‹ Catéchisme historiqueChapitre 238 sur 275 · PARTIE n. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE n. CHAPITRE II

ministres, fut accusé de haute trahison, et cité en justice. Justinien lui-même assistait à l'audience, et déjà les juges allaient prononcer le jugement de l'accusé, lorsque l'empereur s'élevant sur son siège, déchira tous les actes du procès et fit grâce à Proclus (Id. V. 19).

e. Saint Eléazar, comte d'Ariano, qui florissait dans le treizième et le quatorzième siècles, entra, après la mort de son père, en possession du comté d'Ariano, situé dans le royaume de Naples. Le peuple, qui était dévoué à la maison d'Aragon, et ennemi des Français, refusa de le reconnaître. Pendant trois années que dura l'insurrection, le saint ne lui opposa que la douceur et la patience, bien que ses amis l'exhortassent à se faire obéir par la force. Le prince Taranto, son parent, lui dit un jour : a Confiez-moi le soin de châtier ces rebelles; j'en ferai pendre une partie, et je me charge de calmer le reste. Il faut être comme un agneau envers les bons et comme un lion à l'égard des méchants ! » — a Je suis d'un sentiment différent, répondit le comte, je ne veux pas commencer mon règne par pendre et massacrer mes sujets, mais par des bienfaits. Il n'y a point de gloire pour un lion de dévorer un agneau; ce qu'il y a de vraiment remarquable, c'est de voir l'agneau triompher du lion (c'est-à-dire la douceur de la colère). Avec la grâce de Dieu, vous verrez bientôt ce prodige. » Ce qui en effet ne tarda pas à arriver. Les habitants du comté d'Ariano, confondus et gagnés par la longanimité de leur maître, se soumirent d'eux-mêmes, et invitèrent le saint à prendre possession de son héritage. Ils l'aimèrent et l'honorèrent toujours comme un père. — Un autre moyen qu'il employa pour opérer cette réconciliation fut celui-ci : parmi les papiers de son père défunt

se trouvait une lettre qu'un capitaine, au service de son père, lui avait adressée. Eléazar y était traité de la manière la plus indigne; le capitaine tâchait même, dans cette lettre, de persuader au père de le déshériter, prétendant qu'il valait mieux qu'il se fit moine que gentilhomme, ou que soupirer après les lauriers des héros. La nohle et tendre épouse d'Eléazar fut ellemême indignée de cette lettre infâme, elle voulait que cet homme servile et hypocrite fût puni comme il le méritait; mais, reprit Eléazar, Jésus nous défend la vengeance, et nous ordonne le pardon des injures. Il nous invite à remplacer la haine par l'amour, afin qu'on nous pardonne à nous-mêmes comme nous aurons pardonné. Cela dit, il brûla la lettre. — Souvent il lui arriva de brûler de semblables écrits par lesquels on lui faisait part des injures dont il était l'objet. Il voulait par là épargner aux coupables la honte qu'ils auraient éprouvée, s'ils avaient su que l'offense lui était connue (Vita Eleaz. ap. Sur mm),

f. A l'époque où le bienheureux Pierre Fourrier était curé de la paroisse de Montaincourt, un homme des environs entretenait depuis longtemps un commerce criminel avec une personne du sexe. Comme celle-ci, avertie en confession par son directeur de changer de conduite, avait rompu toute relation avec lui, ce pécheur courroucé attendit un jour ce vénérable pasteur comme il sortait de l'église, et l'accompagna jusqu'au presbytère en l'accablant de coups de poing. Les enfants de la paroisse, qui étaient très-attachés a leur pasteur. L'ayant remarqué, se mirent à poursuivre ce malheureux, qui prit aussitôt la fuite, afin d'échapper au châtiment qui le menaçait. Que lit ce généreux

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