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Un agronome célèbre, Oolumelle, a formulé la maxime suivante : “ Le vie des champs se -rappue de la sagesse, et se*-*'3 Jui tenir par un
de parenté.” Ta |
C’est cette grande école de la nature que recommandait St, Bernard : ‘“ Croyez-en mon expérience, s'écriait-il, vous trouverez dans les forêts pans chose de meilleur que dans les livres ; es arbres, les rochers, les rivières, vous donneront des instructions supérieures à celles des maîtres les plus habiles.”
Enfin la vie des champs rend l’homme heureux, de ce bonheur vrai, intime qui, après les conso lations de la foi, est une des meilleures jouissances de la vie. to
‘ Heureux, disait le poëte latin, les habitants des campagnes, s'ils connaissent leur bonheur !”’ Nous avons lu autrefois ces paroles si pleines de vérité, mais sans les bien comprendre. Mais quand on a vécu, quand on a fait l'expérience de la vie, on savoure. ces réminiscences de notre éducation classique. Quand l'esprit est fatigué de ce qu'il a vu, quand le cœur est brisé par lès ennemis que donnent les affaires ou le spectacle de ces | misères qu'on appelle l'histoire du monde, on s'écrie avec conviction; Oui, heureux les habitants des campagnes, s'ils connaissent leur bonheur! Qu'ils demeurent dans les forêts, ou dans les vallées fertiles arrosées par des eaux claires et fraîches !
Aussi, je ne crains pas d'ajouter avec un père de l'église, Si. Chrysostôme, “ que les populations agricoles vivent dans la paix, et que leur existence a quelque chose de vénérable dans sa modestie. L'habitant des car nagnes, ajoute-t-il encore, a plus de jouissance que le riche de la ville: Ja beauté du ciel, l'éclat de la lumière, la pureté de l'air, la douceur d'un sommeil tranquille, tout lui
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est accoïdé ayec une sorte de prérogative; le créateur semble lui donner en primeur ces vrais biens de l’ordre temporel, et par uné attention privilégiée, il conserve à ses sens plus de délicatesse pour savourer les dons de la nature. Vous trouvereés donc dans cette vio modeste le vrai plaisir et la sécurité, la bonne renommée et la santé, la régularité dans la conduite et de moindres périls pour la sainteté des mœurs.”
L'agriculture est donc une grande et sainte chose, elle est la vraie richesse de la patrie, ri chesse stable et certaine comme la bonté de Dieu, trésor toujours renouvelé, qu'une mauvaise saison peut différer, mais que la terre inépuisable rend au centuple les années suivantes.
Que vous dirai-je enfin ? L'agriculture est le plus noble des arts! Cet avancé semble vous surprendre, jeunes lecteurs; eh bien! jugez-en vousmêmes. D'où une famille tire-t-elle ses titres de noblesse? De son origine, de son antiquité et des services rendus. Ces trois titres à la véritable noblesse, l’agriculture ne les possède-t-elle pas au plus haut Sagré ? Fût-il jamais origine plus saine, plus auguste, plus sublime. Rusticationem creatam ab Altissimo ! Instituée par Dieu méme! En second lieu, n'est-ce pas le plus ancien des arts, puisqu'il a commencé avec l’homme dans l’état d'innocence. Et si je passe aux services rendus, me sera-t:il difficile de démontrer amplement que sous ce rapport encore, jamais titre de noblesse va été mieux mérité? En effet, quel art, autant que l’agriculture, a contribué à satisfaire les besoins de l’humanité, quant à sa vie matérielle? Car, . sont ‘ces besoins? Se nourrir, se vêtir,
oici un hornme assis à une table, sbondamment servie, il est lui-même vêtu convenablement, son corps est à “couvert des intempéries des saisons. Lequel, a ain ro commerceoudel'indus-
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ger à briser votre plume, quand une fois vous saurez la. tenir, car elle peut vous étre.utile dans une foule de circonstances, dans tous les états, même dans celui de cultivateur; je dirai encore
la plupart de nos campagnes, l’agriculture est peu rétributive. Mais si vous voulez m’'entendre encore un instant, vous avouerez que votre objec-
avec vous qu’il est reconnu aujourd’hui que, dans ;
tion n’est pas sérieuse pour l'enfant intelligent, 24 oflo, 92019 KE prêt à accepter les bonnes et sûres méthodes, VAÇAR # SAR w’on lui suggérera. Encore une fois, la culture PAP aber) ve champs paie peu en Canada; mais à part ces Le SHib iraq accidents que la Providence réserve aux champs,
pour éprouver la vertu du cultivateur ou pour punir son ingratitude; à quoi doit-on attribuer nos faibles rendemenis, nos pauvres récoltes ? Où est le vrai coupable ? Cette question éclaircie, tout ira bien. Autrefois nos anciennes-paroisses étaient autant de greniers d'abondance.. Notre, | blé, nos autres céréales étaient de qualité supé-
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abondantesque produisentaujourd’hui les champs nouvellement ouverts à la culiure, sont des preuves incontestables de la fertilité du sol canadien,
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vient donc que la stérilité a pris la place de l'abondance ? Que le cultivateur s'interroge avec impartialité, se rappelle la conduite qu'il a tenu | envers son champ, et il comprendra que c’est lui
vateur a suivi une routine ruineuse; tous les ans
il a demandé à sa terre les récoltes les plus épui-
santes, sans jamais lui rendre en retour la nour-
riture Lo réclamait, et quand. il s’est aperçu ue sa
sa force nutritive s’affaiblissait, loin de cher.. her la cause du mal, il s’est montré de plus en
H doit donc être exonéré de tout blâme. D'où.
