‹ Cataracte et DacryocystiteChapitre 22 sur 32 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De l’extirpation du sac lacrymal.

M. le professeur E. Rollet, professeur de clinique ophtalmologique de la Faculté de Lyon, qui est le premier en France à avoir préconisé ce mode d'intervention, dit en substance : « Traiter une dacryocystite par l’extirpation du sac lacrymal, c'est presque toujours obtenir une guérison rapide et définitive. »

Cependant, si cette intervention donne de si merveilleux résultats, il convient toutefois de bien faire ressortir toute l'importance de la technique opératoire, sauf quoi on serait exposé à voir revenir des malades récemment opérés avec des récidives aussi fréquentes que celles que donnent les divers autres procédés thérapeutiques.

C'est pour cette raison que je me crois dans l'obligation d'en établir iei même le manuel opératoire.

Il faut endormir le malade à l'éther ou au chloroforme, le sac sera minutieusement disséqué, puis totalement extüirpé. C’est donc une opération souvent un peu laborieuse et nécessitant une anesthésie complète.

L'opération comprendra cinq temps :

Premier temps. — Incision de la peau. — Le malade dort, et on fait l’antisepsie de la région; on incise la peau avec la pointe d’un petit bistouri. La longueur de l'incision a 12 millimètres environ, Cette incision est oblique de haut

en bas et de dedans en dehors, ou mieux légèrement courbe en bas, contournant le sillon cutané orbito-palpébral; elle répond profondément au bord tranchant externe de l’apophyse montante du maxillaire supérieur. En haut, elle part du tendon direct de l’orbiculaire, un peu en dedans de la réunion des extrémités internes de chacun des tarses. Il est inutble de se servir de sonde conductrice.

Deurième temps. — Recherche du sac et hémostäse. — Le bistouri n’est désormais d'aucune utilité. On fait écarter les lèvres de l’incision à l’aide d'écarteurs à griffes. Puis on libère le tissu celluleux prélacrymal et on reconnaît deux points de repère : 1° en haut, le tendon direct et nacré de l’orbiculaire, qu'il est préférable de ne pas sectionner parce qu'il indique,où se trouve le sac; 2° en bas, la crête osseuse antérieure du canal nasal. Le sac est alors aperçu et reconnaissable par sa couleur grisâtre entre ces deux points de repère. C’est à ce moment qu'il y a hémorragie, soit en nappe et que la compression finira par arrêter, soit en jet et qui est due à la section de vaisseau qu'il faudra saisir entre les mors d’une fine pince hémostatique.

Troisième temps. — Décortication du sac à la rugine et extirpation. — On saisit le sac à l’aide d’une pince à mors, et à l’aide d’une petite rugine on commence par le libérer d'abord en dedans, en mettant l'os à nu, puis en haut, en passant la rugine sous le tendon de l’orbiculaire. On arrive ainsi à faire basculer le sac. Même manœuvre en dehors et en arrière. Une fois le sac bien isolé, on coupera ses attaches en dehors et en bas avec la rugine ou des ciseaux, la section est faite au ras du canal nasal et des conduits lacrymaux.

Page 1