‹ Catéchisme de l'histoire du Canada, à l'usage des écolesChapitre 1 sur 1 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

Cet opuscule n'est que l'analyse d'une InstitutJon^rHistoire du Canada, en un léijer volume in- 12 mo, que l'on prépare pour les hautes écoles et collèges qui croiront devoir en adopter l'usage. Ce n'est pas que ce petita '■-éijô no ] uissc, en attendant, être de quelque a ilitt sur! lUt dans les ba--Gcs classe?.

lu/ Ci'.! V 'a.'.' 1

Enregistre conformcuicnt à. l'jictu proviucial intitulé: *' Acte pour protc;;er la prupriétô littéraire."

L'Histoire du Canada?

Par qui le Canada fut-il découvert ?

Bien que Leif, Danois, fils d'Eric le Rouge, se fût établi dans cette partie d e l'Amérique dans l'onzième siècle, et qu'Eric/ évéque du Groenland, y ait prêché l'Evangile en 11'21, au moins aux tribus qui portèrent depuis le nom do Crucieutaux, à cause du signe de la croix qu'on trouva en vénération parmi eux, on attribue ordinairement la découveite du Canada à Jacques Cartier, hardi navigateur de St. Mâlo.

Quelles sont les principales actions de cd grand homme ?

Dans trois voyages consê utifs en Canada,do 1531 à l~)H, Jacques Cartier parcourut une bonne partie du pays, et lit connaissance avec les naturels, dont Stadaconc près Qué- ■ bec, et Ilochelaga dans l'île où e.-t maintenant bâtie Montréal, étaient les chfts-lieux. Il construisit le chàteaii-lôrt de Cliarlebourg Royal au Cap Rouye, conduisit en France Donnacona, le plus marquant des chefs du

t^riys, et revint ù son fort où il fut tellemnit tnarcelô par les sauvages, qu'il l'abanJonna *pour retot'ruer en France.

Cajtier se proposait-il Je revenir en Canada?

Non, il désespéra de pouvoir fonder uno 'colonie en An'iëriqife aven le peu de mo3-en5! hiis à sa dispo5iti(]U et à celle de M. de'Roberval par François 1er, et mourut peu de ^.emps après.

Cette circonstance ne diminue-t-clle pas *ie beaucoup ?on mérite?

Cartier conserve la ^loir e d'être le premier •navigateur qui ait a-:sez exploré le Can da Cour que l'on pui.ssf, dire qu'il a frayé le chemin à ses successeuis. Sa mémoire est en- •■îore en grand respect parmi lc3 Canadiens.

Quel désastre marqua l'année 1519 1 Cette année-là, le sieur de Rnberval s'é- ^ant embarqué avec son frère Achille, brave tapitainé, qi'iê François 1er surnommait le Jrendarme Annibal, pour tenter de nouveau "d'établir nue colonie en Amérique, périt •avec toute sa suite.

Ce malheur no fit-H peint perdre do vue le Canada ?

Le désastre arrivé aux frère? Roberval fit 'désespérer pour lon:^teinps de fonder une colonie en AiTioriqup ; mais les rois de Fr?orp Tontiniicrent A s'attribuer la propriété du

pays, et accordèrent i plusieurs navigateu'.iqui furent asse^ haidis pour se montier do temps à autre à l'entrée du fleuve St. Laurent; le monopole de la traite des pelleteries. A qui fut-il donné de fonder la Nouvelle- France?'

Cet honneur était réservé a Samuel de Champlain. qui fonda Québec en 160S, et les Trois lUvièies quelques années plus tard— qui projeta la fondation de Montréal, fit alliance avec les nations sauvages, parcourut en tous sens ces vastes contièes, et donna soi'., nom à un de nos grands lacs.

Les sauvages du pays étaient-ils les mêmes q l'y avait trouvés Jacques Caitier ?

Non, les premiers habilans du pavs avaient disparu, soit par une de ces épidémies si communes parmi les naturels, soit parles armes des Iroqaois. Lors de l'ariivée de Chainp'ain les piincipaux peuples eu Canada étaient les- Algoiiq .ins, les Muutagnais et les Hurons.

Quand le régime féodal fut-il établi en Canada î

Ce fut proprement en IG'27, lors de la cnncession dti pays par Louis XIII, à la compasnie des Cent Associés, (à la tête de laquelle clait le f.imeu'^ cardinal de Richelieu,) sons l.i réserve de l'hommn-e accompagné d'une couronne d'or du poids de huit inarcs.

"Comment le pays avait-il été gouverné .jusqu'alors ?

Le pays avait été depuis 1612 sous la dépendance db quatre vice-rois succeseivement. Ce furent le comte de Soissons, le prince de Cnndé, le duo de Montmorency et le duc de Vectadour. Champlain avait agi comme leur lieutenant en Amérique.

Que devint-il lors de la concession du pays auv Cent Associés?

Il fut du nombre des associés, et la compagnie le choisit pour gouverneur.

Cette fameuse compagnie fut-elle à même de faire grandir kijeuue France comme elle se le proposait ?

Elle e[ivoya en Amérique de grands armemens; mais Sir \Villiam Alexander, qui avait obtenu de Charles 1er, roi d'Angleterre, sous le nom de Nouvel'e-Ecnsse, la concession de l'Acadie, pays établi par les Français, s'opposa à leurs progrès. Sir David Kerkt, son lieutenant, lit la conquête de Québec et du Canada, aniès avoir remporté en mer une signalée victoire sur le Sieur de Roxjuemont, un des Cent Associés.

L'Angleterre conserva-t-elle le Canada?

Non, il fut rendu à la France par le traité de St. Germain-en-Laye, l'an 1G3-2, et l'année suivante,- la compagnie rentra dans tous ses droits, en partie gr.ice auv cfioits de

Champlain, qui fut nommé gouverneur pou; la seconde fois.

Quels furent les premiers missionnaires du Canada?

Ce furent les récollets en 1614 ; mais la compagnie confia les missions de la colonie aux Jésuites, qui y tirent merveille, et portèrent l'Evangile aux nations les plus reculées.

Quels services éminens rendirent-ils aux colons ? , . j

Le P. René Rohault, fils du marquis de Gamache, fonda à Québec, l'an 163.5, un collège pour l'éducation de la jeunesse du pays, et'^la compagnie de Jésus eut encore le bonheur d'attirer en Canada, l'an 1639, Madame de la Peltrie et les Ursulines, fameuses institutrices, et les sœurs Hospitalières qui établirent l'Ilôtcl Dieu de Québec, sous les auspices de la duchesse d'Aiguillon. Cette dame obtint de la Compagnie la concession de terres considérables à la seule charge de faire célébrer chaque année une messe du .St. Espiit pour prier Dieu qu'il lui plût lui inspirer des résolutions qui tournassent à sa "loire, à l'honneur de la France et au solide établissement de la colonie, le gouverneur et son lieutenant, et les principaux habitants do Québec prèsons ou invités.

Quelle est l'époque do la mort de Champlain ?

Te çrainl homme eut pnur tomlieaM, l'arj ^635, le m:ije.--tueux promontoire .sur lequel li avait fondé la ville qui devint plus tard lo boulevard de l'Amérique, laissant après lui la réputation d'un çrand navigateur, d'uri génie infatigable et bien propre à fonder u!i nouvel état, et d'un écrivain poli pour sou siècle.

Quel fut son successeur ?

Ce fut le sieur de Montmagny, chevalwr de St. Jean de Jérusalem, connu par les nations snu>ages sous le nom d'Ouonlhio.

Comment lui vint ce surnom ?

Les sauvages qui n'ont que des sarrom", ayant demandé "Ce que signifiait le nom du gouverneur, on leur dit qu'il signifiait Grande iVlontagne, ce qui se traduit par Onop.lhio dans la langue des Hurous et des [toquois; CCS peuples continuèrrint depuis à nommer Oiionthio tous les gouverneurs, et .i. donner au roi de France le nom do grand Ononthio.

Qu'y a-t-il à dire du gouvernement de INI. de M(intma:iny?

M. de .\routma2nv, et Delisle, commandant lies Trois Rivières, comme lui chevalier d(! \talte, montraient pour le bon ordre, dit rtii'tniie, un 7è\p. dont leur fermeté et leur f vactitude assuraient le succè». Mais peu soutenu par la Compa2:nie des Cent Associé», M. de Monlma^ny ne parvint pas à te £aire resjvK'tei dos Iroquois.

Montréal ne fut-elle paâ fondée eojs so^ gouvernement?

Montréal fut en effet fondée l'an 1642, par le sieur de Maison-Neuve, agissant au nom d'une Compagnie dite' Je Montréal, qui venait de se former pour la conversion des sauvages, et composée de personnes puissantes, taiU ecclésiastiques que laïques, parmi lesquelles on remarque la duchesse de Bullion, M. Ollier, fondateur de St. Sulpice, 3\I. de la Dauversiére, M. de Callières et M. d'Aillebout de Musseau. Le sieur Je î\Laisoii- Neuve débarqua le 17 mai avec le R. P. 'V imout, supérieur des Jésuites, Mademoiselle Manse, représentant la duchesse Je Bullion, et une petite colonie. Bientôt après une nouvelle recrue arriva de Fraitce, puis une seconde l'année suivante. L'éiablissenieut -reçut le nom de VilIe-.Marie, prit la forme d'un con-.mencen:ont de vdle, et fut enlou:é d'une palissade, en pieu.x debout, qui eut per.ne à le défendra contre les attaques J'Oureouati, fameu.v chef du guerre Iroquois et la terreur des Outaouais, peuple dont on commençait à parler.

Qu'arriva-t-11 les années suivantes?

Elles furent marquées par W martyre des PI'. Jogues, Daniel, Garnier, Lallcmanlel Je Brébeul', de la Compagnie ite Jc>us. Le P. Bressaui fut au.s.-,i traité pa,î les Iio^iuois a\eo la Jeniiirc iid,utnauilé.

A quel projet ces actes barbares donnèront- ^Is lieu ?

D'Aillebout, qui, après avoir été gouverneur des Trois Rivières, avait succédé au clievalier de Montmagny dans le gouvernement général, dé.^iespèraat de pouvoir dompter seul de si féroces ennemis, profita d'une députation envoyée par le gouverneur de la Nouvelle-Angleterre afin de proposer une neutralité perpétuelle entre les deux nations, pour mettre pour condition à ce traité, que les Anglais se joindi aient aux Français pour exterminer les Iro.quois. Mais cette condir tion fut rejetée, et les Cinq Gantons ou la confédération Iroquoise étaient destinés à tenir plus tard la balance entre les Anglais et les Français en Amérique.

Qu(dle barrière les Iroquois parvinrent-ils à franchir vers le même temps ?

Ils détruisirent presque entièrement la grande et puissante nation huronne, dont les restes se réfugièrent en partie à Québec, sous la conduite du grand chef Ahasijtari, dans les îles du Lac flurou appelées JManitoulines, dans les forêts de la Pensylvanie et chez les )Siou\', nation qu'on ne connaissait pas encore jdn Canada ; quelques-uns même se donnèrent à leurs vainqueurs.

Les Iroquois s'arrêtùrent-ils là?

Non, ils détruisirent plusieurs autres peuples, 8'avancèr.ent jusque dans le centre de Iç

colonie, et tuèrent, dans un combat, Duplo?.MS Bochart, gouverneur des Trois Rivières et dans un autre, do Lan/on, grand scnechal de la Nouvelle France : la mort de ces deux otficiers donna un nouveau relief aux armes de cette redoutable nation.

L'année 1647 n'est-elle pas une grande époque pour l'ile de Montréal?

Ce fui cette année que plusieurs prêtres de St. Sulpice, ayant à leur tête Gabriel de Quaylus, abbé de I.oc Dieu, arrivèrent dans l'île, mais seulement en qualité de missionnaires car ce ne fut qu'en 1663 que la (ompa^nie de Montréal, dont la communauté de St'SnIpice faisait partie, lui abandonna tous sei droits sur l'île de Montréal. Le Roi confirma on 1677 cet abandon dans des Lettres d'amortissement, et depuis 1663, ep'>n«e-on le Touvernement Royal succéda en Canada au^f'ouvernement féodal, un petit couvernement purement féodal subsista dans . île. Les Messieurs du séminaire nommaient ou du moins présentaient le gouverneur de Montréal, et faisaient exercer la justice par un bailli, officier féodal, qui avait sesotHciers subalternes. Cet ordre de chose dura jusqu'en 1693. La Compagnie de St. bulpice se démit alors de la justice entre les mains du Roi, qui établit un sicge Royal.

Quels furent les successeurs de 1^1. d'Aiîlebout ?

Le vicomte J'Aigenson succéda eii 1658 à JVl. de Lauzon, qui u'uvuit lait que paraître. 11 montra de la vigueur dans ses relations avec les Iroquois, et leur en imposa pour quelque temps.

Est-ce la ce qui se passa de plus remarquable sou,.^ sou gouvernement?

En 16.59, Ale.vandre VII, alors souverain pontile, songea aux besoins spirituels de la iNouvelle France, et résolut d'v envoyer un vicairu-apostolique. Le choi.v tomba sur 1- rançon? de Laval Montmorency, d'une des plus I lustres maisons de France, qui vint en Canada sous le nom d'évèque de Fétrée. Le Canada fut depuis éri;ré en évéché, et le siéire^episcopal fi.vé à Québec ; mais ce ne fut quen lC/4, parce que le souverain pontife voulut que cet évéché dépendit immédiatement du Saïut Siège, et que Louis XIV n\consentit enlîn qu'après quelques années do .legocat.ons.-En 1639, année de l'arrivée lie 1 cvtque de Fétiée, Mademoiselle Mai-e <im avait déjà fondé l'Ilôlel-Dieu de MoiUleal V amena trois religieuses tirées du couvent de La Flèche. La sœur Margueriio liou.geois y avait fondé dés 1C33 la Congrégation de Îsotrc-Dame. °

Comment le baron d'Avaugour si'nala-t-il t-oii admniistration ?

Le premier hoiii de ce seigneur, qui succéda LU vicomte d'ArgeiiiOu'en 16CI, fut J-

visiter tous les postes de son gouvernetrenf, après quoi il fit d'énoraiques representatioVi-, A la compagnie des Cent Associes et ait itci Fur l'état de faiblesse de la colonio, et députa en France, le sieur Pierre Boucher, gon- Tcnieur des Trois Rivières, l'un des preraieis historiens de la iXouvelle France, et ancctro d'une des princip.nles familles du Canada. -Ce ci'nyen illustre fut bien accneilli en France, et l'on lit passer en Amérique une recrue de plus de quatre cents pe; sonnes.

La joie que causa l'arrivée de ce secours ne fut-elle point troublée par quelques dissentions entre les premiers dignitaires de la colonie? 1 ir I

Les Touvcrneiirs avaient ordre de ilctendr; auK colons de vendre do l'eau-ile-vte auv sauvages, et le baron d'Av.-xugouren paiticnlier. avait décerné les peines les plus grave.» contre les contrevenans. Afais il se relach.-i ensuite tellement, pique de l'inteiccssioii d'un ecclésiastique eu faveur d'un délinquant, que l'évêque de Pétrée n'ayant pu ,e ramener à la raison, passa l'océan pour porter ses plaintes de pasteur au pied du trône. Il eut sain de cause, comme ceia devait être, puisqu'il avait pour lui les sages uisttuctions que b Roi et la Compagine araient cru devoir donner an\ gouverneurs. Lo bar«ii d'Avanjonr fut nicmc rappelé.

Quels' phénomènes extrannlinaires figna- Icreut les années 166'I et 1G63 '

-.11^ .■»;a.:^iW.rjî^t;^ ,,-

Ces années furent remarquables par de tiolens tremblemens déterre et par divers phénomènes ignés qui jetèrent l'épouvante parmi les colons.

Quand le gouvernement féodal fut-il remplace en Canada par le gouvernement roval ? Jusqu'en lbG3, le Canada avait été mu- Verne feodalemeut par la Compagnie des Cent-Associea, qui fesaif rendre la iustice par un grand sénéchal, qui résidait a Quéoec, e! qui avait un lieutenant auv Trois Rivières. Elle présentait au Roi le gouverneur de la colonie, qui se lésait assister dans les amures par un conseil dont le grand sénéchal et le premier supérieur ecolésiastinu» (qui était, avant l'érection de la Nouvelleri^tr? ^" ''"''"^' apostolique, le supéneurdes Jésuites) étaient membres de dioit. 1. r 1 ^^^''li'^P"'' ^"ïiiblie par la mort du ca dinal de Richelieu, ayant rAal rempli ses obhgat ons, le Roi se saisit du pays, et y envoya M. de iMezy en qualité de gouverneur royal, accompagné d'un commissaire char- Mm ^'"" P«ses«ioi du pays en son

Ne se disposait-il pas cependant à reconoeder le pays a une nouvelle compa-nie? ,t„ r ''i ^"".'^f'^^ Je pays à la Compagnie des Indes Occidentales en pleine propdéié et justice comme à la précédente compa-nie, mais ces prérogatives n'étaient que sur 1^

lapier, puisque le lieutenant général civil et ;riminel nommé par la Compagnie n'empêtha pas que le Roi érigeât au mois de mars 1663 le conseil souverain de Québec, et que ce prince avait résolu d'avoir un intendant cans le pays.

Qu'était-ce que l'intendant?

L'intendant était un grand ofRcier de la Couronne chargé de voir à la bonne administration de la justice et de la police dans une province, et ordinairement aussi de l'administration financière. Le Canada fut ainsi administré depuis Tan 1663 jusqu'à la conquête par une succession de quatorze iiitendans, qui géraient les affaires conjointement avec, et quelquefois indépendamment du gouverneur, qui n'avait de pouvoir sans paitage que sur l'armée, ot lepiésenlait les ducs des bas siècles. L'intendant portait le titre de IMonseigneur.

