais gré à Robert de cette manœuvre, dont le succès rendait infiniment plus dangereux son puissant rival.

Rien de plus naturel, dès lors, que de voir, en février-mars 1109, — la guerre ayant éclaté entre la France et l'Angleterre à propos du château de Gisors enlevé à Thibaut Payen par Henri I»»*, — l'armée française ravager les terres du comte de Meulan (336).

Commencée sous de tels auspices, la guerre se prolongea pendant presque deux ans entiers, Louis présidant en personne à toutes les opérations militaires. Elles causèrent le plus grand tort aux Anglais, car ayant multiplié les postes avancés et les fortifications coûteuses pour protéger l'interminable frontière qui les séparait de la France, ils eurent le chagrin de voir les Français, retranchés dans des citadelles inexpugnables et des défenses naturelles, avec l'aide spontanée des

()35) La Roque, Hist,d*Harconrt, IV, 15} i.

(536) Collectis igitur magna ex parte Francorum regni proceribus, vidclicct Roberto Flandrcnsium comité cum IV ferme mitlibus militum, comité Theobaldo (de Campania) de novo pacificato régi, comité Nivcmensi, duce Bnrgnndionum cum aliis quampluribus, multis etiam archiepiscopis et episcopis, per terrant tf^Untensis cmnitiSf quia adhicrebat régi Angli£, transeundo depopulans et incendiis exponens, talibus benefidis futuro adulabatnr colloquio ». (Mss. lat. 5949 A, fol. Z04. Chron. de Guill. de Nangis).

chevaliers et des milices de la Flandre, duPonthieu, du Vexin, ne cesser de ravager par rincendie et le carnage les terres normandes (33 7) •

Au cours de ces hostilités, Louis-le-Gros étant revenu, après l'entrevue avortée des Planches de NeauSe, mettre le siège devant le château de Meulan, le détruisit et dévasta tout le pays d'alentour (338).

Ce fut pour venger ce désastre que Robert, profitant du séjour de Louis à ^Melun, aurait tenté, en mars un, le coup de main hardi que relate Philippe Mouskes (339).

A la tête d'une bande de pillards, il saccage les faubourgs et pénètre dans la ville et jusque dans la salle royale. Prévenu aussitôt, Louis, suivi de ses chevaliers, prend à toute bride le chemin de Paris. Trouvant les ponts coupés, il se lance à cheval dans un gué de la Seine. Mais son destrier fléchit, et un Meulanais, accourant par derrière, saisit la bride en criant : « Le roi est pris 1 » Louis, sans s'émouvoir, brandit sa lourde épée, et d'un coup terrible renverse son adversaire : « On ne prend pas le roi, même aux échecs », s'écrie-t-il. Mot parfaitement en situation dans la bouche d*un amateur passionné de ce jeu, comme l'était Louis VL

Dans sa prime jeunesse, Robert avait été marié à Godehilde de Toény, fille de Roger II. Il n'en eut point de fils, et cette première union fut rompue d'une façon canonique, car Godehilde, avant 1096, se remaria à Baudoin I, futur roi de Jérusalem (340) et, de son côté, Robert épousa Isabeau de Crépy, dont nous avons rapporté les aventures.

Le nom de Robert figure dans les listes de bienfaiteurs de nombreux monastères. Nous citerons: Préaux , où il fut inhumé; BarJUey^ en Angleterre, qu'il fonda et où son cœur fut porté (340) : St-Nicaise de Meulan, dont les moines le sur-

(537) ^is ^^ hujnsmodi primordiis iuitiata guerra per biennium pêne continuata est, semper duce et capitaoeo ipso domino Ludovico. Accidit autem ut, cum quadam die adversarios invasisset, fugato ejus exercitu, miles quidam partis adverse frœnum equi regii accipiens, clamavit: Captus est Rnc IQjio aadito Rcx commotus ira, exuaxit gladium, et virtuose vibratum milttem per pectus armatum disseniit, et mortuo cadenti, suc solo ictu, rex insuluns ait : Nec inscacorum ludo solus rtx mm eapUur,

Pnefata tamen guerra sic continuau, gravius regem Angliae laedebat, cum universam penè Norman niae marchiam, sicnt te ducatus extendit, mulu militia et sumptuosis stipendiis ad terne defensionem circumcingebat; Rex vero Francorum antiquis et naturalibns castris et mancipiis gratuitis Flandrensium, Pootivonim, Wulcassmorum et aliorum commilitantium strenua impugnatione tcrram incendiis, depopulatione agitare non desinebat. (Mss. lat. 5949 A. fol. 105).

