‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 81 sur 306 · PARTIE ÏII. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE ÏII. CHAPITRE II

et de bâtir ou rétablir un mouastère en FhoDneiir de Saint-Pierre. Ne doutez point que Dieu ne soit proche de tous ceux qui l'invoquent sincèrement en quelque lieu qu'ils se trouvent. Le roi fut tranquillisé par cette réponse; il rétablit le monastère de Westminster, envoya des présents magnifiques à Rome, avec le produit du denier Saint-Pierre, qu'on y appliquait, du moins en partie, à une église nommée a l'Ecole des Anglais, a {Ber. Berc. t. 10).

Sbignée, évèque de Cracovie, demandait le jubilé en 1-ioO au pape Nicolas V, pour les Polonais et les Lithuaniens, le pria de dispenser ces peuples du pèlerinage de Rome, à condition que chacun donnerait aux quèteiu's la moitié de ce qu'il lui aurait coûté pour faire le voyage. Ce que le Pape accorda volontiers ; il réduisit même la taxe au quart {Ibid. 16).

e. Un marchand avait fait vœu de faire chaque année, en automne, un pèlerinage à une image de la sainte Vierge, éloignée d'environ vingt heues. Chaque année, il s'acquittait de ce devoir avec une scrupuleuse fidéhté. Il y avait douze ans qu'il faisait ce voyage, lorsque, éloigné seulement de trois heues de son but, il fit rencontre d'un laboureur, et s'aboucha avec lui. « Que vous êtes heureux, lui dit entre autres choses le marchand, vous autres gens du pays, d'être si rapprochés de co célèbre pèlerinage, tandis que moi je suis obligé de faire un si long voyage ! Aussi, vous ne manquez sans doute pas de vous y rendre bien fréquemment ? — Cela n'arrive pas si souvent que vous le pensez, répondit le paysan; car, les jours ouvrables, nous sommes obhgès, comme Dieu l'ordonna à notre ancêtre Adam, de gagfior notre pain à la sueur de notre front; les jours de di-

manches et de fêtes, nous avons l'office de la paroisse, et notre devoir veut que là, dans notre église, nous adorions notre Dieu et honorions ses saints. Mon avis est qull vaut mieux que les agneaux restent auprès de leur pasteur et se laissent conduire et diriger par lui, que d'aller courir en d'autres lieux, où ils ne connaissent pas le pasteur, et où le pasteur ne connaît pas les brebis. Si j'épargne quelques kreutzer, je préfère les donner aux pauvres que de les dépenser dans des pèlerinages. » Tel fut le langage du paysan. — Ces paroles furent, pour le citadin pérégrinant, un sujet de profondes réflexions. — « Bah! se dit-il en lui-même, voilà un homme qui agit bien plus sagement que moi. Dans mon endroit, il m'arrivede passer des mois entiers sans aller à l'église; les dimanches et les fêtes, je m'occupe à relire mes comptes, sans m'inquiéter beaucoup du sermon ni de l'instruction. Ne vaudrait-il pas mieux que, moi aussi, je donnasse aux pauvres le produit de mes épargnes? » Plus il réfléchissait, plus il devenait convaincu du peu defidélité avec laquelle il avait rempli ses devoirs religieux, et que tout n'était pas fait lorsqu'on était allé en pèlerinage. Lorsqu'il fut de retour à la maison, il en parla à son confesseur, et, d'après ses conseils, il se décida adonner, tous les ans, aux pauvres l'argent qu'il aurait dépensé en faisant son voyage, tout en prenant la résolution de remplir, avec plus de fidélité, ses autres devoirs religieux. C'est ainsi que son vœu fut commué. — L'homme se trompe souvent lui-même. Il fait tel ou tel vœu, et s'imagine que Dieu se contente de cette seule pratique, tandis qu'il néglige ses devoirs les plus essentiels. Il accomplit ce à quoi il n'est nullement teuu^ et oublie ce qui est indispensable. San»

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