Quels furent les premiers iutendans ? '

Le conseiller Robert, premier intendant, ne vint pas en Canada, et fut remplacé par Jean Talon, conseiller d'état et privé du Roi, delà famille des célèbres jurisconsultes do ce nom, qui parut dans le pays en 1665, et y fut créé baron des Islets, puis plus tard comte d'Orsainville.

Le Canada n'eut-il pas d'autre? grands seigneurs?

Oui, un Castillion fut fait comte d'Orléans

^ un Rohfneai;, baron Je Bécancouit. gon his amé ,'evint baroa de Poitiieuf. La baronie de Lonijueuil fut depuis érifféo en faveir d an membre de la -rande et ilTu..tre famille des Leraoyne, laquelle se sépara en ditTérentes branches, qui se distinnuèrent par les titres de Lemoyne de Lon^ueùil, de Lemoyen d Ibervdle, Lemoyne Je Bienville, de t>t6. Hélène, &c.

Quel était le caractère Je l'intendant J aion ?

Ce magistral illa^tre, qu'on a appelé à bon droit le Colbert du Canada, porta son attention sur toutes les branches, sur I'ot ^animation judiciaire, sur l'agriculture, sur Tes ressources du pays et ses mines, sur sa o-éoo-,aphie.— Il fit un rappoit de main de°maîtie sur Je Canada, et conseilla à Louis XlV do lie point abandonner le pays à la rapacité d une companuic de commeVco. Il fut heusemeiit appuyé par le :rrand Coibeit, celui de tous les raimstros de Fiance qui ait le mieu^ entendu le système des colonies, et eut assez de crédit pour faire proclamer au moins pour un moment la liberté de commerce pour tous tes habitaus de la colonie.

te système judiciaire n"clait-ll donc pai orçani-:c quand l'intendant Talon vint daii.i le pay5 ?

Mr. de Mczy avait désorsanisé lo Conseil par un coup d'état. Il s'ctail brouillû avec

! révêque de Pétrée, qui était membre du : .-ouvernement, et avait chassé Jeux conseili îers qu'il ne pouvait remplacer sans son con- I cours. Cette affaire le lit supplanter dans le j'ouvememjat par Daniel de Rémi, sieur de C'ourcelles, Mais comme le dan^rer de la colonie était çiand, Ale.xandie de Prouville, marquis de Traey, un des meilleurs otticiers 1 du grand Tureiuie, vint en méir.e temps en quatité de lieutenanl-gènéral ou vice-roi, pour i-.'.furmer contre le précédent gouverneur ; avec M"r. Talon, et voir à ce que les grands desseiiirdu Roi fussent exécutée. Mai= ces Jeux srands hommes ayant tiouve M. de Mezy mort, ne s'occupèrent plus que d'organiser le Canada, et s'entendirent habilement, mais sans égards aux droits de la Compagne i des liiJjs, pour donner les principales sei- I "ueuries non concédées aux ofTiciers du la-

meiix règinunt Je Carignan Salières, suivant en cela la politique Jes Romains, comme l'avoue Talon Jaus un projet de règlement 4)our legouveinement Ju Canada, qui nicrileroit J'c\re célèbre.— Ces seigneurs militaires, les Je Vareimes, Je So el. Je VercUc.es, de Chamblv et autres, inspirétcnt à la popu- I lation. cet esprit belliqueux qui a si longtems

distingué les Canadii;ns.

Quelle fut la constitution du Conseil Souverain ?

Ce conseil se composa d'abord J'J gouver-

'-^iwvi il^i'rjj !L-i ^^^

neur, de l'évêquo ou du premier supérieur ecclésiastique, de l'intendant, de cinq autres conseillers, que ces'dignitaires devaient élire de concert, et d'un procureur-général. Dans la suite, le comte de Frontenac ayant entre-. pris sur l'intendant le Roi déclara en 1675 que ce magistrat en serait président, et remplirait les mêmes fonctions que les premiers présidens des Parlemens de France. Le nombre des conseillers fut aussi porté à sept. En 1705, il y en eut douze, outre les trois grands diprnitaires, dont onze laïcs et un clerc. Enfin, en 175t, pour encourager, comme il est dit, le talent dans les familles du pays, on admit comme assesseurs de jeunes Canadiens qui avaient suivi les conférences du Procureur-Général. Ils avaient des sièges après les conseillers et les soulageaient.

La commission du marquis de Tracy durât-elle bien longtems?

Ce dignitaire ne séjourna que dix-huit mois dans la colonie, et laissa le pays entre les mains de IVL de Courcelles, après l'avoir mis en sûreté contre les attaques dus Iioquois, par la construction, dans des endroits propices, d''s forts do Sorel, de Chambly etde Ste. Thérèse.

Un des hommes marquans de la colonie ne ton)ba-t-il pas encore cependaiit sous le?

cot,ps de ces barbares durant sot. gouverrte-

ment?

lui-même, fut tue P^J «ux. ^,^^

celte mort f»^ ^-f ^l^i'^^e, et qui intro- Hollandais et d'une Iroquoi^e, 1 ^^^^^ ^

,luisit de la ^:°'>^-''"'^-^,V-fm "eu dessein de feu dans les Cantons, ajante ^^ ^^^^^

fondre sur la <^°1'^"'^' J^"T II fut alors as- ^^^'^'^^trf'S comme ambassadeur, SC7 ruse pou 1 /^^om^ ^^ ^.^^^^^ j,

et fut conduit a *^i"f °?^'. - g à sa table cueillit bien, et ^'^'^'^'^X^^^ Mais le avec les P}- --"^r siu t mon du jeune discours étant '"^'^^ j ,^^ écliaulic par deChazy, "" ':^'^/'^,!*"Jécr a que c'était ce le vin, levant le bra, s ec a q ^. ^^

DequeUclats'entouraitle vice-roi dans

les cérémonies V'^^^^^'^f'..^^^ „ardes Il se fesait précéder de v.ug çmq = ^^ portant le mcmecos tnme que la a ^

Lais XIV --"^rs^orut r ch:ivai\ç-

SmpiSnél^^^-nraior, des employé.

àe k colonie et de quatre pages, et ses va'e>s le suu-aiont au nombre de cînq!

■N'y avait-il Aucun espo.T de pouvolriamais Vivre eu paix avec les ïwquL'^ ^

L expédition qu'avait faite cliex "eux la marquis de Tracy n'avait fait sur eux que

qu'on rÇe":?"' '' '' ,"° P^-'--' " qu on put ie^ adoucir par la crainte :-il é ait

aussi peu probable que les Jésuites auelque,ncor.ipa.ables qu'ils fussent comme nr.sionnairespus.ent'llelon.temf^^r:

çne/ eux. C est cependant ce qu'ils tirent le plus souvent en qualité d'umbassadeuset oççasiounellemeut comme n.issiouna é!

en ma,.,e, lU y eurent durant quelque temiK une mission assez suivie, procurèrent Sr" I beaucoup de lépit a la colonie, et é.abhre nt en Canada une tribu d'Iroquôis ch^M en"

f.n L ^™^:""'- Pi-wns, et qui subsiste

encore au moment où la fameuse confédéi^! liou s'eteiut enlièrement. ""icatia

^^ Nomme, quelques-uns de ces missionnai-

leTle. „ : '"bus jusqu'alors inconnue;

uo s iJT- ''.•'^^'"'"'^•' ^^'^ ^'^^'J^'-^' i" IH'r uois, loo Li,rutinaux.

■N'y eut-il pas quelque personnage considérable d'entre les Iroquois qui se fit bapti- <or?

Sous le gouvernement de INT. de Courcelles, Garran'Vuta, un des plus fameux orateurs dps Cinq Cantons, qui avait frayé le chemin aux. missionnaires à Onnontagué, et qui leur avait fait cnnsfrulre nne chapelle, choisit l'ocrasinn d'une ambassade à Québec, pour »e faire bapti-er. On n'oublia rien pour ce- Ipbrer cet événement avec pompe en piésencp des députés de tous les peuples allies de la colonie. L'évèque de Pétrée fit la cérémonie assisté des supérieurs ecclésiastiques, et Garrangula eut pour parrain le Gouverneur-Général, et pour m.aname, Mademoiselle de Bouteroue, fille de l'intendant.

Qui succéda à ÏM. do Courcelles dans le o-nuvernement do la Nouvelle-France ?

" CefulLnuis de nnado, comte do Frontenac, qui vint pour la première fois en Canada l'an 167'2.

Quel est le caractère de sa première administration? . ,

La première administration du comte <lo Frontenac ne fut pas heureuse. Il se brouilla avec l'évoque do Pétrée au sujet de l.-\ traite da l'eau-de-vic, et avec l'intendant Puchcsneaux-, à propos du système judiciaire, prétondant remplir à son gré les places Tacautes fu Conseil, ir-présuma de fairo

tisage de lettres de cachet comme le monarque lui-même, et exila le prccureur-sénéral et deux conseillers. Il fit arrêter le gouverneur de Montréal et l'abbé de Salignac Fénélon, curé de celte ville, et voulut être en même temps leur accusateur et leur juge. — Ces actes arbitraiies ne tardèrent pas à le faire rappeler.

N'arriva-t-il pas sous .son gouvernement nn événement bien remaniuabic ?

Oui, ce fut la découveite du Mississipi, en 1673. — Le P. Marquette et le^ sieur Joliet, négociant de Québec, qui étaient partis à la recherche de ce fleuve sous les auspices de Talon, l'atteignirent le 17 juin. Quatre sauvages, qui les accompagnaient, saluèrent le Meschassebé ou Père des eaux, en lui offrant à titre d'hommage, des flèches, des calumeîs, de brillantes Heurs et des épis de maïs. Joliet, déjà seigneur, obtint l'île d'Anticosti en titre de seigneurie avec haute justice, par des lettres qui lui attribuem aussi la découverte du pays des Illinois.

Quelles suites eut cette grande découverte?

Elle n'eut pas do suite immédiate, parce que Taion n'était plus dans le pays, et que le comte de Frontenac s'était mis hors d'état de s'occuper de cet objet. Mais quelciues années plus tard, Cavelier de La Sale, accompagné du chevalier de Tonti, rocunnul

le Mississipi, prit possession du pays qu'arrosent ses 'rives, et lui donna le nom d^ Louisianne en l'honneur de Louis XIV.— A i,r Canadien était réservé l'honneur de la coloniser.

Qui fut nommé gouverneur et lieutenantgénéral à la place du comte de Frontenac, en

Ce fut M de La Barre, homme d'une grande science et écrivain distingue, qui s'était signalé dans d'autres colonies.

Son administration du Canada fut-elle aussi heureuse? , ,

Non, ce gouverneur s'étant engage dans ■ le centre du pays des Iroquois, pensa y périr avec son armée, et ne la sauva que par une espèce de capitulation, ou du m«''^s par une paix honteuse conclue près de ! anse de Kaihohaigue, appelée depuis par les Irançais Anse de la Famine, a cause des maux qu'ils y soufTiirent.

Quelle fut pour M. de La Barre la consénuence de cette humiliation? ,

Il fut rappelé en 16S6, et remplace fZT 1 • René de Brisay, marquis de DcnonviUe. I Par quelle supercherie ce gouverneur si-

o-nala-t-il son administration ? .

, ° Désespérant de vaincre les Iioqno.s par a force ouverte, il attira leurs chefs "" J" l^: Ca.aracoui, s'assura de leurs personnes dan»

un pûurparler, et les eirvoya captifs en Fiance.

Comm'3nt cet attentat fut -il vengé ?

Par le trop célèbre massacre de La Chine, eu 1639. — Les Iioquois étant descendus uu mmbie de deux mille dans l'île de Montréal, y tirent périr deux, cents personnes et en réJ'iisirent un aussi g.and nombic eu captivi'é.

La m.irquis Je Denonviile était-il encorea cette épjque gouverneur de la colonie ?

Il était encore dans le pays, mais le comte de Frontenac avait été nommé gouverneur et lieutenant-général pour la seconde fois, et il ne tarda pas à débarquer à Québec, où il fut reçu en libérateur â cause du caractère martial qu'on lui connaisi-ait.

Quelles furent lesgiandes actions qui signalèrent sa seconde administration ?

Il triompha du fanieuv amiral Phipns, qui vint en 1690, mettre le siég; devant Québec, et porta la guerre dans la Nouvelle-Angleterre et dans le centre du pays des Iroquois. Les nations sauvages le regardaient comme un homme plus qu'humain, et les Sioux ea particulier, dont on n'avait guère encore ouï parler, lui envoyèrent des ambassadeurs.

Quelle est l'énoqv.e Je la moit de ce général ?

Il mourut e:: Car.,ida l'an 1693.

Quel était "son caractère ?

Louis de Buade Frontenac était grand de tète et de co-ur. «. n lui a reproché avec droit d'avoir trop aimé à comman<ler, et d'avoir porté trop loin les prétentions du pouvoir, mai' ces défauts disparurent avec l'expérience et avec l'âge. Il fut inhume dans l'église des Recollées, qui n'existe plu.', et les' noms de Buade, donné à une rue de Q'iébec, et '-le Frontenac, à un cointé du Haut-Canada, sort les seuls souvenirs qui restent de lui dans le pays.

Le' Canadiens ne coramenÇaieiit-ils pas dé' lors à se sisnaler dans les-arnies?

Le sienr de Longueil, ancêtre des barons de ce nom, et M. Se Ste. -Hélène, que Cha;- Invoix représente comme un parfait chcv.-jlipr, se distinguèrent fort dans l.i défense de Qiébec contre les Anglais. Le ba'on île bécanconrt eut du commandement dans la grande expédition du comte de Frontenj\c contre les Iroquois. Le baron de Pnrtneuf, ron lils, et le fameux d'iberville, potterent la guerre dans la Nouvelle-Angleterre.

Kacon'.er-nous en peu de mots les exploit.s de ce héros Canadien, d'Ibeivillc, que voua venp'.'. de nommer?

Ce Canadien ré'.cbrc (if drnx cxpédilKnts ;:lorlouscs à la Baie d'Hudsnn. et porta l.i rneire en Acadip, dau' la Non vile- An-lr- •".rre et dans File de Terre-Neuve ^vcc uac

promptitude surprenante. Ses exploits nombreux da.ns l'île de Terre-Neuve, d'oii, avec une poignée d'hommes, il chassa presque eutiéiemeut les Anglais, étonnent à bon droit M. Bacqueville de La l'otherie, un des historiens de la Nouvelle-France. Dans une de ses expéditions à la Baie d'Hudson,' il gagna avec son seul vaisseau, sur trois vaisseaux anglais, un combat qui n'a rien de plus glorieux dans la vie de Jean Barth luimême. Dans ces vastes étendues de pays qu'il parcourut l'cpée à la main, il enleva, d'emblée un grand nombre de places fortes et St. Jean de Terre-Neuve elle-même. Si l'on considèie les moyens avec lesquels il agissait, ses actions sont incroyables nonobstant que Charlevoix remarque avec vérité que ses Canadiens étaient pour lui comme la dixfème légion était à César, et prêts à lo suivre au bout du inonde.

Le Canada n'eut-il pas dans le mémo temps quelque héroïne célèbre ?

On doit appeler de ce nom IMadam.e et Mademoiselle de Verchèics. En 16!)-2, les Iroquois parurent à la vue du fort de ce nom, tandis que tous les hommes étaient dehors occupés poui la plupart aux travaux des champs. Mademoiselle de Verchéres, âgée seulement de quatorze ans, en était elle-même à deux cents pa-:. Elle eut assez de courage pour rasdcmbler quelques homme

et servir elle-même un canon — assez de bohlieur pour repousser les sauvages. Deux ans auparavan;. Madame de Verchéres avait eu le même courage et la même fortune. Ces faits sont consiLTués dans le Dictionnaire des tsiéges et Batailles.

Ne s'élevait-il pas alors une nouvelle maison canadienne plus illustre que toutes les autres ?

En 1687, aniva en Canada avec le titre de commandant des troupes, le chevalier de Vaudreuil, ci-devant maréchal des logis des mousquetaires, et qui s'était fort signalé au siège de Valencienues. 11 s'établit en Canada, y épouaa une canadienne, et devint gouverneur de Montréal, puis gouverneurgénéral, comme le fut aussi un de ses fils.

Mais par qui le comte de Frontenac avaitil été remplacé ?

Il avait eu pour successeur Mr de Calliéres, militaire d'un grand mérite, qui avait été gouverneur de Montréal.

Quel événement heureux signala son •jouvernemeut ?

Ce fut la paix de Montréal avec les Iroquois, eu 17U1. — Elle fut la conséquence de la paix de Uiswick entre Guillaume III et ses aillés d'une paît, et Louis XIV.

' Cet accord ne devait-il pas avoir l'effet d?

îTôssir beaitcoiip ]r\ popuLriInn par la clëlivraiice d'un grand nombre rie prisonnier? !

San-i doute; rrlai.s quand nn rappela les captifs, on vit avec surprise qu'un grand nombre prcféicrent la vie sanvase à la vie civile. Ils furent nommés "coureurs de boi?." On vif parmi eux des hommes marquans, tels que le baron de St. Castin, qui épousa une Abéiiaquise, et son fils, qui se rendit célèbre sous lu gouvernement de M. de Vaudreuil.

La paix ôta-t-elle aux Canadiens toute occasion de se distinguer ?

