Vous avez été mis à mort, Seigneur, et vous nous
» avez rachetés pour Dieu au prix de votre sang, en nous » tirant de toutes les tribus, de toutes les langues, de »n tous les: peuples, et de toutes les nations. » David fait parler le Père éternel à son Fils notre Seigneur, et lui fait dire (Ps. 2. 8.) : « Demandez-moi, et je vous don- » nerai toutes les nations pour votre héritage, et toute » l'étendue de la terre pour votre possession. » Le même prophète dit (Ps. 71. 44.) : Tous les rois de la terre ñ» l'adoreront, et toutes les nations se feront honneur de » le servir. » Il y a dans l'Ecriture une infinité de semblables passages, mais je me contenterai de rapporter ce que dit Notre-Seigneur parlant de l'établissement de son Eglise et de la réprobation des Juifs (Matth. 8. 44.) : « Je » vous dis que plusieurs viendront d'Orient et d'Occident, » et auront place avec Abraham, Isaac et Jacob dans le
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»« royaume de Dieu; et les enfants du royaume (qui sont » les Juifs) seront jetés dans les ténèbres extérieures. » Et afin que cette prophétie fût accomplie, il en commit l'exécution à ses disciples, disant (Marc. 46. 45 et 20.) : « Allez par tout le monde, et prêchez l'Evangile à toutes » les créatures; celui qui croira et qui sera baptisé, sera » sauvé, et celui qui ne croira pas, sera condamné. Et * eux étant partis, préchèrent partout, le Seigneur coopé- » rant avec eux et confirmant leur parole par les miracles » qui l'accompagnaient. » ; |
L'Eglise n'est pas seulement universelle, parce qu'elle s'étend par tout le monde, et qu'elle comprend toutes sortes de personnes ; mais encore parce qu'elle contient l'espace de tous les temps et qu'elle doit durer depuis Adam jusqu’à la fin des siècles. Car encore que les patriarches et les saints de l'ancienne loi, et même de la loi de nature aient devancé le mystère de l'Incarnation du Verbe, c'est néanmoins la doctrine des saints Pères qu'ils appartenaient à l'Eglise, parce qu'ils croyaient en Jésus-Christ, et qu’ils n’ont fait les bonnes œuvres qui les ont sanctifiés et sauvés que par la grâce de ce divin Sauveur, qui leur a été donnée par anticipation. La différence qu’il y a entre leur foi et la nôtre, est qu'ils ont cru en Jésus-Christ qui devait venir, et nous croyons en Jésus-Christ qui est venu. Notre foi néanmoins a de grands avantages pardessus la leur, et nous serons beaucoup plus coupables qu'eux, si nous n'en faisons un bon usage; car outre Ja connaissance du Messie qui est commune à eux et à nous, nous avons sa doctrine, ses exemples, ses miracles et ses sacrements qu'ils n'avaient pas.
La quatrième propriété de l'Eglise est qu'elle est apostolique. Premièrement, parce qu'elle est fondée sur les apôtres qui en ont été les pierres fondamentales immédiatement posées sur Jésus-Christ, qui est la première pierre et le roc inébranlable, Voici comme parle saint Paul
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(Ephes. 2. 19.) : « Vous n'êtes plus des étrangers hors de » leurs pays, mais vous êtes citoyens de la même cité que » les Saints, et domestiques de la maison de Dieu, édifiés » sur le fondement des apôtres et des prophètes, dont » Jésus-Christ est la principale pierre. »
2, L'Eglise est apostolique, parce qu'elle tient la doctrine que les apôtres lui ont enseignée, et que ses opinions ne sont point nouvelles comme celles des hérétiques, mais qu'elles sont aussi anciennes que l'Eglise même qui les a conservées de père en fils jusqu'à nous.
Enfin l'Eglise est apostolique, parce que le Saint- Esprit a été premièrement donné aux apôtres, et par eux à toute l'Eglise, dans laquelle il est toujours demeuré depuis pour la gouverner d'une manière invisible.
