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grossir beaucoup la population par la délivrance d’un grand nombre de prisonniers ?
Sans doute; mais quand on rappela les captifs, on vit avec surprise qu’un grand nombre préférèrent la vie sauvage à la vie civile. Ils furent nommés ‘coureurs de bois.’ On vit parmi eux des hommes marquans, tels que le baron de St. Castin, qui épousa une Abénaquise, et son fils, qui se rendit célèbre sous le gouvernement de M. de Vaudreuil.
La paix ôta-t-elle aux Canadiens toute occasion de 8e distinguer ?
Le retour de la paix fournit à d’Iberville de nouvelles occasions de servir son pays natal et la métropole.—-il restait à reconnaître l’embouchure du Mississipi par mer, et à profiter des découvertes que l’on avait déjà faites.
Etant passé en France, cet homme capable de fonder comme de détruire, proposa l’expédition à M. de Ponchartrain, ministre de la marine, eten obtint deux vaisseaux. Avec ces faibles moyens, il réussit dans son projet, et fonda la Louisianne, où il bâtit quatre ou cinq forts, entre autres celui de Mobile, qui devint pour un temps le chef-lieu du pays.
. M. de Callières gouverna-t-1l longtemps la Nouvelle-France ?
Non, il mourut en 1703, avec la réputation d’un bon capitaine, et du plus sage gouverneur qu’eût possédé la colonie. Le marquis de Vaudreuil lui succéda, et M. de Ramzay,
dune illustre maison d’Ecosse, et ancêtre d’une des principales maisons canadiennes, passa du gouvernement des Trois-Rivières à celui de Montréal.
La paix régnait-elle encore en Europe ?
Non, la guerre de la succession d’Espagne venait de s’allumer et fit renouveller les hostilités en Amérique. Un Anglais nommé Vetch, traça un plan pour la conquête du Canada; mais les troupes qu’on lui avait promises ayant été envoyées en Portugal, les efforts des Anglais se bornèrent à deux attaques infructueuses contre l’Acadie, tandis que les Français, de leur côté, attaquèrent en vain l’île de Terre-Neuve.
Le chevalier dIberville vivait-il encor® à cette époque ?
Ce grand homme, dont les services avaient été reconnus en France, commençait à figurer dans la guerre de succession, mais il mourut à la Havane, en 1706, après avoir
enlevé l’île de Nièvre aux Anglais.
Ne fut-il pas suivi de près au tombeau par un homme non moins remarquable dans son état ?
Oui, le Canada perdit en 1708, son premier évêque. —Mpgr. de Laval Montmorency était un prélat qui marchait en tout sur les traces des pasteurs de la primitive église, et qui mériterait que sa vie fut bien écrite. Il ne se mêla avec ardeur du gouvernement,
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dont il était membre, que pour le soutien de la morale, mise en péril par le traffic des liqueurs enivrantes. ---- Il s’était démis de son évêché en faveur de Jean Baptiste de La Croix Chevrières de Saint Vallier, aumônier de Louis XIV, qui fut quelque temps prisonnier des Anglais.
Ceux-ci n’eurent-ils pas quelque chance de conquérir le pays en 1710 ?
Cette année même, le général Nicolson, qui avait servi en Europe sous le fameux Marlborough, fit la conquête de l’Acadie, et marcha contre le Canada, pour agir de concert avec une flotte de 95 voiles aux ordres de l’amiral Walker, portant une seconde armée commandée par le général Hill. Mais catte flotte fit naufrage dans le fleuve St.
Laurent, vis-à-vis des Sept îles, et perdit huit gros vaisseaux et 3000 hommes. L’amiral Walker n’ôsa rien entreprendre après ce désastre, et le général Nicolson, trop faible pour attaquer seul, se vit contraint de se retirer sans avoir rien fait.
Cette expédition ne donna-t-elle pas occasion à la ville de Québec de se signaler de quelque manière ?
Le bruit ayant couru que les Anglais preparaient un nouvel armement, le marquis de Vaudreuil trouva dans la bourse des citoyens de Québec une somme de 50,000 écus pour augmenter ses fortifications.
