‹ Cataractes traumatiques de guerreChapitre 52 sur 54 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Le Sous le nom de cataractes traumatiques de guerre, nous ‘rassemblerons tous les cas de traumatismes oculaires, où l'opacification du cristallin est le symptôme le plus important révélé par l’examen ophtalmoscopique et reconnait comme

Cause un traumatisme produit par un engin de guerre.

2° Les cataractes traumatiques, de guerre se divisent en trois catégories :

Les cataractes par plaies pénétrantes ;

Les cataractes par contusion ;

Les cataractes par commotion. |

3° La fréquence de semblables lésions, par rapport à l’ensemble des blessures oculaires, peut être évaluée entre 5 et 10 p. 100. Elles sont produites principalement par l’éclatement d’obus, de grenades, de détonateurs. Les éclats qu'on retrouve dans le globe sont toujours très petits.

4° Dans les cataractes par plaies pénétrantes, la marche ra-

pide de la câtaracte, la fréquence de la résorption, plaident en

faveur, É plus souvent, d’une large brèche. Celle-ci dépend de la manière dont la capsule a été abordée par l'éclat. Si la

cristalloïde a été sectionnée, la brèche est étroite, se referme

rapidement et donne presque toujours naissance à des cataractes localisées ou à évolution assez lente. Si, au contraire, l'éclat a lésé la capsule, après l'avoir repoussée devant lui, la . brèche est large, la cataracte est rapidement complète et la résorption se fera d'autant plus vite que le sujet est jeune.

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Dans les cataractes par contusion le mécanisme est différent

suivant le point où s’ést produit le traumatisme.

Quand le choc agit sur la portion centrale ou paracentrale de | la lentille, il en résulte un écrasement des fibres avec un léger refoulement de celles-ci, amenant par éclatement une .

déchirure de la capsule, plus ou moins complète, plus ou moins étendue. |

Quand le choc au contraire agit à la périphérie de 1 lentille, il en résulte une rétropulsion du cristallin avec déchirure

de la zonule et refoulement du vitré. La capsule est arrachée

par suite du tiraillement occasionné sur elle par la zonule y

avant de se rompre. | HA

Dans l’un et l’autre cas. la ruche capsulaire. est souvent

étroite, comme le prouvent la marche lente de l'opacification,

la fréquence assez grande dés cataractes localisées, enfin,

rareté de la résorption. #

Dans les cataractes par commotion, il est possible de re-

trouver le mécanisme d’arrachement, dont il vient d’être

parlé. Il faut aussi admettre un tout autre mode d’action du

traumatisme, amenant des opacités RÉ pRARee par lésions atrophiques du cristallin. : )

5° L'étude clinique présente pour chaque variété, sous un

ensemble assez peu différent, des caractères secondaires pars ticuliers, que l’on peut résumer ainsi :

La cataracte par plaie pénétrante a un début plus dramatique

que les deux autres variétés de cataractes ; en quelques heures,

apparaissent des signes inflammatoires marqués, persistant R

fort longtemps. La Harthe de la cataracte est rapide et les lésions concomitantes sont dues àla pénétration de l’éclat dans le

globe : cicatrice cornéenne ou sclérale, déchirure de l'iris etc...

La cataracte par contusion apparaît lentement, elle s’accom-

| pagne les premiers jours des signes communs aux contusions

du globe: douleur légère, photophobie, larmoiement. Par la suite persiste simplement, pendant deux ou trois semaines,une

légère réaction -ciliaire. Par contre, coexistence fréquente

d’autres lésions, déterminées par le traumatisme lui-même : iridodyalise, bétons ia du vitré ou de Ja rétine, déchirures choroïdiennes, :

ie REC FL pin at La cataracte par commotion a ‘une symptomatologie à peu î près semblable : cependant son début est beaucoup plus insi- dieux, pouvant même passer complètement inaperçu, le pre- mier. symptôme noté étant ic la baisse de l’acuité visuelle. | 6° Les complications se divisent en deux classes:

! Les complications inflammatoires ; Les complications mécaniques. | Dans les cataractes par plaies pénétrantes, les complications in. flammatoires de beaucoup les plus importantes sont : l’iridoou. et la réaction sympathique. Cette dernière oblige à | l’énucléation de l'œil traumatisé. L’ophtalmie sympathique nettement déclarée a été rarement observée pendant cette guerre.

sont : les hémorragies du vitré, de la rétine ou de la région ‘À maculaire, les déchirures choroïdiennes.

