‹ Catacombes de RomeChapitre 1 sur 279 · M DCCC LY · texte numérisé non relu

M DCCC LY

Nous ne saurions mieux exposer le but de nos études qu'en empruntant les paroles

» d'examiner le projet de décret qu'adopta

du rapporteur ! de la Commission chargé l'Assemblée «D

retrouvées, ou, pour mieux dire, explorées avec une ardeur inconnue jusque là. On sait

ative dans sa séance du 2 juillet 1851.

vers la dernière moi du XVE siècle, les Catacombes romaines avaient élé

e. Le monde

‘archéol

quels merveilleux trésors en furent extraits et pour la foi et pour

chrétien recucillit avec vénération ces pieux débris, devenus depuis l'ornement et la gloire

des basiliques de la métropole catholique; le monde savant entreprit avec certitude une

étude nouvelle du Christianisme à sa naissance comme, deux siècles plus tard, il devait

retrouver sous la cendre de Pompeï le paganisme à son déclin. Cette première époque de ferveur scientifique produisit des ouvrages d'une forte et solide érudition, fondés sur des milliers d'inscriptions, de monuments, de peintures représentant les usages, les mœurs,

les costumes et les symboles des premiers Chrétiens. L'infatigable Bosio consacra trente

années de sa vie à l'œuvre qui porte son nom, et cette œuvre, publiée seulement après sa mort, fut dignement continuée par des savants, tels que Aringhi, Buonarruoti, Boldetti, Bottari

« Si donc il s'agissait aujourd'hui de nous faire pénétrer plus avant dans les Catacombes, seulement pour fournir un aliment nouveau aux controverses dogmatiques ou religieuses,

quelques jalons de plus à l'archéologie chrétienne, l'entreprise serait louable assurément

UM. Vitet, membre de l'Institut. Étaient membres de | des érudits les plus distingués de Rome, le R. P. Marchi la commission : MM. Chapot, de Corcelles, Dompierre- | Nous devons dire que l'œuvre de cet illustre savant d'Hornoy, Estancelin, Lequien, de Malleville (Léon), | n'a pas la moindre ie avec celle que prépare

de Montalembert, de Mortemart, d'Olivier, de Riancey, | M. Perret; l’une est re d'érudition, l’autre est

Rioust-de

Largentaye, Roussel, Souillié, Vitet une œuvre d'art. Dans l'une le texte est tout, et les planches, d’un format exigu, sont purement accessoires ; Séroux d’Agincourt et M. Raoul- | dans l'autre les planches le texte nest

Rochette ont écrit sur les Catacombes. Enfin, il faut | qu’une description somm

Dans notre siècl it tout,

ital que publie en ce moment un Extrait de la note du rapport

citer l'ouvrage ca

t digne de nos sympathies, m is elle manquerait de nouveaule. Ce serait un appendice, et digne de nos & € , mé

nt à des travaux déjà presque complets ; M. Perret? Non; son œuvre n'est pas la Elle est conçue à un autre point de vue; elle a son

ce ne serait pas une découverte.

un compléme décor continuation pure el

«Est-ce là ce qu'a fait

ses devanciers.

simple de l'œuvre de le dernier dans la mine,

Re j cachet original. Quoique descendu M. Perret a trouvé un filon que le dogme et la science l'art pris dans sa plus haute acception l'art

encore vierge. Il s'est aperçu ne régnaient pas seuls dans

ces immenses nécropoles, et que l'art,

une place que personne n'avait encore signalée.

inspiré, l'art créateur y occupait exécutées pour l'ouvrage de

d'après des dessins d'une exactitude plus que suspecte.

« En effet, les planches Bosio, planches dont Bottari s'e

son tour, sont gravées

servi à »s dans cet esprit de convention el d

à peu près qui était la maladie

Elles sont toutes traité

des maîtres de cette époque, à plus forte raison des manœuvres. Ce sont, à vrai dire,

pour faciliter l'intelligence du texte,

des indications ce ne sont pas des traductions

cherchant à exprimer et à faire sentir les formes des objets représentés.

«Le hasard a voulu que, depuis Bottari, les érudits qui sont de nouveau descendus

art, ces

dans les Catacombes n'aient jamais comparé, du moins au point de vue de 1

estampes aux originaux, et ne nous en aient point fait connaitre l'insuffisance el

l'inexactitude. Quant aux artistes et aux amateurs, convaincus que dans ces souterrains

nt guère à pénétrer assez avant

les savants seuls ont quelque chose à voir, ils ne s'amus

pour exercer un utile contrôle.

«M. Perret, cela va sans dire, ne s’en est pas tenu à cette visite obligée : il n’a été arrêlé

ni par les éboulements si fréquents dans ces couches de pouzzolane, ni par les diflicultés de toute sorte qui rendent ce voyage incommode et même dangereux, pour peu qu'il se prolonge. Après en avoir visité en tous sens les Cimetières les plus accessibles, il a voulu pénétrer dans ceux qu'on ne visite jamais. Tous ces Cimetières, en général, sont aussi vastes et percés d'autant de rues que des quartiers entiers de la plus grande ville. C'est déjà presque un mérite de les avoir sc ulement parcourus; mais c’en est un plus grand d'y avoir porté cet esprit de judicieuse critique et ce discernement d'artiste, qui, à la vue des monuments contenus dans ces mystérieux dépôts, ne pouvait manquer de recon naître combien sont infidèles les images qu'on nous en avait données jusqu'ici.