Le retour de la paix fournit à d'Iberville de nouvelles occasions de servir son pay.s natal et la métropole.— Il restait à recoimaître l'embcuchure du .Mississipi par mer, et à profiter des découvertes que l'on avait déjà faites. Etant paseé en France, cet homme capable de fonder con-.me de dctruirî, proposa l'expédition â M. de Ponchartrain, mmistre de la marine, et en obtint deux vaisseaux. Avec ces faibles moyens, il réussit dans son projet, et fonda la Louisianne, où il bâtit quatre ou cinq forts, entre autres celui da Mobile, qui devint pour un temps le chef-lieu du pays.

IVr. de Callières gouvorna-t-il Ionstcm;is la iVouvelle-Francc ?

iVnn, il mourut en 170."?, avec la rrpiUalinu d'un bon capitaine, n du pluô sa:;e gouvcrn^-urqu'eùl possédé la coinnir. û marquis ■ie Vaudreud lui juctéd.i, et .AL de Ramznv.

d'une illustre maison d'Ecosse, et ancêtri d'une des principales maisons canadiennes, jiassa du oouvernemeut des Trois-Rivié.-es a celui de Montréal.

La paix régualt-elle encore en Europe?

Non, la guerre de la succession d'Espagne venait de s'allumer et fit renouveller les iiostilités en Aménque. Un .\nglais nommé Vetch, traça un plan pour la conquête du Canada; mais les troupes qu'on lui avait promises ayant été envoyées eu Portugal, les etforts des Anglais se bumé.ent à deux attaques infructueuses contre l'.\cadie, tandis que les Français, de leur côté, attaquèrent en vain l'île de ïerre-^euve.

Le chevalier d'Iberville vivait-il encor^ à cette époque ?

Ce grand homme, dont les services avaient été reconnus en France, com.mençait à figurer dans la guerre de succession, mais il mourut à la Havane, en 1706, après avoir enlevé l'île de Nièvre aux .\nglais.

Ne fut-il pas suivi de près au tombeau par un homme non moins remarquable dans son état î

Oui, le Canada perdit en 1703, son preinier évéqUG.— Mgr. de Laval Montmorency i-iait un prélat qui marchait en tout sur les traces lies pasteurs de la primitive église, et qui mériterait que sa vie fut bien écrite. Il i:â se mêla avec ardeur du gouvernement,

dont il était membre, que pour le soutien de la morale, mise en péril par le traffic des li-

queurs enivrantes. H s'était démis de

son eveche en faveur de Jean Baptiste de La Croix Çheyrieres de Saint Vallier, aumônier de Louis XIV, qui fut quelque temps prisonnier des Anglais.

Ceux-ci n'eurent-ils pas quelque chance ae conquérir le pays en 1710 ?

Cette année même, le gériéra) Nicolson,

Aî^rrh'"" "u":-' ?" ^"™P'^ «""« 'e fameux iMarlborough, fit la conquête de l'Acadie, et marcha contre le Canada, pour agir de côncer avec une flotte de 95 voiles aux ordres de 1 amiral ^\ alker, portant une seconde armée commandée par le général Hill. Jlais cette flotte fit naufrage dans le fleuve St Laurent, vis-à-vis des Sept îles, et perdii huit gros vaisseaux et 3000 hommes. L'amiral U alker n'osa rien entreprendre après ce desastre, et le général Nicolson, trop fai- Die pour attaquer seul, se vit contraint de se retirer sans avoir rien fait.

Cette expédition ne donna-t-elle pas occasion a la ville de Québec de se signaler de quelque manière?

Le bruit ayant ccuru que les Anglais préparaient un nouvel armement, le marquis de Vaiidreuil trouva dans la bourse des citoyens de yucbec une somme .le .50,000 écu.s pour augmenter ses fortifications.

Comment la guerre se termina-t-elle ?

tlle finit par le fameux traité d'Utrecht, par lequel l'Acadie fut finalement cédée à l'Angleterre, et a toujours.. jorté depuis le nom de Nouvelle-Ecosse.

Qu'arriva-t-il en 1717 ?

M. de Vincennes, ofncier canadien, fonda sur la Rivière Ouabache un établissement qui fut nommé de son nom (Poste Vincennes) et qui est aujourd'hui un poste américain important. La même année, ?,L Lemoyne de Bienville, frère du célèbre d'Iberville, eut la gloire de fonder la Nouvelle-Orléans, aujourd'hui une des principales villes de l'Amérique.

N'y eut-il dans ces temps-là que les Canadiens qui se distinguèrent ?

Non, le célèbre P. Lafitau, bien connu par son livre sur les mœurs des sauvages américains comparées avec celles des peuples primitifs, découvrit dans les forêts du Canada le ginseng, plante qu'on avait cru appartenir exclusivement à la Corée et à la Chine, et il écrivit à ce sujet un mémoire intéressant.

Avait-on achevé les fortifications projetées de Québec?

Ou les avait discontinnées, mais on les reprit en 17i(), sur les plans de U. Chausôegros de Léry, habile ingénieur, lesquels furent jugés préférables à ceux do ^LM.

Bea»cou:t et Levasseur. Ce gentilhomme

fut l'ancêtre d'une des plus illustres familles du Canada : elle devait fournira Bonaparte un de ses premieis ingénieurs. Les ouvrages en bois, érigés autrefois pour mettre Slontréal à l'abri des attaques des sauvages, furent remplacés vers le même temps par une muraille en pierre, avec bastions, aux frais du gouveinement, des ÏM.M. de St. Sulpice et des habitans, en vertu d'un arrêt du Conseil Supérieur.

Dans quel état était alors la colonie ?

Ce pays se trouvait dans la situation la plus heureuse, peut-être où il eût jamais été, remarque Charlevoi.v. Québec comptait plas de 7000 habitans et Montréal 3000. En 17'2-, deux vaisseauK de guerre et six navires furent construits à Québec. Dix-neuf vaisseaux sortirent de sa rade, cette même année, chargés de productions du pays, comprenant des pelleteries pour la France, et des provisions de bouche pour les Antilles.

L'écrivain que l'on vient de citer a-t-il été un homme remarquable ?

Oui, les Canadiens ont avec raison un grand respect pour Charlevoix, membre illustre '.e la Compagnie de Jésus. Il vi.sita le Carrada en 17-0 et en 17'2I, et en devint le prinr-ipal historien, comme il le fut aussi du Paraguay.

Que se passait-il vers ce temps-là à la Louisiane ?

Les Canadiens se signalai -nt vers l'embouchure du Mississipi et sur les côtes de Floride.

Quels furent ceux qui se signalèrent davantage ?

Ce Turent JI. de Bienville, qui eut pendant quelque temps le gouvernement général de la Louisiane, et qui triompha des .\libamons, des Choctas et des Natchez — Serigny et Chaleauguay, ses frères, et Dugué de Boisbriand, gouverneur du pays des Illinois.

Racontez quelques-uns de leurs exploits.

Seriitny et Chateauguay prirent Pensacola, fui s'était renfermé Don Juan de Matamoras. Alfonzo Carascosa, envoyé avec une escadre par le marquis de Valero, vice-roi du Mexique, reprit lu place, et s'avança même da.ns la Louisiane, mais il fut repoussé à Tile Dauphin par Serigny, et à Mobile, par le sieur de Vilinville. M. de Bienville, qui observait ses mouvements, s'emba'-qua sur une escadre frznçaise, aux ordres du comte de Champmêlieu. L'escadre espagnole fut détruite, et Pensacola succomba une seconde fuis. La paix se fit en ni? ; le sieur de Chateauguay fut alors fait gouverneur de Mobile, et Serigny admis dans la marine royale comme (rapilaine de vaisseaux. On fit chevalier de St. Loiiii ie siotir .luchf'ciii

de St. Denis, qui avait été employé quatorze ans à la Louisiane, et dans deux missions importantes auprès du vice-roi du Jlexique.

Qui gouvernait alors la Nouvelle-France ?

C'était le marquis de Beauharnais, dit-on fils naturel de Louis XIV.

Que se passa-t-il durant les premières années de son gouvernement?

En 17'28, îrL de Ligneris, canadien, triompha des Outagamis et des Saukis. Précédemment le gouverneur avait envoyé le baron de Lcngueil chez les Iroquois pour tâcher de les persuader de souffrir qu'on reconstruisit le fort Niagara, autrefois bâti par le marquis de Denonville, et ce seigneur fut assez adroit pour 3' roussir. En 1731, le fort de St. Frédéric fut construit à la Pointe à la Chevelure pour tenir en respect les Anglais, qui avaient construit le fort Oswego.

Qu'y a-t-il à dire pour l'histoire ecclésiastique du Canada à celte époque ?

JVIgr. de St. Vallier était mort depuis longtemps après avoir fondé THopital-Général de Québec, et la maison des Ursulines aux Trois Rivières, en 1697. Msr. Duplessisde Moruay lui avait succédé, mais ne vint jamais en Canada. En 17:^5, Benoit XIII, alors souverain pontife, sacra lui-même, durant les solerjnités de Noël, Ilerman Dosquct, prêtre des lMis;>ions Etrangère.^, évéque do

Samos et assistant du trône pontifical ; ce prélat administra la Nouvelle-France jusqu'en 1733. Il devint alors évêque de Quebec et résigna en 1739, en faveur de François Louis de Pouroy de l'Auberiviere, docteur de Sorbonne, qui mourut la mcme année, en exerçant son zèle sur un vaisseau mfecté, âgé seulement de vingt-neuf ans.

Quand les mines des Trois Rivières commencèrent-elles à être exploitées ?

Ce fut en 1739. .

Que se passa-t-il de remarquable en 1743?

Louis Fournel, canadien, découvrit la baie des Esquimaux ou de Kenessakion.

Les AnMais ne firent-ils pas éprouver aux Français un grand revers peu de temps

après ? ., , •

Oui, en 1745, la milice des provinces anglaises, soutenue par une escadre royale aux ordres du commodore AVarren, fit la conquête de Louisbourg, forteresse élevée a grands frais par la France, et où s'était renferme le ffénéral Duchambon.

Les Français no firent-ils aucun effort pour reprendre ce boulevard ? ...

Les Français, ranimés par la victoire de Fontenov, remportée sur les Anglais en Europe, fo'rmèrent le projet de reprendre et. Louisbourg et la Nouvelle-Ecosse.

CettG entreprise fut elle coumiince de Buccés ?

La France envoya d'aboiJ sous lo=! ord es •du duc d'Anville et de M. àe la Junrniiére, nomme gouverneur-général à la p'ace de M. de Beauharnaii, une tiotle formidable. Mais elle essuya des tempêtes et des malheurs inouïs. Le duc d'Anville mou-ut de chagrm à Ché.labouct u, le vice-atuiial Des- ■tournellesse donna la mort, et M. de la Jonquiére n'osa rien entreprendre à cause do l'approche d'une tiotte anglaise.

Cet armement imposant ne devait-il pa.i ■ encore être soutenu par les Canadiens ?

Trois mille hommes de débarquement que ■portait cette flotte deraient être joints par un •^rand corps de Canadiens et de sauvages ?arti du Canada sous les ordres ri,; iM.'de Kamzay, qui, après une marche célèbre au •cœur de l'hiver, ne laissa pas de remporter •lue victoire signalée sur les Anglais commandés par le colonel Noble. Les raquettes dont les canadiens s'étaient munis leur donnèrent un grand avantage sur l'emieini. Que devint M. de la Jonquiére ?

De retour en France il fut nommé viceamiral, sans cesser d'être gouvernour-sénéral de la Nouvelle-France, et reniit^à la voile; mais rencoiitié par les amirau.v Anson et Warren sur les côtes de Galice, il fut force de se renJre après un combat acharné.

Les Français mettent partout de l'esprit. Deux vaisseaux fiançais s'appelaient 1 im l'Invincible et l'autre La Gloire ; M. de la Jonquiére dit à Anson : "Vousavez vauica l'invincible et la gloire vous suit.

Le Canada demeura donc sans gouverneur

résident? .-,-,,

Non. Louis XIV nomma en li47 le comte de la Galissonnière gouverue^ir supp.eant. Quel était le caractère de te gouverneur? Le comte de la •Galissonnière et.aïf un homme très biillant; mais il fut la cause première de la peite du Canada pour la France. Il conçut avec génie le plan hardi d'envelopper les possessions britanniques d'une chaîne de forts qni commenceraient 'aux "rands lacs et s'étendrait d'un cote jus- Gu'aTOcéan Atlantique, de l'autre jusqu au golfe du Mexique. Le ministère approuva cette conception gigantesque, mais sans avoir l'énergie nécessaire pour parvenir a soa but: on n'exécute pas un pareil plana^ecr une poianèe de soldats. De leur cote, les colonies^anglaisos alarmées pour leur existence même, ne se donnèrent point de re.ache, et firent résoudre la guerre. Les colon?, moins propres aux armes que les Canadien-, furent souvent battus, mais, comme 1 a di. Bonaparte, c'est toujours le grand nombre qui l'empo.te à la fin sur le petit. iMa Siu leurs défaites, les Anglais consctvcieu. tou-

i jours l'idée fixe qu'il leur fallait conquérir le j Canada, et ils portaient de temps à autre ! des coups décisifs qui pouvaient faire présaj ger facilement à qui ces vastes régions devaient appaitenir finalement ?

Le comte de la Galissonnière avait-il séjourné longtemps dans la colonie ?

Non, il n'y était demeuré qu'assez de temps pour mettre en marche son projet, et avait élé remplacé par M. de la Jonquière, qui avait recouvré sa liberté à la paix d'Aixla-Cliapelle, par laquelle Louisbourg fut restituée a la France.

Quelle fut la conduite de M. de la Jonquière dans la question des frontières ?

Il hésita d'abord à poursuive l'exécution du plan conçu par M. de la Galissonnière, mais il fut biâmé par les ministres, et se trouva forcé d'agir contre ses convictions.

Quand mourut-il, et quel était son caractère 1

M. de la Jonquière mourut à Québec en 175^î, avec la réputation d'un bon capitaine et d'un homme doué de prudence, mais son avarice sordide, le népotisme, le péculat même, auquel il no craignit pas de se livrer, sont du grandes taches à sa mémoire. Il fut i nité par l'intendant Bigot, et c'est sous son gouvernement enfin que la corruption commença à se montrer à découvert chez les fonctionnaires publics.

Par qui fut-il remplacé ?

Charles Lemo)-ne, baron de Longueil, Canadien, alors gouverneur de Montréal, prit en main les rênes du gouvernement en attendant l'arrivée <Iu successeur de JI. de la Jonquière, qui fut le marquis Duquesne de Menneville, de la famille du grand homme de mer de ce nom.

Comment ce gouverneur se conduisit-il ?

Nommé sur la recommandation de M. de la Galissonnière, il entra avec ardeur dans Bon plan, et alla jusqu'à construire le fort de Bon nom, dans un lieu reclamé comme fesant partie de la Virginie, et à faire évacuer do force un petit fort bâti par les Anglais, qui se mirent à construire le fort Necessitr, et y envoyèrent George Washington, depuis si célèbre. HI. deJumonville, sorti du fort Duquesne avec quelques troupes, vint lui défendre de passer outre, mais les Anglais étaient si exaspérés qu'un mouvement général d'indignation et une décharge furent la réponse au mandat du jeune officier qui fut tué avec quelques-uns des siens, et le reste pris. Cependant Washington fut battu par i\I. de Villiers, qui fut envoyé contre lui avec des forces supérieures, et contraint do retourner sur ses pas.

Les choses en demeurèrent-elles là ? Non, dans une convention tenue à Albany, en 1751, Benjamin Franklin proposa uue fé-

{ dération des colonit ? pour organiser ane foite : résistance aux empiétemens des Françnis; les deux n^itions Sf préparèrent aussi à la ■guerre en Europe, tt dépêchèrent en Amérique des flottes cou^idérahles. Celle d'Angleterre, sous l'amiral Eoscawen, enleva a celle de France deux vais-eaux chargés d'ingénieurs et de troupe'. Cet incident amena une déclaration de guerre.

Par quel fait d'armes donna-t-elle occasion aux Canadiens de se signaler ?

Le général Braddock, officier expérimenté mais inaccoutumé à la guerre d'Amérique, s'étant engagé avec son armée dans un défilé des monts Alle^hanis, méprisant les avi de Washington et des officiers p'ovinciaux, tomba dans un piéije que lui avait tendu M. de Contrecœur, d'une famille anohlie en Canada, et fut défait par un simple détachement aux ordres de î\I.\î. de Eeaujeu et Dumas. Les restes des Tsincus se reti'èrent avec précipitation, communiquèrent leur désordre à un corps considérable, qui était resté en arrière, et ne s'arrêtèrent qu'au fort Comberland, à cent vingt milles du champ de bataille. Pour le général Braddock, il avait expié son erreur en cherchant la mort, qu'il trouva après avoir eu cinq chevaux tués sous lui. M. de Boaujeu 'qui s'était couvert de gloire Av.na cette journée, paya aussi de sa personne ot fut blessé grièvement.

Quels furent les autres événemeni de cette campagne ?

Le baron Dieskau, officier recommandé par le maréchal de Saxe, ne fut pas aussi heureux. Il fut fait prisonnier par le général Johnson et perdit huit cents hommes dans une bataille livrée prés du lac George, le 8 septembie 173.5, et dans une sortie de la garnison du fort Edward, qu'il était chargé d'attaquer.

Le marquis Duquesne était-il encore gouverneur de la À'ûuvelle-France à cette époque ?

Non, le marquis de Vaudreuil, né à Québec et gouverrieur de la Louisiane, avait été nommé pour le remplacer, et ses provisions datées du 1er janvier, avaient été euresistiées au Conseil Supérieur, le 13 juillet 1755. Il soutint la fortune chancelante de la France en ce pays, en fesant faire en deux endroits des diversions capables de tenir les Anglais dans l'inactivité : l'une était conduite par M. de Villiers, et l'autre par M. Chausscgros de Léry, fils du célèbre ingénieur.

