HET PS
0 mo rt er mr LEE,
A quel projet ces actes barbares donnèrentils lieu ?
D’Aillebout, qui, après avoir été gouverneur des Trois Rivières, avait succédé au chevalier de Montmagny dans le gouvernement général, désespérant de pouvoir dompter seul de si féroces ennemis, profita d’une députation envoyée par le gouverneur de la Nouvelle-Angleterre afin de proposer une neutralité perpétuelle entre les deux nations,
our mettre pour condition à ce traité, que
es Anglais se joindraient aux Français pour exterminer les Iroquois. Mais cette condition fut rejetée, et les Cinq Cantons ou la confédération Iroquoise étaient destinés à tenir plus tard la balance entre les Anglais et les Français en Amérique.
Quelle barrière les Iroquois parvinrent-ils à franchir vers le même temps ;
Ils détruisirent presque entièrement la grande et puissante nation huronne, dont les restes se réfugièrent en partie à Québec, sous la conduite du grand chef Ahasistari, dans les îles du Lac Huron appelées Manitoulines, dans les forêts de la Pensylanie et chez les Sioux, nation qu’on ne connaissait pas encore en Canada ; quelques-uns même se donnèrent à leurs vainqueurs.
Les Iroquois s’arrêtèrent-ils là ?
Non, ils détruisirent plusieurs autres peuples, s’avancèrent jusque dans le centre de la
inérent-
gouver- ‘édé au uvernedomp- : d’une eur de ser une rations, té, que is pour condila conà tenir s et les
ent-ils
ont la ont les » SOUS
dans lines, ez les BnCOre onné-
eue la
eolonie, et tuërent, dans un combat, Duplessie Bochart, gouverneur des Trois Rivières, et dans un autre, de Lauzon, grand sénéchal de la Nouvelle France : la mort de ces deux officiers donna un nouveau relief anx armes de cette redoutable nation,
L’année 1647 n’est-elle pas une grande époque pour l’île de Montréal ?
Ce fut cette année que plusieurs prêtres de St, Sulpice, ayant à leur tête Gabriel de Quaylus, abbé de Loc Dieu, arrivêrent dans l’île, mais seulement en qualité de missionnaires, car ce ne fut qu’en 1663 que la Compagnie de Montréal, dont la communauté de St. Sulpice faisait partie, lui abandonna tous ses droits sur l’île de Montréal. Le Roi confirma en 1677 cet abandon dans des Lettres
d’amortissement, et depuis 1663, époque où
le gouvernement Royal succéda en Canada au gouvernement féodul, un petit gouvernement purement féodal subsista dans l’île, Les Messieurs du séminaire nommaient ou du moins présentaient le gouverneur de
Montréal, et faisaient exercer la justice par
un bailli, officier féodal, qui avait ses officiers subalternes. Cet ordre de chose dura
| jusqu’en 1693. La Compagnie de St. Sul-
pice se démit alors de la justice entre les mains du Roi, qui établit un siége Royal.
Quels furent les successeurs de M. d’Ail-
lebout ?
de mm
Se Sr ann me ape nee —
Le vicomte d’Argenson succéda en 1658 à M. de Lauzon, qui n’avait fait que paraître.
Il montra de la vigueur dans ses relations avec les Iroquois, et leur en imposa pour quelque temps.
Est-ce là ce qui se passa de plus remar-
quable sous son gouvernement
En 1659, Alexandre VII, alors souverain pie songea aux besoins spirituels de la
ouvelle France, et résolut d’y envoyer un vicaire-apostolique. Ee choix tomba sur François de Laval Montmorency, d’une des plus illustres maisons de France, qui vint en Canada sous le nom d’évêque de Pétrée. Le Canada fut depuis érigé en évêché, et le siége épiscopal fixé à Québec ; mais ce ne fut qu’en 1674, parce que le souverain pontife.
voulut que cet évêché dépendit immédiatement du Saint Siége, et que Louis XIV n’y consentit enfin qu'après quelques années de négociations.—En 1659, année de l’arrivée.
de l’évêque de Pétrée, Mademoiselle Manse, qui avait déjà fondé l’Hôtel-Dieu de Montréal, y amena trois religieuses tirées du couvent de La Flèche. La sœur Marguerite Bourgeois y avait fondé dès 1653 la Congrégation de Notre-Dame.
Comment le baron d’Avaugour signala-t-il son administration ?
Le premier soin de ce seigneur, qui succéda au vicomte d’Argenson en 1661, fut de
| An 4 À à 0 À
pont th 9
PRE PES al OU NON OMR VER *
it HO CR A,
visiter tous les postes de son gouvernement, après quoi il fit d’énergiques représentations à la compagnie des Cent Associés et au Roi sur l’état de faiblesse de la colonie, et députa en France, le sieur Pierre Boucher, gouverneur des Trois Rivières, l’un des premiers historiens de la Nouvelle France, et ancêtre d’une des principales familles du Canada.
— Ce citoyen illustre fut bien accueilli en
France, et l’on fit passer en Amérique une recrue de plus de quatre cents personnes.
La joie quecausa l’arrivée de ce secours me fut-elle point troublée par queiques dissentions entre les premiers dignitaires de la colonie ?
Les gouverneurs avaient ordre de défendre aux colons de vendre de l’eau-de-vie aux sauvages, et le baron d’Avaugouren particulier, avait décerné les peines les plus graves contre les contrevenans. Mais il se relâächa ensuite tellement, piqué de l’intercession d’un ecclésiastique eu faveur d’un délinquant, que l’évêque de Pétrée n’ayant pu le ramener à la raison, passa l’océan pour porter ses plaintes de pasteur au pied du trône. Il eut gain de cause, comme ceia devait être, puisqu’il avait pour lui les sages instructions que le Roi et la Compagine avaient Cru devoir donner aux gouverneurs. Le baron d’Avaugour fut même rappelé.
