PARTIE I. CHAPITRE n
appartient à la terre, mais encore au ciel, et qu'il doit aspirer aux choses du ciel {Col, 3. 1). La face de l'homme est le miroir de son âme, là viennent se refléter toutes ses vertus et ses beautés : l'homme seul peut rire et pleurer. — L'œil de l'homme, si artistement construit, est comme la fenêtre de l'àme ; c'est par lui que se manifestent les joies, les douleurs, l'amour, la répulsion, la douceur et la sévérité que nous ressentons intérieurement. Le langage de l'œil a quelque chose d'unique, car il se fait comprendre même au plus petit enfant. Plusieurs animaux ont certains sens doués de plus de force que ceux de Fhomme, comme la vue des animaux carnassiers, l'odorat des chiens; mais dans aucun, on ne les trouve dans une si parfaite harmonie que chez l'homme. Aucun animal n'aie sens du tact aussi délicat que celui que l'homme possède dans les doigts de ses mains; puisque chez les aveugles ils remplacent l'organe de la vue. Avec ses mains, fhomme est capable d'exécuter une infinité de travaux, et de confectionner des ouvrages où brille la dernière perfection. Mais l'une de ses prérogatives les plus remarquables, c'est la langue. Un célèbre médecin de l'antiquité, écrivant un livre sur le corps de l'homme, s'écriait : 0 vous qui nous avez formés, il me semble, en décrivant le corps de l'homme, chanter une hymne de louange à votre gloire. Je vous honore plus, en manifestant la beauté de vos œuvres, que si je faisais fumer dans vos temples les plus suaves parfums. » {De usu part. lib. m, c. 10). Le même médecin doit aussi un jour avoir dit à l'athée Epicure : « Donnez-vous la peine d'examiner attentivement votre corps et d'en étudier f admirable structure et vous me direz après, si vous i. 10
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doutez encore de l'existence d'un Dieu. Je tous donne un siècle pour y méditer, et vous verrez si vous pourrez reprocher le moindre défaut à son auteur, s'il vous sera possible d'y substituer d'autres membres sans lui enlever sa force, sa beauté et son utilité. Avouez qu'on ne saurait lui souhaiter plus de perfection, b — Cependant, le privilège par excellence dont jouit notre corps, c'est d'être destiné à ressusciter un jour et à être glorifié pendant une éternité.