Qu'est-ce qui contribua surtout à sauver la colonie à cette époque !

» Ce fut l'arrivée du marquis do Montcalin et du chovalier de Leriâ avec un corps J<j troupes.

Quelles furent les acliviii de Jlontcaini ?

'■tKCîV!*^

Lea premières années de son généialat furent marquées par d'éclatan.s succès. Il força à. la retraite le lord Loudon, général de l'armée anglaise, prit et démolit, en 1756, les forts Ontario et Osweijo, puis le fort George l'année suivante, à la vue, pour ainsi dire, de l'armée du général Webb : des ma- ■gasins immenses, quatre cents canons furent le fruit de ces victoires. Les drapaux furent suspendus, comme trophées dans les églises à Québec, à Jlontréal et aux Trois Rivières.

Tant de gloire mit-elle en sûreté le Cana- ••da contre les attaques des Anglais ?

Un seul homme fit plus de mal aux Fran- •çais que n'auraient pu le faire les armées ^anglaises. Les victoires de Montcalm firent (chanceler le ministère anglais. William Pitt, lord Chataara, homme doué au suprêma degré du génie de la guerre et du gouvernemeiit, parvint au ministère, d'enseigne dans les gardes qu'il avait été quelques années auparavant. Il remodela l'armée et discerna parmi les jeunes officiers les hommes capables de commander.

Quels furent ses premiers effiirts ?

Il orgapisa trois expéditions simultanées. La première sous l'amiral Roscawen et le général Amherst, conquit de nouveau Louisbourg. Le brigadier Wolf qui devait bientôt s'iiiimortaliser, recueillit une partie de la gloire de cette entreprise. La seconde sous

le général Abercrombie. ne se laissant pas décourager par une défaite, s'empara du fort Frontenac, où étaient les principaux magasins des Français, et assura en quelque sorte par là le succès de la troisième expédition, qui, 'sous le général Forbes, fit tomber ce fameux foit Duquesne, cause principale de la guerre.

Les Français eurent-ils dans cette campagne aussi peu de gloire que de bonheur ? ° Non, la gloire de leurs armes, et la réputation de ^lontcalm furent sauvées et augmentées par la victoire mém.orable de Carillon, où 170C0 a.iïlr.is furent repousses avec désastre dos rëtranshemens français défendus par 4000 hommes, après six heures d'un assaut obstiné. Cette bataille mérite d'autant plus la célébrité que c'est la première fois que les Français ont eu le bonheur de vaincre dans les mômes proportions numériques que les Anglais à Crecy, a Poitiers et à Azincourt. On dit que ce furent les milices canadiennes, sous MM. Raymond, de St.Ours, de Lanaudière et de Gaspé, qui eurent l'honneur d'achever la déroute do l'ennemi.- Mais cette grande victoire ne lit tout au plus que retarder d'une aiiuôe la conquête du Canada.

A quelle époque fut livrée cette bataille? Elle eut lieu le S juillet Î75S.

Quel fut le plan de campagne de Pilt pour l'année suivante ?

Le général Amherst eut ordre de renou- Teller Fallaque contre Carillon, pour aller ensuite faire sa jonction avec Wolf, qui était chargé d'attaquer Québec. Le général Prideaux allait en même temps conduire une troisième armée contre Niagara. Enfin une réserve se préparait sous le brigadier Haviland.

Quelle expédition fut la première couronnée de succès?

Ce fut celle qui était destinée contre Niagara. Le général Piideaux ayant été tué par un éclat d'obus, le général Johnson, le mêir.a qui avait vaincu le baron Dieskau sur le lac George, pressa le siège avec activité, et se rendit maître de la place, après avoir rempoité une victoire complète sur JL d'Aubiy.

Quel fut le succès du général Amhersl?

Ce gé[iéral força les Français de lui abandonner Carillon, mais il ne put fianchir l'île aux Noix, où IVL de Bourlaraaque, puis M. de Rourgainville avaient érigé de formidables retraneheniens.

Comment Wolf parvint-il à se rend.'e maître de Québec ?

Wolf, repoussé d'abord au combat do Montmorency, g!orieux pour les armes françaises, et dans lequel se signala le plus M. Ua Repentiguy, canadien, depuis brigadier

général et marquis, V-r^--'\T;X\l'Z.

après à gagner les hauteurs d'Abraham, qui e^aîent^face. la partie faib'e de Queb^^^^ forçant l'Anse au For^on ou comn^..Kl,u. M^ de Vergor, neveu de M. de la i

Montcalm crut q-^'j' " ^J^^* ^^^l i^abati-

source V-'-^ ^^^^''.''''%^'%°^Zn de Sennezerdonna avec la vie Le ^a^on ^^^^^^

in,^d^S;Sfl^entbles^mortcJ,e^ tïtret l'armée demeura san^ chef. JNol^

'r' îe'bras de îa vSre. En atten.lant S- "lU fuient," il dimanda ques crier . »■•>' tt j oe. PmncaiSi r°

étaient le. i">?''^^ =" l^'aten" -" Q"oi ! pondit un ofRcer q«^l^,^^°^';„'^,^^'„t, » dit la

eénc.al a"?,'^'\.^;,^,"„\,t'eT. Montcalm eut

^vart fa.te dan. ^e n. ^^ ^.pqu.s do

lincs.— Ap.es ">■ ■ j rallier

Vaudreuil, qui f^'tw ville abandonna le ^'"'"'^^^BeaCrtlffi SeSleprécipicamp de ^"^.^"P"" "Trembles, abandonnant téeàla Pointeaux ^ '';'.'',''- v^^^^^e, et rap-

chevalier de Bernesf, venaient de remettre la ville aux Anglais quand elle arriva.

Le Canada ne se soumit-il pas dés lors au vainqueur ?

Non, M. de Levis osa espérer de reconquérir Québec. Il remporta sous ses murs la glorieuse victoire de Ste. Foy, et n'abandonna le siège qu'en conséquence de l'arrivée d'une escadre Anglaise.

L'armée française renonça-t-elle alors à défendre le pays ?

Non, M. de Levis ayant laissé M. Dumas dans le gouvernement de Québec avec un corps d'observation, distribua son armée dans celui de Montréal. Mais le général Amherst ayant enfin franchi les obstacles, s'avançait à marches forcées. Le brigadier Haviland arrivait à La Prairie. Enfin le général Murray venait de Québec avec toutes les troupes disponibles. L'armée française retraitait de tous côtés devant eux, et se concentrait à Montréal, oii elle se trouva pour ainsi dire er.veloppéc. Cette ville était loin d'être une place forte, comme il est dit dans le Dictionnaire des Sièges et Batailles.

Levis, hii-inême, qui ne respirait que la guerre, n'espéra pas de la défendre ; mais il proposa de se retirer dans l'ile Ste. Hélène, et (l'y défendre jusqu'à l'extrémité l'honneur des armes de Franco. Le marquis de Vauilreuîl, avi;c plus de jugement, ne pensa plu?

nn'à oMenir pour les Canadiens les meiUeu-

!^drïS:nuiaïïin,=?

^h^rn^^^^^e^S Tu êavada qui fut 'jéfimtrvement cedc a l' Angleterre parle traite de paix de l-b3.

Quelfe fut la conduite du général Amherst après la capitulation de Montréal ?

Il conserva la division du paj= en trois Ju-erâ'mens,etyplaçaseslieutenans.

Quel incident remarquaWe de l'année

^^?4fu:ym:r?^S^i^'^>-ie.d.

Canada.

Comment la justice fut-elle adniinistréo depunaconqnête jusqu'au traite de 1.63,

°Xtïînil1'cette période de temps le nomd^ 4ne militaire, mais cetU,.U.^a-

tion n'est j istc qu'en ce sens que AcM taires fe^ai-nt l'office de juges, et le Uoneur Labde un de nos écrivains, arcmarque a ec ïi'q'e le régime de cette 6,^que e^ar bien préférable à celui qui tut etab.i plu» l tard.

Que fit le général Murray * Q"Ç\^':'=^ ,^

Ce "éuéraf établit un conseil qu il -ipr^-^

queWuo fois Cour Martiale «' C--.U o

GucrSe, mais souvent aussi Con.cil .upc

tâenr, dont il était en effet comme la continuation, n'en différant presque pas qiant au nombre de séances et quant a sa forme. Les conseillers étaient des officiers de l'armée, mais ils étaient tenus de juger selon les lois françaises, la Coutume de Paris, partL?ulièrement, conformément à la capitulaion de Montréal ; et comme ils ne connr.issaient point ces lois, les jugemens leur étai.'nt pour ainsi dire dictés par le procureur-gé.iéral et par les assesseurs, qui ne disparurert point. Il y eut deux procureurs-géuérau'; canadiens, qui étaient en môme temps Commissaires du conseil ; des prêtres instruits fesaient les fonctions d'assesseurs. — Le général Gage établit dans le gouvernement de Montréalj)lusieurs chambres de justice.

Plusieurs Canadiens distingués ne laissèrent-ils pas le pays lors de la paix de 1763 ?

Oui, de ce nombre furent Jacqui^s Bedout, de Québec, depuis contre-amiral, P. Martin, qui devint vice-amiral, Jacques Grasset Saint Sauveur, de Montréal, François Joseph Chaussegros de Léry, M. de la Corne, qui fut le compagnon du bailli de Suffren dans Sf-s victoires, M. du .St. Simon, compagnon du célèbre de Bougaiiiville, et plusieurs au'.! es.

Qui sont ceux de ces gentilshommes qui so signalèrent le plus dans les armes ?

Ce furent M. da Lcry qui devint lieuto-

i nant--énéral dans l'artillerie el la génie, et , baron°sou3 Bonaparte, srandcroix de St. Louis et vicomte sous Louis XVIIL II commanda ; en chef e sénie en .\ndalou5ie, en Allemagne, en Rulsie, et fut chargé par Napoléon ; Se fortiHar Lyon en 1&13.— L'amiral Martin, commanlant la flotte de Toulon, qui fit en 1795 une sortie heureuse contre l'amital liotham et Nelson dans la Méditerranée, et enleva un vaisseau de 74.— Louis Philippe, marquis de Vaudreuil, après notre gouverneur-'' néral, fut un des plus célèbres amiraux de louis XVI, conquit Sénégal, fil pour huit millions de prises, et combattit avec ' honneur dans les batailles de Cheasapeake de la Martinique et de la Dominique, journée désastreuse dans laquelle il obtint l'éloge (le l'histot.en Anquutil pour la manière dont il sauva li plus grande pa.tie de l'armée navale, après que le comte de Grasse se lut rendu à l'ennemi. Joseph François de Paule, de la même maison, fut pair (le France, lieutenant-général et gouverneur du Louvre.

Par quel n.érite se distingua Grasset Saint Sauveur?

Il fut consil de France en Hongrie, et auteur d'un gnnd nombre d'ouvrages, longtemps rechercléâ, dans le genre Je Ih'.s'.oira el du roman.

Quels furent les premiers Canadiens qui pari'rent a ]a Cour d'Ansluterre ?

Ce furent le chevalier et la chevalière de Lery, qui furent présen-.és à George III.

Quelles paroles obligeantes le° monarque dit-il a Madamede Léry?

Il voulut bien lui dire aue si toutes les (ia,me3 canadiennes étaient semblables à elle, il avait fait une belle conquête.

en'^neT?® révolution le Canada fut-il soumis

Par une Proclamation Royale du mois

1?W 1 ?'°r' '^ P">'^ ^" soul-inement soumis à la législation d'Angleterre, code ditticiie a administrer même^'-1s les Iles Britanniques, à cause de sa comf lication, et auquel les Canadiens ne pouvaieit rien comprendre. Ajoutons que ce code ne leur fut pas même administré par des nomme, de loi, et le seul jurisconsulte anglais qui parut dans le pays fut le célsbreAIaxéres, depuis baron de l'iichiquier en An-Ieterré, et qui fut fait procureur-général. On choisit pour juge en chef un homme pris de justice. Suiviieut des abus auxquels oi auiait peine a croire s. le témoignage de notre célèbre patriote Du Calvet n'était corr^oré par celui du gênerai Muiray lui-mêire. Les Canadiens pouvaient encore et; certains cas recourir au tribunal des seigneurs qui étaient assez riches pour entretenir des oiKciers de

justice, mais les justices seigneuriales furent supprimées par une ordonnance de l'année f Le Canada conserva-t-il ses anciennes limites ?

Pour comble de rigueur, on démembra du Canada T'ie d'Anticosti et la côte méridionale du Labrador ; le lac Champiain et tout l'espace au sud du 4.5ème degré de latitude, ainsi que l'immense territoire à l'ouest du , fort Ossouegatchie Le reste prit le nom de Province de Québec, dont le général Murray fut le prenr.ier gouverneur.

Quelle fut la conséquence de cette démarcation territoriale?

Le Canada fut par là non seulement rétréci, mais fut dépouillé de sources importantes de commerce et de richesses. Les Canadiens sentirent alors l'injustice de ce procédé, et l'Angleterre en reconnut quelques années iprès l'impolitique, puisqu'une grande partie du territoire détaché du Canada resta auï Américains.

Les Anglais étaient-ils cependant bien affermis dans leur nouvelle conquête ?

S'il y avait peu do dangers qu'ils en fussent dépossédé;, ils trouvèrent pouitaut dans lo fameux Pontliiac un ennemi qui aurait pu devenir formidable. Ce chef, ami des Français, avait refusé de se soumettre au major Rogers, envoyé par le général Amherst

ponr prendre possession du Détroit et de Michillim;ikinac. Il conçut le vaste prolet de réunir les tribus de l'est et du sud-onest dans une attaque simultanée et soudaine contre tous les postes que les An- ais occupaient autour des sauvages aux deux extrémités du lac Ontario, au midi et à l'occident de 1 Lrie, autour du i\Iichi-an, sur l'OLi,. l'Ouabache et l'Illinois. '

Quels étaient ces postes ?

On tenait sur cette immense étendue do pays irontenac, Pittaburrr. ci-devant Du quesne BotTalo, Kiagara^ Sando.ke, le Détroit, Michillimakinao, &c.

Quel fut le succès de cette entreprise ?

De onze forts neuf succoipberent, entre autres, Presqu'île et iMicliilli,inlduac. dont le commandant ne dut la vie qu'à M da Langlade, gentilhomme canadifii, fort influent chez les nations sanvages.— Ponlldac parut devant le Détroit où se trouvait le major Gladu-in avec 300 hommts, et se lo^ea dans les faubourgs. Il défit sir B. Devers qui venait au secours de la place, et dans une autre occasion il s'empnia de 30 bâte ux chargés de troupes. Un navire da guerre pamnt à jeter du secours dans la place; le 22 juillet les Angkis rccnreat encore un secours de 300 hommes et altanucrent Pontluac qui 1,^ délit à platc-couîure près d un pont qui retint le aom de Bloody-

Bridge. Le souvcnicur fui tuédan, le comlat." Le Détroit snccomba-t-il ?

:S;Vf:f^.e^rSiS.es,.^elle ron détachement de troop- et de 600 C^

biletè de se faire le cnet s'ipreti.e,^ , au Sault S.e. Marie les depu.es de ^' ^^^"J^" f nations qui firent la pa.K ^^^ '« /J'^ ^f^^l Sir John Johnson, son fils, «e fi^ae.l t.na et joua un rôle dans son histoire.

Oiip devint Ponthiac? . . ,

^rsauvage redoutable retraita v^^^

• fine en lib7 par "" ^ ^^ voulait, en ' voulait servir les A"5la>s- ' '' î

^'emparant du Ï>Ê',™:''.5'^,S,^, f/ = ^out^s

. qitiït pu devenir formidable aux nouv eaux

• possesseurs du Canada.

Le "éné.al Murray était-il encore gouver- . nnur de la province lie Québec ;

1 fut tnpelé au commencement do 1 année 1765;Pr rcnd^e compto do sa conduite.

Quel était le caractère de ce général f On l'a accusé d'avoir été trop ami des eoldats. Mais il fut en même temps l'ar^i des Canadiens, et miligea en leur laveur les rigueurs de l'Angleterre, particulièremen- en émanant avec son conseil une Ordonnance

?oi In nf",- ''"';- ' "f"S° J° leurs anciennes lo.. en mat.cre féodale et dans la possession de leurs biens-fonds. Mais plusieurs de ses ordonnances furent traitées comme nulles à liOndres.

Comment se conduisit-il devant ses ju-es?

Le gênerai Murray alla à Londres braver

es courtisans, et dans .ses réponses au.v in-

errogatoires qu'on lui fit subir, il mit à nu

miquite de la conduite du pouvoir envers

es Canadiens. Il avait reçu avant de partir

les remercimens du Conseil, du clergé et des

habiansdu p.ays, pour son admiiiistiation

équitable II fut remplacé par le brig.idier-

gcneral Carleton, qui arriva à Québec en

Que se passa-t-il de remarquable à cette époque ?

Le 29 mars 1766 fut si^né à Londres pour les Rois de France et d'Angleterre la convention pour la liquidation du papier-monnaio aiipurtenant aux nouveaux sujets de la uranau-bret.agne, convemion qui est mentionnée dans le traité du Droit des Nation.

I du docteur Martens, de l'université de Goël- ! tingue.

i Donnez un mot d'explication au sujet de

; cette convention.