{358) Luchaire, Louis VI le Gros^ n" 72, 103, m: « Ludovicus Francorum rcx RoBERTtnc comitem in arce suo Mellentensi obsidione cinxit, eo quod Régi Angliae adhserebat ; uodem castrum extirpavit, omnia devasuas ». (Cartul. de St Nicaise).

(539) Edit. Leiffenberg, II, 233.

(340) Orderic Vittl, 1. V. — Art devér.les Dates, II, 692.

nommèrent le Prudhomme \ St-Martin-des-Champs^ à qui Tévêque Galon céda en 1 1 08 la terre d'Aulna/i du consentement de Robert qui la tenait de lui (341).

Robert I*' avait fait donner à ses fils une instruction peu commune. Lorsque le pape Calixte II, au retour du Concile de Reims, en octobre 11 19, eut à Gisors une entrevue avec le roi d'Angleterre, celui-ci lui présenta ces jouvenceaux d'il-^ lustre lignage (adolescentulos clarissimi generis, filios comitis de MelUnio)^ et le pria de permettre qu'ils eussent avec ses cardinaux une dispute de philosophie. Ils s'en tirèrent à leur grand honneur. Toute l'ingéniosité italienne ne put triompher de la dialectique subtile de ces jeunes gens: « l'Apostole » en prit occasion de faire au roi des compliments qui durent vivement chatouiller son amour-propre (343).

Mais tous les soins que leur père avait pris pour former leur intelligence et consolider leur fortune n'obtinrent qu'un médiocre succès. Le caractère d'Isabeau revivait en ses fils ; Robert laissa dés héritiers de ses biens ; il n'en trouva point de sa sagesse.

Gahran II fut au contraire un agité, dont l'existence mouvementée pourrait faire l'objet d'une thèse attrayante^ où serait mise en relief la vie d'un grand feudataire anglo-français au XII* siècle. Les documents d'archives pullulent à son sujet; la plupart sont des ordres ou des cédules qui frappent par leur impérieux laconisme militaire. On y saisit la trace de cette fébrile activité qui finit, après une longue carrière, par s'éteindre dans le cloître.

Sa vingtième année n'était pas accomplie, qu'il s'associait avec ses deux beaux-frères au mouvement fomenté parAmauri de Montfort et Guillaume Crespin pour chasser le roi anglais de Normandie et rendre à la province son indépendance. Guillaume Cleiton, fils de Robert II et l'héritier légitime du duché, appuyé ouvertement par Louis VI, devait être réintégré dans ses droits. Henri V^ déjoua ces projets en s'emparant brusquement des places que Galeran possédait dans ses états, Brionne et Pont-Audemer. Il fut encore plus heureux en trouvant moyen de se saisir par surprise, près de Bourgthéroulde, le 26 mars 1134, du comte de Meulan et des maris de ses deux sœurs, Hugues de Montfort-sur-Risle et Hugues de Châteauneuf. Galeran fut enfermé au château de Rouen, puis deux

(341) Tardif, Carions des Rns, n» 336.

(342) Histor. de Frtmce, XIII, 7. Ce récit n'a rien d'excessif. Ces jeunes gens, alors âgés de seize ans, avaient choisi leur sujet, et léars maîtres avaient dû les préparer de longue main à ceue soutenance, en leur farcissant l'esprit d'arguments artificieux (tortilibus sopbismaHhtu). On ne voit pas trop pourquoi les Bénédictins ont fait à ce propos & Guillaume de Malmesbury la réputation d'un conteur de fables. — D'ailleurs cet auteur (1. V) confirme lui-même son propre récit en ajoutant que Galeran conserva toujours du goilt pour les lettres ; il écrivait avec élégance et cultivait même la poésie avec succès (Cf. A, V, D,, II, 69a).

ans après, transféré en Angleterre, où Henri le retint captif au donjon de Wellîngford jusqu'à ce que, las enfin de sa prison, il consentît à donner des otages et à renoncer à ses honneurs. Ils ne lui furent rendus que par Etienne de Blois, fils de cette comtesse de Chartres, amie de saint Anselme, lorsque, brouillé avec sa fille Maud, Henri I»' Teût déshéritée pour appeler au trône son neveu (343).

