PRÉFACE
Ùn Pasteur est heureux lorsqu'à l'aide de quelque cif-» constance particulière ou de quelque événement remarqua** ble^ il peut se promettre de ranimer le zèle, d'augmenter la foi et la piété du troupeau qui lui est confié ^ et de concourir ainsi .plus efficacement aux progrès des bonnes mœura et à l'avancement du règne de Dieu. C'est là bien certaine-^, ment le premier de ses désirs , la plus douce de ses espé-» rances , le plus ardent de ses vœux. C'est pour cela que ^ quoiqu'il travaille presque toujours en vain^ il persévère avec une sainte joie dans l'accomplissemeut des fonctions de son ministère ; il se dit quelquefois en lui-^méme : peut-être qu'aujourd'hui ils. te croiront \ peut-être qu'à l'instant oii tu leur paries , Dieu qui est tout-puissant va t'ouvrîr le chemin de leurs cœurs et te donner de voir meilleures et plua heureuses ces âmes au service desquelles tu t'es destiné. £h bien I cet espoir consolateur pénètre aujourd'hui mon ame avec plus de force que jamais, et j'aime à me persuader qu'en rapprochant de la méditation de nos Eglises le soùve^ nir d'une fête qui consacre pour elles Tun des actes de la protection et de la miséricorde divines les plus signalés ; plusieurs puiseront dans ce souvenir de puissans motifs à un^ fidélité toute nouvelle. En effets l'année i83o par la date séculaire qu'elle nous rappelle, doit laisser au dedans de nous des impressions profondes et htefTaçables. Cette date nous ramène précisément à l'époque , où , fl y a trois sicclea» les ministres du Seigneur assistés de la force d'enhaut' réussirent à travers une foule àù difficultés et de contradictions, à replacer chez nous le flambeau du pur Evangile de Jésua-
N PRirACE.
Christ. Cesten i53o, que grâces aux prédications de Farel , nos përes , après lavoir entendu , sVcriërent at-^ ^jr driset charme'sdu retour de la vérité' Evangëlique : oui ! tilou voulons embrasser l'Evangile ! nous voulons vivre et mouri dans la religion réformée. Nous sommes les successeurs d ces chrétiens qui s'estimaient alors si privilégiés et bénis di toutes les bénédictions célestes. Sachons nous animer, nou remplir du même zèle , montrons le même amour pour k vérité ; rivalisons avec eux de reconnaissance envers Dieu pour ses grands et inestin^ables bienfaits , et tout en persévérant avec une fermeté éclairée et réfléchie dans une communion à laquelle nous sommes redevables de tant d'instructions et d'encouragemens ; faisons voir que l'habitude de puiser a la source de toutes les grâces n'a point raient^ dans nos cœurs le besoin d'en faire hommage a l'Etre-Su-* prême. Pour qui , en effet , la célébration de la fête de notre bienheureuse réformation ne doit-elle pas être chère et sacrée ; chez qui ne doit-elle pas réveiller quelques sentimens, faire naître ou affermir quelques bonnes résolutions , quelques pensées nobles , quelques projets de piété ? L'enfant k qui ses parens et ses maîtres en apprendront le but et les en" gagemens remerciera Dîeti d'avoir en quelque sorte placé les premiers développemens de son intelligence et de sa sen« sibilité sous les auspices , et comme sous la garde tutélaire de cette solemnité régénératrice : le jeune homme qui vient offrir à son Sauveur ses premiers sermens , se plaira à rattacher le tems le plus heureux de sa vie à une époque aussi fortunée et aussi mémorable ; l'homme plus avancé dans sa carrière suspendra du moins pendant quelques instans le ' cours de ses affaires et de ses plaisirs pour se recueillir en présence d'objets aussi saisissant ; et le vieillard enfin qui va fermer les yeux à une lumière périssable , ressentira de douces émotions , d'avoir encore pu , réchauffer ses espérances à l'immortelle clarté de l'Evangile. C'est pourquoi qu'un méncie mouvement de joie et de gratitude nous agite ! et
PRÉFACE. m
tout en rendant grâces à Dieu de nous avoir enrichis d'une 81 abondante portion de sa connaissance ; prions-le : ah ! prions-le avec instance pour qu*à cette faveur il daigne en ajouter une -plus excellente encore, et sans laquelle tout le reste, hëlas! ne tournerait qu'à notre confusion et a notre condamnation ; je veux dire qu^il nous accorde à tous la grâce de répondre aux vues si sages et si miséricordieuses de sa providence, en nous faisant tenir désormais une conduite édifiante et vraiment chrétienne qui soit en harmonie avec la pureté et la vérité de la profession évangélique dont nous nous glorifions.