Comment la guerre se termina-t-elle ?
Elle finit par le fameux traité d’Utrecht, par lequel l’Acadie fut finalement cédée à Angleterre, et a toujours porté depuis le nom de Nouvelle-Ecosse.
Qu’arriva-t-il en 1717 ?
M. de Vincennes, officier canadien, fonda sur la Rivière Ouabache un établissement qui fut nommé de son nom (Poste Vincennes) et qui est aujourd’hui un: poste américain important. La même année, M. Lemoyne de Bienville, frère du célèbre d’Iberville, eut la gloire de fonder la Nouvelle-Orléans, aujourd’hui une des principales villes de l'Amérique.
N°y eut-il dans ces temps-là que les Canadiens qui se distinguèrent ?
Non, le célèbre P. Lafitau, bien connu par son livre sur les mœurs des sauvages américains comparées avec celles des peuples primitifs, découvrit dans les forêts du Canada le ginseng, plante qu’on avait cru appartenir exclusivement à la Corée et à la Chine, et il écrivit à ce sujet un mémoire intéressant.
Avait-on achevé les fortifications projetées de Québec?
On les avait discontinuées, mais on les reprit en 1720, sur les plans de M. Chaussegros de Léry, habile ingénieur, lesquels furent jugés préférables à ceux de MM.
Beaucomt et Levasseur. Ce gentilhomme:
fut l’ancêtre d’une des plus illustres familles. du Canada : elle devait fournir à Bonaparte:
un de ses premiers ingénieurs. Les ouvrages en bois, érigés autrefois pour mettre:
Montréal à l’abri des attaques des sauvages, furent remplacés vers le même temps par une muraille en pierre, avec bastions, aux frais: du gouvernement, des MM. de St. Sulpice et des habitans, en vertu d’un arrêt du Conuseil Supérieur.
Dans quel état était alors la colonie ?
Ce pays se trouvait dans la situation la plus heureuse, peut-être où il eût jamais été, remarque Charlevoix. Québec comptait plus de 7000 habitans et Montréal 3000. En 1722, deux vaisseaux de guerre et six navires furent construits à Québec. Dix-neuf vaisseaux sortirent de sa rade, cette même année, chargés de productions du pays, comprenant des pelleteries pour la France, et des provisions de bouche pour les Antilles.
L’écrivain que l’on vient de citer a-t-il été un homme remarquable ?
Oui, les Canadiens ont avec raison un grand respect pour Charlevoix, membre illustre de la Compagnie de Jésus. Il visita le Canada en 1720 et en 1721, et en devint le principal historien, comme ïl le fut aussi du Paraguay.
-que, reprit la place, et s’avança même dans |
détruite, et Pensacola succomba une seconde
Que se passait-1l vers ce temps-là à la Louisiane ?
Les Canadiens se signalaient vers l’em- | bouchure du Mississipi et sur les côtes de !
Floride.
Quels furent ceux qui se signalèrent da- | vantage ? |
Ce furent M. de Bienville, qui eut pendant | quelque temps le gouvernement général de | la Louisiane, et qui triompha des Aliba- | mons, des Choctas et des Natchez—Serigny et Chateauguay, ses frères, et Dugué de | Boisbriand, gouverneur du pays des Illinois. !
Racontez quelques-uns de leurs exploits.
Serigny et Chateauguay prirent Pensacola, où s’était renfermé Don Juan de Matamoras.
Alfonzo Carascosa, envoyé avec une escadre par le marquis de Valero, vice-roi du Mexi-
Ja Louisiane, mais il fut repoussé à l’île | Dauphin par Serigny, et à Mobile, par le | sieur de Vilinville. M. de Bienville, qui observait ses mouvements, s’embarqua sur une escadre française, aux ordres du comte de Champmêlien. L’escadre espagnole fut |
fois. La paix se fit en 1723; le sieur de Chateauguay fut alors fait gouverneur de Mobile, et Serigny admis dans la marine royale comme capitaine de vaisseaux, On ft chevalier de St. Louis la sieur Juchereau |
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de St. Denis, qui avait été employé quatorze ans à la Louisiane, et dans deux missions importantes auprès du vice-roi dc Mexique.