Les péripéties d'une jeunesse si accidentée reculèrent l'époque du mariage de ^aleran II bien au-delà des limites habituelles, en ce temps-là, du célibat juvénile des grands seigneurs. Il avait près de trente-sept ans quand il s'unit à Agnès de Montfort (344).

Galeran, avant d'épouser Agnès, s'était fiancé en 1136 à une enfant de deux

(343) Histor. dé Fratue^ XIII, passim; XIV, 267, 274. Cf. le P. Anselme, II, 40$.

C'est en septembre 1123 que U fédération des barons franco-normands contre Henri I*' fut constituée, au château de La Croix-St-Lenfroi, récemment mis en eut de défense {Histor. de France, XII, 576, 585, 736-

(344) Notre savant confrère M. le comte Ad. de Dion, président de la Société historique de RambouiUet, veut bien nous communiquer l'extrait suivant d'une Notice (en préparation) sur Rocbefort en Yvelime, qui éclaire d*un jour nouveau bien des points douteux de l'histoire généalogique du XII* siècle :

c Gui le Rouge survécut peu à si défaite de Goumay. Il laissait six enfants. De sa première femme, dame de Rochefort, Gui H qui lui succéda à Rochefort et la femme d'Anseau de Garlande, qui eut cette châtellenie (pas comté) après son frère. De la seconde {Adélaïde, dame de Crécy) Hugues de Crécy, Luciane, fiancée à Louis VI, et deux autres filles.

c Ameau de Garlande épousa probablement vers 1090 N. de Rochefort, qui> à la mort de Gui II à la crot> sade vers 1 1 14, succéda à son père à l'exclusion des enfants d'Adélaïde de Crécy.

€ Anseau, tué en mars xix8, au 5* siège du Puiset, ne laissait qu'une fille, Agnh de SarUnde^ qui, héritière par son père de Goumay-sur-Mame et par sa mère de Rochefort, ne pouvait manquer de prétendants. Amauri de Montfort l'emporta, répudiant pour ce mariage Richilde de Hainaut. M. Luchaire parait croire que ce mariage n'eût lieu qu'eu 1x27; mais la fille d' Amauri et d'Agnès, Agnès de Montfort, ayant eu son premier enfant en 114 1, devait être née plusieurs années avant X127.

t Agnès de Garlande apporuit à. son mari la châtellenie de Rochefort, celle des Gomets et celle de Gournay-sur-Mame.

c En 1x37, Agnès de Montfort eut pour sa part la chltellenie de Goumay, qu'elle porta à Galeran II» comte de Meulan et qui devint l'apanage d'une branche de cette famille.

« En 1181 à la mort de son frère, Simon III, comte d'Evreux, du consentement de ses fils Robert et Roger, elle donna k la cathédrale d'Evreux une rente de 20 sous sur la vicomte de cette ville pour entretenir une lampe sur le tombeau de ce seigneur.

«Après la mort d'Amauri en 1x57, Agnès de Garlande se remaria i Robert de France, comte de Dreux, dont un fils mort avant son père et elle, x 145. Leurs héritiers eurent pour leur part dans la chitellenie de Gomets, les terres de Chilly et de Longjumeau. Ce fut la dot de Marie de Chitillon, fille de Charles de Blois, duc de Bretagne, inuriie à Louis d'Anjou, roi de Naples, dont le petit-fils Charles, duc de Calabre, comte du Maine, s. de Chilly, mourut idiot sans postérité. Aoastasie de Montfort, petite-fille du comte de Leicester, céda en février X300 à Philippe-le-Bel les droiu qu elle réclamait sur Chilly.

t Agnès de Montfort fut d'ailleurs une femme remarquable. »

Comme on la vu, Agnes survécut i son mari ; elle fit don d'une serve à Stc-Gcnevièvc, en 1x70, en exécution d'un voeu de Galeran (A. K. K 15, n* 3^).

ans, Marie^ QUe d'Etienne, roi d'Angleterre. Mais ce mariage ne fut point consommé, Galeran ayant abandonné le parti d'Etienne à la bataille de Lincoln, le 2 février 1141, pour suivre celui de l'héritière légitime, Maud, fille d'Henri I*"^, remariée à Geofroi d'Anjou, le chef delà dynastie des Plantagenets (343).