«M. Perret n’eût-il fait autre chose que de restituer à ces peintures leur véritable caractère, de les représenter telles qu'elles sont, et d'établir ainsi par la meilleure des preuves, en dépit des plus doctes écrits, qu'il ne faut pas y chercher seulement de grossières ébauches, dépourvues de tout mérite d'exécution, de toute expression individuelle de toute imitation étudiée; n’eût-il fait que cela, ce serait déjà pour l'histoire de l'art et pour l’art lui-même un grand service, un important secours; mais ce travail de restitution n'est que la moindre partie de l'œuvre qui vous est soumise : sur cent-quarante-neul fresques reproduites par l'auteur, trente-cinq seulement sont dessinées à nouveau quoique déjà publiées, cent-quatorze sont entièrement inédites. Les chambres sépulcrales où elles se lrouvent n'ont été elles-mêmes déblayées que depuis plusieurs années.

€ Si dans les peintures anciennement connues il sen trouve çà et là de très-belles confondues parmi lant d'autres d'une incontestable médiocrité, on peut dire que la

proportion contraire semble établie quant aux peintures nouvellement retrouvées. Elles

sont pour la plupart de l'époque la plus ancienne, c'est-à-dire du III et même du I: siècle; et on comprend que plus on remonte vers le-temps d'Auguste, plus on a

chance de trouver l'art florissant. Ce n’est pas que, même au If siècle, cet art gréco-

romain, abandonné à la routine mythologique, ne fût déjà dépourvu de jeunesse et de vie; mais au contact de la pensée chrétienne, il se transfigurait, et, tout en conservant ses traditions, ses procédés, il devenait un art nouveau, un art jeune et vivant.

« Vous le voyez, Messieurs, la partie de l'ouvrage de M. Perret qui concerne la peinture dans les Catacombes, a ce double intérêt et ce double but de rétablir d’abord celles des fresques déjà connues qui avaient été le plus mal interprétées et qui méritaient de l'être mieux; en second lieu de mettre au jour pour la première fois les principales peintures récemment retrouvées, celles-là surtout qui se distinguent par la grandeur du style et par

la beauté des sujets.

«Pour ce qui regarde l'architecture, M. Perret s’est également attaché de préférence aux nouvelles salles ignorées de Bosio et de ses successeurs. Sur soixante-treize feuilles de dessins consacrés à l'architecture, quarante-cinq, à notre connaissance, ne contiennent que des études absolument inédites, vingt-huit seulement sont des restitutions.

« Gette partie de l'ouvrage, quoique moins attrayante, n’est ni moins neuve, ni moins intéressante en son genre que celle qui concerne la peinture. On y rencontre des chapiteaux, des bases, des colonnes et autres détails architectoniques qui ne peuvent manquer de causer quelque émoi chez les archéologues.

te exactitude de ces dessins d'architecture résulte des innombrables cotes

prises par M. Perret lui-même. En sa qualité d'architecte, il devait apporter un soin tout

particulier à cette partie de son travail, et les pièces justificatives sur lesquelles il s'appuie sont hors de contestation. Nous en pourrons dire aulant des dessins qui représentent les peintures. Là aussi l'exactitude ne peut être mise en doute; toutes ces fresques ont été calquées soit par M. Perret lui-même, soit sous sa direction et sous sa surveillance. Les calques, quand les dimensions l'exigeaient, ont été réduits sur place et devant les originaux par des hommes d'un talent aussi sûr que consciencieux. Nous nous plaisons à en citer un, M. Savinien-Petit, parce que son nom nous semble une garantie. Ajoutons que dans cetle assemblée même et au sein de votre commission, M. Perret pourrait

invoquer un témoin de sa fidélité. Un de nos collègues! a été assez heureux pour comparer dans les Catacombes mêmes un grand nombre de ces dessins à peine achevés

avec les fresques qu'ils représentent. »

Montrer les Catacombes dans toute leur vérité et avec toutes leurs richesses, tel est donc le but que nous nous sommes propos Grâce à l'auguste protection, et, nous osons le dire, aux bienveillants encouragements

du Souverain Pontife Pie IX, aidé des conseils et des lumières de quelques savants, et de

l'appui de nos illustres généraux ?, nous avons pu mener à fin une œuvre que l'amour des

sciences et des arts nous avait fait entreprendre; heureux si nous avons bien rempli notre

tâche, plus heureux encore d'offrir à notre patrie une publication que nous croyons neuve et utile,

Notre ouvrage, comme on le verra, est divisé en trois parties

1°. Achitecture et Peinture;

%, Objets divers trouvés dans les Gatacombes ;

‘ M. de Corcelles, ambassadeur à Rome.

et M. le génér

1éral Oudinot de Reg, Rostc

in, commandants des troupes francaises à Rome

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