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graine, connue sous le nom de chénevis, sert à la nourriture des oiseaux domestiques et à la fabrication d’une huile excellente pour la peinture et pour l'éclairage; enfin, ses tiges, dépouillées de leur écorce, fournissent un charbon léger, employé pour labrication de la poudre; ou bien encore réduites en débris, elles peuvent être ulilisées, ainsi que les feuilles, en litières et comme engrais.
D. Quel est le sol qui convient au chanvre ?
R. Le chanvre veut un sol légèrement humide, très riche en humus, ameubli par de fréquents et profonds labours, et de plus, très bien engraissé
D. À quelle époque et en quelle quantité le sème-t-on ?
R. On le sème dans le mois de mai ou au commencement de juin, après deux ou trois labours préparatoires. On met de trois à quatre minots de semence par arpent. Plus on le sème clair, plus les fibres qu'on obtient sont fortes et grossières ; plus on le sème dru, plus la filasse que donne les tiges est fine et, par conséquent augmente de valeur ; voilà pourquoi des cultivateurs mettent jusqu'à cinq minots et plus par arpent.
D. Comment se fait la récolte du chanvre ?
R. Lorsqu'on cultive le chanvre pour la graine, presqu’aussitôt après la floraison, on arrache les pieds, appelés porles-fleurs. Quant a ceux qui produisent la graine, on ne les arrache que quelques semaines plus tard, quand leurs tiges commencent à jaunir. Ni on ne cultive le chanvre que pour la filasse, on arrache toutes les tiges à la même époque, c’est-à-dire après la floraison.
D. En quoi consiste le rouissage ?
R. Le rouissage du chanvre consiste à le sou-
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mettre à l’action de l’eau, dans le but de dissoudre la substance résineuse qui enveloppe la fibre et la tient, pour ainsi dire, collée à la partie ligneuse, c'est-à-dire, au bois de la tige. Cette opération permet de séparer plus facilement cette fibre qui doit former la filasse, Le rouissage se fait à l’eau ou à la rosée; le rouissage à l’eau est plus expéditif. On plonge, à cet effet, le chanvre dans des eaux stagnantes. L’immersion dure de 6 à 9 jours. On juge qu'elle est suffisante, lorsque les feuilles se détachent facilement.
D. Quelles sont encore les diverses opérations qu'il faut faire subir au chanvre avant de le livrer au commerce ?
R Le chanvre roui, pour arriver à la transformation définitive qui le rend propre à être manufacturé, subit encore diverses opérations, tels que le hâlage, le broyage et le peignage.
On appelle hâlage, la dessication du chanvre roui, d'abord à l'air libre, puis dans un four modérement chauffé.
Le broyage se fait avec un instrument qu'on appelle brote, et au moyen duquel on brise en miile morceaux l’intérieur des tiges, de manière à séparer entièrement le bois de l'écorce, qui, dans cet état, reçoit le nom de filasse. Le peignage consiste à passer la filasse broyée entre les dents d'une sorte de peigne qui démêle complètement tous les brins et les met en état d’être filés.