Qui gouvernait alors la Nouvelle-France ?
C’était le marquis de Beauharnais, dit-on fils naturel de Louis XIV. ‘
Que se passa-t-il durant les premières années de son gouvernement ?
En 1728, M. de Ligneris, canadien, triompha des Outagamis et des Saukis. Précédemment le gouvernenr avait envoyé le baron de Longueil chez les [roquois pour tâcher de les persuader de souffrir qu’on reconstruisit le fort Niagara, autrefois bâti par le marquis de Denonville, et ce seigneur fut assez + adroit pour y réussir. En 1731, le fort de St. Fréderic fut construit à la Pointe à la Chevelure pour tenir en respect les Anglais, qui avaient construit le fort Oswego.
Qu’; a-t-il à dire pour l’histoire ecclésiastique du Uanada à cette époque ?
Mer. de St. Vallier était mort depuis longtemps après avoir fondé l’Hopital-Général de Québec, et la maison des Ursulines aux Trois Rivières, en 1697. Mgr. Duplessis de « ” Mornay lui avait succédé, mais ne vint jamais en Canada. En 1725, Benoit XIII, alors souverain pontife, sacra lzi-même, dutant les solennités de Noël, Herman Dosquet, prêtre des Missions Etrangères, évêque de
Samos et assistant du trône pontifical ; ce prélat administra la Nouvelle-France jusqu’en 1733. Il devint alors évêque de Québec, et résigna en 1739, en faveur de François Louis de Pouroy de l’Auberivicre, docteur de Sorbonne, qui mourut la même année, en exerçant son zèle sur un vaisseau infecté, âgé seulement de vingt-neuf ans.
Quand les mines des Trois Rivières commencèérent-elles à être exploitées ?
Ce fut en 1739.
Que se passa-t-il de remarquable en 1743?
Louis Fournel, canadien, découvrit la baie des Esquimaux ou de Kenessakion.
Les Anglais ne firent-ils pas éprouver aux Français un grand revers peu de temps après ?
Oui, er 1745, la milice des provinces anglaises, soutenue par une escadre royale aux ordres du commodore Warren, fit la conquête de Louisbourg, forteresse élevée à grands frais par la France, et où s’était renfermé le général Duchamoon.
Les Français ne fire::t-ils aucun effort pour reprendre ce boulevard ?
Les Français, ranimés par la victoire de Fontenoy, remportée sur les Anglais en Europe, formê:ent le projet de reprendre et
Louisbourg et la Nouvelle-Ecosse.
Cette entreprise fut elle couronnée de -succés ?
La France envoya d’abord sous les ordres -du duc d’Anville et de M. de la Jonquière, nommé gouverneur-cénéral à la place de M.
-de Beauharnaïs, une flotte formidable. Mais -elle essuya des tempêtes et des malheurs anouis. Le duc d’Anville mourut de chagrin à Chédabouctou, le vice-awiral Des- “tournelles se donna la mort, et M. de la Jon- “quière n’ôsa rien entreprendre à cause de approche d’une flotte anglaise.
Cet armement imposant ne devait-il pas encore être soutenu par les Canadiens ?
Trois mille hommes de débarquement que portait cette flotte devaient être joints par un “srand corps de Canadiens et de sauvages æarti du Canada sous les ordres de M. de Ramzay, qui, après une marche célèbre au cœur de l’hiver, ne laissa pas de remporter &ne victoire signalée sur les Anglais comimandés par le colonel Noble. Les raquet-
‘tes dont les canadiens s’étaient munis leur «donnèrent un grand avantage sur l’ennemi.
Que devint M. de la Jonquière ?
De retour en France 1l fut nommé vice- “amiral, sans cesser d’être gouverneur-généal de la Nouvelle-France, et remit à la voile ; mais rencontré par les amiraux Anson et Warren sur les côtes de Galice, il fut forcé de se rendre après un-combat acharné.