' Dans les trente dernières années i!e la domination française, l'introduction d'un papier-monnaie ou de billets d'une valeur courante avait été jugée nécessaire pour soutenir les dépenses de la colonie. L'intendant Bigot profita de l'existence de ces fonds nominaux pour couvrir ses rapines. Il tira sur la trésorerie. Mais au moment où les Anglais s'emparaient du pays, les Canadiens

; apprirent que les lettres de change qu'il -' avait tirées l'année précédente n'avaient pas été payées, et qu'il ne lui était plus permis de tirer de nouveau. Le Roi fit connaître par le canal du ministre des colonies que le manque de ressources le forçait de suspendre

' le paiement de ces lettres. L'Angleterre obtint aux Canadiens un dédommagement de

.trois millions en contrats et de six cent mille

, livres en argent. ♦

Quel était alors l'état de l'église du Canada X I Ce pays avait été sans évoque depuis six ans. Henri Marie Dubreuil de Pontbriand, ( dernier évcquc sous la domination française, i avait suivi l'aimée à Montréal, après la porte 1 de Québec. Il y mourut en 1700 chez JIM. de St. Sulpice, et fut inhumé dans leur

église. Environ quatre-vingts ans api es, les évêques de Juliopolis et de Telmesse firent la translation de Bes restes retrouvée dans ce temple qui a fait place à la belle basilique qui existe aujourd'hui. Le giand-vicaire Jeart Olivier B:iaud, après avoir sollicité longtemps en Angleterre, et obtenu avec peine le consentement du Roi, reçut ses bulles du pape Clément XIII, et fut sacré à Paris en 1766 par l'évcqiie de Blois, autori;>é par Christophe de Beaumont, archevêque de Paris. Il repassa par l'Angleterre, et débarqua à Québec le 28 juin de la même année.

Quel était le caractère du général Carleton ?

Ce général éta't peut-être encore plus arri des Canadiens que le général IMurray. Il prit part à leurs peine>, et contribua plus que personne à préparer Tacle de 1771, qui devait être un premier pas vers leur affranchissement. Indigné des abus crians qui s'étaient glissés dans l'administration de la justice^ il lit faire une enquête sérieuse. II renouvella plusieurs bonnes ordonnances françaises concernant la police, et étudia avec zèle l'ancien système, se fesant aider par Cugnet, jurisconsulte Canadien iccommandab!e, fils d'un procureur-général de la colonie, dont il encouragea les travaux. Il désira de voir la Coutume de Paris et ses commentaires, abrégés et rédigés d'une ma-

nioc mieux ailaptéd à l'usage du pav?. Ce tiavuil, fait par Cugnet, et d'autres lésistes cairadiens, fut revu en Angleterre par sir Jame:i Marriot, avocat-géiicral, et par Turlinv, alors procureur-général, et depiiis lord chancelier, et le solliciteur-général \Vadderbiiriie, et publié à Lond es en 177.3. Le ré- I gime féodal fut conservé à la suite d'une I enquête, et Cugnet écrivit, toujours à la .solj liciJation du gouverneur, un bon traité des fiefs, adapté au pays, et précieux pour son histoire.

Quels avantages procura aux Canadiens l'acte de 1774 ?

Cet acte du Parlement Impérial leur rendit leurs anciennes lois quant au civil, ne leur imposant que le code criminel anglais, qui passait alors pour préférable aux lois ciiminelles de la France. On ne leur imposa plus de serment qui répugnât trop à leur conscience, et ils purent ainsi accepter des .^ charges publiques. Eu.^n le Canada recou- V vraen partie ses anciennes limites.

Quel navigateur se distingua vers le mêma lemps ?

Samuel îlearne achevait un feu avant cette époque ses voyages de découvertes commencés en 1769, sous les auspices de la compagnie de la Baie d'Hudson. Il était entré dans l'Océan Glacial.

La compagnie de la Baie d'Hudson, don!

eo

vous venez de parler, est-elle bien ancienne? Oui, en 1633, le fameux prince Ruport, neveu de Charles 1er, fonda le fort Charls.-^, et l'année suivante la compagnie do, la Baie d'Hiidson, qui a toujours existé depuis, fut incorporée.

Quel fut Is plus grand événement arrivé

en Amérique en 1775 ? ;

Ce fut l'insurrection des colonies anglaises.

Les Américains ne cherchôrent-ils pas à entiaîncr les Canadiens dans leur révolte?

Oui, mais ce fut avec peu de succès, tant à cause de la maladresse qui régnait dans leurs manifestes, que parce que les Canadiens étaient alors contents du gouvernement et surtout de leur gouverneur.

Que firent alors les Américains ? i

Non coutens de défendre le pays contre les troupes anglaises, ils eurent la .hardiesse d'envahir Te Canada. Deux défichemens de l'armée des insurgés, sous Montgommery, compagnon de ^V'olf au siège de Québec, et Arnold, s'y jetèrent. j

Dans quel état était alors la province? I

Elle était dénuée de troupes. Montgom- '

mery se saisit sans coup fé;ir du fort de St.

Jean, où il ne trouva qu'un sergent et quel- '

ques soldats.

Quels furent ceux qui marchèrent les pte-

iniers à la défense de la frontière au moment (lu danger ?

Les principaux nobles du pays, les de Lott)inière, de St. Ours, d'Escharabault, de Tonnancour, de Salaberry, de Rcuville et de Boucherville, de Lacorne, de Labruère, de Montigny, de Florimont, de la Madeleine, Je Montesson, de Rigouville, et autres, et le baron de Longueil lui-môme, rappelant les temps où c'était la chevalerie qui soutenait lo fort des combats, se placèrent sous les or- 'lies de IL Picoté de Bellestre, leur compa- ''iote, gouverneur du Détroit sous les Fran- ^"ds, et reprirent St. Jean l'épée à la main. Ils le défendirent ensuite pendant deux mois ■lyec !e major Preston, et se couvrirent de L'ioire, car si l'on considère que St. Jean était un mauvais fort, jamais place ne fut mieux défendue.

Montgommery s'était-il borné au sié^e de St. Jean ? ^

Non, il envoya les majors Brown et Livingston s'emparer de Chambly, et le colonel Allan traversa le fleuve pour attaquer ^Montréal ; mais il fut repoussé et pris par Carleton.

Le colonel McLean et M. de Bcanjcu cu- 'enl-ils le môme succès que le gouverneur ?

Non, s'élaut portés contre les .Vméricains ptïur faire lever le siège do St. Jean, ils fu-

Tent obligés do retraiter rers Québec, Penncitti fesant toujours du progrès.

Quelle fut la conséquence de cette retraite?

Elle mit le gênerai Carleton dans une situation périlleuse à INIontréal, et ses troupes qui abandonnèrent cette ville ne tardèrent pas en effet à tomber entre les mains des Américains avec le général Prescolt, depuis un de nos gouverneurs. IMontgommery entra à Montréal le 12 novembre. Dans le même temps, Arnold arrivait dans les environs de Québec, après U' e marche célèbie à travers les forêts qui séparent le Canada des Etats- Unis. Le colonel McLean mettait la ville en défense.

Qu'était devenu le général Carleton?

Ce général parvmt à atteindre Québec, sur un esquif où le fit embarquer le capitaine Bouchettc de Gaspé, et pèie de Parpenteurgénéral, qui le fit déguiser en habitant de la campagne, et le conduisit vi.'s la capitale avec M. Charles de Lanaudière, ai.le-decamp provincial, et un vieux sergent du nora de lîouthiUier.

Quel fut le premier soin de Carleton quand il fut entré sain et sauf à Québec ?

Il fit sortir de la ville ceux qi'i n'étaient pas disposés à la défendre, et flatta le courage des autres.

Que! fut le principal événement du siège î

Ca fut l'assaut du 31 décembre où IMontgommery fut tué avec ses deux aide-docamp, et .Vrnold blessé dangereusement.

Les Américains levèrent-ils le siège? Non, il fut continué l'année suivante par le général VVooster, puis par le général Thoma°.— Duiant ce blocus, l'actif et loyal M. de Beaujeu, peu découragé par l'msucces précédent, était stationné avec des Canadiens sur la rive droite du fleuve, et interceptait les convois destinés aux Américains, comme le reconnaît Roux de Rochelle, envoyé de France aux Etats-Unis, dans son bol ouvrage sur l'Amérique.

Les sauvages ne firent-ils pas une puissante diversion en faveur des Anglais dans celle campagne ?

Oui, sollicités en 1775 par sir John Johnson et AL de Lacorne St. Luc de prendre les armes, ils avaient promis d'entrer en campagne aux premiièes feuilles de l'annea sui'vante. En 1776, ils forcèient le colonel Bedell à capituler aux Cèdres avec 100 hommes et deux canons, et le major Shcrbuino, qui venait de Montréal au secours do Uedcli, eut le même soit.

Quand le siège de Québec fut-il levé ? Le 5 mai, le général Thomas, averti de l'an ivée d'une Uolte anglaise au secours do Québec, leva le siège, "et fut poursuivi par Cdileton, qui lui fit éprouver de grandes pcr-

tes. Le général Américain mourut durant la retraite. Le général Sullivan rencontra avec 4000 hommes les fuyards sur la rivière de Richelieu, et prit le commandement en chef; mais une partie de celte armée ayant été défaite prés des Trois Rivières par le gouverneur qui fit prisonniers un général et un colonel, elle continua sa retraite, évacua Charably, St. Jean et l'Ile aux .\oix, et fut jomte par Arnold, qui venait d'évacuer Montréal. Leurs forces réunies s'arrêtèrent a Ticouderoga et à Crown-Point.

Quel projet forma alors le général Carleton ?

Il résolut de se rendre maître de la navigation du lac Champlain, et pour dérober aux Aniéricains la connaissance de ce dessein, il ht venir d'Angleterre les ancres, les agrès et les bois tous travaillés des vaiïseaux\ui devaient être armés. Tous ces matériaux, après avoir traversé pêle-mêle l'océan, furent transportés par le St. Laurent et le Richelieu, jusqu'au chantier de çpnstruction où il n'y eut plus qu'a les assenôler.

Qu'y a-t-il d'encore plus remarqnable dans cette entreprise ? •

C'est que le capit.aine, depuis l'amir.al I ringle, qui devait diiiger la flotillc, conduisait avec lui le lieutenant Nelson qui fut depi'is un homme si extraordinaire.

Quoi fut le succès de Texpédition ?

le eénéral Carleton s'élant embarqué 5ur la floCiUe, détruisit l'escadrille américaine, commandée par Arnold, dans les combats de l'île Valicourt et de Crov.-n-Point, et lorça le général Sullivan d'évacuer cette place.

Que se passa-t-il en 177S ?

Washington adressa en vain aux Canadiens de nouvelles Proclamations, et le comte d'Estaing, amiral de France, en Ct autant.— La même année, l'imprirr.eiie fut établie en Canada par M. Fleury INIesplet, qui avait exercé son art à Philadelphie, et qui était partisan de l'Angleterre.

Ne fut-ce pas aussi en 1778, que le général Haldimand vint en Canada?

Oui, il succéda eu général Carleton, qui avait demandé son rappel, et l'un de ses premiers soins fut de faire travailler au receiicement de la province qui se trouva contenir 113,012 habitans, . : • ; ■

Qu'y a-t-il de plus remarquable durant so:: administration ?

Les faits les plus remarquables de son administration .sont, l'ambassade que lui envûvèrent les Iroquois pour trouver quelque soulagement aux maux que leur avait causé! l'expédition du généra! aînêricain. Sullivan, l'hommage que M. de Montgolfîer et MM. de St. Sulpice lîrenî au roi .l'Aii;letnrre entre ses ica'ns pour la seigneurie de Pile do Montréal, i ' la noble résistance qi;?

fit à sa conduite arbitraire fie véritable patriote Du Calvet, homme d'une éloquence plus qu'ordinaire.

Qu'y a-t-il de plus à dire de ce Canadien illustre ?

Il ne contribua pas peu à faire rappeler le général ; il écrivit pour le Canada un pian de Constitution qui fut suivi presque en entier en 1791, et sacrifia totalement une fortune immense pour le bien de son pays.

Quel fut le premier Canadien qui fut évoque de Québec ?

Ce fut en 1784, Louis Philippe IMariacheau d'Esglis, déjà évêque de Dorylée, né à Québec en 1710.

Quel fut le nouveau gouverneur ?

Le général Carleton, qui avait été nommé en 17S2, généralissime de l'armée contre les Américains et les Français, et qui avait é'.é fait lord sous le titre de Dorche=ter, fut créé capitaine-général des Provinces de l'Amérique Sontentrionale en 1786.

Qu'arriva-t-11 de remarquable er. 1787?

Cette année, le prince ^Villiam-Henry, troisième fils du roi, et depuis Guillaume IV, Tisita le Canada. Jamais prince n'avait encore paru dans ce pays.- — Cet événement fit sensation parmi les Canadiens, et les habitans de Sorel voulurent changer le nom de cette place pour celui de William-Henry

ou'ella porte ofïicîellemcnt.-La même ; ^nnt! ou^ peu près, la compagn^du No,d- I Ouest commença a acquérir de 1 importance.

I Dites un mot de l'origine de cette compa-

^^A^rès aue le Canada eut passé sous la

Apre= que i= négocians

domiuation anglaise, uc ^..Kpnii les

• canadiens les de Langlade, lc:> labeau, les

' ca s et d™ Canadiens, et deux ans après Peter Pond entra dans le paysd'Athabaska eut iuîes alors, n'avait été connu que 3'ànrès le rapport des Sauvages. En 1. S.,

?I?e;aient à plus de 100,000 livres. En 1793 elle recueillit 106.000 peaux de castor 4 600 de loutre., 17,000 do martres, 6,000 de lynx, 3,S00 do loups-marins.

L'annéa 1791 ne fournit-elle pi' ' l'hi'"

foire (in Canada un événeineut bien niomorable ?

Oui, le Parlement Impérial d'Angleterre^ à la suite des débats auxquels prirent part MIVI. Pitt, Fox et Edmond Burke, trois des plus grands hommes d'état de leur temps, accorda au Canada une constitution dans le genre de celle ds la Grande-Bretagne, et dans laquelle le gouverneur devait représenter le roi, le conseil législatif la chambre des lords, et une assemblée législative, les Communes. — Le Canada fut aussi divisé en deux provinces, de l'avis d'Edmond Burke qui jugea absurde toute tentative de joindre ensemble deux peuples dont les lois, le langage et les mœurs étaient dissemblables.

Quand cette constitution coramença-t-elle à fonctionner ?

Elle commença à fonctionner à la suite d'une proclamation émanée en l'absence de lord Dorchester (qui s'était transporté en Angleterre pour contribuer à faire réussir la. mesure) par le général Clarke, liîutenant- .Souverneur, laquelle annonçait Ja division des deux province.-'. Par une pqclamatiou ^.ubséaueiite, il divisa le Bas-Carfada en 21 e.omlé.<, et le colonel Simcoa, lioutenant- Sfouverneur du Haut-Canada, divisa cette ?ro7ince eir 19 comtés.

Quand la nouvelle lc^i.>latuic comincuca- -'''>U-:ae-ié:;cr?'

Ce fut au rftois d'octobre 1792, dans le' Canada-Supérieur, et le Î7 décembre dan.. Fe Bas-Canada.Le général Clarke ouvrit la-

première session de ^^ÎP^I^'^KITa au château St. Louis de Québec, et M. S A. Panel fut élu premier orateir ou président de la chambre-basse.

Quel grand personnage la ville de Québec eut-lue vers le même temps pour gouverneur militaire? , , . T^J J

Ce fut son altesse royale le prince Edouard,depuis duc de Kent, qui passait de Gibraltar roaébec II reçut au château les respectsde?ofSc?ers civils et militaires, du cierge, dela noblesie et de la haute bourgeoisie.

Quel est le fait le plus remarquable de"

-'"êf ceirVnnôe, M. Mackenzie, au^refoir marchand de Montréal, mais depuis quel-; quesannées un des associés de la compagnie au Nord-Ouest, acheva des voyages de d6tScommWcésenl7S9,etqn,u,-^^ lurent la chevaler.e.Sir Als-x^nde; ^^-'^^^^l^ parti du fort Ch.ppeway surlelac Atnaba.ka, rnrcoirut le lac des Esclave.?, ILnjijah, Tave "a es Montagnes Rocheuses et atte.-- In t l'Océan Pacifique. Ses voyages utiles aTacompa-nie du Nord-Ouest, sous le rap-- Îor t du commerce, enrichirent ausM jusqu;^^ un certain point la géographie et l'ethnogra^ phie. .

Le parlement provincial ne fit-il pid la •mêma année un statut remarquable?

Oui, lord Dorchester et le parlement adop- "tèrent dans cette province contre les étrangers des mesures analogues à celles adoptées en Angleterre par M. Pitt, et suspendant à leur égard VHahuas Corpus, privilège introduit en Canada en 1763, avec les lois anglaises, et renouvelle par l'ordonnance de 1784. Le conseil législatif, dans sa réponse au -discours d'inauguration au géiiéral Clarke en 1792, avait déjà protestè'solennellement

• contre les actes barbares et cruels de la république française. De Larochefoucault Lian-

• court ne p .t pénétrer dans le Bas-Canada en 1795. Mais ce pays fut un refuge pour les prêtres que la convention avait recherchés

, pour les envoyer à la mort, et pour quîlques royalistes. Le marquis de Puisaye vint à Québec après avoir échoué dans l'attaque de •Quiberou. M. de Calonne, frère ou parent •du célèbre ministre de Louis XVt, vint se •distinguer en Canada comme prédicateur.

Le pays fut aussi visité par Chateaubriand.

Quels sont les principaux incidens de l'an- :née 1796 ?

Ce fut à celte époque que lord Dorchester laissa définitivement le Canada, au grand regret des Canadiens. Il mourut en 18u8 avec la léputatiou d'un bon général et d'un administrateur juste, d'aillcur': homme de

■ 1!.'JU„U ,-a.W.

peu d'énergie, mais à qui son épouse, la fameuse milady Carleton, savait coramuniquer toute la sienne. ^ — Il eut pour successeur le général sir Robert Prescott, dont l'administration n'offre rien d'historique. — Il fut formé cette année même un régiment canadien de troupes réglées, sous le nom de Volontaires Canadiens Royau.v, qui eut pour colonel le baron de Longueuil, et pour major M. Louis de Salaberry, respectable vétéran, et père du vainqueur de Chateauguay.

