partie, des bénéfices qu’ils doivent au libre échange intérieur
Quels sont les pays auxquels le libre échange peut convenir particulièrement ?
D’abord l’Angleterre. Cette nation, ne redoutant aucune concurrence dans la confection des articles d’un usage général \ en raison de l’abondance de ses capitaux, de l’habileté de ses I ouvriers et de mille autres facilités dont elle est I redevable soit à des travaux antérieurs, soit à
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la nature, peut fort bien retirer du libre échange
de très-grands profits.
Ensuite la France peut-être, qui, bien qu’elle n’ait pas à sa disposition des capitaux aussi importants que l’Angleterre, ne rencontre aucune rivale dans le monde, d’une part pour ses objets de luxe , tant on sait apprécier le goût délicat qui chez elle préside à leur confection, et d’une autre part pour ses vins, dont
l’excellence est partout reconnue.
Néanmoins l’une et l’autre de ces puissances pourraient accroître encore leurs richesses évaluées en protégeant momentanément, et quelquefois normalement, certaines industries qui ne pourraient soutenir la concurrence étrangère.
Certaines villes, placées sur Je littoral, peuvent encore gagner à être déclarées villes libres, car alors la navigation, le commerce, l’entrepôt des marchandises, sont pour ces villes des sources prodigieuses de richesses, et les bénéfices qu’elles en retirent suppléent largement à ceux que pourraient produire des
manufactures dont l’existence reposerait sur la protection.
Les pays peu habités ont-ils autant d’intérêt
à la protection que ceux qui ont une nombreuse
population ? , . . .
Leur intérêt est beaucoup moindre. Un pays n’est autorisé à recourir à la protection qu’alors que ses manufactures peuvent trouver assez de débouchés à l’intérieur pour que le prix des fabrications n’atteigne pas un taux trop élevé ; sinon, la protection ne ferait pas accroître sa richesse évaluée. Les divers états de l’Allemagne ont parfaitement observé ce phénomène économique, car ils ne se sont associés, ou autrement ils ne se sont réunis en Zolwerein, que pour obtenir une protection efficace. Quant aux petits pays qui ne peuvent s’annexer à leurs voisins , en général il leur convient d’autant plus d’adopter le libre échange, qui les dotera d’une grande richesse d’usage, que leur indépendance est sauvegardée par les états de premier ordre.
Cependant, si l’on s’en rapporte au marquis
de Pombal, ancien ministre dirigeant du Portugal , le libre échange a été très-nuisible à ce pays, bien qu’il soit de médiocre étendue.
Voici les remontrances qu’il adressait, en 1760, au cabinet anglais :
« C’est par ses manufactures que l’Angleu terre s’est rendue maîtresse de nos mmes ;
« elle nous dépouille régulièrement tous les ans <( de leurs produits. Un mois après que la flotte « du Brésil est arrivée, il ne reste plus une (( pièce d’or en Portugal. Par une stupidité qui « n’a pas d’exemple dans l’histoire du monde H économique, nous vous permettons de nous « habiller et de nous fournir les objets de no- « tre luxe. Nous donnons à vivre à 500,000 i< ouvriers du roi Georges, population qui sub- « siste à nos dépens dans la capitale de l’An- « gleterre »
Ce n’esl là que l’opinion d’un Portugais pa-
triote; voici celle d’un Anglais, membre de la chambre des communes :
« Que ne devons-nous pas à celui dont l’ha- « bileté a su assurer un vaste débouché à nos (( manufactures , et par conséquent le travail et Cf l’aisance du peuple anglais ! Pendant les f( vingt années de prohibition qui ont précédé « le traité qu’il a heureusement négocié, les « Portugais avaient un tel succès dans les ma- « nufactures de laine, que nous n’apportions <( de ce pays ni or ni argent. Mais, depuis la « libre importation de nos étoffes, nous leur « enlevons leur or et ne leur laissons d’argent « que ce qui leur est indispensable pour leurs « nécessités. Il ne nous en a rien coûté pour « mettre leur commerce entier dans nos mains; <( l’importation seule de nos hayettes paye leurs « vins et les achats divers que nous leur faisons. »
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