Les Français mettent partout de l’espri ‘Deux vaisseaux français s’appelaient l’u Plinvincible et l’autre La Gloire ; M. de , Jonquière dit à Anson : ‘ Vous avez vainci!
Pinvincible et la gloire vous suit.°? n
Le Canada demeura donc sans gouvernet€ résident ? és Non, Louis XIV nomma en 1747 le com:
de la Galissonnière gouverneur suppléant.
Quel était le caractère de ce gouverneu: ‘ Le comte de la Galissonnière étaif v€ homme très brillant; mais il fut la caulS première de la perte du Canada pour € France. Il conçut avec génie le plan harli d’envelopper les possessions britanniqu£ d’une chaîne de forts qui commenceraige aux grands lacs et s’étendrait d’un côté juÿ qu’à l’Océan Atlantique, de l’autre jusqu’P1 golfe du Mexique. Le ministère approuft cette conception gigantesque, mails sa avoir l’énergie nécessaire pour parvenir à si$ but: on n’exécute pas un pareil plan av” une poignée de soldats. De leur côté, la
colonies anglaises alarmées pour leur e:
tence même, ne se donnèrent point de ret® che, et firent résoudre la guerre. Les colo moins propres aux armes que les Canadie?C furent souvent battus, mais, comme laf-
Bonaparte, c’est toujours le grand nom
qui l’empoite à la fin sur le petit. Mal leurs défaites, les Angl.is conservèrent ty, De.
surs l’idée fixe qu’il leur fallait conquérir le ‘anada, et ils pr de temps à autre es coups décisifs qui pouvaient faire présa- “er facilement à qui ces vastes régions deaient appartenir finalement ?
. Le comte de la Galissonnière avait-il séurné longtemps dans la colonie ?
: Non, il n’y était demeuré au’assez de + ;mps pour mettre en marche son projet, et ait été remplacé par M. de la Jonquière, ji avait recouvré sa liberté à la paix d’Aix- ‘-Chapelle, par laquelle Louisbourg fut res-
juée a la France.
* Quelle fut la conduite de M. de la Jongière ( dans la question des frontières ?
Il hésita d’abord à poursuive l’exécution 4 plan conçu par M. de la Galissonnière, is il fut blâmé par les ministres, et se
quva forcé d’agir contre ses convictions.
Li mourut-il, et quel était son carace M. de la Jonquière mourut à Québec en «2, avec la réputation d’un bon capitaine ‘d’un homme doué de prudence, mais son arice sordide, le népotisme, le péculat jme, auquel il ne craignit pas de se livrer, ‘At de grandes taches à sa mémoire. Il fut té par l’intendant Bigot, et c’est sous son svernement enfin que la corruption com- Snça à se montrer à découvert chez les Éctionnaires publics.
Par qui fut-H remplacé ?
Charles Lemoyne, baron de Longueil, Canadien, alors gouverneur de Montréal, prit en main les rênes du gouvernement en attendant l’arrivée du successeur de M. de la Jonquière, qui fut le marquis Duquesne de Menneville, de la famille du grand homme de mer de ce nom.
Comment ce gouverneur se conduisit-il ?
Nommé sur la recommandation de M. de la Galissonnière, il entra avec ardeur dans son plan, et alla jusqu’à construire le fort de son nom, dans un lieu reclamé comme fesant partie de la Virginie, et à faire évacuer de force un petit fort bâti par les Anglais, qui se mirent à construire le fort Necessity, et y envoyèrent George Washington, depuis si célèbre. M. de Jumonville, sorti du fort Duquesne avec quelques troupes, vint lui dé— fendre de passer outre, mais les Anglais étaient si exaspérés qu’un mouvement géné— ral d’indignation et une décharge furent la réponse au mandat du jeune officier qui fut tué avec quelques-uns des siens, et le reste pris. Cependant Washington fut battu par M. de Villiers, qui fut envoyé contre lui avec des forces supérieures, et contraint de retourner sur ses pas.
Les choses en demeurérent-elles là ?