L'année 1796 ne fut-elle pas encore marquée par la mort d'un person[iage qui figure avec gloire dans l'histoire du Canada?

Oui, c'est lejield-mayshal Amherst, baron de Montréal, qni avait eu deux fois avant de mourir le bâton d'or de commandant en chef, et qui doit être regardé comme notre premier gouverneur sous la domination anglaise.

Y avait-il encore en Canada à cette époque des membres de l'ancienne compagnie de Jésus ?

Il y en avait quelques-uns, nue le gouvernement laissait usufruitiers de la plus grande partie de leurs biens, malgré l'abolition de leur ordre. RTais comme ils étaient presque tous morts en 1793, Ja chambre d'assemblée eut la prudence de prcsen'.cr au Roi une pétition pour s'assurer que ces biens ne seraient point, après la mort du dernier membre de la

compagnie, employés pour un autre objet <jne l'éducation de la jeunesse canadienne .pour laquelle ils avaient été concédés par le Roi de France. Le R. P. Jean Joseph Casot, xiernier jésuite canadien, étant mort en ISOO, Ja chambre deiKanda à la couronne commujiication des documens et papiers qui pourraient lui faciliter une enquête sur les droits /]ue le pays pouvait avoir à ces biens. En /jette occasion, le Roi agit avec si peu de vériitable dignité que de répondre que le résultat de 3a prise en considérationdes réclamations delà ■•province avait été l'ordre de prendre posses- Jsion de ces- biens pour la couronne, et qu'en insistant, la chrrabre semblerait se départir <du respect qu'elle avait toujours montré pour les décisions de sa majesté, dans des matières iiiées avec ses prérogatives.

L'année 1S03 n'offre-t-elle rien qui .soit Kiigiie de remarque ?

Il y eut au mois de juin un incendie consi- .dérable à Montréal. L'ancienne résidence et l'église des jésuites, bâties en 1692, et le .château Vaudreuil, bâti en 1723, et servant de .collège depuis 1773, furent la proie des flammes, ainsi qu'un grand nombre de maisonsi — La même année parut une décision du juge-en-"hef de Montréal, déclarant l'esclavage incompatible avec les lois du pays.

La bataille de Trafalgar no fit-ollc pa.i une grande sensation en Canada ou 180G ?

On apprit à Québec cette glorieuse victoire W o ianvier.-Elle procura aui Canadien.

^;cision de donner des marques de l'intere ;.u'ils y prenaient.par des '1 "-nauons e

V'^srdrSh::-pincSça'ïrc:r

é"nemeT\m discours 'très rem'arquable.

EnfinTe' habltans de Montréal, par l'entre- ^le Je sir Alexander Mackenz.e, John G ifespie et Thou^as Forsyth, chargèrent Robert M tchell, artiste de Londres, du monument Nelon en l'honneur du grand homme qui avait navrguc sur le St. Laurent.

Par qui- le Canada était-il alors adm.ms-

''"li avait été administré par sir Robert ShoreMilnes, C^ousles auspices duquel furent pWiés les "Edits et Ordonnances Rovauv") jusqu'en 1S05, puis alors, par ?hoaorable Vhomas Dunn, le pus ancien conseiller,- en- qualité de Président.

A quelle époque la province eÛt-elle un ■nouveau o-ouvetneur-gcncral ! . . i ;,.

En 1807 arriva à Québec le gênerai s.r James Crai., qui avait servi en Amérique, cZui^suhes Hollandais le Cap de Bonne-- ETpl^ance, et commandé l'arn.ce anglaue en Sicile.

Jusqu'à qucllo époque govjvotna-t-il k tjays ?

L'apparence d'une rupture a.vnr r». r. .

époque? '"'^^"' elle, confiées à celte

supérieure m,i'-!'l'"'''"''^« du conseil

«000 hommes sou\ Ip ^^ • 1 r""'' ''™ée de vaissflau^T 1, ° : Z =?"='' ^'"^°'"' «^ 20

-SirGeo\iVl^?-mre''nrda'n'ï"^-'"=^etJa\Marti„i'e:^' '=°"1"'^ '^ Guadeloupe ce gS i' '^"^'^'^^^ J° l'administration de

imminente au dehot"n'„r''° T ="""^« cœur des Canadipn = ' ri "T^""" ''"^ ^""^ 'e troupes; les lésion h-/' " ^^■^'' P°'"' de

d.ens capables de défendre irpa!;j:^eu:s"

Canadiens se rangèrent avec dévoueraent sous ses drapeaux. Son parlement 1 autorisa à incorporer et à mettre sur pied, en cas d'invasion, toute la milice canadienne, et ainsi la législature fit ce que n-ava.t pu faire Carleton iui-même, de tous les Canadiens autant de soldals.-EUe fit p us . elle autorisa le iïénéral à émettre des billets d armée au montant de £-250,000 pour subvenir aux frais de la guerre, et les déclara monnaie courante et légale. Le Canada était donc dénué de troupes ré-

^' nV'y a-^-ai' P^'S 3000 soldats dans les deux Canadas.

Par qui le Haut-Canada fut-il sauvé?

Le Haut-Canada fut sauvé par deux héros, le Général Brock, président de cette pro- Tince, et Tecumsch.

Dites-nous quelques mots de ce grand chef, Tecuinseh.

Tecumsoh, universellement regarde comme un sénie supérieur, avait fait dos me. "e rOuabache le\héâtie de ses expo'^ contre les Américain?, et avait laisse la foilune indécise entre le ^rénéral Harnson et lui a la bataille de Tippecanoe. Les Shavvanis, sa nation, avalent néanmoins ete P^e^que de traits ; les Yendats ou Hurons le choisirent pour grand-chef contre leurs usages bien qu'il n'aut que 30 ans et qu'il fut étranger.

■Ba réputation s'étendit chez les autres tribus et lors de la déclaration de guerre, il fit alli- .ance avec l'Angleterre, et les amena en masse au secours des Canadas, dont elles furent peut-être le plus sûr rempart durant sa vie. On le vit battre le nr.ajor Van Horne, •triompher du général Clay, sous les murs dû ^ort Meigs, enlever au général Harrison ses ■bagages et plus de mille bêtes-à-cornes et penr en avançant toujours à la bataille des villages Moraviens.

Comment les services de ce sauvao-e extraordinaire furent-ils récompensés? °

Les habitans du Haut-Canada ont ouvert "vaun nombre d'années, une souscription pour ériger un monument à ce défenseur de leur province, mais.ce nobJe dessein n'a pas .encore ete exécuté.

Racontez-nous les exploits du généra' iirock. °

Ce héros, avec une poignée de braves, .chassa e général Hull du territoire britannique, qu'il avait envahi, mît en sûreté Amfterstburg, tenta un coup de main contre le Détroit ou il prit toute l'armée américaine, se vit bientôt maître *le tout le ÎMichi'r.in et mourut au so,n do la victoire à la bataille de yueenstown.

Par qui le Bas-Canada fut-il principale, ^ent préservé ? » i •

Par la valeur des Canadiens et la sase di?-

r'^^^t^L/Sa^SeT^e^:^ SnrDoarbom.-ajant laissé Albanv pour s'approcher de la frontière un "o^^^ ^/^ bataillons de milice de ''''« d°^/^'°"Vtlu des paroisses du ""f^traverserent le St. Lan ront -i T onTueil, à Lapraine et au t^ault ci- Louis e° se rlu^lrent sous leur coloriel-gene- ^alDéschambauU,respectabe vétéran 5^^

à::^ f i£^r;S^ -nSTt

retuUevoir se reU au-delà des ligues.

Dans quelle action les Canadiens se signa-

^'cSuS"!:ï^'-v.-Legénérainampto^qiud:S"giAle-concen^c^e,encnl-pn-chef, s'etaut avance n^qu a unaitau '.tv àt tête de 7000 ho-mes, trouva le Terrain embarrassé et occupe pa 300 ho« -'P '^ t[:"L'U?rdÎ.^S ^re Sala- S:i"Juav^t combattu à Middleburg et a Fless'in^'ue sous lord Chatham,,a l'a«=^v^ de Baaaios°et ù labataiUe des Arapi es ou de Sa- Kannu!' sous Wellington. Après un combat Sh fut obr,3é de retraiter avec hnnte^dc^ vaut ccttepoi^née de héros qui n f^^'^'^^jr^ .avanl-posle du corps du geucral do W at'.v.l.*

i-±i"': .•.L'^m'iCWiVSii^VSi^-, - .'■.ij-a.w^

campé impeu en arriére.-L'AngJeterre sentit qu elle devait récompenser l'héroïsme .le Salabeny et des Canadiens—Elle fit frapper une médaille d'or. Les voltigeurs reçurent des drapeaux avec de glorieuses inscriptions,

tnl^^f ^ ''f "' ^?"°^^ ^^ vainqueur d'une lettre autographe et de l'ordre du Bain.

Mais les Arnéricains ne furent-ils pas plus heureux dans le Canada-Supérieur '

perdue. L'ennemi entra à Toronto, capitale du pays, et força le général Sheaffe de ie ré!

cPnî V:7^f P- ^' ^^^'^^^^ '^ '^«'«"el Vincent du fort George et s'empara de toute la. rmere Niagara. Cet officier, depuis général se TU contraint de retraiter jusqu'aux

OmIrr''T^^^'"'S'°"' à"-^'^émité du lac Oi^tario. Tout paraissait perdu, quand le colonel, aujourd'hui sir John Harvey, péné! tra de nuit dans le camp américain avec 700 hommes fit un grand carnage et emmenï captifs deux généraux et quanliîé d'officiers e de soldats, L'ennemi le retira alors au fort George ou 6U00 Américains se virent long emps bloques par 2.500 hommes. Ce fort fut pris en 1S13, et même celui de Niagara sur la frontière des Etats-Unis.

Canada? '" '''°'^' '''''-°'' '^'=-'-' '«

Le général Prévost fut obli-é de laisser

1 Ameriqua vers la fin de la guerre pour se

défendre contre des accusations posées confre ûi par sir James Lucas Yeo, commandant-en-chef de la manne sur les lac. Le çlnéral avait montré un talent rare pc,urla Séfensive dans la manière dont il avait m= tribuT on armée pour repousser les armée, d'inva°ion, et le résultat de ses combinaison» avail été une série de victoires non moins décisives que glorieuses à Chateauguay, a LacX à'^Chr^stler's Farm et ailleurs ; son Deu de bonheur à Sackett's Harbour ei^ fcbur-^.oùil commandait une armée do 11 000 à 14,000 hommes, le fit juger au con- Uaire peu habile dans l'attaque et m att. a outre l'indiçnatlon des mann=, celle aes vétérans de Welllnstou, qui se voyaien va ncus pour la prem'ière fois par un ennemi [ndi 'ne d'eux-. Quoique l'on doue pense de ceue question, le parlement le çlcrge e le peuple du Bas- Canada s'adresseient au prin'ce?égent pour faire la louange du gouverneur chéri qu'on leur ravi^.ait, et pour aSr l'effet des accusations portées con.e îuT I avait ré=né dans les cœurs de ton u i peuple, il avait défendu avec succès se= fo^- ^^^^t s'était attendu en conséquence a i.ra

£; ;Ss de giÔi^a^x^p/kensions de la Hétrissure que pouvaient 1"' >n'^'C«J ^^* ennemis, le mit au tombeau avant que a cour martiale ne se fût assemblée, Ce^^ mort s^ra toujours un événement Ira^-qua aux

yeux des Canadiens, mais ils apprendroii: âvec p.aisir qu'elle désarma ses accusateurs, et que la mémoire de l'illustre soldat qui leur était cher ne fut point flétrie. Le prince relent regretta qu'd eût été question d'un tribunal, et pour le faire oublier, il honora les sorvices de sir George et de son père en accordant a sa famille de glorieuses armoifies, comme noua l'apprend le grand histol'ien Alison.

Comment ce général fut-il remplacé ' Le général sir Gordon Drummond, ci-devant président du Canada-Supérieur, et quavait contraint les Américains d'évacuer cette province, a la suite de Ja bataille d« iNiagara, qu'il leur avait livrée, à la vue de Ja cataracte, prit les rênes du gouvernement comme administrateur.

Quel fut le nouveau gouverneur-général ?

Ce fut en 1SI6, le général Sherbrooke, militaire de distinction.— Il eut pour successeur en ISIS, Charles Lennox, duc de Richmond et d'Aubigny, qui avait été lord lieutenant dlrlaude et grand-maître de l'ordra oe St. Patrice.

Ce gouverneur illustre adminisîra-î-i!

lon^tems les aflàiros du pays ?

Non, il mourut l'année suivante à Kin^s- :on de la morsure d'un petit chien favori oui îe trouva attaqué da la :as9.-Son corpi fw

SI

transporté à Québec et y fut mWé avec

une pompe e.Uraordmaire. ,„.„..

Par quels phénomènes l'année 1819 fut

l'air fut lue un peu Pl^î-i^^n parait sociétés savantes S™fJ=„^^ nar une communication du =a\^-m pu Si à l^Acadèm:ieamer.came^e^ A.t^et^aeo

'^'•'^"rd'Sbot; qu t'ornes phé.o- P '^^ dDeuprè "qu'a Montréal, eureut lieu TMfddteKdan's l'état de Vermont.

Quel fut le premier évêqae canadien qui alla \^°^'r.l. pi^.,;,, ^m passa en Italie ■L^ ■d;o VII rour les besoins ut- i <--.•' .

n:aa"S°'^U co^'^mïo que plus tard cetteaflairc uem ^^^ gouvernement

* 'wl mn^ë^fait néanmoins le papo ^:î;^^a^:^donn«al.évêr^e^eQ.J^ ^j siitTia-sanâ à Montréal, a kiu^.u J,

moW ^"' ^' ^««esseur du duc de Rich-

DaIhouz,e, qu. arriva à Québec le IS juin

Ce seigneur avait-il fait quelque fi-nrp pt, Europe avant de venir en clnada ' = Le comte de Dalhouzie, général haKII»

Frnce:f3:'k^",^=>-P'^'-^"-^'-^ rrdnce et ae i-Iandre, et dans a Péniiiq.ilp Il avait été gouverneur de Fie L4e et de' Bordeaux 3'où il avait pénétré >u"nu'à la le comptait aussi parmi ses savans.

^.^Quel est le caractère de son adminislra-

de^-uo^'fp'"^ envisagée sous deux points de vue.- Le comte de Dalhouzie lit faire dp

ArSdcSnÎe^lîr'nr '°^'^^^

.t.a.ciétéiittSrL:^-;r;u;j'^

moins le mérite d'avoir assemblé «nen^jnifique bibliothèque, et qui a, au re^'e, pubhe liois volumes de ses transactions, dans lesouèls on trouve des écrits precieux.-Ma.s ^n polWque, il n'est plus possible aujourd-hui de défendre sa conduite. Le parti anclai" fut pour lui dans le temps, mais ses Ss mêm'e ne pouvaient '« <^.-H^P- ^^j'^,;"^, g ,utenu le receveur-général sir John CaïaueU dont les malversations étaient un fait public. Enfin lorTque, à la suite d'une petiuon sienée par 87000 Canadiens, le prince legent foumifles atTaires du Canada a un comité deTa Chambre des Communes, ce comité exprLa dans son rapport le le^re qu .1 avait Que des abus tels que ceux dont on sa pla^nTit eussent pu subsister s. longtemps dans une colonie britannique.

Quand le lord Dalhouzie laissa-t-il le Ca-

"'f avait été remplacé ad i"'^"™, f ^^f-JJ; T,ar le -énéral Burton, chevalie de 1 ordre ?.uelphique de Hanovre, qui lut le favoa de fa chambre d'as.semblée, et il fut dehn.tivementrSé par le duc de Wellington, qui rutdonna^le commandement de l'armée des Indes en IS'iS.

Les années précédentes n'ayaient-ellos

pas été fertiles eu. inc.don* dig.ic» do r.m-r

que?

G«.o-ge m était mort le 29 janvier IS^O ^' Jeprmce régeaf prit le nom de George fv^ L'av.s de la mort du roi reçu a Québec le i' aynl avait fait proroger le parlenien, -jt;^ née suivante fut célèbre narl ?"

Franklin, sur les Ss^draL^'T paioio. — i:,nrin, ce fut au<;< pn i«oi ,

célèbre astronome Tiarck envoyé'e.Z ' nque pour régler les fromière? entre^es

La H „ ù^^^$i^£^i:rîâ

i-^ys-Bas, arbitre dans cette question.

J'aSn1?iS257' ^'' ^^'^'^^"'^ ^^'^'^'^^^ de

. ^^ '!'^;ent la mort de Joseph Octave Pîp^

d^rvSiêÎ^"' -^7'^ P-'pe .t-ïrésen";

=£r^'-if:ï^rf^e^:u?j;

terln ^^ A commandant du ^énie à wâ-

S;,.^etle^ra?^ "-'V^' > fP'tSn^ Vidua fils L Pf '^-"e en Canada du comte

de Sarp \vl- -'^'^'^."'"im^ le duc Bernard Jernei^fH "îf'' 'î"' '"'''''' eu du comman-

tarloo, et qui avait combattu le maréchal Ney à Frasues.

Que se passa-t-il en 1826 ?

Grâce a une représentation ou requête de notre conseil législatif, le parlement Impérial réannexa à cette époque l'Ile d'Anticosti e> la côte du Labrador au Canada.— Le canal de Lachine fut achevé la même année par Thomas Burnett, qui avait été recommande par le célèbre ingénieur Telford.

