PEINTURE DÉCOUVERTE AU FOND D'UNE CRYPTE EN
Pranene 1. — Cest là peut-être la plus belle peinture des
Catacombes. C'est une de ces fresques qu'on dirait dessinée par
un élève de Phidias lui-même, mais par un élève chrétien.
Tout est sublime dans l'attitude, dans le geste, dans les traits
groupe de pe
de Jésus-Christ; tout est admirable dans €
sonnages qui se tiennent debout à ses côtés : l’ensemble comme
les détails, les costumes comme les formes; le caractère des poses et des figures, comme l'expression des attitudes et des physionomies. Partout se fait sentir une touche aussi ferme,
aussi large, aussi hardie que simple, naturelle et vraie.
Quel dommage que le temps ait effacé les couleurs de cette peinture; quel regret pour nous de n'avoir pu reproduire quelque chose du coloris qui devait donner tant d'éclat et de vie à ce magnifique dessin! Et ce dessin lui-même que notre crayon a essayé de sauver des dernières injures du temps, nous sommes venu trop tard pour le reproduire, puisque
quelques lignes effacées nous ont empêché de bien discerner
les traits d’un personnage important, et de saisir tout d’abord
le sujet de cette admirable fresque. Un examen plus attentif
aître, et, la figure tr
nous l'a fait ensuite recon
jeune de saint Joseph, nous sommes portés à croire que «
doit être la représentation de Jésus retrouvé dans le temple.
Ce sujet, il faut le dire, était digne de l'artiste chrétien qui
l'avait si bien compris, si bien senti, et qui n'avait pu k
comprendre et le sentir ainsi qu’en l'étudiant dans l'Évangile
à l’âge de douze ans, assis dans
Oui, c'est bien là Jé
le temple au milieu des docteurs, les écoutant et les inter-
rogeant. Quelle sérénité d'intelligence sur ce front si pur;
quelle placidité d'âme dans ce visage si candide et si beau!
quelle décence dans l'assurance de son maintien, et quelle
modestie dans la pose de ses p Sans doute, dans ce
arle, il ex
produisaient parmi ses auditeu
moment, il p plique, il fait une de ces réponses qui
létonnement et l'admira
tion, Comme cette majesté divine, répandue sur toute sa
personne, justifie bien l’auréole qui rayonne autour de sa tête! Comme elle se reflète admirablement dans la beauté si pure et
Quelle
dans la grâce si modeste de sa première adolescence!
expression dans cette main gauche qui montre le pa
la loi, et dans cette main droite qui l'explique avec la parole!
El puis, comme les personnages écoutent! Les deux qui sont
roite ne sont-ils pas le type inimitable des vieux doc-
teurs de la loi, et n’expriment-ils pas ch
n à sa manière cette stupeur d’admiration dont parle l'Évangile, stupebant autem omnes ?,
Dans les deux autres personnages, quel ravissant contraste!