Non, dans une convention tenue à Albany, en 1754, Benjamin Franklin proposa une féb3
skération des colonies pour organiser une forte eésistance aux empiétemens des Français ; es deux nations se préparèrent aussi à la guerre en Europe, et dépêchèrent en Améri- - que des flottes considérables. Celle d’An- -vleterre, sous l’amiral Boscawen, enleva à celle de France deux vaisseaux chargés d’in- ‘génieurs et de troupes. Cet incident amena “une déclaration de guerre.
Fu
j Par quel fait d’armes donna-t-elle occasion ‘aux Canadiens de se signaler ?
{ Le général Braddock, officier expérimer:té mais inaccoutumé à la guerre d'Amérique, :s’étant engagé avec son armée dans un dé- ! filé des monts Alleshanis, méprisant les avis de Washington et des officiers provinciaux,
! tomba dans un piéce que lui avait tendu M.
.de Contrecœur, d’une famille anoblie en | Canada, et fut défait par un simple détache- ; ment aux ordres de MM. de Beaujeu et Du- , mas. Les restes des vaincus se retirèrent | avec précipitation, communiquérent leur ‘ désordre à un corps considérable, qui était resté en arrière, et ne s’arrêtèrent qu’au fort Comberland, à cent vingt milles du champ de bataille. Pour le ‘général Braddock, :1l avait expié son erreur en cherchant la mort, qu’il trouva après avoir eu cinq chevaux tués sous iul. M. de Beaujeu qui s’était couvert de gloire dans cette journée, paya aussi de sa personne et fut blessé grièvement.
Quels furent les autres événemens de cette campagne ?
Le baron Dieskau, officier recommandé par le maréchal de Saxe, ne fut pas aussi heureux. Ilfut fait prisonnier par le général Johnson et perdit huit cents hommes dans une bataille livrée près du lac George, le 8 septembre 1755, et dans une sortie de la garnison du fort Edward, qu’il était chargé d’attaquer.
Le marquis Duquesne était-il encore gouverneur de la Nouvelle-France à cette époque ?
Non, le marquis de Vaudreuil, né à Québec et gouverneur de la Louisiane, avait été nommé pour le remplacer, et ses provisions datées du ler janvier, avaient été enregistrées au Conseil Supérieur, le 13 juillet 1755. Il soutint la fortune chancelante de la France en ce pays, en fesant faire en deux endroits des diversions capables de tenir les Anglais dans l’inactivité: l’une était conduite par M. de Villiers, et l’autre par M.
Chaussegros de Léry, fils du célèbre ingénieur.
Qu'est-ce qui contribua surtout à sauver la colonie à cette époque ?
k Ce fut l’arrivée du marquis de Montcalm èt du chevalier de Levis avec un corps de troupes,
Quelles furent les actions de Montcalm ?
HN | Lt | |
Les premières années de son généralat furent marquées par d’éclatans succès. Il força à la retraite le lord Loudon, général de l’armée anglaise, prit et démolit, en 1756, les forts Ontario et Oswego, puis le fort George l’année suivante, à la vue, pour ainsi dire, de l’armée du général Webb: des ma-
asins immenses, quatre cents canons furent É fruit de ces victoires. Les drapaux furent suspendus, comme trophées dans les églises à Québec, à Montréal et aux Trois Rivières.
Tant de gloire mit-elle en sureté le Canada contre les attaques des Anglais ?
Un seul homme fit plus de mal aux Français que n’auraient pu le faire les armées anglaises. Les victoires de Montcalm firent chanceler le ministère anglais William Pitt, lord Chatham, homme doué au suprême degré du génie de la guerre et du gouvernement, parvint au ministère, d’enseigne dans les gardes qu’il avait été quelques années auparavant. Il remodela l’armée et discerna parmi les jeunes officiers les hommes capables de commander.
Quels furent ses premiers efforts ?
Il organisa trois expéditions simuitanées.