Est-ce là tout ce qui se passa alors de reciarquable ? ■ r. i

Non, la même année encore, le tanacia- Supérieur fut érigé en évêché par le pape Léon XII ; .\lexandre McDonell, ci-devant évêque de Rhésine in partibvs, prélat illustre, fut pourvu du nouveau siège, qui i«L,h^8 à Kinaston ; et il eut pour coadjuteur, Thomas Weld, d'une maison opulente d Angleterre, depuis promu au cardinalat.

Quel fut le successeur de lord Daihouzie ? Ce fut sir James Kempt, militaire habi e oui avait pris par esccTade la citadelle de Badaios et forcé les retranchcmens de a Bidassoa en Espagne, et commande 1 ail gauche à Waterloo après la mort du seneral Picton.— Il fut plus tard grand-raaitre do l'artillerie.

Quel fut le succès de son administrr.tion ? )\ parvint à concilier les esprits, liais '-c;

dissentions recommencèrent sous le lord Aylmer, qui lui succéda en 1830.

Quel est l'événement le plus remarquable de cette année ?

C'est la mort de George IV. — Il fut remplacé par Guillaume IV, ci-devant lord grand-amiral, qui était venu en Canada l'an

De quelle institution la ville de Québec futelle dotée en 1831 ?

Elle eut un établissement pour les sourds et muets,dont l'instituteur fut M. Ronald McDonald.

Qu'y a-t-il de remarquable à enrigislrer pour l'année 1822 ?

Le système municipal eut son commencement dans rincorpoiation des ville de Québec et de Montréal. Il a depuis été étendu aux comtés. — Cette année et l'année 1834 furent aussi remarquables par les ravages du choléra.

Un des plus vénérables monumensdu pays ne fut-il pas détruit dans cette dernière année ?

Oui, le 23 janvier, le château St. Louis de Québec, dont les fondations avaient été jetées par Champlain, l'an 16.20, fut la proie des flammes.

Dans quelle année est mort Guillaume IV? Il est mort en 1837, et a été remplacé, par

Victoria 1ère., fille du Ju-'^ Ke"'' qui avait été gouverneur miUtaire de Québec.

Qui gouvernait alors le Canada?

était venu - ^-Hvec^Tcharl^s Grey et ^1X:SgK P^examine: les griefs des Canadiens.

Qu'est-ce qui avait donné lieu a cette com- '"Scommlssairesfurenterjvoyésen Canada à la ;S'une requête de la çhambr d assemblée, au parlernentrmpena,c^^^^^^^

ment ? , .

Quelles étaient les principales prétention,

"^^êl^^r^^Sf^l^^i^-- de liste civile pefrlïnentret fiait absolument que la conseil législatif Jevmtelectil.

Comment ces prétentions et beaucoup

' -'■'-^-'^^-'^TTr-

primé sur les bcrJî du Danube ou du Bos-' paore.

La chambre d'assemblée renonça-t-elle â ses prétentions ?

La chambre d'assemblés ne céda point.

On vit se former des clubs révolutionnaires tels que le Comité Central et parmanent et l'association des Fils de la Liberté : on vit même le commencement d'une conventiondite nationale. Les campagnes s'agitèrent, et le drapeau tricolore fut arboré daiis quelques-unes. L'arbre de la liberté fut planté dans une grande assemblés dite "des six comtés." Enfin il se forma des camps à St Denis, à St. Charles, à St. Eustache.— Au.x clubs révolutionnaires s'ooposéreiit le Doric club et l'association constitutionnelle.

Par qui l'insurrection fut-elle réprimée ?

Elle fut réprimée par sir John Colborne, vétéran qui avait été lieutenant-gouverneur du Canada-Supérieur, et qui fut nomma commandant des foices dan» les deui provinces.

Quelles furent les principales actions?

Le colonel Gore fut d'abord repoussé aveo perte a St. Deiiys par le docteur '^Volfred AeLson, maii- le colonel Wetherall s'étant rendu maître du camp de St. Charles, celui de St. Deiiys dut-ctre évacué.— Le camp da bt. Lust'acho, commandé par un Suisse du .■wm d'Amury Girod, qui prit la fuitu o'. 6.>

... fnt orîs par le commandant donna la mort, fut pns p (j^^^j.Brule

en chef, auquel les '"f ^=f ^'^pècha aussitôt se soumirent aussi, et V^^ ^^^^^ ^j^i^i^nd après sa facile victoire, 'e <:o^on -^^^^^

dans le Haut-Canada, qui s eiai y ment insurgé.

Comment l'insurrection commença-t-ellc dans le Haut-Canada ,^3

Sir Francis Bond Head, s c i. ^;

beaux cori.s P^^.^«=."lf L^'^f^^envovê toutes^es nes'attendant arien a^au en^o ^^ ^

.troupes à sir John C°^°°™^'^° gèrent Te McKenzle et \an Es™°"^ Z^^'^^^^^^j ^'assironto à la Jeté d.m pam qui ^.^^^ ^^ ^^^ ^^^^,

furent faits prisonniers.

LnnsurrectlonJ.Ha^^-^-Se'^3:

pas néanmoins piUs serieu— 1 Canada-Inférieur? -au^e des Amcri-

Ellele tut davantage a cau.e'i ^^

cains de la frontière qm ^^ f ^^ „,^ de grand ""^bre au. m»ur^^= J^^^^ ,^,^„i , sympathiseurs.-^les Sen';';,",, -, ^^^cni à la M^\lt.^ïrSriS::à"!à suite d'urie

Tesouvernrmont anglais ttcvit-.l pas -r.

nécessité de mettre les Canadas en d'autres mains que celles de lord Gosford.

£n 183S, le fameux Lambton, lord Durham qu. avau été l'idole du peuple an.™^ cause du support qu'il avait accordéVu éiU de la reforme, joignit aux litres de gouverneur, capitaine-général, et vice-amiral L commission de grand-ccnmissair de' a reme, qui équivalait à celle de vice-roi I^ fut conduit eu Canada par Tamira! Pa'èt, e > parut eiitoure du plus grand éclat.° Son entrée a Montréal fut un v^éritable triomphe de "^0 ÏWO r/'S'"'"^' de 50,000 miliciens et' gualle^plu, beaux regimenis, tels que les Cold,tream, les hussards, les dragons -Ce! pendant lord Durham ayant exife pi;sieur3 Cai^adiens a la Bermude, fut accusé^ en \n! g le erre d'avoir agi illégalement, et fut kdna par cette censure a abandonner souda -

Cour e mouru peu ap.és, de chagrin, a-t-on d t, non cependant avant d'avoir eu lé temps

fZJ Canada, œuvre disparate, où l'on

eille'r'^j'l'^'^^ çontradictioii^ et où il conseille de repreud.e le projet d'anglifier le Pa^s. Une multitude de rensei|nemens prcceux et de vérités forment le bon c6?é de ce rapport.

Qu'arriva-t-il en Canada aussiiôt anrè, !,. tlepan de lord Durham ? ^ '"

SrÏ^r|u.Ïneur^éncral^t...nies ^IcDonell, dispersèrent le^insur';,^ pierville et a B^ll^^^^^^tt^,!' '"la tête d'un officier poonais, qui s e,au m ^^ f"' P"f ^' paru dans le ^='"'-,. , „^ i,„v,;ie et léso ue. ^.écuté après une défende Jab>le et^^^^^^^^ Plusieurs périrent = u l ectia a ^^^^

fut récompense Pf^ '^,3?"'^^ '.ôuvernement de lord Sf^'°"'„t,F^rvicairS-énéral des des Canadas au P°='«/;^7;,^''^et=eurs de ce îles lonniennes. .I^^s M;'!!- récompensés, drame sanglant furent a^-^-^f^^ent Les g«'^^«"-;^irwetherall, Maitland

fut fait niajor-general.— Louis Jo tp 1 neau, orateur de la ,-=^=1"^^^ ^f/=vaU t onvô le PT'P;^rx^Etîs-Un:,1uîs" Paris, où K'^-Sparpl^ieurs hommes

illustres.

Par qui lord Seaton fut-il ^e^£«;,,,,.t Par le "és-honorable Cha '6= r

JS pairie, sous les titres dn Inrrl cj ■

de baron de Toronto Sydennam s.

naîa^'r' ^°l'^ Sydenham joua-t-il en Canada le^role qu'avau jo.é lori CornwaiL'^en

-mmant l'union deTdeu.rproW^ctr" ""'-

du^omen :ù"?rc^n'îrt,n^"=^1'^"/ '^^ P^^'^ était suspendue --Le bm I? ^" ^^^'C-naJa adopté dans Tes dp.fv 1"'°" ^>-^"' été

Canada, quF avait le t^lu'"'^'' '^^ ^^^"'einabie'à\ me' urc, f/ e if a'pnrlf ''' '""T conse 1 snécKI n„; V 'V.".='PProu«'er par e seule lésSe^c^û B^^l'crn^t/- ^«38, la

.'-reaceu/Vp^— SS:^^;',

écLairauds es chef- ^ / ' penr sur les on amnistia I^^ -^(^ondaires de la révolte,

cares a on ,es%d,nïr''''"-' '^'^'' °" ^^ publiqu'e.^ln e,f '"!', "J,^'"^ ^""-^ charges

'- ^-"tueu V sir Charles Ëa^o? dC^r^'"'"' --enned'A-sleterre, et°:iié'rd""X

'.Vellington, se fit chérir des Canadiens, qu.' pleurèrent sa mort soudaine.

Quelle avait été la fia de lord Sydenham? 11 était mort à Kingston des suites d'une chute de cheval, et le pays avait été administré jusqu'à l'arrivée du chevalier Bagot, par le général sir Richard Jackson.

Quel fut le successeur de sir Cnarles Ba^îot? ,, ,^

Ce fut sir Charles Theophilus Metcalt, depuis lord Metcalf, homme dont toute la vie avait été consacrée aux affaires. — Il se signala en Canada par sa libéralité et sa munificence ; mais en politique, il ne fut se résoudre à laisser gouverner ses conseillers, et en cela, il déplut beaucoup aux Canadiens qui ne l'ont point regretté. Une maladie dont il mourut en Angleterre en 1S4S, l'ava:'. forcé de résigner.— Le comte de Cathcart, commandant des forces, le remplaça conime administrateur, jusqu'à l'arrivée de lord Elgin, de la maison royale des Bruce, sous lequel le geiivemcœent d:t responsable put fonctionner.

Que doit-on dire de ce système nouveau de "-ouverneiTieut colonial?

C'est plutôt au pabliciste qu'à l'historien qu'il appartient de le juger. Le dernier peut se contenter de poser en fait qu'il a Mnnné plus d'importance aux colon?, en four- Hiisant à leurs homnios marnuans da:;.- l:

politique, l'occasion de paraître à la tête des affaires de leur pays, comme l'ont fait successivement les Viçer, les Lafonlame, les Drummoiid. Leur élévation n a pas eu l'effet de faire dissoudre l'union, consommée au détriment momentané du Kas-Canada, et perpétuel sous le rapport de

a nationalité des Canadiens-Français; mais ion ne saurait nier que celle union des deux provinces n'ait fait faire aux Canadas-Unis ue grands progrès matériels.

Quand le parlement-uni du Canada fut-il ai^semble pour la première fois ">

Ce fut en ISII.

Quelle loi importante redigea-t-il ?

Il nous donna une loi d'instruction publique, et au commencement de l'anniiée suivante, le gouverneur nomma un surintendantgeneral et deux surintendans particuliers. Lo suimtendant de l'instruction publique pour le Bas-Canada fut le docteur J. B. Meilleur, auteur d'ouvragjs utiles sur la chimie et les langues française et anglaise, et lun des fondateurs du collège de l'Assomption.—La charge de surintendant-^énérai a ete mise de côté depuis, avec d'autant moins d inconvénient que celui qui en avait été honore avait eu peu d'occasion d'agir.

L'année lSt2 ne fut-elle pas aussi marquée par la mo.t de quelque Canadien Illustra ?

Cette année en effet mourut au château de Montréal, en Bugey, Lo.i.s Archambault comte de Douglas, chevalier de M^l^e, de St ÏN^aurice et de St. Lazare de Piémont, natif de Montréal, en Canada, dont son aieu maternel avait été gouverneur. Il a%ait succédé en 1770 à Charles Joseph de Douglas, comte de Montréal, en France, qu. avail accompagné le prince Charles Edouard dans sa tentative chevaleresque Po^^ recouvrer le trône de ses ancêtres. Peu d années après mourut le dernier comte de Beaujeu, successeur d'un Canadien lUu^tre qm, ayari passé en France à la paix de l-b3, servit avec gloire avec Lapeyrouse a la Baie d'Hudson, puis en Flandre L'honorable Geor-^e René Saveuse de Beaujeu, chef actuel de la branche qui était demeurée en Canada, a succédé à ses biens.

Comment les années suivantes furent-elleô signalées ? , ,, ,,

Elles furent signalées par les malheur»

arrivés aux bourgs florissans de BoucherMlle et de Lapraiile, qui devinrent la proie des flammes, et à la ville de Québec dont une grande partie fut aussi détruite par un incendie —La Province, les Etats-Unis, l'Angleterre,et même la France viureut généreusement à son secours.

Cette ville était-elle toujours la capitale du pays?

Non, le siège du çouvernement avait été fixe à Kingston d'abord, puis à Jlontréal.

Québec ne fut-elle pas en quelque sorte dédommagée de cette injustice ?

En 1844 fut consommée l'érection de Québec en métropole par le pape Grégoire XVI ; Hyacinthe Hudon, doyen de Montréal et chanoine-honoraire de iVotre-Darae de Chartres, en France, qui se trouvait en Europe, fut porteur du pallium, qu'il remit solennellement, la même année, à Monseigneur Signay.

N'y a-t-il pas plusieurs autres faits importans a remarquer dans le domaine de l'histoire ecclésiastique ?

En effet les Frères des Ecoles Chrétiennes étaient arrivés en Canada dès l'année li>-i7, particulièrement grâce au zèle de Vincent Quiblier, supérieur distingué de MM. de St. Sulpice, et successeur du savant supérieur Jean Henri Itoux.— Un peu plus tard, Ignace Bourget, deuxième évèque de Montréal, prélat d'une activité et d'un zèle extraordinaires, fit deux vova^es à Rome et appela dans son diocèse les Oblats, les Jésuites, et les clercs de St. Viateur, les Dames maintenant établies à Longueil, les Dames du Sacre-Cœur et celles du Bon-rasteur.— ■ Les RK. pp. Jésuites, arrivés en 1812, ont Guv-ert en 1S51 un magnifique collège où les études comprennent, outre le cours classinuç

r'giv.",'. '-■■a'j?'

ordinaire, plusieurs cours Epéciaiix et entre autres un cours de jurisprudence confotmément à l'esprit de la loi 12 Victoria ch. 46. Les Dames du Sacré-Cœur, institutrices non moins renommées, arrivées la même année, allèrent se fixer à St. Jacques de l'Achigan, tandis que les Dames de la Congrégation continuèrent à enseigner avec succès à Montréal, et les Ursulines à Québec et aux Trois Rivières. Enfin, les .=;œurs de Charité, cette merveille du catholicisme, furent établies à Montréal en 1S13.

Le Canada n'avait-il pas aussi été visité par un prélat illustre, et dont la mémoire est chère aux Canadiens?

Oui, sous le gouvernement de lord Sydenham, le pays Tut visité par Jlonseiîineur de Forbin Janson, évèque de jVaiicy et de Toul, primat de Lorraine, d'une illuslre maison de France, qui, de temps immémorial, a fourni des grands hommes à l'égiise. Ses prédications pleines de fruit sont un des faits les plus mémorables de l'iiiatoire ecclésiastique de ce pays.

N'avez-vous pas un fait bien intéressant à raconter pour l'année 1816 ?

A cette époque sir George Simpson, l'iion. Peter JIcGill, sir Aliaii McNab, l'hon. George Moti'at et autres formèrent une compagnie ou société pour l'exploration des mines du lac Supérieur, depuis Inn^tems en oubli, bien

^^■^■^■■■^'gy,. '

c\tte leur existence eut été connue au P. Allouez, premier missionnaire qui ait atteint ce grand lac, a Lahoiitan, à Cliarlevcix et au Voyageur anglais Henry. — Les associés obtinrent un acte d'incorporation et entrèrent en relation avec le célcbie professeur américain Silliman, qui leur indiqua des explorateurs habiles. Sir George Simpson partit lui-même a la tête d'un paili de quatre-vingt dix hommes dont plusieurs étaient géologues et les autres mineurs ou voyagcuis canadiens. !M. Forrcst Shepherd avait toute la lesponsabilité de l'exploiation, dont les premiers produits, analisés par le savant Silliman, offrirent, outre du cuivre, de l'or pur.

Par quel fléau la ville de i\Iontiéal fut -elle visitée en 1847?

Les malheureu.v prolétaires d'Irlande entassés par des spéculateurs inhumains sur leurs navires, apportèrent les fièvres sur uns plages. Elles n'épargnèrent point les piètres et les religieuses, dont giand nombre moururent en exerçant leur zèle auprès dos peslifèrés. On eut à regretter particulièrement le doyen llmlon, vicaire-génêial du diocèse, et l'abbé Rey, liè.s habile théologien, attaché à révcché. L'archevè(jne de Québec et SCS suffra^ans s'adressèrent aiec feloquence aux archevêques et évéques d'irhiiuli', et parvinrent ainsi à arrêter les Ilot» lie l'èinigr.itiiiii.

Dans quel état se trouvait l'Europe à celte époque ?