L'on pourrait ajouter à ces quatre propriétés de l'Eglise une cinquième, savoir qu'elle est infaillible, c'est-à-dire qu'elle ne peut errer quand elle détermine des matières de la foi, et qu'elle prescrit des règles de bien vivre. D'autant qu'elle est gouvernée par le Saint-Esprit qui ne peut inspirer l'erreur, ni conseiller la corruption des mœurs. Saint Paul nous apprend combien l'Eglise est éloignée de l'erreur et de la fausseté, quand il dit (I Tim. 8. 15.) : « Apprenez comment vous vous devez conduire » dans la maison de Dieu, qui est l'Eglise du Dieu vivant, » la colonne et la base de la vérité. »
Voilà donc les marques d'une véritable Eglise, qu'elle soit une, sainte, catholique, apostolique, et infaillible, et comme ces marques ou propriétés se rencontrent seulement dans l'Eglise Romaine, il s'ensuit que cette Eglise seule est la véritable Eglise, et que hors de cette Eglise, il ne faut point espérer de salut,
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CONTINUATION DU MÊME ARTICLE
Sur ces dernières paroles : La communion des Saints.
Ces paroles ne font pas un article séparé dans le symbole, mais elles doivent être jointes aux précédentos, dont elles sont comme l'explication, et c'est autant que si nous disions : Je crois la sainte Eglise catholique qui est la communion des Saints.
La communion.
Le mot de communion signifie une société, une communication et participation que plusieurs personnes ont à une même chose.
Or, cette société et participation se trouve dans l'Eglise entre les fidèles. C'était la fin des prédications des apôtres, et particulièrement de saint Jean qui dit (I Joan. 4. 3.) : « Nous vous préchons ce que nous avons vu, et ce » que nous avons entendu, afin que vous soyez admis avec » nous dans une même société, et que notre société soit » avec le Père et avec san Fils Jésus-Christ. Saint Paul » confirme cette vérité disant (Coloss. 1. 12.) : Persévérez » dans la douceur avec joie, rendant grâces à Dieu le Père » qui, en nous éclairant de sa lumière, nous a rendus dignes » d'entrer dans la participation de la portion des Saints. »
Il en est de l'Eglise comme d’une famille bien réglée, car tout ainsi que dans une famille tout est commun entre le père, la mère et les enfants ; de même dans l'Eglise, qui
est la famille de Jésus-Christ, tous les biens spirituels sont communs entre les fidèles.
Les biens qui sont communs sont premièrement les sacrements par lesquels, comme par autant de liens, les fidèles sont unis à leur chef, qui est Jésus-Christ, et ils sont unis les uns avec les autres comme des membres avec leurs membres. Tous reçoivent les mêmes sacrements, et par ces sacrements ils entrent dans l'union, car, comme dit saint Paul (Ephes. 4. 5.) : « Il n’y a qu'un » Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême. » Et le même apôtre reprend les chrétiens de Corinthe (I Cor. 4. 42.) « qui étaient divisés entre eux, et qui se glorifiaient » d'appartenir à divers ministres, comme s'ils eussent » reçu d'eux des baptêmes différents. » « Chacun de » vous, dit-il, prend parti, en disant : moi, je suis à Paul, » et moi je suis à Apollon, et moi je suis à Céphas, et moi » je suis à Jésus-Christ. Jésus-Christ est-il divisé ? Est-ce » Paul qui a été crucifié pour vous? ou bien avez-vous été » baptisés au nom de Paul ? »
Mais le lien d'union le plus sublime et le plus étroit est l'Eucharistie, par laquelle tous ceux qui s'en approchent, s'unissent en Jésus-Christ. C’est pourquoi ce très-saint Sacrement se fait dans le pain, qui est fait de plusieurs grains de blé, et dans le vin, qui est composé de plusieurs grains de raisin, pour nous apprendre que ceux qui mangent ce pain céleste, et qui boivent ce vin sacré, ne sont plus qu'un corps en Jésus-Christ. Et c'est pour cela que la participation de cette sainte Eucharistie est pau particulièrerent appelée communion.