Quels phénomènes extraordinaires signalèrent les années 1662 et 1663 ?
rairemetmime
Ces années furent remarquables par de violens tremblemens de ‘terre et par divers phénomènes ignés qui jetèrent l’épouvante parmi les colons.
Quand le gouvernement féodal fut-il remplacé en Canada par le gouvernement royal ?
Jusqu’en 1663, le Canada avait été gouverné féodalement par la Compagnie des Cent-Associés, qui fesait rendre la justice par un grand sénéchal, qui résidait 4 Québec, et qui avait un lieutenant aux Trois Rivières. Elle présentait au Roi le gouverneur de la colonie, qui se fesait assister dans les affaires par un conseïl dont le grand sénéchal et le premier supérieur ecclésiastique (qui était, avant l’érection de la Nouvelle- France en vicariat apostolique, le supériear des Jésuites) étaient membres de droit. Mais la Compagnie, affaiblie par la mort du cardinal de Richelieu, ayant mal rempli ses obligations, le Roi se saisit du pays, et y envoya M. de Mezy en qualité de gouverneur royal, accompagné d’un commissaire chargé de prendre possession du pays en son nom.
Ne se disposait-il pas cependant à reconcéder le pays à une nouvelle compagnie ?
Oui, il concéda le pays à la Compagnie des Indes Occidentales en pleine propriété et justice comme à la précédente compagnie, mais ces prérogatives n’étaient que sur le
papier, puisque le lieutenant général civil et criminel nommé par la Compagnie n’empêcha pas que le Roi érigeât au mois de mars 1663 le conseil souverain de Québec, et que ce prince avait résolu d’avoir un intendant dans le pays.
Qu’était-ce que l’intendant ?
L’intendant était un grand officier de la Couronne chargé de voir à la bonne administration de la justice et de la police dans une province, et ordinairement aussi de l’administration financière. Le Canada fut ainsi administré depuis l'an 1663 jusqu’à la conquête par une succession de quatorze intendans, qui géraient les affaires conjointement avec, et quelquefois indépendamment du gouverneur, qui n’avait de pouvoir sans partage que rar l’armée, et représentait les ducs des bas siècles. L’intendant portait le titre de Monseigneur.
Quels furent-les premiers intendans ?
Le conseitler Robert, premier intendant, ne vint pas en Canada, et fut remplacé par Jean Talon, conseiller d’état et privé du Roi, de la famille des célèbres jurisconsultes de ce nom, qui parut dans le pays en 1665, et y fut créé baron des Islets, puis plus tard comte d’Orsainville.
Le Canada n’eut-il pas d’autres grands seigneurs ?
Oui, un Castillion fut fait comte d’Orléans a5
etun Robineau, baron de Bécancourt. Son |
fils ainé devint haron de Portneuf. La baronie de Longueuil fut depuis érigée en faveur d’un membre de la grande et illustre famille
des Lemoyne, laquelle se sépara en diffé- :
rentes branches, qui se distinguèrent par les titres de Lemoyne de Longueuil, de Lemoyen d’Iberville, Lemoyne de Bienville, de Ste. Hélène, &c.
Quel était le caractère de l’intendant Talon ?
Ce magistrat illustre, qu’on a appelé à bon droit le Colbert du Canada, porta son attention sur toutes les branches, sur l’organisation judiciaire, sur l’agriculture, sur les ressources du pays ét ses mines, sur sa géographie.—Il fit un rapport de main de maitre sur le Canada, et conseilla à Louis XIV de ne point abandonner le pays à la rapacité d’une compagnie de commerce. Il fut heusement appuyé par le grand Colbert, celui de tous les ministres de France qui ait le mieux entendu le système des colonies, et eut assez de crédit pour faire proclamer au moins pour un moment la liberté de commerce pour tous les habitar.3 de la colonie.
Le systême judiciaire n’était-il donc pas organisé quand l’intendant Taion vint dans le pays ?
Mr. de Mezy avait désorganisé le Conseil par un coup d’état. Il s’était brouillé avec
| l’évêrue de Pétrée, qui était membre du 4 | gouvernement, et avait chassé deux conseil- | lers qu’il ne pouvait remplacer sans son conconrs. (Cette affaire le fit supplanter dans le , | | gouvernement par Daniel de Rémi, sieur de | Courcelles. Mais comme le danger de la colonie était grand, Alexandre de Prouville, marquis de Tracy, un des meilleurs officiers du grand Turenne, vint en même temps en qualité de lieutenant-général ou vice-roi, pour informer contre le précédent gouverneur avec Mgr. Talon, et voir à ce que les grands desseins du Roi fussent exécutées. Mais ces deux grands hommes ayant trouvé M. de Mezy mort, ne s’occupérent plus que d’organiser le Canada, et s’entendirent habilement, mais sans égards. aux droits de la Compagnie des Indes, pour donner les principales seigneuries non concédées aux officiers du fameux régiment de Carignan Salières, sulvant en cela la politique des Romains, comme V’avoue Talon dans un projet de règlement pour le gouvernement du Canada, qui mériteroit d’être célèbre.—Ces seigneurs militaires, les de Varennes, de Sorel, de Verchères, s M de Chambly et autres, inspirèrent à la population cet esprit belliqueux qui a si longtems distingué les Canadiens.
Quelle fut la constitution du Conseil Sou- -verain ?
l Ce conseil se composa d’abord du gouver-