Le glaucome tient une place spéciale reconnaissant aussi Dion une. origine inflammatoire que re Il évolue sous a la forme aiguë ou subaiguë. à

La phtisie du globe, se produit de façon précoce ou à la

suite de poussées successives d'irido- cyclite.

Dans les cataractes par contusion ou commotion, il n’y a : presque jamais de complications inflammatoires. Le complications mécaniques sont, par contre, plus fréquentes que dans les cataractes avec plaies. Le glaucome y est rare.

7° Le pronostic est plus sévère chez les blessés de guerre

que chez les accidentés du travail. IL est particulièrement à réserver dans les cataractes avec plaies, où les symptômes in-

flammatoires peuvent toujours prendre une note grave ou se

réveiller après une longue période de calme. Cette évolution É est particulièrement à redouter dans les cas, où il existe un corps étranger intraoculaire et où l’ extraction n'a pu être pra- Ftiquée, | Aucontraire, du les cataractes par eontusions ou par commotions, l’on est assez rapidement fixé sur la RUE des lé- ‘ produites par le traumatisme. ù Cependant il est prudent de faire des réserves sur l'avenir, | puisque les meilleurs résultats opératoires sont toujours ti

de Les complications mécaniques les plus souvent observées

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mités par suite de la perte de la vision. binoculaire, consé-

quence d’une amétropie considérable. ei Au point de vue militaire le pronostic médico- Die est. in-

téressant à examiner. S'il ne fait de doute pour pérsonne que

la cataracte, même opérée, détermine une baisse de l’acuité

visuelle définitive et suffisante pour justifier l'indemnisation par l’État; l'on peut néanmoins regretter que le taux de la

pension ou de la gratification soit si élevé, en comparaison de. ‘ce qui est accordé pour des infirmités beaucoup plus graves.

Dans l’état actuel des choses, la réforme doit être Acer à tout soldat qui n’a pas au moins retrouvé 1/20 d’ acuité vi=. suelle après correction par les verres appropriés. ne

8 Le diagnostic différentiel ne se pose pour ainsi dire pas. Seules peuvent passer inaperçues des lésions cristalliniennes périphériques, qu'il faut HR à rechercher par la dilatation atropinique. Le

“Le diagnostic causal est parfois difficile à préciser. Il rar

alors avoir recours à la recherche du corps étranger par la “ radiographie et par l’électro-aimant. Ces deux examens vien.

nent ainsi fournir un très heureux appoint aux données de ka clinique,

Il faut encore, pour le médecin militaire, toujours s'assurer

de l’origine exacte de la blessure, avant de proposer un blessé pour la réforme et la gratification. Nombre de cataractes par. traumatismes, reconnaissant comme causes des engins de guerre, sont le fait d’ imprudences, n’engageant nullement l'État au versement d’une pension ou d’une gratification.

Il serait à souhaiter dans cet ordre d'idées, que des examens

oculaires répétés fussent faits: chez tous les de pendant bee a

différentes périodes de leur vie militaire, pour permettre la constitution d’un dossier important à consulter en cas de contestations. 4 |

9% Les cataractes par plaies pénétrantes peuvent enr un traitement d’urgence, visant à l'extraction du corps étranger magnétique par l’électro-aimant. Toutefois, sicelui-ciestintra cristallinien, l’abstention est la régle. À |

L’on peut encore avoir recours’à un recouvrement conjonc tival de la plaie, pour peu que celle-ci soit assez large.

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