PARIS
AKNAULD DE VRESSE, ÉDITEUR
53 RUE UE IUVOLI, 55
— Oli ! ma chère amie, tu aurais fait fortune avec ces jambes-là au temps où la reine Berthe filait.
— Dites donc, baigneur, vous n’avez pas ici un mur de la vie privée, dernèrejequel je puisse me déshabiller?
— Sont-ils bêtes ! suivre c’te femme-là ; s’ils lu connaissaient comme moi...
— Faut il quelle soit bête la lame : enlever des femmes comme ça!
— Ce monsieur qui nous regarde!
— C’est ennuyeux : la figure est ce que j'ai de moins bien.
— Quelle horreur ! encore un chroniqueur dans nia voiture de bain!
— Vous dinez à la maison; ma femme sera bien aise de vous voir. Surtout, pas do cérémonie! venez comme vous êtes.
— Vous n’avez pas le droit de me regarder : ce sont mes jambes de la vie privée.
— Que c’est donc bête, me tenir la figure en plein soleil!
— Pour te brunir, afin do faire croire que nous revenons des bains do mer.
— Très-content! j’ai laissé mes rhumatismes là-bas.
— Pourvu qu’on ne découvre pas l’adresse de monsieur
— • Oh! m’sieu, voyez-vous, nous sommes bien à plaindre dans ce moment-ci : tout le monde est à la campagne.
L’ennui d’être éclairée par le soleil depuis qu’il a des taches.
Le Soleil atteint d’une maladie cutanée : les corps savant se cotisent pour lui payer des bains de Baréges.
Les taches continuant à se multiplier sur le Soleil, la terre finit par être éclairée par un nègre.
M. Clodoche commence à comprendre qu'en portant cet uniforme on a le droit de lever la tète et jamais la jambe.
Tous les Parisiens mettant le feu chez eux dans l’espoir d’attirer le brave caporal Thibaut, le lion du jour.
— Imbécile de Mathurin ! ce pauvre enfant qui venait vous faire voir sa couronne et ses prix.
— Madame, je peux pas voir de la verdure sans l’arroser.
— Papa, pourquoi que tu l’as tué ?
— Parce qu’il n'a pas bien travaillé; je lui ai vu les oreilles d’âne.
— Oh ! papa, ne viens plus me voir à ma pension.
— M’sieu, ne me confisquez pas ce livre.
— Taisez-vous, petit imbécile, c’est pour vous le rendre comme prix !