Pourquoi le Bouddha en avait-il mangé lui-même
Parce qu'il ne voulait pas violer un précepte qu'il avait donné lui-même en 1ecommandant aux Frères de ne jamais repousser ce qui leur serait offert de bon cœur.
68. Y a-t-il d'autres détails sur les derniers moments du Bouddha ?
Après que le Bouddha eut encore réjoui et édifié Tchounda par sa parole, il continua son chemin vers Kousinara. En chemin, il fut surpris par une grave maladie et affligé de violentes douleurs. Cependant il les supporta sans se plaindre, d'un cœur fort et en se dominant complètement lui-
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même. Sa faiblesse devint pourtant si grande qu'il dut se coucher sous un arbre, au bord du chemin. Il dit alors à Ananda :
« Cherche-moi un peu d'eau, Ananda, j'ai soif. »
Ananda répondit : « Seigneur, une caravane vient de passer dans le ruisseau, le tonds a été enlevé par les roues des voitures : l'eau est trouble et souillée. »
Mais le Bouddha renouvela sa prière. — Ananda prit son vase à aumônes et descendit au ruisseau. A son grand étonnement, l'eau, tout à l'heure sale et trouble, coulait plus claire et plus pure que jamais.
Ananda, frappé d'admiration, puisa de l'eau qu'il porta au Maître. Celui-ci la but et se désaltéra.
Il arriva alors que le jeune Poukkousa, qui était de la tribu des Mallas et à qui appartenait la caravane, passa sur le chemin. Lorsqu'il vit le Bouddha assis sous l'arbre, il s'approcha avec respect, le salua et s'inclina devant lui: II ordonna ensuite à un de ses serviteurs d'apporter deux vêtements d'étoffe d'or et dit : « Mai-
LE BOUDDHA
tre, accorde-moi la faveur d'accepter de mes mains ces vêtements. »
Le Bouddha répondit : « Donne-moi un de ces vêtements, Poukkousa, et offre l'autre à Ananda. »
Ananda revêtit alors le Bouddha de l'un de ces vêtements, mais dès que cela fut fait, l'étoffe sembla avoir perdu tout son éclat.
Plein d'étonnement, Ananda s'écria :
« Seigneur! Ton visage est si resplendissant; une telle lumière sort de toi que ce vêtement d'étoffe d'or semble avoir perdu tout son éclat. »
Et le Bouddha répondit en disant ' « Ce que tu dis est vrai, Ananda. Le Bouddha est transfiguré deux fois dans sa carrière terrestre : La première lois dans la nuit où il arrive à la suprême connaissance; et la seconde dans la nuit, où il entre dans la paix éternelle. Et c'est aujourd'hui, Ananda, à la troisième heure de la nuit, que le Bouddha entrera dans la paix éternelle. »
Le Bouddha se leva alors avec de nou-
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velles forces, et marcha, avec les disciples qui étaient avec lui, vers le bosquet de Salas des Mallas, non loin de Kousinara, sur les bords de l'Hiranyavati. Et il dit à Ananda : « Je t'en prie, Ananda, étends pour moi un vêtement sur ce banc, entre ces deux arbres. C'est là que je veux m'étendre. — « Qu'il soit fait comme tu le désires, Maître, » répondit Ananda et il prépara un lit sur le banc, avec la tète vers le Nord, entre deux arbres jumeaux.
Le Bouddha s'y étendit. Et les deux arbres se couvrirent de fleurs innombrables, bien que ce ne fût pas la saison. Ils laissaient tomber leurs fleurs, comme une pluie, sur le Bouddha et des mélodies célestes résonnèrent dans les airs.
• Le Bouddha dit alors : « Voyez! Quel spectacle. Le ciel et la terre luttent à Fenvi pour honorer le Tathagata. Cependant ce n'est pas ainsi que le Tathagata doit être vénéré et exalté. Ceux de mes disciples et de mes adhérents qui vivront toujours dans l'esprit et qui sui-
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vront fidèlement les préceptes d'une vie honnête, seront seuls à honorer et à exalter le Bouddha, comme il doit l'être. »
Il se tourna alors encore une fois vers ses disciples et dit : « Lorsque je serai mort, quelques-uns de vous penseront peut-être : la bouche du Maître est devenue muette ; nous n'avons plus de guide.
Mais, vous ne devez pas penser ainsi, Frères. La Doctrine que je vous ai annoncée, et les préceptes d'une vie sans tache, que j'ai établis pour vous, doivent être vos guides et vos maîtres, quand je ne serai plus avec vous. »
Quelque temps après, le Bouddha éleva encore la voix et dit : « Frères, souvenez-vous toujours de ce que je vous ai dit :
Tout ce qui naît est périssable. Efforcezvous sans relâche d'arriver à la délivrance. »
Ce furent les dernières paroles du Bouddha. Son esprit s'enfonça dans les profondeurs de l'absorption mystique et, lorsqu'il eut atteint ce degré, où toute pensée, toute notion s'éteint et où la cons-
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cience de l'individualité cesse, il entra dans le suprême Nirvana.
Devant la porte de Kousinara, qui s'ouvre vers l'Orient, les nobles des Mallas brûlèrent le corps du Bouddha avec des honneurs royaux.
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LA DOCTRINE (dhAMMa)