‹ Catéchisme historiqueChapitre 86 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II. ilo · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II. ilo

Thomme identiqv* à notre image, mais conforme à notre image, parce qu'il n'y a que le Verbe fait chair qui soit une image et une copie parfaite du Père.

b. Voulez-vous savoir, dit à son tour saint Jérôme (Rom. in Ps. 48), quelle est la valeur de votre âme, songez que pour la racheter, le Dieu fait homme a sacrifié non un homme, un ange, ou l'univers entier avec toutes ses créatures et les merveilles qu'il renferme, mais qu'il a offert son précieux sang pour prix de notre rachat ; aussi l'apôtre saint Paul a-t-il raison de dire : « Vous avez été rachetés à un prix élevé. »

a En vérité, ô âme de l'homme, écrit saint Bernardin, votre valeur est grande, puisque, pour vous racheter, la Divinité a bien voulu descendre sur la terre. » (S. Bern. Serm. 67).

a Comptez, ô mon âme, dit saint Augustin, les trentetrois années que votre Sauveur a passées pour vous dans cette vallée de larmes, repassez dans votre esprit les soupirs qu'il a poussés, les larmes qu'il a versées, les paroles qu'il a prononcées, les pas qu'il a faits, les coups qu'il a reçus, les épines et les clous qui l'ont percé, les gouttes de sang qu'il a répandues, considérez la croix sur laquelle il a été étendu, la croix où il est mort et a donné son âme pour racheter la vôtre ; tout cela vous dit : O mon âme! quelle est votre valeur?

c. On raconte que Lucius Mummius, qui était aussi vaillant général que mauvais appréciateur d'objets artistiques, vendit au roi Attalus un tableau qui figurait parmi le butin qu'il avait pris aux ennemis, et lui dit d'en fixer lui-même le prix. Attalus lui fit compter une somme énorme. Le vendeur, émerveillé du prix exorbitant que lui offrait Attalus, conclut de là que son ta--

ITo CÀTÉCHTSMI HISTORIQUE.

bleau devait encore surpasser de beaucoup cette vaïetir ; il refusa la somme et préféra garder son tableau. C'est ainsi que nous-mêmes nous pouvons conclure de la valeur inappréciable du prix de notre rédemption, en voyant que Dieu a immolé son propre Fils pour assurer le salut de notre âme.

C'est pourquoi notre premier soin doit être de travailler à notre salut. — Frédérich Christian, margrave de Beyrouth, écrivait avec son anneau sur la fenêtre de son cabinet : a Hâtez- vous de sauver votre âme ! » Vous aussi, chrétien, écrivez ces paroles dans votre cour, car, que sert à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme (1).

Remarque, L'Ecriture sainte rapporte en détail l'histoire de la chute de l'homme, ainsi que les moyens que" Dieu avait employés pour opérer l'œuvre de notre Rédemption. Les païens eux-mêmes avaient encore quelques idées vagues et confuses de la chute de l'homme. — Platon pensait que les âmes avaient été emprisonnées dans des corps en punition de quelque crime, et Cicéron dans son troisième livre de la République, où il parle des tribulations nombreuses qui traversent la vie humaine, dit que la nature traite l'homme non comme une mère, mais comme une marâtre. Ce qui fait dire à saint Augustin (Cont. Jul. \. A), en parlant de ce philosophe: a II voyait bien les maux, mais il en ignorait la cause, parce qu'il n'avait rien appris toucha.ntle péché originel (2). »

(i] Voir d'anlros exemples sur l'immortalité de l'âme au douzième article du Symbole.

(i) Nous retrouvons les mêmes témoignages dans une foule de philosophes et de poètes de l'antiquité, dans les traditions de

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