La première sous l’amiral Boscawen et le général Amherst, conquit de nouveau Louisbourg. Le brigadier Wolf qui devait bientôt s’immortaliser, recueillit une partie de la gloire de cette entreprise. La seconde sous
le général Abercrombie, ne se laissant pas décourager par une défaite, s’empara du foït Frontenac, où étaient les principaux magasins des Français, et assura en quelque sorte par là le succès de la troisième expédition, qui, sous le général Forbes, fit tomber ce fameux fort Duquesne, cause principale de la guerre.
Les Français eurent-ils dans cette campaone aussi peu de gloire que de bonheur ?
Non, la gloire de leurs armes, et la réputation de Montcalm furent sauvées et augmentées par la victoire mémorable de Carillon, où 17000 anglais furent repoussés avec désastre des retranchemens français défendus par 4000 hommes, après six heures d’un assaut obstiné. Cette bataille mérite d’autant plus la célébrité que c’est la première fois que les Français ont eu le bonheur de vaincre dans les mêmes proportions numériques que les Anglais à Crecy, à Poitiers et à Azincourt. On dit que ce furent les milices canadiennes, sous MM. Raymond, de St.Ours, de Lanaudière et de Gaspé, qui eurent l’honneur d’aehever la déroute de Pennemi.— Mais cette grande victoire ne fit tout au plus que retarder d’une année la conquête du Canada.
A quelle sou fut livrée cette bataille ?
Elle eut lieu le 8 juillet 1758.
l’année suivante ?
Le général Ambherst eut ordre de renou- | veller l’attaque contre Carilion, pour aller le | ensuite faire sa jonction avec Wolf, qui était | chargé d’attaquer Québec. Le général Pri- | deaux allait en même temps conduire une | troisième armée contre Niagara. ŒEnfin une | réserve se préparait sous le brigadier Havi- | land, | |
| Quel fut le plan de campagne de Pitt ponr
Quelle expédition fut la première couronnée de succès ?
Ce fut celle qui était destinée contre Nia- ‘te | gara. Le général Prideaux ayant été tué par | {| un éclat d’obus, le général Johnson, le même | qui avait vaincu le baron Dieskau sur le lac | George, pressa le siége avec activité, et se | rendit maître de la place, après avoir rem-
porté une victoire complète sur M. d’Aubry.
nl Quel fut le succès du général Amherst ?
| | | Ce général força les Français de lui aban- |
donner Carillon, mais il ne put franchir l’île
aux Noix, où M. de Bourlamaque, puis M.
de Bourgainville avaient érigé de formidables . tds retranchemens.
|| Comment Wolf parvint-il à se rendre | || maïître de Québec ?
| | Wolf, repoussé d’abord au combat de Montmorency, glorieux pour les armes françaises, et dans Tequel se signala le plus M.
de Repentigny, canadien, depuis brigadier
général et marquis, parvint quelque temps après à yagner les hauteurs d'Abraham, qui fesaient face à la partie faible de Québec, en
forçant l’Anse au Foulon, où commandait M:
de Vergor, neveu de M. de la Jonquière, Montcalm crut qu’il n’avait plus de ressource que dans une victoire. Elle l’abandonna avec la vie. Le baron de Sennezereue, son second, M. de St. Ours fesant l’office de brigadier général, furent blessés mortellement, et l’armée demeura sans chef, Wolf reçut aussi un coup mortel, maïs il mourut dans les bras de la victoire. En attendant crier: “Ils fuient,” il demanda quels étaient les fuyards :-—Les Français, ?? répondit un officier qui le soutenait. —‘ Quoi ! déjà! je dois done mourir content, ?” dit le général anglais avant de mourir. Il eut les honneurs de Westminster. Montcalm eut pour tombeau une excavation qu’une bombe avait faite dans le mur du couvent des Ursulines.—Après la bataille, le marquis de Vaudreuil, qui avait tenté en vain de rallier l’armée aux portes de la ville, abandonna le camp de Beauport et fit une retraite précipitée à la Pointe aux Trembles, abandonnant Partillerie, les vivres et le bagage, et rap-
ela à lui M. de Levis. Ce général ranima air, qui marcha au secours de Québec ; mais M. de Ramzay, dont la mémoire a peine à se soutenir en conséquence, et le
chevalier de Bernest, venaient de remettre la ville aux Anglais quand elle arriva.
