‹ Catéchisme historiqueChapitre 190 sur 275 · TARTIE II. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

TARTIE II. CHAPITRE II

tinopîe fut assiégée et par terre et par mer, par une effroyable armée de Sarrasins. La nouvelle du danger qui menaçait la capitale de l'Orient jeta la consternation dans toute l'Italie. Tout tremblait à la vue des ennemis conjurés du nom chrétien. Pour obtenir du Très-Haut qu'il daignât éloigner le danger, le pape Grégoire II établit des jours de pénitence et de jeune, et il donna lui-même au peuple l'exemple le plus édifiant. Bientôt on apprit des nouvelles plus favorables; les deux tiers de l'armée des Sarrasins ayant été décimés par la famine et la peste, ils furent contraints de lever le siège : vingt-deux mille Sarrasins furent battus par les Bulgariens, et, lorsque les débris de l'armée voulurent se sauver sur des vaisseaux, ils furent jetés çà et là par une violente tempête qui s'éleva sur mer. Les uns furent engloutis sous les flots, d'autres allèrent briser leurs vaisseaux contre des rochers et périrent. Un très-petit nombre aborda aux ports de la Syrie {Stolb. R. G. B. 23).

4. Prière pour obtenir le pardon de ses péchés. — a. Lorsque David, mû par des sentiments de vanité et d'orgueil, eut fait le dénombrement de son peuple, il fut troublé dans sa conscience et adressa cette prière au Seigneur : « J'ai gravement péché par l'action que je viens de faire; pardonnez, Seigneur, le crime de votre serviteur; je reconnais que j'ai agi en insensé, d (2. Rois, 24, 10). Le même David, touché de repentir à la pensée de son adultère et de son meurtre, com- | les sept Psaumes de la pénitence, parmi lesquels le psaume cinquante, le Miserere, qui fut composé immédiatement après que le prophète Nathan lui eut mis devant les yeux l'enormité de sa chute (Ps. 50, 2).

— Lorsque le roi Mariasses se vit dans la détresse, il confessa sa faute, recourut à Dieu, s'humilia devant le Seigneur et pria; et le Seigneur se laissa fléchir, lui pardonna et le délivra des mains "3e ses ennemis (-2. Parai. 32, 42). — C'était bien la prière d'un cœur vraiment pénitent, celle que fit Esdra^, en voyant son peuple se confondre indistinctement avec les païens : « Mon Dieu, je rougis et n'ose lever mes yeux vers vous, car nos péchés s'élèvent au-dessus de nos têtes et nos crimes pénètrent jusqu'au ciel, etc. » (1. Fsd.9,6). -7- Les Ninivites obtinrent miséricorde par l'ardeur de leur prière et détournèrent les châtiments du ciel {Jon. 3). — Daniel nous a laissé une magnifique prière; c'est véritablement le langage de la pénitence qu'il parlait, lorsque, s'adressant au Seigneur en son nom et en celui de son peuple, il lui disait : « Je suis venu à vous, Seigneur, j'ai cherché des paroles pour vous prier, j'ai versé des larmes en jeûnant, je me suis couvert de cendre et de vêtements de deuil. J'ai pri hova, j'ai confessé mon crime et j'ai dit : « Hélas! Seigneur, Dieu grand et terrible, nous avons péché, commis l'iniquité, nous avons agi comme des hommes impies, nous nous sommes révoltés contre vous en violant vos commandements, etc. » {Dan. 9, 3).

b. Lorsque le paralytique était étendu devant Jésus, il ne manqua pas sans doute de demander dans le fond de son cœur le pardon de ses péchés, car le Seigneur lui adressa ces belles paroles: « Consolez- vous, mon fils, tous vos péchés vous sont remis. » [Marc, 2, 5). — Marie-Madeleine demanda aussi du fond de son cœur la rémission «I»- ses foutes, far le Seigneur lui dit paroles : « Vos péchés vous sont remis. » (Luc, 7, 37).

