CHAPITRE VIII
CJiez deux nations qui ont une niéiiie somme de capitaux 9 celle qui a un plus grand nombre d utilités a une force de production plus grande. — Ippllcalion aux colonies , qui, bien qii^assez dépourvues de capitaux , ont une grande force productive.
Nous admettons la grande influence du capital sur la production; mais n est-il pas vrai que, lorsque deux pays ont le rnême capital, celui qui possède un plus grand nombre d’utilités a une force de production supérieure à l’autre?
Assurément. Aussi les pays nantis de trèsnombreuses utilités en terres fertiles, qu’on ne peut apprécier qu’à un capital très- restreint, ont-ils, relativement au capital qu’ils possèdent, une énorme force de production.
Aux Etats-Unis, par exemple, une terre de
cent mille francs pourra rendre au propriétaire qui la fait valoir dix à douze mille francs par an, tandis que ce même propriétaire ne tirera en France, d’une terre du même prix, tout au plus que moitié de cette somme.
Que conclue%-vous de là?
Je conclus que, lorsque deux pays n’ont pas la même quantité de capitaux , celui qui en a le moins peut, en possédant un plus grand nombre d’utilités que l’autre , obtenir chaque année une aussi notable production appréciée en numéraire. Et c’est ce qui explique comment les colonies , bien que très-dépourvues de capitaux par rapport aux métropoles , ont cependant donné, dans maintes circonstances, eu égard à ces mêmes capitaux, beaucoup plus de revenus.