Robert de Torigni appelle à cette occasion Galeran II < le plus grand, le plus riche et le mieux allié de Normandie». Ses troupes brûlèrent Emanville et l'église de St-Sever, où de nombreux fidèles périrent dans les flammes. En expiation de^ ces cruautés, il prit la croix à Vézelay en 1146. Il fit partie du groupe de croisés qui s'arrêtèrent en Portugal pour aider le roi don Alfonso à chasser les Maures de Lisbonne. Continuant sa route, il réunit sa bannière à l'armée de Louis VII et fit avec ce prince la campagne de 1148-1149. S'étant rembarqué en ii;o, la nef qui le ramenait fut battue d'une furieuse tempête. Il promit à Notre-Dame, s'il échappait au danger, de fonder un monastère sous son invocation. Ce vœu fut réalisé sept ans après (346).

A son retour, il prit de nouveau les armes contre Etienne qui brûla son château de Winchester. En 11^2 il fut nommé tuteur de son cousin Raoul le Lépreux, comte de Vermandoiset de Valois. Puis il eut à subir les revendications armées de son neveu, Robert de Montfort-sur-Risle, qui le fit prisonnier en 1152 et ne le relâcha qu'après s'être fait rendre le château de ses pères.

En II 57, il fonda avec la reine Maud d'Angleterre, l'abbaye de Notre-Damedu-Vœu, plus connue sous le nom de Valasse, pour s'acquitter simultanément des promesses faites à la Vierge, par Galeran dans un péril de mer et par Maud durant le siège d'Oxford.

A cette époque, Galeran se rapproche de Louis VII, dont il obtint, en 1157, la confirmation d'une foule d'aliénations partielles de revenus féodaux et de droits utiles à Paris, Mantes, Meulan, Villeneuve, Torcy et Gournay-sur-Mame. Ces dîmes et ces prélèvements constituaient une dotation pour le monastère de Notre- Dame de Gournay (347) fondé dans une terre du Parisis qu'Agnès avait apportée à son mari (344). La même année, Galeran faisait avec Louis VII un accord féodal au sujet de cet « honneur » de Gournay. La terre était ouverte aux baillis royaux, le château assuré au roi contre tout ennemi venant à petite ou grande force; les hommes du ressort devaient le service d'un jour au roi, et rester en dehors de toute querelle éventuelle entre le roi et le comte. Ils n'avaient à intervenir pour ce dernier que si le roi voulait essayer de le dépouiller de Gournay.

(545) Etienne, délaissé de tousses alliés, fut pris dans le combat et conduit à sa rivale, qui le fit enfermer à Bristol, chargé de lourdes chaînes. L'attitude de Galeran donna lieu aux plus amers reproches : Henri de Huntingdon nous en a conservé l'expression indignée et visiblement excessive (Histor. de France^ XIII, 40. — Cf. Lingard, Hist. tPAngUterre, trad. Baxton, I, 251).

(346) Hist. d'Harcourt, IV; Suppl.^ ?• S- — Dumoulin, Hist. de Normandie, p. 361.

(347) A. N. K, 24, n» i'. Tardif, Carions des Rais, »•• 515, 553. — Une charte de Galeran et d'Agnès, en J175, récapitule tous ces dons (A. K. K 24, n* 10 <; L 143a, orig. — Tardif, n* 591).

Le souverain, de son côté, ne pouvait intervenir entre le comte et les hommes du fief que si leur seigneur leur ayant forfait, se refusait à les laisser porter leur appel devant la justice royale (348).

