‹ Catéchisme de l'économie politique basée sur des principes rationnels [microform]Chapitre 30 sur 73 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Dans quelles circonstanees raecroissement de

l'exportation est favorable à la richesse évaluée d'un pays*

Un accroissement d'exportation est-il un signe constant de prospérité pour un Etat?

L’accroissement des exportations est à juste titre considéré la plupart du temps comme devant faire bien augurer de la prospérité d’un Etat, parce que, annonçant le placement de nouvelles marchandises, il semble indiquer une recrudescence dans le travail national. Cependant, pour acquérir la certitude de cette prospérité, il importe encore de savoir en quelles sortes de marchandises il est effectué et comment il est soldé.

Indiquez -nous dans quelles circonstances l accroisseme^it d'exportation est favorable ou défavorable à la richesse évaluée d'un pays.

L’accroissement a-t-il lieu en marchandises manufacturées, c’est un très-heureux diagnotic, surtout lorsque le payement en estfaitavec des matières premières. Nous en avons donné les raisons précédemment (pages 120 et suivantes).

Rappelons-nous qu’en Europe les peuples exportateurs de marchandises manufacturées ont vu doubler, tripler, leurs richesses, tandis que ceux qui n’ont exporté que des matières premières sont restés complètement stationnaires. J. B. Say lui-même a constaté que la Pologne, en commerçant avec la Hollande, restait toujours pauvre, tandis que cette dernière s’enrichissait chaque jour L

L’accroissement d’exportation se fait-il avec des matières premières, le diagnotic est loin

^ Page 111, 6® édit, de son Trailé d'économie politique

d’être aussi satisfaisant. Cependant il est certaines circonstances où il n’est pas mauvais. 1° Habite-t-on un pays où les terres sont immenses par rapport à lapopulation, etoùl’on ne peut se livrer presque qu’à l’agriculture, l’accroissement d’exportations en matières premières annonce nécessairement une plus grande intensité dans le travail, et doit être interprété favorablement. 2® Dans un pays même peuplé et industriel , il est telles matières premières dont il ne faut pas redouter l’exportation: ce sont celjes qui, ne servant pas à la nourriture, ne donnent lieu qu’à des industries peu lucratives : la résine , certains bois , etc. , cette exportation accroissant les capitaux d’un pays en donnant de la valeur à ses immeubles. Il en est de même de certaines matières premières qui se vendent fort cher, attendu qu’elles sont rares et avidement recherchées pour flatteries goûts sensuels des gens riches, telles que les nids d’hirondelles de la Chine, les truffes, etc., qui assurément peuvent être échangés sans perte pour un pays contre des produits manufacturés. 3® Si l’accroissement des matières premières exportées

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est soldé avec d’autres matières premières, en général la richesse évaluée n’a pas à en souffrir.

Toutefois , pour être , dans chacune de ces circonstances , parfaitement certain du progrès de la prospérité publique, nous ne connaissons qu’un critérium auquel on puisse s’en rapporter : c’est l’expression de la richesse évaluée, dont on ne peut infirmer les décisions.

Si l’accroissement d’exportation avait lieu par suite d’une crise quelconque qui avilirait le prix des marchandises et en rendrait le placement au dehors plus facile , cet accroissement serait encore heureux pour le pays où ces marchandises auraient été fabriquées, mais il annoncerait que la richesse publique y a subi une forte dépréciation.

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L'accroissement dans l’exportation d’un pays est toujours favorable à sa richesse évaluée, lorsqu’il résulte de perfectionnements qui diminuent le prix des marchandises qu’on y fabrique.

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