qui l’a poussé à cette extrémité, qui l'a ruiné, et, enfin, qu'il est le véritable coupable. Ce culti-.
rieure. Et nous pouvons dire que nos ,abon:-, : dantes moiïssons d'alors, que celles non moins.
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plüs exigeant, et enfin, il a jeté sur elle ‘un rerd de mépris, tout en s’emparant avec. avidité.
u peu qu'elle pouvait encore produire, dans ses. cfforts excessifs. À ce triste récit, je vous entends vous écrier : mais alors, rien de surprenant dans la stérilité de nos anciennes terres; l'intelligence et la bonne volonté nous sufliront, avec un guide sûr, pour réparer les torts de nos prédécesseurs.
, Oui, jeunes amis, avec de l'intelligence, de la bonne volonté, et un guide sûr, vous, pouvez: rendre au sol son ancienne fertilité. En effet, . ourquoi ce qui a si bien réussi ailleurs, chez.
‘autres peuples, ne réussirait-il pas au milieu de nous? Pourquoi ne pourrions-nous pas opéter sur nos terres les prodiges que des étrangers y, ont opérés? Des écossais, des irlandais, etc., arrivés au milieu de nous, sans ressources, ont doublé, triplé, en peu d'années, les revenus de quelques-unes de nos terres ruinées. Pourquoi les canadiens-français, qui ne le cèdent à aucun autre peuple en intellisence, en activité et en courage, n’opéreraient-ils pas sur leurs champs, qu'ils doivent mieux connaitre que ces étrangers, les transformations que ceux-ci y ont opérées ? Nous croyons connaître assez nos compatriotes pour croire qu'ils sont disposés à tout entreprendre pour ramener la fertilité dans leurs terres, quand c» leur aura tracé une voie sûre pour y parvenir.
Aimez donc l'agriculture, jeunes amis, puisqu'elle vous ennoblit, puisqu'elle doit contribuer à vous faire aimer la vertu et qu’elle peut vous procure: une plusgrande somme de jouissanceque tout autre état. Attachez-vous au champ de votre père, si vous avez l'espoir d'en hériter un jour, et dans ce cas, attachez-vous-y par reconnaissance, car cette terre a souvent été arrosée des sueurs de vos ancêtres et peut être de leur
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sang. Si l'espérance de recueillir l'héritage de vos parents vous est enlevée, tournez vos regards vers nos vastes et belles forêts, et quand vous aurez fait.choix du coin de terre que vous devrez défricher, donnez-lui toute votre affection, traitezle avec soin, avec générosité, puisqu'il doit vous
procurer l'abondance et le bon
peut exister ici-bas,
heur, autant qu'il
: RENE 1 ASS SEE ge cie, . d 20%
D. 2° ANSMONENT ANGLE. | Hi DE L'AGRICULTURE EN GENERAL …
st
| OHAPITRE IT.
D. Qu'est-ce que l’agriculture? ::: 160
. R. L’Agriculture est l'art de cultiver la terre. Elle comprend tous les travaux qui ont pour but de tirer du sol, avec le moins de frais possible, la plus grande quantité de produits nécessaires à la nourriture de l’homme, à son vêtement, ainsi qu'à l'entretien des animaux. er D. Pour devenir bon cultivateur la pratique suflit-elle ?
R. Pour devenir bon cultivateur la pratique
est nécessaire, mais elle ne suffit pas, il faut, de