II. 69s
Il est présunuble que cette association de Galeran III eut lieu dès X182. Cela semble résulter de la durte suivante : « Noverint universi quod ego Rotbirtus comes MeUemti fiavore Dni Gualeraxni filii mei, concessi monialibus Alte Bruerie ut recipiant in navibus trtnseuntîbus ad pontem Mellenti X libras quas habuerunt de elemosîne patris mei in prstorio Mellenti et LX solidos qaos dedi prcdictis monialibus in die anniversarii
Le jeune Galeran épousa à Mocte«er, ca 1189, M^gmrriàt, fiUe de Raoul de Fougères. Robert, par le contimt qm now a été oossenré *3(o), £nsaît à son fils une donation génénle de ses Inens, en se léserraat sevleaent la faoBàké de doter ses autres enfiaints. 11 se disposait k partir pour la Croisade, desscia qu'A effectua en se rendant à Jérusalem fjvi)- Avant son départ, S établit à Mculan une commune sur le modèle de cdle que Philippe-Auguste renaît de constitaer à Poniiise (361).
Robert suivit Farmée du roi d'An^Jeterrc, qui prit la mer en juillet 1 190. Galeran in accompagna ou rqoignst son père en Palestine. 11 s'y distingua par sa bravoure, mais elle lui co6ta la vie ; il succomba dans un combat singulier contre un chef sarrazio, épisode qu'un trotivère célèbre a chanté dans !e roman de Fmdqurs dt Crète (36a .
On sait quelles furent les luttes entre Philippe-Auguste et Henri II. Philippe, s*étant emparé de Vendôme en 1193, y fit prisonniers 69 chevaliers qui suivaient les enseignes du comte de Meulan. Robert avait quitté sa patrie c cette riche et puissante contrée qui produit un vin digne de la table des Immortels >, pour suivre celui des deux rois ennemis dont il tenait les plus importants hon> neurs. C'était d'ailleurs la règle admise par le droit des gens au moyen âge ; elle laissait subsister toutes les conséquences de la guerre au détriment du malheareux vassal forcé de se prononcer, mais elle excluait tout reproche de félonie (363).
matris mec, ut iude pisccs hâbeant. Simillur volo et omcKiào qood accipiant dimûliiiin ulis modium in priniis navibus truueuatibus post Natale Domini,., Tctcibu* Pr.nu clcrko jiiM comitu Mdkmii^ fiogone de Macheru. Anno 1182. » (Rec|id1 de Vyon dHéronTal. Coll. Lévrier, m, 57).
(360) Le texte de ce contrat est dans la collection Ivevrier (IV, 239, d*aprèt le caitnlaire du Bec).
(361) Hist, IHanoèuri, IV, 317).
(56s) Le texte d*Adenès-li-Rois a été édité par Lévrier en 1780 dans le /mtim/ meydopèiiqne (Vil. 532 ; ûrfi. du Vtxin, III, «o).
(363) Guillaume-le-Breton plaint Robert, tout en reconnaissant la correction de son attitude. Il dit au sujet de la prise de Vendôme:
In quo Rez équités captos in vincula trnsit
Sexagintm duos, arcem murosque tuentes,
RoBEKTX comitis Mdienti signa secutos,
Qpi tune Richard! comitis miser arma juvabat,
Tam dulds patriae desertor, tamque potentis,
Qpc générât Baccbum superis dare pocula dignum.
Justa tamen ducel>at enm pro tempore causa,
Cum foret Anglorum feodali jure legalis
Regibtts, atque viros illis deberet et arma
A quibtts et villas et plorima castra tcnebat.
(Guillatime-le-Breton, ap. Hiit, àê Fr., XVII, 147)-
Le roi de France ne pouvait en vouloir au comte de Meulan de sa conduite. Plus tard Richard Cœur-de-Lion le crut si peu sûr, qu'il séquestra toutes ses possessions anglaises. Le traité de 1193 en assura la restitution à Robert, et Philippe attachait une telle importance à cette clause, qu'il déclara ne vouloir remplir aucune des conditions de la paix tant que le roi d'Angleterre ne se serait pas acquitté envers le comte de Meulan (364).
En 1196, on retrouve Robert II à la cour de Philippe, obtenant de lui laco^ifirmation d'un don fait sans doute en accomplissement d'un vœu, dans une des péripéties des dernières campagnes.
Robert avait une dévotion particulière à saint Eustache dont, aux XII« et XIII* siècles, de nombreux membres de la famille des vicomtes et des sénéchaux de Meulan portèrent le nom. Il donna à la chapelle du glorieux martyr, dans la basilique de St-Denis, une rente d'un marc d'argent au jour de sa fête, pour qu'une lampe brûlât perpétuellement devant son autel [)6^).
La mort de Richard Cœur-de-Lion amena chez Robert une évolution politique qui lui fut fatale. Il était extrêmement attaché à Jean-Sans-Terre, que cette mort appelait brusquement au trône. A peine proclamé, Jean réunit à la Roched'Andely, le 18 août 1198, les principaux barons de Normandie et d'autres de ses alliés, tels que les comtes de Bar, de Flandre et de Boulogne, et leur fit jurer une alliance offensive contre la France. Robert fut l'un des quinze comtes engagés dans la conjuration (366).
Philippe-Auguste ne lui pardonna pas ce qu'il devait regarder comme une trahison. La paix du a) mai laoo, après laquelle il accepta la caution de Robert pour la reddition d'Évreux (367), n'était en réalité qu'une trêve.
Après l'assassinat d'Arthur et la déchéance féodale de Jean prononcée par l'assemblée des barons français, la guerre recommença; Robert suivit en Angleterre le roi son ami, et Philippe n'hésita pas à s'emparer en 1203 de toutes les places laissées par le comte de Meulan à la garde de son fils Pierre ; celui-d d'ailleurs se déclara pour la France et rendit à Philippe Beaumont-le-Roger (368).
(364) Hist. de France, XVII» 560. — Robert fut compris dans la trêve du 2$ juillet 1194 (Id., 571). (j6s) A. N. K â6, n» 19. Tardif, Cartons des Rois, n* 709.
(566) Histor, de France, XVIII, 540. — L'attitude de Robert éuit devenue douteuse dès 1196, car ^ cette date on le trouve compris dans la fédération entre Richard I* d'Angleterre et Baudoin VI de Flandre (Id.,