‹ Catacombes de RomeChapitre 53 sur 279 · Matth, XH, 38 à M; XVI, 4. — Lue, XI, 29 et · texte numérisé non relu

Matth, XH, 38 à M; XVI, 4. — Lue, XI, 29 et

circonstance est encore assez souvent relracée par les artistes

à de cette planche. Le pro

chrétiens : c’est celle qui fait le su

phète y est représenté reposant à l'ombre de la eucurbite. Il

y a là, suivant saint Augustin‘, une figure allégorique de ee Jonas s’afllige

qui se passa après la résurrection de Jésus-Clr

isé la ruine

de la conversion de Ninive, dont il avait propli

de même les Juifs convertis s’affligèrent de la conversion des

Gentils, dont ils se croyaient pour toujours séparés comme

Jonas s’afflige de voir desséchée la cucurbite

peuple de Dieu

merveilleuse qui l'avait protégé de son ombrage, et il ne s’attris-

tait point de la perte de cent vingt mille âmes innocentes; dé

même les Juifs convertis s’affligent de la perte des prom

temporelles de l’ancienne loi, figurées par le berceau de ve

dure de la eueurbite, et ils ne s’afiligeaient point de cett

multitude innombrablé de nations qui auraient été exclues

du royaume des cieux

On a beaucoup discuté sur le monstre qui engloutit Jona

i l'abrita contre les ardeurs du s

et sur la planté

Le monstre était-il une espèce de baleine, comme c’est lc

nion vulgaire? Était-ce une lamie comme le pensent quelques

savants? On ne peut le décider, puisque l'Évangile 1 appelle cetus, dénomination de genre et non d'espèce, et la Bible piscis grandis, dénomination plus générale encore Quoi

qu'il en soit, les artistes des Catacombes n'ont voulu repré-

senter ni une bale ii une lamie, mais un monstre exlraordinaire, dont la forme étrange peut être justiliée jusqu'à un certain point par le mot præparavit de la Bible*, qui pour

rait exprimer la création particulière d'un monstre destiné

La plante dont l'ombrage protégea le repos du pro)

bite, comme le dit l’ancienne Vul

risseau , hedera, selon le texte de la no

ou quelque autre art velle Vulgs j

siècles n’ont voulu et n’ont dû représenter autre chose qu’une

Quoi qu'il en soit, les artistes d

premier cucurbite, par respect pour le texte de la Vulgate, tel qu'i était de leur temps

Les antiquaires ont trouvé dans cette cucurbite un moyen

de donner une date certaine au

peintures qui la représentent

couvrant Jonas de son feuillage. einture nt évidemment antérieures à saint Jérôme, qui substitua le mot Hedera à ot cucurbila, dans le texte de s $ t

au mot cucurbita, dans le texte de sa version qui fut, comme

on sait, publiée vers l’année 384

SEPULTURES PAIENNES

P: ne LxvIII. PLAN DE DEUX ARCOSOLIA*, ÉLÉVA- TION DE L’ARCOSOLIUM D SUR LA LIGNE A B,

Les peintures de ces monuments, qui forment le sujet d’un

DE ROME

intéressant problème d'archéologie chrétienne, ont déjà été

s'il fallait s'en tenir

publiées par Bottari?; il est vrai que

aux explications de ce savant archéologue, il n’y aurait pas ici de problème, puisqu'il ne voit dans ces tombeaux et

décorent, que des arcosolia et des

dans les fresques qui les

les chrétiens. Mais ces explications ne sont plus admis-

syr

Sibles aujourd’hui, et pour les réfuter d’une manière péremptoire, il suffit, sans recourir aux deux savantes dissertations

du R. P. Garrucci*, de rappeler, d’une part, qu’à la voûte du premier sépulcre figure une Vénus, que nous ne devions $ reproduire, et que d'ailleurs Bottari n'a pas publiée non

plus, et, d'autre part, de citer l'inscription du second sépulere,

dont Bottari n’a donné que des fragments trop incomplets

en saisir le véritable sens

pour qu'il pi

Voici cette inscription, qui forme un distique

Nous la donnons telle que le R. P. Garrucci l'a rétablie,

et avec les restitutions qu'il a proposées.