Secondement, les biens qui sont communs dans l'Eglise sont les vertus, les bonnes œuvres, les mérites des fidèles, en sorte que quand quelqu'un fait une bonne action, le mérite en devient commun à tous les autres, ainsi que témoigne le Prophète (Ps. 418. 63.) : « Je suis partici- » pant, Seigneur, dé tous ceux qui vous craignent et qui
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» gardent vos commandements, c'est-à-dire, je suis par- » ticipant des mérites et des biens spirituels de tous ceux » qui vous craignent. »
Ce mystère se peut expliquer par la cemparaison des membres du corps, dont les opérations sont communes à tous, et ce que l’un ne peut faire par lui-même, il est censé le faire par un autre : l'œil parle par la langue, et la langue voit par l'œil; les mains marchent par les pieds, et les pieds travaillent par les mains; il en est de même des membres de l'Eglise : les pauvres participent aux aumônes des riches, et les riches participent à la patience des pauvres; les contemplatifs participent à l’action des apôtres, et les apôtres participent aux prières des contemplatifs. C'est pourquoi saint Paul dit que les fidèles ne sont pas seulement membres du corps qui est l'Eglise, mais qu'ils sont encore membres les uns des autres (Rom. 12. 5.), pour montrer leur mutuelle union et leur dépendance.
Mais il faut remarquer que cette communion n'est pas seulement pour les biens, mais encore pour les maux; en sorte que quand quelqu'un est affligé et dans la nécessité, les autres doivent prendre part à son afiliction et à sa misère, et ensuite le consoler et le soulager ; tout ainsi que dans le corps humain, quand un membre est blessé, tous les autres le servent et le soulagent.
En troisième lieu, les grâces que l'on appelle gratuites, comme sont la science, la prophétie, le don des langues, la grâce des miracles, et les autres de cette nature que Dieu donne par sa pure libéralité, sont encore communes, parce qu'elles sont données en faveur du corps, et non en particulier pour ceux à qui elles sont données; d'où vient que Dieu les met quelquefois dans les pécheurs, comme saint Jean remarque qu'il fit prophétiser le misérable Caïphe parce qu'il était grand-prêtre (Joan. 41. 49.).
En un mot, tous les biens spirituels sont communs à
tous. Nous avons tous le même Dieu, le même Seigneur, le même Père qui est au ciel, le même Sauveur, la même foi, les mêmes sacrements, le même sacrifice, la même loi, les mêmesEcritures; et tout cela nous est tellement commun qu'il est tout à tous, et tout à chacun en particulier ; car Dieu est tout à moi et tout aux autres. Jésus- Christ est tout à moi et tout aux autres, le très-saint Sacrement est tout à moi et tout aux autres, il en est de même du reste.
Des Saints.
L'article de notre foi ne dit pas simplement qu'il y a dans l'Eglise une communion, mais il ajoute, des Saints; pour nous apprendre que pour participer à la plupart des biens dont nous avons parlé, il faut être saint, c'est-à-dire, dans la grâce de Dieu. Car ceux qui sont dans le péché, étant des membres morts, ne peuvent recevoir les influences de la grâce; tout ainsi que dans le corps humain, un membre sec et aride ne peut recevoir les esprits de vie qui se communiquent aux membres vivants.
Ceux néanmoins qui sont en péché mortel, encore qu'ils ne participent point aux grâces, aux bonnes œuvres et aux mérites de l'Eglise, ne laissent pas d'avoir quelque part à la communion des fidèles. 1. Parce qu'ayant la foi ils ne laissent pas, quoique morts, d'être unis au corps, ce qui est une disposition assez prochaine pour recevoir l'esprit de vie. 2, Ils peuvent recevoir beaucoup de secours de la part des justes pour se remettre dans Ja bonne voie. 3. Il y a quelques fruits de la communion des Saints où ils peuvent avoir part, comme sont les exhortations, les bons exemples, les corrections, les lectures saintes, la conversation des personnes dévotes.
Les points de cet article que nous sommes obligés de croire, sont : 4. Qu'il y a une Eglise dans laquelle plusieurs personnes sont assemblées pour servir le vrai Dieu,
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à qu'ils res et uelque la foi corps, cevoir ecours , voie.
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Dés de e plu- Dieu,
et en le servant, mériter la vie éternelle. 2. Que cette Eglise a deux Chefs, l'un invisible qui est Jésus-Christ, l’autre visible qui est le Pontife Romain successeur légitime de saint Pierre. 3. Qu'elle est composée de deux parties principales, qui sont l'Eglise triomphante, qui jouit de Dieu dans le ciel ; et l'Eglise militante, qui combat sur la terre pour mériter cette jouissance. 4. Que cette même Eglise est unique, sainte, catholique, apostolique, infaillible. 5. Qu'il y a dans cette Eglise une communication de mérites, et de biens spirituels que l’on appelle communion des Saints.