La société y paraissait ébranlée jusque dans ses foiidcmens, et l'on vit des tragédies jouées sur la scène du monde en Itatie, er! Allemagne, en France.

Le Canada ne se sentit-il pas de cette profonde secousse ?

Oui, car lord Elgin, qui avait cru pouvoir sanctionner sans danger le fameux biU d'indemnité, fut cruellemei'.t trompé. Deux fois la populace osa attaquer sa personne, et la législature siégeant, tut dispersée par les incendiaires. Le parlement fut consumé en peu d'heures; mais le |)luâ déplorable icsultat der cet attentat fut la perte d'une bibliothèque' que la province auia peine à remplacer, malgré les dons que lui ont déjà faits les gouverncmens iI'Anglcterre et de France, et la mission de M. Faribanlt en Europe.

Quel fait curieux avez-vous à noter pour la tnême époque ?

La mémoire de Jacques Cartier, dont on ne parlri.t j'i.ièri's .plus en. Ca^i.-.da, s'était tout-ii-c8-ip .'■év'MlI.'L-, 'et jVs- .cit'iyens dp Rloutré i( en paru -uiic:- donnèrent sjr. i.oi,i à la place qu'occupait J'aneien ma:chc et où se trouve ietr^orum-mt Nk'lsùn. ' . •

A quoi doiî-'on aitribucr'co; InL-Alci't marquabic ? j^/^' s^( siT

On jicut attribuer ce retour au^^wifteiir

WBUOTHECA

de la renommée que mérite Jacques Cartier au (Ion que la ville de St. Mâlo, qui l'a vu naître, venait de faire à la société Littéraire et Historique de Québec d'un tableau qui représente le grand navigateur.

Quel est l'événement le plus mémorable de l'année 1S51 ?

C'est le premier concile du Canada, tenu à Québec, et auquel se trouvèrent, outre les évéques du Haut et du Bas-Canada, ceux des autres provinces britanniques qui relèvent immédiatement du saint-siège, mais sont tenus de se orésentcîr aux conciles provinciaux de Québec. — Ce concile domia lieu à l'érection des nouveaux évêchcs des Tiois- Rivières et de St. Hyacinthe. Le Canada- Supérieur était déjà divisé depuis plusieurs années en trois évêchés. Michel Power, premier évoque de Toronto, y avait été remplacé par Armand de Charbonnel, d'une illustre famille de France, et piètre de St. Sulpice, qui fut sacré à Rome par le pape Pie IX. Le R.P. Guignes, visiteur ou supérieur des Oblals, religieux, trps di,.-;tingué, avait été raitèyéquâ te Byto>v.n

.Q'.:2l é'.èïiôrr.eat désâstreiix' signala Tanpép ISôî.? . . ,.

Co fiif '.e ?rand .iiiccndie -da Montrôal, qui coi.3iima-p!u3 Je .seize cents maisuhs, la cathédrale et le nouveau palais épiscopal, sans exciter la même sympathie que celui

de Québec, si l'on en juge par les faibles secours venus d'Angleterre, et par le fait que le chef de la nation française, maintenant l'empereur Napoléon [11^ crut se montrer assez généreux en présentant deux mille francs à des prélats canadiens qui sollicitaient sa charité en faveur des victimes de l'incendie. Malgré cela Montréal promet de se relever plus belle que jamais, en partie grâce à la sage prohibition de rebâtir en bois. — La mort du duc de Wellington arrivée la même année intéresse aussi le Canada en cela qu'il s'était invariablement montré l'ami des Canadiens dans tous ses votes dans le parlement impérial, et les avait délivrés de lord Dalhouzie quand il était piemier ministre. A la nouvelle de sa mort notre chambre des communes s'ajourna sur motion de M. Hincks. Le duc eut à Montréal une imposai^te fête funèbre comme à Vienne, à St. Petersbourg, à Berlin, à Madrid, à Lisbonne et à Londres. Les Anglais firent leurs démonstrations pour leur principal héros, et les Catholiques pour celui qui avait émancipé les Catholiques.

Qu'y a-t-il à dire pour l'année présente ?

Les incidens les plus rcmarqu.ablos de cette année sont la mort do sir James Siuart, baronet, juge-cn-chcf du Banc de la Reine, le pas>nge en Canada du prince Hohenlne, grand-croix honoraire de l'ordre du Bain, ac-

j compagne du vica-amiral Seyraour, et l'af-

I faire Gavazzi.

i Quel est le personnage que vous venez de

' nommer?

Le fameux Gavazzi est un barnabite italien qui, après avoir pris part aux troubles politiques de sou pays, crut se venger efficacement du souverain-pontife en fondant une secte basée sur la ptlitique, au moins en ce sens que la politique lui a donné l'impulsion. Il a suitout fait des piosélites aux ' Etats-Unis. Orateur populaire, Gavazzi

; 1 s'exprime avec grossièreté, comme l'a avoué

i un journal anglais de cette ville, et insulte

i parfois les nationalités elles-mêmes. Cela

lui avait attiré quelque violence à Québec, sans le dissuader de venir prêcher à Montréal.

Que s'est-il passé dans cette ville à propos de ses prédications ?

Asonariivée à Montréal, les protestans, parmi lesquels on remarciuait plusieurs naiiiislres, tourmentes du désir d'entendre discourir contre le pape, allèrent le recevoir et lui firent une ovation, bien qu'il ne fût pas ' de leur secte, et qu'il ait déclaré que le pro-

testanlisme no lui suffisait pas, rpais qu'il prêchait l'anéaiilissemeut de l'église romaine sans se contenter de protester. Celte ovation d>'vait bientôt se changerentragédie. Pendant qu'il discourait dans la chapello Zion au milieu d'applaudissemenj tnmul-

tueux.ile rires immodéré» et d'armes à feUjIea autorités qui ont invariablement coutume de paraître quand tout le mal est fait, étaient d'avance sur les lieux. Il n'y eut qu'une lé'^éie attaque contre la chapelle, et elle avait été repoussée facilement, quand la précipitation des officiers publics amena une catastiophe. Lorsque les partisans de Gavazzi soitirent de l'église, et au moment ou il n'y avait aucune émeute, l'acte fut lu à l'iusu de presque tout le monde, les' troupes tirèient par l'ordre d'en ne sait qui, et le résultat de cet espèce de guet-à-pens fut un massacre considérable, dont les plus nombreuses victimes se trouvèrent parmi les protestans. Pour Gavazzi, il fut reconduit comme en triomphe entre deux haies de soldats. — Ses partisans au désespoir, exaspérés contre les soldats, qui furent traités de lâches dans quelques journaux, poussèient néanmoins l'espiit de secte jusqu'à vouloir souiller de nouveau leur temple, et que Gavazzi, qui avait été l'oecasion d'un tel malheur, piêchât une seconde fois. Plus sen<c, le docteur Retliune a ceusuié en ternies les plus fiiits dans un discours remar(iu;ible la conduite des protestans en cette occasion.

Quelle sera probablement pour Montréal la conséquence de celte affaire ?

L'attentat de ISl!) avait fait dccidiT au grand détriment du pays que le gouverne-

ment siégerait alteraativement à Québec et à Toronto. L'affaire Gavazzi, bien que toute la faute doive retomber sur les autorités, fait perdre à Montréal toute espérance de redevenir la capitale des Canadas, quoiqu'elle en Boit la plus florissante cité.

La libre navigation du St. Laurent, proclamée il n'y a encore que peu de temps, a-telle eu l'effei d'augmenter la prospérité du pays et de Montréal en particulier ?

Elle a certainement eu cet effet, et il n'en faut point d'autres preuves que les giandes entreprises qui sont de toutes parts en progrès dans la province, et le fait que les royaumes de Prusse, de Danemarck et de Hanovre, de Belgique et de Sai daigne ont maintenant des consuls à Montréal. — On vient de voir arriver dans cette cité le célèbre Steplienson, qui a construit des chemins de fer en Norwège, pour le pacha d'Fgypte et en d'autres parties du monde aussi bien qu'en Angleterre, et qui doit construire le pont Victoria sur St. Laurent.

Quoi message remarquable vient de recevoir le gouverneur-général ?

A la réquisition de l'ambassadeur français à Londres, le duo de Newcastle, ministre des colonies, lui a écrit que l'empereur des Français voulait bien que les produits même prohibés des colonies fussent admis à lagrando exhibition qui doit avoir lieu à Paris en 1S55.

Quel est le plus bel événement récent de notre histoire ?

C'est la présence parmi nous de IVronseigneur Bedini, ev-gouverneur de Bo!on-ne archevêque de Thebes, missionnaire extraordinaire aux Etats-Unis d'Amérique, et nonce du souverain pontife près sa raaje^lé 1 empereur du Brézil.— Son excellence est accompagnée par Monseigneur Huches, archevêque .le New- York, eitte srandê lumière de 1 eghse des Etats-Unis. ''Elle a été reçue avec les plus grands honneurs à Québec par 1 archevêque et les évêques des Trois- Rivieres et de Tloa ; elle a fait la clôture de la retraite pastorale, et les principaux citoyens catholiques ou protestans ont paru à <on leyer.—Mais Monseigneur de Montréal s était plus particulièrement occupé de la réception du repiésentant du pape, et les eyêques du Canada se réunirent dans cette cite, ou son excellence entra an bruit de toutes les cloches, samedi, veille de la fête Ju isacre Cœur de Jfarie. Elle otTu-ia pontificalement, et Armand, évêcjne de Toronto, el 1 eveque ajucesain, prononcêient à l'occasion de sa présence des allocutions très remarquables. Le soir Mgr. Hughes prêcha à St. Patrick. Il y eut aussi un lever auquel ^e troiiverent tous nos hommes marqnans. tnhn, les citoyens de Montréal n'ont pas voulu se séparer d'un si grand pcrsonna-o sans Un présenter une adresse. Les prépa-

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ratifs ont élê bientôt fait^. Son excellence, accueillie au bruit du canon et au -on des instiumens de mn?ique, a été conduite par Mon^ein-neur de MouUéalct par le maire, au trône qu'on lui avait piéparé, et au haut duquel ou avait suspendu une handerolle portant cette inscription si pleine d'a-propos : Beiifdictu.-f qui cenit in nn,mne donum ;béui soit celui qui vient au nom duseiçnem; là l'honorable Charles Mondelet, juge de la cour snpôiieuie, alu l'adresse, après avoir prononcé au piéalable des paroles qu>. rendaient bien les sentimensde la vdlo a 1 egaid de l'illu-tre p'élat. L'hon. D. B. Viger a voulu aussi, malgié son stand âge, assister a cette -riande démonstration, et exprimer ses sentimens à son excellence qui, eu répondant à ces manifestations a rempli d'admiialion par sa splendide éloquence les citoyens, et le cler-e dont il allait ouviir la retraite pastoi^ale, c'omme il les avait ravis dans les temples par sa voix puissante et majestueuse, i-lle a visité le cabinet d'histoire naturelle, et a bien voulu promettre à cette institution des écliaiitilions des plus beau'C marbres il'llalic. Les évoques du Canada- Supérieur ont pris les devaiis pour se préparer à recevoir sou excelituce dans leurs diocèses. Elle fait en ce moment la bénédiction du collège neuf Uo S. Hyacinthe.

Peut-on dire avec vente que le Canada a produit peu d'hommes distingués ?

Eu égard à sa population et à son état de colonie, le Canada a produit autant d'hommes distingués qu'aucun autre pays.

Quels sont dans les armes les hommes célèbres qu'il a vu naître ?

Ce sont les d'Iberville, de Bienville, de Longueil, de Vaudreuil, de Beaujeu, de Léry, de Lotbiniére, Martin, Bedout, de Salaberry, Duberger, et, croyons-nous, le général Perrot, qui a été nommé commandant de la garde nationale de Paris en 1851, et le colonel Frémont, de l'année des Etats-Unis, qui a chassé les Espagnols de la Californie.

Dans quelle branche de l'art militaire se sont signalés MM. de Lotbiniére et Duberger?

Comme le général de Léry ils ont été ingénieurs. Le premier vivait sous la domination française ; Duberger, sous la domination anglaise, a travaillé aux fortifications de Québec, et c'est de lui qu'est le plan en bois de cette ville qui se trouve à l'aisenal Je Woolwich, en Angleterre.

La province a-t-elle vu naître quelques artistes di,~tingués ?

Outre plusieurs peintres vivans, le Canada a vu naître le chevalier Fallardeau, élevé à ce rang par le grand duc de Florence.

Les Canadiens se sont-ils beaucoup occupés do recherches archéologiriues ?

Les Canadiens ont paru peu curieux du passe, Burtout avant la foudaliou do la soci-

ciété Littéraire et Historique. — Us ont néanmoins dans Jacques Viger, écuier, un archéologue très distingué.

Quels progrès ont fait parmi nous les hautes sciences ?

l.lles ont été longtems inconnues au Canada, elles y ont eu depuis leur enfance, et n'ont fait de notables progrès'que dernièrement.

Qui sont ceux qui leur ont fait faire les premiers pas ?

Ce sont le grand-vicaire Jérôme Demers, les docteurs Meilleur, Tessier et Blanchet, le professeur Larkin, ci-devant de la communauté de St. Sulpice, MM. Desaulniers, l'abbé Holmes.

Sans être encore un pays de savans le Canada n'a-t-il pas eu au moins quelques hommes à qui leurs occupations habituelles méritent ce titre ?

On ne saurait refuser ce caractère à Andrew Stuart, frère du chevalier, à l'abbé Duchaîne, dont la science a autrefois été utile à son pays, à l'abbé Holmes et surtout à M. W. E. Logan, de Montréal. Ce monsieur se recommandait assez depuis nombre d'années comme chef de la commission pour' l'exploration géologique du pays et ses rapports avaient été accueillis avec curiosité et reconnaissance môme à l'Institut de France, lorsqu'il est allé briller à l'exposition de I.ondreâ. Le prince Albert lui a transmis un des

prix les plus considérables aecn-H»

mes, et la société royale de S R" 'f'

1 mis au nombre de sp" rl„ 1= '°°'^ '^ ^d-

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reiUSK^f ^:i;/"r '^^ de J-it, ,e bar-

McNab, ferait honneur à un publicisle de la Grands-Bretagne.

Quels ont été les hommes les plus distingués du Canada datis la politique ?

Ce sont du Calvet, Joseph Papincau, Andrew Stiiart, l'honorable John Neilson, l'honorable Dominick Daly, aujourd'hui g-ouverneur de Tobago, et plusieurs contemporains.

Quels sont les Canadiens qui se sont élevés a l'opulence et à la coiisidéralion par leur industrie?

Tels ont élé l'honorable Bartnélemi Joliette, l'honorable Peter McGill, l'honorable Joseph Masson, sir George Simpson, gouverneur du territoire de la Baie d'Hudson, l'honorable Austin Cuvillier, orateur de la chambre d'assemblée.

Quels sont nos agronomes?

L'agronomie fait de grands progrès aujourd'hui. Mais dos longtemps nous avion? eu des agronomes ilistingucs dans le capitaine Douglas, M. William Evans, et feu M. Perrault, dont le traité d'aaricu[lure avait été couronné par la société d'horticulture de Nevv-Yoïk.

Les Canadiens se sont-ils eigualcs dans la mécanique?

ll.s n'ont pas eu In mérite de la faire progre,--<cr, mais ils ont du moins montré qu'il V avait dans le pays du génie même pour cotte branche. Charles Laurier, M. George do

." ï. Sa ?!,;:'■ i?"' • •»', "'"''' --"■-

J;J^ aussi ie premier Canndierq:;' j ' -^^ ni,.,.u,re îcncrale do son pav.s. Les on v-. ?esh,s.onquc3de^L ChLiie son. ci"; '^â

Eiirof e par le célèbre historien Ali?on M. Ganieaù, de Québec, s'est essayé dans la mêine branche, et l'abbé Pâquin a réinii le piemier les matéviaux d'une histoire ecclési^ a.^tique du Canada.— Andrew'Stuait, A. Ber- Ihelut, homme dir^tingué en plus d'une branchp, 1\I. Fa.ibanlt, secrétaire de la sociélé Littéiaie et Historique, Jacques Viger et l'abbé Feiland se sont distingués dans la critique—Parmi nos poètes, Joseph Quesnel et Adam Kldd ont seuls du génie poétique.

L'honorable Louis Joseph Papineau, déjà introduit dans la Biographie des Contemjiorains, i\I.V;inières de St. Réal,I\I.Vigei, .Andrew Smart so sont signalés dans l'éloquence p'.ofane, tandis que 'le R. P Duples.'^is, de la compagnie de Jésus, célèbre par ses prê"dications surtout dans la Flandie française, J. 0. Plessis. Jean Jacques Lartigne, premier évoque de Montréal, Hyacinthe Hudon, l'abbé Holmes, l'abbé Chiniquy et d'autres prédicateurs vivans se sont fait remarquer dans l'éloquence de la chaire. Et Ies missionnaire; •Husf-'s . . .ils 1.1'o.pt point fait défaut .-.u Can'vl-l. Tels'soi'f hi\ P'ôvencher, les Dl.m-wlin, le- L'un-hr;-., '-s TaV é, suc- ^e=s,;„r, (1p^ Jésuites comme pionniers de la fui, et des (■'I')ervi'le, 'de Bi. nviUe, des Joliot, Arf T'k-heiea'u de''Sl.TirP}s, -d-^s Pérot, (les Ccloron, <les Lafontaine Marion, des St. Simon, de Preneuse et Franchère, nos intrcpidc.^ voyageurs.

La Bibliothèque Université d'Ottawa Echéance

SEP 1 9 'R-î

The Library University of Ottawa Date Due

BfiUDi PlflXiriILlEN.

HlsniE DE L'HIS

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