Le comte de Meulan fut un des témoins de la paix jurée en 1160 entre Louis VII et Henri II d'Angleterre, fils de Maud et de Geofroi d'Anjou (349). Ce traité, qui rendait le Vexin aux Anglais, comme dot de Marguerite de France, fiancée à Henri, fils de Henri Plantagenet, fut heureusement rompu. Galeran prit ouvertement le parti de la France; et, en 1161, Henri II lui enlevait ses châteaux de Normandie pour les confier à des gardes plus sûres.

Une notice versifiée sur les bienfaiteurs de l'abbaye de Préaux résume ainsi l'œuvre de Galeran II et les derniers temps de sa vie (350) :

Galleran fils Robert après Remit ce qui par avarice Estoit aliéné par exprès.

En tenant tr^ bonne justice, En terre et eau il mit police, Et moult bien son fait ordena.

Apres quil eust fondé Saint-GilU Il prit habit de religion ; Ce fut chose pour luy utile.

A Preauz il fit profession.

Vingt jours après, sans délation, Si rendit-il à Dieu son ame Dieu la veille garder de blasroe.

Galeran mourut à l'abbaye de Préaux, non le 6 avril 11 65 comme le veut le P. Anselme, mais le 9 avril 1166 comme le marque avec exactitude la Chronique du Mont-St-Michel. Il était âgé de 61 ans (3;i).

Il avait fait commencer le pont de Meulan lorsqu'il mourut (3^3).

Galeran laissa d'Agnès, qu'il épousa en 1 141, un grand nombre d'enfants (}^})-

(>48) Histor. de FraMce, XVI, 15.

(349) Histor. de France^ XII, 736.

'j$o) Lcvricr, IV, 27. Dans cette transcription il s'est glissé un vers faux qu'il éuit aisé de rectifier :

Il rendit k Dieu son âme.

())X) Voir son éloge funèbre en vers dans D. Martcne, AmpU eolUciio, I; 875.

(55a) Le P. Anselme, II, 405.

(553) Robert II; Attuiuri /, seigneur de Gournay ; Roger, vicomte d*Evreax ; GaUran, seigneur de Montfort-sur-Risle ; Etienne ; Hugues, seigneur de Bretonne ; Isaheau, femme de Maarice II de Crson ; î^êrie, femme de Hugues Talbot ; *^imicie, femme de Henri de Ferrièrcs. — Telle est U oomendatare da P. Anselme. La charte tcsumc!itaire de Galeran II et d'Agnès pour Gournay en Z165 donne une liste différente, comme ordre et comme noms, des fils alors vivants. Elle se termine ainsi :

• Acu sunt hec apud Bellomontem (Beaumont-le-Roger) in paJatio nostro, assbtentibos et concedMitibas filiis nostris Koberto, Gaixraxxo, Axauiico, Rooemo, Rodulpo, Stifrano ; anno Inc. VerW U* O LX* V»

Hubert Ily Taîné, lui succéda, étant âgé de 2^ ans (3^4) ; il était, dès 1137, associé aux actes de son père (33^). Il fit avec les moines, au sujet de la foire de Meulan qui leur avait été concédée par Louis VII à la prière de Galeran II, un accord par lequel tous les produits en devaient être partagés, y compris les amendes de ; sols. Toutefois, ajoute Robert « si major emenda fuerit, mea erit tota propter dominium et custodiam feriae :^. C'est bien la part du lion qu'il réclamait (356). •

Il se montra, plus coulant envers St-Wandrille et le fit décharger des droits qu*exigeaient, pour le passage de son bac sur la Seine devant Mantes, Gasce de Poissy et Gui de la Roche (357).

En 1 173, Robert prit fait et cause pour Henri, fils du roi d'Angleterre, révolté contre son père Henri II (358).

Dès 1 183, Robert avait associé au Comté Galeran Illy son fils aîné, en lui donnant en propre le château de Meulan. A cette occasion, il obtint de Philippe Auguste la confirmation à l'abbaye de Coulombs du prieuré de St-Cosme (3^9).

coram his testibus : Guillelmo de Gaulanda, Robeato et Drogone fratribus e)us. Hucoke victcmniU de UedùmU, Galtero de Longessa. Wilklmo de VaUibut. Robeito de Formovilla. Roberto filio Willelmt. Thoma BoceUo. Pagano ejus famuio. Gaidoae et Morino •• (Orig. A. N. K 24, n* ic^).

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