On voit que c’est l'épitaphe d’un prêtre du dieu Sabasis ou

ît être

he, qui par he, qui par

Vincentius, morte avant lui, et

Sabasius. Au-dessus on lit une autre celle de Vibia, femme de

ui, dans cette inscription, s'adresse en ces termes à son

époux

stitués F

rucci. Enfin, ce savant a publié et également rétabli une der-

ion, qui est gravée sur un troisième sépulcre

1 rif 15 peinture, voisin des deux premiers et qui, dans notre plan, se trouve à côté de la sépulture D, où la Vénus est représentée. C’est l’épitaphe d'un prêtre de Mithra. Nous ne à citerons pas. Qu'il nous suffise de dire qu'on y trouve,

Vik bia,

s d’un trait de cette morale

relächée dont les p iiguaient pas de faire

graver l'expression, mêm

De tout cela il résulte que des familles païennes avaient leur caveau sépulcral presque au niveau des Catacombes chrétiennes. Ce fait, qui nous semble incontestable, donne lieu à la question suivante: si ce caveau païen ne fait pas partie des (

présumer qu'il en faisait partie?

mbes, comment est-il situé de manière à laisser

Avant de répondre à cette question, il est à propos de signaler

deux erreurs fort répandues, qui consistent à reconnaître dans

l'arcosolium une forme sépulcrale exclusivement chrétienne, à regarder l'inhumation proprement dite comme n'ayant « pratiquée que par les chrétiens. Or, d’une part, M. de Saulcy

a publié, dans les planches de son Voyage aux terres bit

ques!, plusieurs tombeaux incontestablement païens et pré-

sentant toutes les formes de l’arcosolium chrétien, et il a bien

voulu nous aflirmer lui-même que cette forme sépulcrale est

celle d’un très-grand nombre de tombeaux qu’il a vus dans son

voyage; et, d'autre part, sans parler des sépultures si connues

des

n'ait été de tout temps une coutume religieuse parmi les

yptiens, on ne saurait méconnaître que l’inhumation

Hébreux, et que, de la synagogue, elle wait

l'Église. On voyait à Rome, près de la porte Portuen

sur le monticule Rosalo, une catacombe juive, qui fut décou-

verte par Bosio, et dont l'origine remonte probablement au

temps de Jules César, époque où les Juifs aflluërent dans la

capitale du monde; et il paraît même qu'au mm siècle 1

mation fut aussi adoptée par les païens. Il n'y a done pas lieu

de s'étonner que des familles pratiquant un culte or

comme lui de Sabasius ou de Mithr aient eu à Rome,

ainsi que les sépulcrales

Pour en revenir à la question que nous nous sommes

posée, à la première vue, la galerie païenne dont il s’agit

nous sembla, nous devons l'avouer, faire partie

combes; mais ensuite examen plus attentif des lieux

qu'ils étaient en 1848, époque de notre séjour à Rome, nc

fit remarquer un double indice qui pouvait faire présumer

qu'elle en était indépendante : ©

sa double proximité et de la voie Appienne, où elle devait avoir son entrée pa ticulière, et d’une autre sépulture païenne, d’un columbarium qui forme aujourd’hui l’une des entrées du cimetière de Saint Prétextat, et qui, depuis l'ouverture qu'on y a pratiqt semblerait également faire partie de ce cimetière; de telle sorte

que si l’on admet que ce columbarium est xendant des

Catacombes, on doit, par la même raison, en dire autant de

la galerie dont il s’agit

Mais comment expliquer la présence de cette galerie au milieu des Catacombes chrétiennes? Cela n’est possible, évidemment, que par l'une ou l’autre de ces deux circonstance

ou par une usurpation païenne du terrain des Catacomhe

ou par la rencontre fortuite d’une sépulture païennc

pic des anciens fossoyeurs.