Le Canada ne se soumit-il pas dès lors au vainqueur ? |
Non, M. de Levis ôsa espérer de reconquérir Québec. Il remporta sous ses murs Ja glorieuse victoire de Ste. Foy, et n’abandonna le siége qu’en conséquence de l’arrivée d’une escadre Anglaise.
L’armée française renonça-t-elle alors à défendre le pays ?
Non, M. de Levis ayant laissé M. Dumas dans le gouvernement de Québec avec un corps d’observation, distribua son armée dans celui de Montréal. Mais le général Amherst ayant enfin franchi les obstacles, s’avançait à marches forcées. Le brigadier Haviland arrivait à La Prairie. Enfin le genéral Murray venait de Quebec avec toutes les troupes disponibles. L’armée française retraitait de tous côtés devant eux, et se concentrait à Montréal, où elle se trouva pour ainsi dire enveloppée. Cette ville était Join d’être une place forte, comme il est dit dans le Dictionnaire des Siéges et Batailles,
Tevis, lui-même, qui ne respirait que la guerre, n’espéra pas de la défendre ; mais il proposa de se retirer dans l’île Ste. Hélène, et d’y défendre jusqu’à l’extrémité l’honneur des armes de France. Le marquis de Vaudreuil, avec plus de jugement, ne pensa plus
lettre | qu’à obtenir pour les Canadiens les meilleu- { res conditions possibles, et remit au général rs au ] Amherst la ville de Montréal, dont le colonel | aldimand, depuis gouverneur-général, prit con- N : ssession en son nom. La France renonça murs | al Canada qui fut définitivement cédé à ban- | l'Angleterre par le traité de paix de 1763. arri- | Quelle fut la conduite du général Amherst
aprèt la capitulation e Montréal ?
Il tonserva la division du pays en trois
dl gouveænemens, et y plaça ses lieutenans.
Imas ht incident remarquahle de l’année cun 1761 atez-vous à remarquer ?
dans +4 Ce fu\ la mort de Charlevoix, historien du Am- Canada.
tra Comment la justice fut-elle administrée ri depuis la conquête jusqu’au traité de 1763, ‘ Aus ou jusqu’en 1764? fe, | "ses On a donné à cette période de temps le | ag nom de règne militaire, mais cette désigna- | it tion n’est Juste qu’en ce sens que des mili- j btait taires fesaient loffice de juges, et le docteur dit Labrie, un de nos écrivains, a remarqué avec Fo \ raison que le’ régime de cette époque était sg #4 bien préférable à celui qui fut établi plus ! + tard.
18 1] | ène, 4 Que fit le général Murray à Québec ?
Leur Ce général établit un conseil qu’il appela au quelque fois Cour Martiale et Conseil de QUE Guerre, mais souvent aussi Conseil Supé-
rieur, dont il était en effet comme la continuation, n’en différant presque pas quant au, nombre de séances et quant à sa forme. Le
conseillers étaient des officiers de l’armé
mais ils étaient tenus de juger selon les l9s françaises, la Coutume de Paris, particulièément, conformément à la capitulation /de Montréal; et comme ils ne connaissent point ces lois, les jugemens leur étaient pour ainsi dire dictés par le procureur-généal et par les assesseurs, qui ne disparurent point. Il y eut deux procureurs-généraux canadiens, qui étaient en même temps Cemmissaires du conseil; des prêtres instriits fesaient les fonctions d’assesseurs.—Le général Gage établit dans le gouvernement de
Montréal plusieurs chambres de justice.
Plusieurs Canadiens distingués ne laissérent-ils pas le pays lors de la paix de 1763 ?
Oui, de ce nombre furent Jacques Bedout, de Québec, depuis contre-amiral, P. Martin, qui devint vice-amiral, Jacques Grasset Saint Sauveur, de Montréal, François Joseph Chausseoros de Léry, M. de la Corne, qui fut le compagnon du bailli de Suffren dans ses victoires, M. de St. Simon, compagnon du célèbre de Bougainville, et plusieurs autres.