— Le bon larron adressa aussi, du haut de sa croix, une belle prière au divin Sauveur, lorsque, dans son humilité, il le supplia de ne pas l'oublier (Luc, 23).

— Le publicain se tenait éloigné et n'osait lever les yeux, mais, frappant sa poitrine, il faisait entendre,. en soupirant, cette ravissante prière : « Seigneur, soyez-moi propice, à moi misérable pécheur. » (Luc, 18).

— Saul, sur le chemin de Damas, jeûna pendant trois jours et fit des prières de pénitence (Act. 9).

c. La pénitente Thaïs, d'Alexandrie, après avoir été convertie par saint Paphnuce, renfermée dans une étroite cellule, récitait au moins cent fois dans la journée cette courte prière : « Vous qui m'avez créée, ayez pitié de moi! » (Lokn. Bibl. il 864).

N. B. Nous pourrions encore citer les Confessions de saint Augustin, le Confiteor, le Kyrie, etc.

5. Prière pour le prochain, — a. Nous devons aussi prier pour autrui.

aa. Abraham priait pour son fils Ismaël comme aussi pour les Sodomites (Gen. 47 et 18). — Moïse priait souvent pour que Dieu accordât aux Israélites de l'eau, du pain, la rémission de leurs péchés (Exod. 32.), la guérison et la délivrance des serpents, etc. Ce fut à sa prière que sa sœur fut guérie de la lèpre (Nombr.). — Samuel disait au peuple : a A Dieu ne plaise que je cesse jamais de prier pour vous » (1 . Rois, 12). — Daniel priait avec ferveur pour le peuple captif d'Israël (Dû

— Le grand prêtre Onias pria pour Héliodore, lequel avait été sévèrement châtié par le Seigneur, parte qu'il avait voulu voler le temple, et à sa prière le Seigneur lui ht grâce de la vie (2 Mach. 3, 33). — Jésus, avant sa passion, priait pour ses apôtres (Jean, 17, 9), et les

apôtres priaient pour les fidèles; ainsi Pierre et Jean priaient pour les Samaritains nouvellement baptises, afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit, et saint Paul, dans plusieurs endroits de ses Epîtres, nous assure qu'il prie pour les chrétiens. Il écrit [Rom. 1, 9) : « Dieu que je sers m'est témoin que je me souviens sans cesse de vous dans mes prières; — et ailleurs [Thessal. 1.) : « Nous prions continuellement pour vous ! » — Lorsque Pierre était en prison, toute la communauté des fidèles priait pour sa délivrance [Act. 12).

II. Lorsque l'empereur Marc-Aurèle était en guerre avec les Quades et les Marcomans, les ennemis l'attirèrent habilement dans une montagne et le cernèrent avec tous ses soldats. Les troupes se trouvaient dans la situation la plus déplorable ; accablées sous les ardeurs d'un soleil bridant, elles ne trouvèrent nulle part de l'eau pour étancher leur soif. Il ne leur restait plus d'autre espoir que la mort. Les ennemis, de leur côté, les tenaient pour perdues, et s'apprêtaient déjà à les immoler à leur fureur. Dans cette extrémité, les soldats chrétiens, réunis en une seule légion, se réfugièrent en la force du Tout-Puissant. Ils se jetèrent à genoux et prièrent non- seulement pour eux, mais encore pour ceux de leurs compagnons qui étaient païens, et, à leur grand étonnement, ils virent paraître un nuage qui se répandit bientôt sur les Romains en une pluie abondante. Avec l'eau qu'ils reçurent dans leurs casques et dans leurs boucliers, ils eurenl de quoi calmer leur soif et celle de Leurs chevaux, tandis qu'une grêle épouvantable d des éclairs menaçants vinrent jeter L'effroi parmi les ennemis et les mirent en fuite (Eusçb. Ilist. cccL i. '•>).

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