‹ Catéchisme historiqueChapitre 135 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II. 2G · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II. 2G

grâce, il se donne lui-même gratuitement à nous (I). Ainsi, de la nature à la grâce, il y a toute la distance qui existe entre Dieu et nous.

La grâce est donc, selon la définition de saint Thomas, un don surnaturel que Dieu accorde à l'homme pour mériter la vie étemelle. Le mot important est surnaturel, qui signifie au-dessus de la nature. Ce don sur- ' naturel nous est communiqué par la grâce sanctifiante et la grâce efficace. La grâce sanctifiante, c'est cette force intérieure et surnaturelle de l'Esprit saint par laquelle l'homme est justifié et sanctifié, ou, en d'autres termes, elle est cette vertu surnaturelle qui fait du pécheur un homme juste, d'un ennemi un ami de Dieu, d'un enfant de la colère de Dieu un enfant de son amour, et un héritier du royaume céleste. Cette grâce sanctifiante, les enfants la reçoivent déjà au baptême, sans aucune coopération de leur part. Par le baptême, ils sortent, sans qu'ils le sachent et qu'ils y contribuent, de l'état du péché, et sont admis au rang d'enfants de Dieu, c'est-à-dire qu'ils renaissent à la vie spirituelle. (Celui qui n'a pas été régénéré par l'eau et l'Esprit saint, etc. Jean, 3, 5.) Mais dès que l'homme peut faire g€ de sa raison et de sa liberté, il doit, en dirigeant les facultés de son intelligence et de sa volonté vers un but agréable à Dieu, s'efforcer de s'affermir de plus en plus dans la nouvelle condition dans laquelle il est entré par le baptême; il doit devenir un membre actif, et non plus seulement un membre passif et privilégié de la grande famille de Dieu. Toutefois, comme les

1 Ouia et divina gralia Dci sit ot lar^ito quaclaminodo Ipsius dîYinilatis. (Cassianus, De Incarnai, l. -± c. c.

?. CATÉCniSME HISTOIUOUE.

forces de son intelligence et de sa volonté ont été, sinon anéanties, du moins affaiblies par la tache originelle, il a besoin, outre ses facultés naturelles, de secours surhumain, d'une assistance surnaturelle qui s'appelle frâee efficace. Elle consiste dans cette force surnaturelle et intérieure que nous communique l'Esprit saint, et qui est nécessaire à tout homme pour chaque bonne œuvre, chaque pensée, chaque résolution, chaque parole qui tend à obtenir des effets surnaturels. (C'est Dieu qui produit en vous et le vouloir et le faire, selon qu'il lui plait, Philip}). 2, 14). On appelle cette grâce, grâce efficace, parce que nous ne l'avons pas reçue, comme la grâce sanctifiante, au moment de la justilication, et qu'elle ne réside pas en nous d'une manière permanente , mais qu'elle nous est donnée seulement quand nous agissons, au moment où nous en avons réellement besoin, etqu'elle n'agit que transitoire ,,<• nt sur notre àme en l'excitant à prendre de bonnes i lutions et à laire de bonnes œuvres. Cette grâce efficace se divise 1° en grâce prévenante, en tant qu'elle excite en nous de bonnes pensées, nous porte à de pieuses résolutions, et qu'elle prévient en quelque sorte notre

,/. C'est dans ce sens que l'Apôtre dit (2 Cor. 3. « Non que nous soyons capables de former de nousmêmes une bonne pensée, mais c'est Dieu qui nous en rend capables. » — Il est dit aussi dans l'histoire des Apôtres 20, 14 : « 11 y avait une femme nommer L^ydie, qui -rivait Dieu; elle nous écouta, et le Seigneur lui ouvrit Le cqaur pour entendre avec soumission ce que Paul disait. » Dans ce cas, la grâce prend aussi Le nom de grâce excitante* La grâce e/'fic i e t appel mitante, quand on la considère en tant que nous sou-

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