Qui sont ceux de ces gentilshommes qui se signalèrent le plus dans les armes ?
Ce furent M. de Léry qui devint lieute-
nânt-cénéral dans l'artillerie et le wénie, et baïon sous Bonaparte, granderoix de St.Louis et \icomte sous Louis XVIII. Ilcommanda en thef le génie en Andalousie, en Allemagne,\en Russie, et fut chargé par Napoléon de foititier Lyon en 1815.—L’amiral Martin, commandant la flotte de Toulon, qui fit en 1795 une sortie heureuse ccatre l’amital Hotham ei Nelson dans ia Méditerranée, et enleva un vaisseau de 74.—Louis Philippe, marquis de Vaudreuil, après notre gouverneur-général, fut un des plus célèbres amiraux de Louis XVI, conquit Sénégal, fit pour huit millions de prises, et combattit avec honneur dans les batailles de Cheasapeake de la Martinique et de la Dominique, journée désastreuse dans laquelle il obtint l’éloge de l’historien Anquetil pour la manière dont il sauva la plus grande partie de l’armée navale, après que le comte de Grasse se fut rendu à l’ennemi. Joseph François de Paule, de la même maison, fut par de France, lieutenant-général et gouverneur du Louvre.
Par quel mérite se distingua Grasset Saint Sauveur ?
Il fut consul de France en Hongrie, et auteur d’un grand nombre d’ouvrages, long temps recherchés, dans le genre de l’hisiire et du roman.
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parurent à la Cour d’Angleterre ? / Ce furent le chevalier et la chevalièrede
Léry, qui furent présentés à George III. |
Quelles paroles obligeantes le monafque dit-il à Madame de Léry ?
[Il voulut bien lui dire que si toutes les dames canadiennes étaient semblables à elle, il avait fait une belle conquête.
À quelle révolution le Canada fut-1il soumis en 1764?
Par une Proclamation Royale du mois d’octobre 1763, le pays fut soudainement soumis à la législation d’Angleterre, code difficile à administrer même dans les Iles Britanniques, à cause de sa complication, et auquel les Canadiens ne pouvaient rien comprendre. Ajoutons que ce code ne leur fut pas même administré par des hommes de loi, et le seul jurisconsulte anglais qui parut dans le pays fut le célebre Mazères, depuis baron de l’Echiquier en Angleterre, et qui fut fait procureur-général. On choisit pour juge en chef un homme pris de justice.
Suivirent des abus auxquels on aurait peine à croire si le témoignage de notre célèbre patriote Du Calvet n’était corroboré par celui du général Murray lui-même. Les Canadiens pouvaient encore en certains cas recourir au tribunal des seigneurs qui étaient assez riches pour entretenir des officiers de
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juitice, mais les justices seigneuriales furent supprimées par une ordonnance de l’année
Le Canada conserva-t-il ses anciennes limites ?
Pour comble de rigueur, on démembra du Canada l’île d’Anticosti et la côte méridionale du Labrador ; le lac Champlain et tout l’espace au sud du 45ème degré de latitude, ainsi que l’immense territoire à l’ouest du fort Ossouegatchie. Le reste prit le nom de Province de Québec, dont le général Murray fut le premier gouverneur.
Quelle fut la conséquence de cette démarcation territoriale ?
Le Canada fut par là non seulement rétréci, mais fut dépouiilé de sources importantes de commerce et de richesses. Les Canadiens sentirent alors l’injustice de ce procédé, et l’Angleterre en reconnut quelques années après l’impolitique, puisqu’une grande partie du territoire détaché du Canada resta aux Américains.
Les Anglais étaient-ils cependant bien affermis dans leur nouvelle csnquête ?
S'il y avait peu de dangers qu’ils en fussent dépossédés, 1ls trouvêrent pourtant dans le fameux Ponthiac un ennemi qui aurax. pu devenir formidable. Ce chef, ami des Français, avait refusé de se soumettre au major Rogers, SRMOYS. par le général Amherst
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