Les nouvelles fouilles qu’on a pratiquées depuis quatre ans

ont amené des découvertes qui rendent plus probable la der-

DE ROME

nière de ces ci

istances. On a trouvé un peu au dessous, mais à peu de distance de la sépulture D, des inscriptions

qui ne portent aucun indice de paganisme; on y a même

trouvé, ainsi que l'écrit M. de Rossi au R. P. Garrucci*, des

vases g: ce qui ferait supposer que les anciens fossoyeurs

ayant rencontré, dans leur

excavations, cette sépulture

païenne, s'en seraient prudemment détournés et auraient pra

erie de

1ce, une

tiqué un peu au-dessous, à quelque dista

communication avec la partie du cimetière voisin de cette sépulture, Le R. P. Garrucci croit avoir en outre trouvé des

indices qui feraient supposer que les fossoyeurs s'étaient

empressés d’intercepter cette galerie : nous voulons dire des

ôtés de la galerie, et d

lesquels

il nt fixé des pour opérer celte condamnation.

Mais ce ne sont là peut-être que les indices de la condamna

I i, et dont nous avons déjà parlé. Il

nous paraît plus probable que cette galerie païenne, respecté

par les anciens fossoyeurs tant que subsistèrent les familles

ruxquelles elle appartenait, a été plus tard découverte par les fossoyeurs modernes, dans l'état où nous la voyons rujourd'hui

Quoi qu'il en soit, toutes ces suppositions sont admissibles, et elles n’ont rien qui répugne à la raison; tandis qu'il est impossible d'admettre que, par un mépris formel d’un usage qui n'a jamais cessé d’être considéré comme un devoir sacré dans l'Église, les premiers chrétiens de Rome ent fait un mélange sacrilége de leurs sépultures avec les épultures païennes

Nous n'avons

roduit que deux des sujets de la sépul-

ture D, qui sont complets, c’est-à-dire au

nombre de quatre, dans l'ouvrage du R. P. Garrucci. Nous emprunterons à ce

avant ouvrage k ications que nous allons donner

de ces peintures qui forment un hors-d'œuvre dans le nôtre l 1

La planche 1xvin, plan des deux sépultures, donne

l'élévation de l'arc ium D. Dans le fond, sont deux génies

vus la forme d'enfants, qui portent une palme à la main

Sur la face extérieure et de chaque côté, se présentent deux

uerriers armés, dont l’un tient un vase de la main droite.

e à cette occasion l'usage où l’on

Le R. P. Garrucci rap

était de donner un caractère militaire aux initiations mithria ques, dont cette fresque représente, suivant lui, une scène remarquable

On voit à gauche une partie du troisième sépulcre, mentionné plus haut,

xx. UNE FEMME COURONNÉE. — Cette figure,

PLANCHE

couronnée de laurier nique sans manches,

fait partie de la représentation précédente, à droite de l'arco-

solium D

PLaxcne Lxx. LE BANQUET MYSTIQUE. ENSEMBLE DE L’ARCOSOLIUM C.

Cet ensemble se compose de quatre

h CATACOMB

l'une la mort de Vibia, femme de

scènes qui représentent :

Vincentius; l’autre son jugement, la troisième son introduction

au banquet mystique, la quatrième le repas funèbre célébré

en son honneur.

REPTIO VIBIES,

je Vibia est représentée enlevée par Pluton

, Le dieu est deb

pour rappeler que sa mort fut prématurc

, et il tient entre ses

sur son quadrige, conduit par Mereur

bras la femme de Vincentius, emportée comme lui par la rapilu

dité de ses coursiers. Aux pieds de Mercure s'ouvre l'urne « fleuve Achéron par lequel Vibia va descendre aux Enfers;

c'est ce qu'indique le mot DESCENSI0, que d'autres lisent

510. (Voyez la pl. 1xxir.) % Le jugement de Vibia a lieu au tribunal de Pluton, DISPATER. Ce dieu est assis sur un trône avec sa femmc

, nom jusqu'ici inconnu, mais dans

Proserpine,

lequel un savant a vu la transcription latine des mots grecs

Ken, qui conviennent très-bien à cette esse. A la droite du trône, on voit trois Parques, FATA à la gauche, VIBIA, précédée de Mercure, À ;rèt accompagnée d’Alceste, AKCESTIS, épouse d'Admète, roi de

Thessalie, et l'héroïne de l'amour conjugal. (Voyez la pl. xxut

3 L'introduction de Vibia au banquet mystique, IHDV

est faite par un jeune homme couronné de fleurs et

Son nom,

tenant à la main une autre cou

, le bon messager, est peut-être moins un emprunt fait

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